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» entière s'empressera d'employer » ce moyen si nécessaire de salut» public, et sans doute tous les » Français s'écrieront comme les » Parisiens : Marchons à l'enne» mi, mais ne laissons pas derrière » nous ces brigands, pour égorger » nos enfans et nos femmes.... » Au lieu de l'effet que les signataires de l'adresse s'étaient promis, un cri presque général d'indignation et d'horreur, s'éleva dans la France entière et au sein de la convention même, contre les provocateurs de cette Saint-Barthéiemi politique. Panis eût bientôt voulu laver de son sang, le nom qu'il

avait apposé à cette exécrable .

circulaire, mais l'empreinte en est restée ineffaçable, et au moins les crimes politiques de septembre 1792, n'ont-ils point trouvé d'apologistes parmi les historiens, comme en ont eu les crimes religieux du mois d'août 1572. La terreur qui s'était emparée d'une foule de citoyens honnêtes de la capitale, et qui laissa le champ libre à quelques démagogues forcenés , contribua puissamment à l'élection de Panis, qui fut nommé député à la convention. Il se fit peu remarquer à la tribune, et ne prit guère la parole que pour repousser les vives sorties de quelques-uns de ses collègues, et particulièrement des membres de la députation de la

PAN

-Gironde, qui ne cessaient d'attaquer les égorgeurs de septembre et de demander leur mise en jugement. Dans le procès du roi, Panis vota pour la mort, contre l'appel au peuple et contre le sursis. Il devint ensuite , pendant quelque temps, membre du comité de sûreté générale,et parut dévoué à la faction de Robespierre, jusqu'à l'époque où ce dernier fit condamner à mort Danton. Panis se rangea dès-lors parmi les adversaires de celui qui menaçait de décimer la convention, et prit une part active aux événemens du 9 et 1 o thermidôr an 2 (27 et 28 juillet 1794). Dès le 8, il avait courageusement interpelé Robespierre , encore tout-puissant, le sommant de déclarer s'il l'avait aussi porté sur la liste des proscrits. Dans la journée du 1" prairial an 5(2o mai 1795), il tenta de défendre les chefs des insurgés, dont la convention venait d'ordonner la mise en accusation : mais il ne put parvenir à se faire écouter, et le 7 prairial suivant (27 mai), ayant encore voulu parler pour la défense de son ami, le député Laignelot, Panis fut lui-même décrété d'arrestation. On lui reprocha son adhésion aux massacres de septembre ; il protesta vainement de la pureté de ses intentions, vanta son humanité et ses vertus, inyoqua Dieu, et parla quelque temps comme un homme en délire. Un de ses collègues, Auguis, dont il implora le témoignage, et qu'il appela son ami , s'écria : « Point d'amitié avec le » colporteur de la mort. » Arrêté à la sortie de la séance, Panis ne recouvra sa liberté qu'après l'aministie du 4 brumaire an 4 (26 octobre 1795). Il a été employé depuis dans l'administration des hospices de Paris. Il était resté pauvre au milieu des troubles et des spoliations de cette époque, et on ne l'a, du moins, jamais accusé de s'être approprié les dépouilles des proscrits. Il a même rendu quelques services individuels, et n'était point inexorable envers les infortunés quis'adressaient directement à lui. On l'a souvent entendu déplorer le malheur des circonstances où il s'était trouvé, et surtout(quoique ce ne fût pas là le mot propre) le malheur de s'être laissé entraîner à jouer un rôle en 1792. « Je n'ai été, s'écriait-il, qu'un ci»tron dont on a exprimé le jus, et » qu'ensuite on a rejeté; cependant »j'ai fait quelque bien et empêché » beaucoup de mal. » Cette faible compensation ne sera point admise par l'inflexible postérité, et les sanglantes pages de nos annales qui retracent les forfaits de septembre, n'en peuvent être arrachées. Panis s'est depuis long-temps retiré de la scène politique, où il n'aurait jamais dû paraître. Une biographie étrangère l'attache à toutes les polices secrètes qui se sont succédé sous les divers gouvernemens de la France jusqu'en 1816, et le fait encore exister dans ce pays avec une faible pension : ces faits ne sont nullement prouvés. Il est plus probable, ainsi que l'ont annoncé quelques feuilles publiques, qu'il est sorti de France en 1816, et qu'il s'est établi en Italie.

