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de-camp du prince de Neuchâtel, général de brigade, et bientôt général de division, il fit toutes ces campagnes à l'avant-garde de la grande-armée , en Allemagne, en Pologne, en Espagne et en Russie. Partout il fit preuve de talens militaires, et d'une haute valeur. Blessé plusieurs fois, ses grades et ses décorations lui furent décernés sur les champs de bataille, et ses états de service portent qu'il prit une part active à 5o batailles rangées, et à plus de 1oo combats d'avant-garde. Élève et ami des généraux Lasalle et Montbrun, et distingué par l'empereur, il fut dans les derniers temps chargé par lui du soin d'éclairer l'armée. La surprise de Léipzick avec 5o hussards derrière l'armée prussienne, 4 jours avant la bataille d'Iéna; la capitulation de la ville forte de Stettin, en 18o6; sa conduite au combat de Somo-Sierra, en Espagne, où Napoléon lui avait donné par mission spéciale le commandement de l'escadron du service des lanciers polonais de la garde qui s'y couvrit de gloire; le combat d'Ostrowno en Russie, et d'autres affaires où les bulletins de la grande-armée ont fait du général Piré une mention honorable, l'ont placé aux premiers rangs des vieux guerriers de la France. A l'époque de la restauration en 1814, de fortes préventions politiques s'étant élevées contre lui, loin d'avoir part aux récompenses ou aux faveurs que ses antécédens semblaient devoir lui promettre, il fut envoyé en une espèce d'exil dans ses terres en Bretagne. La · croix de Saint - Louis, donnée à tous les officiers-généraux, lui fut

refusée, et aucune de ses réclamations ne fut accueillie. Il se trouvait dans cette situation pénible, en 1815, quand le retour de l'île d'Elbe eut lieu. Il paraît que les sujets de mécontentement que le général Piré croyait avoir, joints à d'anciens souvenirs de gloire, lui firent embrasser de nouveau avec une grande chaleur la cause de Napoléon. Après avoir fait reconnaître son autorité en Bretagne, il fut envoyé dans le midi contre les troupes réunies sous les ordres de S. A. R. le duc d'Angoulême. Rappelé à Paris après les événemens de Valence et du pont Saint-Esprit, il fut nommé gouverneur des Tuileries, du Louvre, et chambellan de Napoléon. On l'envoya immédiatement à Laon prendre le commandement provisoire du 6° corps d'armée. A la suite du combat des QuatreBras et de la bataille de Waterloo, où il commandait la cavalerie légère de l'aile gauche sous les ordres du maréchal Ney, il revint sous les murs de Paris, et prit encore une part glorieuse au combat de Roquancour près Versailles, où, avec son ami le général Excelmans, il prit ou détruisit en entier deux régimens de hussards prussiens.Après le secondretour du roi, le général Piré fut compris dans la seconde série de l'ordonnance du 24 juillet 1815. Arrêté le 1" août suivant, il ne sortit de prison que par l'intervention de l'empereur de Russie, qui lui offrit un asile à Pétersbourg, où il se rendit de suite, et passa tout le temps de son exil. Rappelé en France en 1819, et replacé sur le tableau de l'armée, il a aussi reçu du roi la eroix de Saint-Louis. En 1823 il a cru devoir de nouveau solliciter de l'activité de service, et a demandé à faire la campagne d'Espagne. Mais ses démarches à cet égard étant restées sans effet, il continue à vivre retiré en Bretagne dans l'ancienne demeure de ses pères, où il s'occupe de travaux agricoles, prêt à revoler au premier appel sous les drapeaux · de son pays. PIRELLI (FRANCIsco), législateuretlittérateur napolitain,naquit à Naples, où il reçut une éducation distinguée, et se livra dès sa jeunesse à la culture des lettres; il avait déjà obtenu des succès dans cette carrière lorsqu'il fut nommé président de la chambre royale. Les principes de la révolution française, s'étant rapidement propagés dans diverses contrées de l'Europe, Pirelli les adopta, et quand, | sous les auspices de la France, en 1799, les Napolitains formèrent la république dite parthénopéenne, il devint membre du corps-législatif de cette république. Il refusa d'abord par modestie les fonctions législatives ; cependant il céda au vœu de ses compatriotes et aux instances du commissaire français, M. Abrial. Lorsque les troupes royales, sous la conduite du cardinal Ruffo, furent rentrées dans Naples, Pirelli fut incarcéré comme ayant participé à la révolution napolitaine. Il ne tarda pas cependant à recouvrer sa liberté, en produisant, dit-on, un billet du commissaire français, dans lequel ce dernier le menaçait d'exécution militaire s'il n'acceptait pas les fonctions

de législateur. Le roi condamna

depuis Pirelli à un exil perpétuel, mais dont le terme ne fut pas long, car il mourut au bout de quelques années. C'était un homme de bien et un sincère ami de sa patrie.

