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à grands frais l'obélisque du Qui- de lui d'autres bornes que celles rinal, un des nombreux frondeurs que la volonté seule du monarque écrivit au bas de ce monument : saurait s'imposer. Les peuples, à Domine , dic ut lapides isti panes qui les progrès dans la civilisation fiant. (Seigneur, ordonné que avaient révélé de nouveaux becette pierre se change en pain.) soins et rendu nécessaire une Ce mécontentement dans le pu- différente organisation , blic éclata encore plus nuverle daient l'élan donné par les goument lors du procès intenté à la vernemens , et les aidaient à défamille Lepri pour soutenir un truire l'ancien édifice social pour testament qui ordonnait la spolia- s'emparer de ses débris et pouvoir tion d'une pupille au profit d'un reconstruire plus facilement le neveu du

pape. Pie VI, dans cette nouveau. C'était par conséquent occasion, ne sut pas se défendre dans des vnes opposées que les de cet esprit de népotisme qui a rois et les philosophes marchaient fait tant de tort à la tiare , et sa ensemble contre les abus et les scandaleuse intervention, dans un institutions de l'Europe barbare. procès de famille, fit une fâcheuse La féodalité et le clergé, attaqués impression sur toutes les classes. sur tous les points, ne trouvaient Lorsqu'après de longs débats, la plus d'abri pour se défendre, et voix d'une mère fut enfin enten commençaient à céder pas à pas due par les magistrats , et put en le terrain qu'ils avaient envahi. arracher un jugement équitable, Ces dispositions hostiles dans toule pape eut le chagrin de voir le tes les classes de la société a vaient peuple se porter en foule devant donné naissance à une école mile palais de la Rota, ct applaudir, nistérielle qui, placée à côté de par ses bruyantes acclamations, la philosophique, en empruntait au triomphe de la justice. Pie VI, le langage et les armes. Elle réen montant sur le trône, avait sidait auprès des Pombal, des Ajeté un regard inquiet sur la situa- randa, des Tanucci, et remontait tion morale et politique de l'Euro- jusqu'aux princes qui savaient être pe. La plupart des rois, à l'exem- indépendans de leurs ministres, tels ple de Louis XIV, y travaillaient que Pierre Léopold, Joseph, Frédéà étendre leurs prérogatives, à ric el Catherine II. Ces premiers s'affranchir de tous les obstacles, réformateurs, jugés par les enneet à niveler les rangs de la société, mis de la liberté avec plus de prépour que l'action du pouvoir y fût vention que de justice, ont été déplus rapide et plus uniforme. Les clarés responsables de la chute du privileges des nobles, les préten- pouvoir monarchique en Europe. jions du clergé , les libertés des En effet, rien de plus insensé que communes, attaqués en partie par de vouloir fonder un système sans leurs prédécesseurs, étaient me autre appui .que la volonté d'un nacés d'un anéantissement total individu; mais il faut avouer aussi Le dernier but du pouvoir absolu que ce qui restait des anciennes était de parvenir au despotisme institutions, par manque d'accord adıninistratif, et de ne voir autour avec les voeux et les lumières des