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PANNETIER DE VA LDOTTE (LE coMTE CLAUDE-MARIE-JosEPH), maréchal-de-camp, né dans le Bugey, embrassa l'état militaire,

et obtint pendant les campagnes de la révolution, un avancement rapide Le 29 août 18o5, il fut élevé au grade de général de brigade, et nommé, le 14 mars 18o6, président du collége électoral de l'Ain. Employé en 181 1 à l'armée d'Espagne, il prit d'assaut Porlada, se distingua l'année suivante au siége de Valence, et contribua, en 1815, à faire lever le siége de Tarragone. Après l'évacuation de la péninsule , il rentra en France , où il combattit avec gloire sous le maréchal Augereau. Dans la campagne de 18 14, le général Pannetier de Valdotte déploya de grands talens et une rare intrépidité. Le 19 février, il entra à Mâcon, après avoir repoussé l'armée ennemie, se porta sur Châlons, puis sur Lons-leSaulnier, chassant toujours devant lui les troupes alliées. Au retour des Bourbons, il fut décoré de la croix de Saint Louis. Il commandait un corps à Waterloo, et ne fit sa retraite qu'au commencement de juillet, au moment où il allait être enveloppé par l'ennemi. Depuis le licenciement de l'armée francaise en 1815, le général Pannetier de Valdotte est à la de mi-solde. PANZER (GEoRGE-WoLFGANDFRANçoIs), naquit à Sulzbach, dans le Haut-Palatinat, le 16 mai 1729, et fit ses études à l'université d'Altdorf; de retour dans sa patrie, il exerça le ministère évangélique, et se livra à la littérature. Nommé, en 1751, ministre à Eyelwang, et, en 1775, pasteur de la paroisse de Saint-Sébald à Nuremberg, il fit tous ses efforts pour supprimer les pratiques religieuses qui lui semblaient des restes de catholicisme, et introduisit dans sa paroisse l'usage de la confession publique. On lui doit une Description des plus anciennes bibles alleanandes , une Histoire des bibles imprimées à Nuremberg depuis l'invention de l'imprimerie , une Histoire de l'imprimerie dans les premiers temps à Nuremberg jusqu'en 15oo , et des Annales de t'ancienne lillérature allemande , ou Annonces et Description des livres allemands , imprimés depuis l'invention de l'imprimerie jusqu'en 152o. Mais le plus important de ses ouvrages, sans contredit, est celui qui porte pour titre : Annales typographici ab artis incentae origine ad annum M. D. post Maittairii, Denisii , aliorumque doctissimorum virorum curis in ordinem redacli , emendati et aucti, Nuremberg, 1795-18o5, 1 1 volumes in-4°. Panzer mourut le 9 juillet 18o5, d'une attaque réitérée d'apoplexie. PAOLI (PAsCAL), célèbre général corse, naquit à Voisino en Corse, et fut élevé au collége militaire de Naples, où il fit de rapides progrès dans les sciences. Au soriir de ses études , il fut nommé lieutenant dans un régiment dont son père était colonel. Ce dernier, l'un des plus habiles guerriers de la Corse, obligé de quitter son pays, se réfugia à Naples, pour éviter les persécutions du gouvernement gé_ nois. Paoli avait un frère nommé Clément, qui, brave comme lui, battit souvent les mercenaires de Gênes. En 1755, Paoli le père, retiré à Naples, envoya son fils Pascal en Corse, où il fut aussitôt · reconnu pour commandant-géné

ral, quoiqu'il n'eût que 2o ans. Sans troupes réglées, sans armes, sans munitions, sans vivres, sans argent, sans proctections, il parvint à soutenir la guerre contre une partie de ses compatriotes attachés au parti génois, et contre le gouvernement de Gênes luimême. Pour surmonter de pareils obstacles, il fallait réunir au génie de l'homme d'état le courage du héros; aussi, Frédéric-le-Grand l'appelait-il le premier capitaine de l'Europe. Ce général, qui n'avait pour soldat que des citoyens, sutexalter de pius en plus l'amour de la liberté dont ils étaient enflammés. Etant parvenu à apaiser les guerres civiles, à rétablir le calme et le bon ordre dans l'intérieur de l'île, il s'occupa à combattre les Génois, les chassa de position en position, et les força à se concentrer dans les principales villes maritimes de la Corse. En 1763 il fit une expédition contre l'île de Caprara, alors occupée par une forte garnison génoise : 6oo braves volontaires corses s'emparèrent de cette île escarpée et défendue par un fort qui domine le pays et la mer. Toutes les troupes génoises et leurs forces maritimes tentèrent en vain de la reprendre. Paoli avait commcncé à former une marine, qui devint l'effroi du commerce de Gênes; le pavillon corse, à la tête de Maure, fut reconnu et respecté par les puissances voisines. Ilavait une correspondance suivie avec les cours de l'Europe; enfin, sans aucun appui étranger, il battit partoutlesGénois, qui furent obligés d'avoir recours à la France. En 1764, elle envoya en Corse

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