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Chevalier des Ordres de la Légion-d'Honneur et de St.-Waladimir, Administrateur-Conservateur des Manuscrits orientaux de la Bibliothèque du Roi, Professeur de Persan et Administrateur de l'École Royale et Spéciale des Langues orientales, Membre de l'Institut Royal de France (Académie des Inscriptions et Belles - Lettres), de la Société de Géographie, de la Société Royale des Antiquaires de France, de la Société Asiatique de Calcutta, de l'Académie Impériale de St.-Petersbourg, de la Société Philosophique de Philadelphie, des Académies Royales de Gœttingue, de Munich, etc., etc. ;

Dont la vente se fera le jeudi 24 mars 1825 et jours suivants, 6 heures de relevée, MAIsoN SILvEsTRE, rue des Bons-Enfants, 3o.

Les adjudications auront lieu par le ministère de MM. BoNNEroNs DE LA VIALLE, Commissaire-Priseur, rue St-Marc, n° 14, et PETIT, Commissaire-Priseur, rue de Grammont, n° 23.

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pLUs les sciences approcheront du terme de perfection vers lequel elles tendent sans cesse, plus l'importance de

| la Bibliographie sera vivement sentie et appréciée. L'im

primerie, ce levier si puissant, qui chaque jour élève l'esprit humain, sans lui permettre jamais une marche rétrograde, multiplie aujourd'hui ses produits avec une abondance qui serait plus funeste, peut-être, que la stérilité même, si le flambeau de la Bibliographie ne venait porter Ione clarté salutaire au milieu d'un immense la

| byrinthe, qui s'accroît incessamment et nous enveloppe

de toutes parts. Mais il faut que, doué d'un esprit supérieur, le Biblio

| graphe puisse embrasser d'un seul coup d'œil la foule

confuse des matériaux qui l'entourent et qui semblent, pour ainsi dire, l'accabler sous leur poids; il faut qu'un discernement sûr, une vaste mémoire, une érudition pro

:

fonde, lui permettent d'assigner à chacun une place con-
venable ; il faut enfin qu'un noble désintéressement le
mette à même de consacrer une partie de sa fortune à
des études aussi dispendieuses.
Telles étaient en effet les qualités qui rendaient M. Lan-
glès un de nos meilleurs Bibliographes. Mais ce mérite
se confondait chez lui avec tant d'autres, que nous l'au-
rions passé sous silence, si la destination même de cette
notice ne nous avait fait un devoir de le placer en pre-
mière ligne.
Décrire en quelques mots la vie et les travaux de ce
savant, c'est tracer en même temps l'histoire de sa ma-
gnifique bibliothèque, qui prit plus d'accroissement à
mesure que ses études embrassaient un champ plus vaste
et plus varié.
Langlès (Louis-Mathieu) était né à Pérenne près de
Mont-Didier, le 23 août 1763. Son père, issu d'une fa-
mille ancienne et considérée, remplissait les fonctions
d'officier près le tribunal des maréchaux de France. Le
jeune Langlès, après avoir terminé ses études, commen-
cées en Picardie, occupa bientôt lui-même ce poste ho-
norable. , L'oisiveté de la vie militaire s'accordait mal
avec cette ardeur si vive pour le travail, qui le distingua
dès ses plus tendres années, et tous ses inoments furent
consacrés aux langues orientales, dont il s'était occupé
d'abord, avec l'espoir de servir dans l'Inde. On remarque
que, dès cette époque, M. Langlès s'efforçait déja, comme
il l'a toujours fait depuis, de donner à ses travaux une

· utile direction. C'était en effet un des caractères particu

liers de son vaste savoir, que toutes les connaissances ac

quises par cet habile Orientaliste avaient toujours eu pour but un objet d'un intérêt positif. Sans s'arrêter jamais à d'arides discussions, il avait toujours en vue les résultats utiles de son travail.Jamais, en écrivant un livre, il n'eut l'intention de prouver qu'il était instruit ; il cherchait seulement à instruire. Jamais il ne voulut briller. Par la publication des /nstituts politiques et militaires de Tamerlan, il rendit d'abord un important service à l'histoire, et ce service n'échappa point à la bienveillante sollicitude d'un ministre protecteur des lettres (M. le maréchal de Richelieu ) : avant l'âge de 25 ans, M. Langlès avait obtenu une des douze pensions réservées au mérite. Un encouragement aussi flatteur devait produire d'heureux résultats. Peu de mois après, on vit paraître l'alphabet tartare - mandchou, qui fut bientôt suivi du dictionnaire de la même langue. Pour rendre justice à ce vaste travail, il ne faut pas perdre de vue toutes les difficultés qui entouraient notre jeune Orientaliste. Il publiait pour la première fois en Europe un livre mandchou imprimé avec des types mobiles, qu'il avait fait graver lui-même, et il était dépourvu des secours et des conseils d'un maître. Aussi un de nos plus habiles sinologues rendit-il une justice bien honorable à ses efforts en écrivant de Pékin au ministre de France. ...« Si le hasard me procure l'acquisition de livres chinois traduits en tartare-mandchou, je ne manquerai pas de leur faire passer les mers pour vous mettre à même de profiter du talent de M. Langlès, dont j'ai lu les ouvrages. Ce qu'il a fait sur la langue des Mandchoux est

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