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nations, ne pouvait plus servir de triomphateur. Le jour fixé pour base à un ordre de choses quel- son départ (27 février 1781), Pie conque. De tous les gouverne- VI fit sa prière accoutumée dans la mens celui de Rome était le chapelle du Vatican, reçut les amoins fail pour subir ces innova- dieux de ses parens et de ses sertions. Il était même appelé, comme viteurs , et s'éloigna de Rome en théocratique, à combattre les i- présence d'un peuple inmense dées modernes qui menaçaient sa qui lui demandait ses dernières eroyance , et à repousser toute bénédictions. Les inarques de resespèce de perfectionnement qui pect et d'amour qu'on lui prodieût pu compromettre cette im- guait sur la route, durent lui faire mobilité à laquelle il doit une oublier un instant le rôle qu'il algrande partie de ses forces. Ce- lait jouer à Vienne : des populapendant, le chef de l'église était tions entières tombaient devant pressé de tous les côtés pour avan. lui sur son passage; le roi d'Escer sur un terrain qu'il lui était payne , le sénat de Venise, les aussi difficile que dangereux de princes italiens, l'empereur luiparcourir. Joseph II, animé par mêine , rivalisaient de zèle pour l'esprit de son temps et par la hai- lui faire arriver leurs hominages. ne héréditaire de sa maison contre Plus le pape s'approchait de VienRome, coinmeuça son 'règne en ne, plus ces témoignages devesupprimant des couvens, en re naient éclatans : l'empereur et tranchant des fêtes en réglant son frère Maximilien allèrent à sa même les cérémonies de l'église. rencontre à quelques lieues de la Pie VI lui écrivit plusieurs fois ville , et y firent ensemble leur pour essayer de le ramener à des entrée au milieu d'une foule de sentimens moins hostiles; mais ne curieux qui se pressaient autour pouvant pas le fléchir par ses de leur voiture, faisant retentir brefs, il se flatta de le désarmer l'air de leurs vives acclamations. par sa voix, et prit la résolution La vanité de Pie VI se trouinattendue de le surprendre dans va satisfaite de tant d'empressa capitale. Ce voyage donna le sement et d'égards; mais il ne tarsecret de sa faiblesse et la mesure da pas à s'apercevoir que l'einpede son autorité. Cherchant à dé reur, sous la politesse de ses maguiser à ses propres yeux tout ce nières , cachait l'inflexibilité de qu'il y avait d'humiliant dans cette son caractère, et qu'il était décidé démarche, il s'environna de ce qui à ne sacrifier aucun de ses droits pouvait servir à lui donner quel aux devoirs de l'hospitalité. Il que éclat; mais, au travers de tant évitait toutes les occasions d'ende magnificence, on apercevait la trer en explication avec le pape , distance qui séparait Pie VI de cet qu'il renvoyait à Kaunitz, non arrogant pontife qui excommu- moins philosophe et tout aussi niait l'empereur Frédéric, brisait difficile à séduire que son maître. le serment de fidélité de ses su Ne lui restant alors aucun espoir jets, et appelait les malédictions sur l'issue de cette négociation. Pie słu ciel sur la tête sacrée d'un VI ordonna les dispositions pour

sans

hâter son retour. L'einpereur se vouer sa défaile, l'empereur pour. montra, à sou départ, ce qu'il a suivait avec persévérance le plan vait été à son arrivée : en se sépa- de réforme qu'il avait adopté, et rant de lui, il lui offrit un ma- portait les derniers coups aux imgnifique pectoral, enrichi de dia- munités de l'église. Si l'on était mans, que