§N (N.). dit PIRoN-DE-LAVARENNE, près Oudon, département de la Loire - Inférieure , lieu où il naquit, est un des généraux vendéens les plus distingués par ses talens, et surtout par son intrépidité. Il fit sa première campagne dans les chevau-légers de l'armée des princes ; et de retour, au mois de mars 1795, il s'efforça de soulever les habitans de son canton. Cette tentative n'ayant pas eu de succès, il passa la Loire à la tête d'une cinquantaine de Bretons, et se réunit à Bonchamp (voy. BoNCHAMP), dont il devint l'ami. Ce fut d'abord comme simple volontaire qu'il suivit l'armée catholique et royale de la Vendée; mais employé, au mois de juin , comme officier, il se distingua bientôt. La bataille où il prit la plus belle part est celle de Vihiers, le 18 juillet, où les Vendéens enlevèrent aux troupes de la république 25 canons, presque toutes les munitions, et où ils firent 5, ooo prisonniers. Au combat de Torffou, de concert avec Bonchamp, il repoussa la brave et célèbre garnison de Mayence, encore épuisée de fatigues, et dont les forces étaient bien inférieures à celles des insurgés. Le sort de l'armée vendéenne, pressée de toutes parts, paraissant devoir être décidé par une bataille vers Mortagne et Chollet, Bonchamp appela près de lui Piron-de-la-Varenne, qui commandait l'avant-garde de la division de Lirot-de-la-Patrouillère. Il arriva comme l'action était commencée. Sa présence soutint quelque temps les efforts des troupes vendéennes, qui furent enfin mises en déroute. Pironde-la-Varenne ne s'occupa plus qu'à protéger la retraite des débris de l'armée, et il y réussit avec quelque succès. Passant la Loire au mois d'octobre, il combattit vaillamment à l'affaire de Laval et au siége de Grandville. Il commandait une division aux déroutes du Mans et de Savenay. Il se tint caché pendant quelque temps dans les environs de Nantes, et chercha à soulever les chouans. Dans l'espérance de rejoindre les Vendéens, et de servir plus utilement la cause royale, il tenta de repasser la Loire. Le bateau dans lequel il était fut aperçu par une canonnière, qui lui donna la chasse. Son bateau ayant été atteint, il fut tué de plusieurs coups de fusil. Pironde-la-Varenne montra dans cette funeste guerre, où tant d'héroïsme et de férocité furent déployés des deux côtés, un caractère digne de briller sur un théâtre qui n'aurait point été souillé par les excès des discordes civiles. Il est regardé comme un des héros de la Vendée, et son nom est, dit-on, consacré dans les chants de ces guerriers. PISANI (A. A. C.), noble vénitien , servit d'abord dans la marine d'Angleterre, et ensuite dans celle de Hollande, d'où il passa au cap de Bonne-Espérance. Il obtint dans cette colonie un emploi qu'il occupait cncore lors

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gé de se rendre à Vérone, pour y

féliciter, au nom de ses compatriotes, le prince vice-roi, Eugène de Beauharnais. PISANI - DE - LA - GAUDE (CHARLEs-FRANçoIs-JosEPH), évêque de Namur, naquit à Aix en Provence, le 4 mars 1745, d'une ancienne famille noble d'origine italienne. Il se consacra dans sa jeunesse à la carrière judiciaire, et acheta une charge de conseiller au parlement de Provence. Mais ayant eu le malheur de voir frapper d'une mort subite et violente, une jeune personne qu'il était à la veille d'épouser, il résolut de quitter ses fonctions et d'aller s'enfermer à l'abbaye de la Trappe. Après quelque séjour dans ce monastère, et sur les représentations de l'abbé, qui ne trouvait

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ques actes éclatans de ferveur. Il lança dans le public plusieurs mandemens contre les philosophes, et ces pièces d'éloquence qui excitèrent parfois l'hilarité générale même dans le diocèse de Vence, ne firent d'ailleurs de tort à personne. Dès le commencement de l'émigration, il se hâta de sortir de France, et se rendit d'abord à Venise, où il fut accueilli par la famille dont il portait le nom, et ensuite, à Rome, où il refusa, diton, la place d'auditeur de la Rote, qui lui fut offerte par le pape. Les progrès des armes françaises en Italie, engagèrent l'évêque de Vence à chercher un nouvel asile en Allemagne, d'où il passa en Angleterre. Il obtint bientôt de Napoléon la permission de rentrer en France, et fut investi après le concordat de 18o2, de l'évêché de Namur. Il paya largement sou

