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cenciée, et il passa à l'armée du prince de Condé. En 1795, il rentra en France avec MM. Duprat et Beaumanoir-de-Langle, pour y servir la cause royale. En 1796, à trois lieues d'Orléans, ils délivrèrent trois émigrés que l'on conduisait à Paris. Quelque temps après, nommé adjudant-général, il s'empara à la tête d'un corps de royalistes de la ville de Sancerre, et livra plusieurs combats où il remporta toujours l'avantage. La déroute de Quiberon paralysa les efforts des royalistes. M. de Phelippeaux, à la tête de son corps, ne put se montrer « qu'au moment où la Vendée succombait. » Il retourna alors à Orléans, où il s'efforça de ranimer le zèle des défenseurs de la monarchie ; mais il fut dénoncé et arrêté le 12 juin (1796). Il tomba malade, A peine en convalescence, il était dirigé sur Bourges, lorsqu'une de ses parentes le fit évader. M. de Phelippeaux se tint caché jusqu'après le 18 fructidor an 5 (1797); alors il rejoignit l'armée du prince de Condé, qui était près du lac de Constance ; elle se dirigea sur la Russie, où il ne jugea pas utile de l'accompagner. Il revint à Paris. Son séjour dans cette ville fut marqué par Kévasion de sir Sydney Smith, détenu au Temple. Les auteurs de plusieurs biographies prétendent, contre l'opinion de M. Pressigny, que « lorsque Sydney Smith et Phelippeaux eurent été faits prison-sonniers ensemble et amenés à la prison du Temple à Paris, Phelippeaux n'échappa à la mort qui le menaçait, comme émigré pris les armes à la main, qu'en se fai

sant passer pour le domestique du commodore. Il joua ce rôle fort long-temps, et s'enfuit ensuite de cette prison avec Sydney Smith. » Les moyens qu'il employa tiennent une place importante dans la notice de M. Pressigny. Il se procura un blanc-seing du ministre de la police, se ménagea des intelligences auprès de la fille du geolier, et par elle, trompa le gardien. Il se déguisa en commissaire, fit déguiser quatre de ses amis en gendarmes, et parvint sans accident avec son protégé à Londres, où le peuple détela et traîna leur voiture. La reconnaissance de sir Sydney Smith valut à M. de Phelippeaux le grade

, de colonel, que l'amiral anglais lui

fit obtenir. Sir Sydney Smith reçut un commandement dans la Méditerranée; M. de Phelippeaux l'accompagna. L'amiral se détermina à défendre Saint-Jean-d'Acre que le général en chef Bonaparte se disposait à attaquer. « N'ayant auprès de lui aucun officier, ni du génie, ni de l'artillerie, il chargea Phelippeaux de la direction des opérations. » Cet ancien officier d'artillerie fit toutes les dispositions convenables pour résister. Les Français voulurent d'abord attaquer de vive force; bientôt ils sentirent la nécessité de faire un siége en règle, et ils s'avancèrent assez près de l'escarpe. « Mais ils étaient dépourvus de grosse artillerie, et les assiégés ayant fait sauter leurs ouvrages par deux fois, ils n'hésitèrent pas à lever le siége, le 2o mai 1799, après 61 jours de tranchée ouverte. Phelippeaux épiait leurs mouvemens; il saisit l'instant favorable, fit une