le
pape epta, et un

étonné de la contradiction qui rédiplôme de prince de l'empire goait entre les paroles du pape et pour son neveu Braschi , qu'il ne la conduite du cabinet de Vienne, voulut point recevoir. « Je ne on le fut bien plus encore lors» veux pas, dit-il, qu'on puisse me qu'on sut que le voyage de Joseph » reprocher de m'être plus occupé à Rome, sous le prétexte d'une » de l'élévation de ma famille que politesse, renferinait des vues mys»des intérêts de l'église. » Il quit- térieuses contre la puissance pata Vienne avec le chagrin de n'y pale,et qu'il ne s'agissait rien moins avoir pas opéré les changemens que de soustraire l'empire à toute auxquels il s'était attendu. Il priț espèce de dépendance de la cour de la route de Munich , le seul pays Rome. Le même esprit de disside l'Europe où l'autorité du saint dence s'était manifesté en Toscasiége fût restée atteinte. ne, gouvernée alors par le génie La cour, quoique renommée pour éclairé de Pierre-Léopold. Partasa galanterie , avait conservé un geant les sentimens de son frère, grand attachement pour les for- et soutenu par les conseils de mes religieuses, et le peuple, Mgr. Ricci , il avait , dès l'année plongé dans la plus stupide igno- 1780, adressé une circulaire à tous rance , était regardé comme le les évêques pour leur annoncer plus superstitieux de toute l'Alle un plan de réforme dans la disciinagne. Le pape s'y trouva plus pline ecclésiastique. Deux synorévéré qu'à Rome même, où, a des, rassemblés à Pistoie et à Floprès une absence de quelques rence, avaient alarmé le saint-siémois, il rentra peu satisfait de son ge par l'indépendance de leurs voyage. Il en fit néanmoins un discussions. En s'occupant des récit pompeux, qu'il débita en changemens à faire dans la liturplein consistoire , et prit même gie, on y avait émis des maximnes l'engagement d'en rendre compte hardies sur la foi, la grâce, l'autoà toute la catholicité pour lui faire rité de l'église et la prédestinaapprécier les avantages qui en é- tion. Déjà Pie VI, excité par les taient résultés pour l'église : mais fanatiques qui l'entouraient, avait cette promessc, aussi imprudente préparé une bulle de proscription que ridicule, ne voila pas les contre les prélats réfractaires. difficultés qu'il y avait à la rem Mais la crainte d'irriter le mal par plir. Personne ne se dissimulait ce remède violent, et l'espoir que les inconvéniens de ce voyage, qui la cour d'Espagne interviendrait n'avait abouti qu'à endelier le en sa faveur, arrêtèrent la foudre trésor et à déconsidérer le ponti- prête à lui échapper. Le pape se fe. Tandis que Pie VI se vantait borna à faire des réclamations éde son triomphe pour ne pas a- nergiques, auxquelles le grand-duc

répondit en ordonnant l'impres- clarer au pape que la présentation sion des actes des deux synodes, de la haquenée se ferait à l'avenir accompagnés de l'apologie des sans cette bruyante cérémonie , membres qui y avaient siégé, et de qu'il regardait comme avilissante la réfutation des différentès pré- pour la dignité de son prince. Ce tentions de la cour de Rome. Il tribut, arraché à la faiblesse de recommanda en même temps aux Charles d'Anjou, qui avait intérêt évêques de se conformer stricte- de légitimer son usurpation, s'ément aux décisions du synode de tait perpétué dans ses successeurs. Pistoie, et réclama le duché d'Ur- Il consistait à offrir un cheval blanc bin , qu'il reprochait aux papes richement harnaché, et à déposer d'avoir usurpé. Ce n'étaient pas aux pieds du pape une somme les seuls ennemis que le saint- de 6,000 ducats renfermés dans siége avait à combattre : il avait, une bourse attachée à la selle du avec la cour de Naples , des que- cheval. Le prince Colonna, grandrelles plus anciennes, plus graves, connétable du royaume, jouissait et dont les suites furent encore du privilége d'en faire la présenplus fâcheuses. L'infant don Car- tation tous les ans, la veille de la los, en montant sur ce trône, avait fête de Saint-Pierre et Saint-Paul. trouvé le royaume livré à la cupi-' Cette cérémonie était destinée à dité du clergé et dans une dépen- rappeler aux rois de Naples que dance honteuse de la cour de Ro- leurs états relevaient du saintme. Quoique pieux, il avait des siége, dont ils n'étaient que les idées justes sur son autorité, qu'il vassaux couronnés. Pie VI ne voulut affranchir de ce joug : voulut pas souscrire aux condimais, appelé à régner sur l'Espa- tions qu'on lui dictait; il protesta gne, il n'eut pas le temps d'exé contre la violation de ses droits , cuter les projets qu'on aurait pro- et chargea le cardinal Borgia de bablement oubliés si la direction les soutenir par un écrit, qui ne des affaires ne fût tombée dans