tribut d'éloges au chef de l'empire, et ses mandemens n'eurent plus pour objet principal que la célébration des victoires de l'empereur. Après la création du royaume des Pays-Bas, auquel le diocèse de Namur se trouva joint, l'évêque professa quelques opinions ultramontaines, qui donnèrent lieu à l'animadversion du nouveau gouvernement. Pisani fit d'abord cause commune avec l'évêque de Gand, Maurice de Broglie; mais le pape même ayant désapprouvé les éclats d'un zèle intempestif , l'évêque de Namur chercha à justifier ses intentions, et protesta dans une nouvelle lettre pastorale de sa soumission à la constitution ecclésiastique du royaume des Pays-Bas. Il a depuis administré son diocèse sans trouble, et sans être aucunement inquiété par l'autorité civile. PISANSKI (GEoRGEs-CHRIsToPHE) , théologien et littérateur protestant, direeteur de la société allemande de Kœnisberg, appartient à une famille protestante, originaire de Pologne, qui alla se fixer en Prusse ; il est fils du pasteur de Pisanizzen. Pisanski , né en 1725, fit ses études à Kœnisberg, et par le conseil du naturaliste Helwig, son aïeul maternel, il suivit la carrière de l'enseignement. D'abord recteur, puis, en 1775, docteur en théologie à l'université de Kœnisberg, il y professa la poésie, l'histoire, tant nationale que générale, la philosophie pratique, la théologie, la statistique, etc. Il était très-instruit ; sa piété était éclairée, et il fut généralement regretté lorsqu'il mourut le 1 1 octobre 179o.

Outre ses principaux ouvrages que nous allons indiquer, il a laissé un grand nombre de manuscrits dont il a fait don par testament à la bibliothèque de l'école dite Kneiphof : 1° Curiosités du lac de Spirding, Kœnisberg, 1749, in-4° ; 2° de Felicitate docentium in scholis, Kœnisberg, 1749, infol. ; 5° de Meritis Prussorum in poesin latinam, Kœnisberg, 1781, in-4°; Eclaircissemens sur quelques restes du paganisme et du papisme en Prusse, Kœnisberg, 1756, in-4°; 5° Discussion sur la question de savoir si Annibal en · passant les Alpes a fait fendre les rochers par le vinaigre, Kœnisberg, 1759, in-4" ; 6° Commentatio de linguâ polonicâ, Kœnisberg, 1765, in-4°; Historia linguae graecae in Prussiâ , Kœnisberg, 1 766, in-4°; 8° Examen de la prétendue démonologie biblique, Dantzick, 1778, in-4°; 9° de Errore Irenaei in determinandâ aetate christi, Kœnisberg, 1778, in-4°; 1o° Remarques sur la mer Baltique, Kœnisberg, 1781, in-8°; 11° de la Fête grégorienne dans les écoles, Kœnisberg, 1786, in-4°; 12° An liber Jonas non historiam sed fabutam contineat ? Kœnisberg, · 1789, in-4°; 13° Esquisse d'une histoire de la littérature de la Prusse, publiée après la mort de l'auteur par Borowski, son confrère à la société allemande de Kœnisberg, qui y a ajouté une Notice bio· graphique, Kœnisberg, 1791, in8° : cette notice a été imprimée séparément ; 14° Pisanski a composé un nombre considérable d'éloges et de notices des principaux savans et gens de lettres prussiens ; il a en outre fourni des

Mémoires, dissertations, etc., au recueil de la société allemande de Kœnisberg, dont il était directeur, et a concouru à la rédaction de plusieurs gazettes, entre autres celles de Dantzik, Thorn, etc. PISON - DU - GALAND (N.), avocat à Grenoble, fut nommé par le tiers-état du ci-devant Dauphiné aux états-généraux en 1789Il acquit quelque réputation à la tribune, où il ne se montrait que par intervalle, en tâchant toujours de balancer l'influence de la capitale par celle des départemens. . Avant la réunion des trois ordres en assemblée nationale, il avait été nommé secrétaire des convmunes sous la présidence de Bailly, avec lequel il coopéra fortement à la réunion et au serment du Jeu de Paume. Chargé, en 179o et 1791, au nom du comité des domaines, de différens rapports, il s'en acquitta avec talent et sagesse. Il ne fit point partie de l'assemblée législative, ni de la convention; mais, en 1797, il fut élu par le département de l'Isère, député au conseil des cinq-cents, dont il devint successivement secrétaire et président. Appelé au nouveau corps-législatif après le 18 brumaire an 8, par suite de l'affaiblissement de sa santé, il renonça aux fonctions au mois de décembre 18o1. PISSOT (NoEL-LAURENT), fils d'un libraire de Paris, et longtemps libraire lui-même, s'est occupé de littérature, et a produit comme auteur ou éditeur les ouvrages suivans : 1° Marcellin, ou les Epreuves du monde, un vol. in-18, Paris, an 8 ; 2° Contes moraux, par Imbert, et autres ou

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