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sortie des deux tiers de sa garnison, et tomba sur eux avec impétuosité. Cette attaque imprévue augmenta leur trouble, et leur retraite ne fut bientôt plus qu'une déroute. Le vainqueur se disposait à les suivre et à les harceler; mais lui-même touchait au terme de sa vie. » Ce n'est point, et nous en faisons la remarque pour qu'on ne s'y trompe pas, un historien anglais, russe ou allemand, qui parle ainsi des revers des Français ; c'est l'auteur de la notice sur M. de Phelippeaux, qui du reste la termine comme il l'a commencée, en opposant les deux anciens élèves , toujours ennemis, et, selon lui, toujours rivaux. « On peut remarquer, dit-il, que le nom de Phelippeaux n'a jamais paru dans aucun bulletin français ; que l'on a même affecté d'insinuer que le défenseur de Saint-Jean-d'Acre était un ancien officier du génie. Buonaparte redoutait-il jusqu'à l'ombre du rival de sa jeunesse? ou ne suivait-il que son animosité contre lui en cherchant à anéantir son souvenir ? » M. de Philippeaux mourut à la suite de ce siége d'une inflammation de poitrine ou de la peste. Nous terminerons en rapportant.un éloge un peu moins exagéré que celui de M. de Pressigny, mais qui n'est pas moins flatteur pour M. de Phelippeaux. « Il est certain, disent les auteurs d'une biographie imprimée à l'étranger, que ses conseils et ses opérations contribuèrent puissamment à la résistance de Saint-Jean-d'Acre, devant laquelle vint échouer la fortune du vainqueur de l'O

rient ; et cette circonstance a attaché de la célébrité à son IlOIIl. 9 PHILIBERT (J. C.), littérateur, s'est occupé avec succès de botanique, et a publié sur cette science plusieurs ouvrages élé mentaires qui ont eu du succès. Ce sont : 1" Histoire naturelle abrégée du ciel, de l'air et de la terre, ou Notions de physique générale, 1798, nouvell édition, in8°, 18o9; 2° Introduction à l'étude de la botanique, 1799, 5 vol. in-8°; 5° Notions élémentaires de botanique, 18o2 , in-8°; 4 Exercice de botanique à l'usage des commençans, 18o5, 2 vol. in-8° : 5° Dictionnaire abrégé de botanique, 18o5, in-8°; 6° Dictionnaire universel de botanique, 18o4 , 3 vol. in-8°. PHILIDOR (FRANçois - ANDRÉ DANICAN, dit), musicien-compositeur, né a Dreux le 7 septembre 1726. Le nom de Philidor fut donné à son grand-père, Michel Danican, par le roi Louis XIII, dont il était musicien de la chambre, et qui voulait rappeler ainsi la mémoire du plus fameux hautbois de son siècle. Le compositeur Campra, qui jouissait d'une grande célébrité, devint le maître du jeune Philidor, élevé aux pages de la musique du roi, et qui montra dès l'enfance les plus heureuses dispositions pour son art. A 15 ans il obtint la faveur de faire exécuter

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cependant à ses chants de manquer trop souvent d'expression et de mélodie. De retour en France, il fit exécuter en 1754, à la chapelle de Versailles, un Lauda Jerusalem, qui fut très-vanté à cette époque. Depuis, il consacra presque exclusivement son talent à l'opéra-comique, genre dont Philidor peut être regardé avec Duni, comme le créateur en France. Ses coumpositions sont très-nombreuses. En 1756, il fit la musique du Diable à quatre, opéra comique en 5 actes de Sédaine. Blaise le savetier, l' Huître et les Plaideurs, du même auteur, furent joués en 1759: et depuis, Philidor donna régulièrement au moins un opéra par an.On a de lui le Quiproquo, pièce de Mouston; le Soldat magicien, d'Anseaume ; le Jardinier et son Seigneur, de Sédaine ; le Maréchal Ferrant, de Quétant; Sancho Panca, le Bûcheron, les Fêtes de la paix, le Sorcier, Tome-Jones, le Jardinier de Sidon, le Jardinier supposé, la Nouvelle école des Femmes, le Bon fils, Sémire et Mélide, Ernelinde, grand opéra, etc. Peu de ces pièces sont restées au théâtre. Le public revoit cependant encore avec plaisir le Maréchal fer. rant, et le Diable à quatre. Quelque temps avant la révolution, Philidor composa pour le Carmaen Seculare d'Horace, une musique que ses admirateurs proclamè< rent un chef-d'œuvre de l'art. Cette production, sivantée alors, est à peu près oubliée aujourd'hui. Mais les combinaisons harmoniques ne furent point la seule occupation de Philidor. Il était reconnu pour le premierjoueur d'échecs de l'Europe, et il se flatta même pendant

