Bibliotheque des mémoires relatifs a l'histoire de France, Volume 8

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Firmin-Didot, 1878

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Popular passages

Page 25 - Après sa condamnation, elle repassa dans le guichet avec une vitesse qui tenait de la joie. Elle indiqua par un signe démonstratif qu'elle était condamnée à mort. Associée à un homme que le même sort attendait , mais dont le courage n'égalait pas le sien , elle parvint à lui en donner avec une gaieté si douce et si vraie, qu'elle fît naître le rire sur ses lèvres à plusieurs reprises. A la place du supplice , elle s'inclina devant la statue de la liberté , et prononça ces paroles...
Page 109 - ... la compléter un jour ; mais avec ce charme d'un désir sans impatience , qui ne fait que colorer les nuages de l'avenir des rayons de l'espoir ! Combien de fois j'ai cueilli dans tes fraîches retraites , des palmes de la fougère marquetée , des fleurs de...
Page 441 - Adieu, mon enfant, mon époux, ma bonne, mes amis; adieu , soleil dont les rayons brillants portaient la sérénité dans mon âme comme ils la rappelaient dans les cieux ; adieu, campagnes solitaires dont le spectacle m'a si souvent émue ; et vous rustiques habitants de...
Page 504 - Vous avez créé un tribunal révolutionnaire chargé de punir les conspirateurs : nous croyions que l'on verrait ce tribunal, découvrant le crime d'une main et le frappant de l'autre ; mais il est encore asservi à des formes qui compromettent la liberté. Quand un coupable est saisi commettant un assassinat, avons-nous besoin, pour être convaincus de son forfait, de compter le nombre des coups qu'il a donnés à sa victime ? Eh bien ! les délits des députés sont-ils plus difficiles à juger?...
Page 109 - Comme j'aimais à me reposer sous ces grands arbres, non loin des clairières où je voyais quelquefois passer la biche timide et légère ! Je me rappelle ces lieux plus sombres où nous passions les moments de la chaleur; là, tandis que mon père couché sur l'herbe, et ma mère doucement appuyée sur un amas de feuilles que j'avais préparé, se livraient au sommeil de l'après-dîner, je contemplais la majesté de tes bois silencieux, j'admirais la nature, j'adorais la Providence dont je sentais...
Page 253 - Je savais quel rôle convenait à mon sexe , et je ne le quittai jamais. Les conférences se tenaient en ma présence sans que j'y prisse aucune part; placée hors du cercle et près d'une table, je travaillais des mains , ou faisais des lettres , tandis que l'on délibérait...
Page 19 - ... fleur caresse mon imagination et flatte mes sens à un point inexprimable ; elle réveille avec volupté le sentiment de mon existence. Sous le tranquille abri du toit paternel , j'étais heureuse dès l'enfance avec des fleurs et des livres : dans l'étroite enceinte d'une prison , au milieu des fers imposés par la tyrannie la plus révoltante , j'oublie l'injustice des hommes, leurs sottises et mes maux, avec des livres et des fleurs.
Page 414 - ... de la municipalité : cela ressemble à une incongruité ; c'en est une véritablement. Cubières , fidèle à ce double caractère d'insolence et de bassesse qu'il porte au suprême degré sur sa répugnante figure , prêche le sans-culottisme comme il chantait les Grâces ; fait des vers à Marat , comme il en faisait à Iris , et sanguinaire sans fureur, comme il fut apparemment amoureux sans tendresse , il se prosterne humblement devant l'idole du jour, fût-ce Tantale ou Vénus.
Page 82 - Boismorel , qui m'avait laissé des traces profondes; je ne pouvais me dissimuler que je valais mieux que mademoiselle d'Hannaches, dont les quarante ans et la généalogie ne lui donnaient pas la faculté de faire une lettre qui eût le sens commun , ni qui fût lisible ; je trouvais le monde bien injuste et les institutions sociales bien extravagantes.
Page 89 - L'inquiétude fut telle, qu'elle parvint ensuite à me réveiller avant la catastrophe. Lorsque je n'avais pu la sauver , je sautais au bas du lit, les pieds nus sur un carreau frotté, malgré le froid de l'hiver, et, les bras en croix, je priais le Seigneur de me garder des piéges du démon.

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