resta pas sans réponse. Il aurait les mains d'un homme fait pour été difficile de prévoir la fiu de les réaliser. Tanucci, ancien pro- ces débats, que les premiers sympfesseur à l'université de Pise, qui tômes de la révolution française avait déployé une grande opposi- vinrent interrompre. On sentait tion contre les envahissemens des des deux côtés le besoin de corporations religieuses , indigné se rapprocher pour se défendre de l'espèce de vasselage auquel contre un ennemi redoutable qui était descendue une couronne attaquait à-la-fois le trône et l'audont il était le premier ministre, tel. On s'étail disputé 15 ans sans s'occupa sérieusement d'en reven s'entendre, on s'entendit en un diquer les droits. Après plusieurs jour sans disputer. Il fut stipulé réformes opérées dans les diver- que chaque roi de Naples payerait ses branches de l'administration à son a vénement au trône une et qui tendaient plus ou moins di soinme de 500,000 ducals , rectement à borner les priviléges forme de pieuse offrande à Saint et l'influence du clergé, il fil dé- Pierre , au inuyen" de laquelle la

en

ces

présentation de la haquenée reste certaines réformes avaient été prorait abolie pour toujours. Ce traité jetées ; mais elles se bornaient à fut suivi d'une visite que le roi et diminuer les attributs du saintla reine de Naples firent au pape siége, pour ajouter à leur propre au printemps de 1791, et scellé puissance. Renchérissant sur leur par les protestations les plus so- exemple, les représentans de la lennelles d'une sincère et in viola nation deinandèrent et obtinrent ble amitié. L'église sortait enfin successivement la suppression des triomphante de tant d'obstacles et

ordres religieux, l'abolition des de dangers : la mort de Joseph II, væux monastiques, et une noula réconciliation de Léopold , de velle constitution du clergé. Par nouveaux conseils dans le cabinet mesures préliminaires, ce de Naples , avaient amorti les corps, naguère si redoutable dans coups portés contre l'autorité du l'état, disparut de l'assemblée, et pape. Lorsque du sein d'un royau- n'eut pas assez de force pour déme qui n'avait pris aucune part fendre les biens ecclésiastiques, aux combats qu'on lui avait livrés, qui furent déclarés biens natios'élève contre elle un orage dont naux. Le roi, en acceptant la consles progrès l'enveloppèrent dans titution civile du clergé, avait éde nouveaux malheurs. Le 5 mai crit à Pie VI pour le prier de la 1789, s'ouvrirent les états-géné- sanctionner à son tour. Le pape raux à Versailles. La tendance de assemble un synode de cardinaux, l'assemblée était vers un plan ge- et se décide , d'après leur avis, à néral de réforme et d'affranchisse consulter les évêques de France. ment : c'étaient aussi les voeux Trente d'entre eux, ayant à leur de la France fatiguée des préten- tête M. de Boisgelin , archevêque tions du saint-siége, honteuse des d’Aix, signèrent un écrit sous le tributs qu'on lui payait, scandali- titre d'Exposition des principes sée de l'opulence du haut clergé, sur la constitution du clergé, dans et de l'existence de ces légions lequel ils détendirent toutes les de inoines qui ne faisaient pas prérogatives de l'église, se répanmême pardonner, par leurs moeurs, dant même en regrets sur l'aboleur onéreuse oisiveté. Mais si la lition des couvens. L'assemblée voix de tous les hommes éclairés dédaigna cette poignée de contras'élevait contre ces abus, l'intérêt dicteurs, et invita les évêques et de plusieurs se liait à leur conser les curés à prêter le serment à vation. Le clergé forınait un des la constitution du clergé, qui detrois ordres de l'état , et le plus vint le fondement de la nouvelle puissant de tous, à cause de son église gallicane. Les circonstances organisation, de l'esprit qui le do- étaient trop graves, les esprits trop minait , et des richesses dont il aigris , pour que la moindre impouvait disposer. Quelques étin- prudence n'occasionât pas les plus celles de philosophie avaient pé- grands désastres. Cependant le métré dans le haut clergé, et c'est pape n'hésita pas à adresser deux parmi ces prélats, beaucoup plus brefs aux évêques de France pour ambitieux que philosophes, que les engager à discuter l'acte fon

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