quelque temps de faire servir sa supériorité à ce jeu, d'instrument à sa fortune. Il fit publier en Angleterre, par souscription, son Anal se des échecs, ouvrage qui a eu plusieurs éditions. Celle de Londres, de 1777, in-8°, est ornée du portrait de l'auteur, gravé par Bartolozzi. Un mois avant sa mort, il fitencore. quoique aveugle, deux parties d'échecs à la fois, contre les plus habiles joueurs, et les gagna toutes les deux Effrayé des premiers troubles de la révolution , Philidor s'était retiré à Londres,où il mourut le 31 août 1795. Des qualités estimables, un caractère franc et généreux, l'avaient rendu cher à tous ceux qui le connaissaient, quoiqu'il ne se distinguât nullement par les avantages de l'esprit. On raconte qu'un de ses grands admirateurs , Laborde , valet-dechambre du roi, entendant un jour Philidor dans une société, débiter beaucoup de trivialités, s'écria plaisamment : « Eh bien, voyez » cet homme là, il n'a pas le sens » commun, c'est tout génie. » PHILIPART (JEAN) , écrivain anglais , est né à Londres, et fut placé par sa famille, qui le destinait à la carrière du barreau, chez un avocat écossais, où il fit si peu de progrès qu'il renonça à cette profession. II obtint, eû 181 1 ,

· une place dans le gouvernement

par la protection de lord Sheffeld, dont il avait été secrétaire en 18o9. Tout dévoué aux doctrines ministérielles, M. Philipart les soutient à outrance dans ses ouvrages, ce qui lui attire souvent des critiques sévères de la part des journaux de l'opposition. Voici la liste de ses principaux ouvrages : 1° Observations sur les systèmes militaires de l'empire britannique, et plan pour rendre les traitemens des officiers - généraux suffisans pour soutenir leur rang, in-8", 1812 ; 2° Mémoires du prince royal de Suède, in-8°, 1815; 5° Campagnes du Nord, 2 vol. in-8°, 1814 ; 4° Mémoires et Campagnes du général Moreau, in-8°, 1814 ; 5° Lettre à lord Castlereagh sur la révision du bill, pour rendre la milice utile dans le service étranger, in-8°; 6° Campagnes en Allemagne et en France, depuis l'expiration de l'armistice jusqu'à l'abdieation de Napoléon Bonaparte, 2 vol. in-8°, 1814; Almanach royal militaire, contenant les services de lous les officiers-généraux vivant à la fin de 18 14, 2 vol. in-8°, 1815 ; 8° il a inséré trois articles dans le Pamphleteer : Supplément au plan pour un fonds en faveur des officiers ; Observations sur divers auteurs et ouvrages anglais ou étrangers; Observations sttpplémentaires sur la lettre du colonel Roberts à l'armée. 9 Vie des généraux anglais. M. Philipart est propriétaire et éditeur du Panorama militaire. Sa femme cultive les muses , et, imbue de ses principes politiques, elle a donné deux poëmes, l'un intitulé : la Moscovite, in-8°, 18 15, et l'autre: Victoria, in-8°, 18 15. PHILIPP (N.), capitaine de navire avant la révolution, fut avant l'époque du 9 thermidor an 2 (1794), l'un des agens des comités de gouvernement. Il figura comme tel (en 1793), dans les départemens de la Meurthe et du Bas-Rhin, où souvent on le soup9onna d'outrer à dessein les me

sures dont l'éxécution lui était confiée, afin de rendre odieux le gouvernement. Le 2 juillet 1794, se trouvant à Paris, il s'introduisit dans la salle de la convention, bien qu'il ne fût pas député, et alla s'asseoir parmi les membrcs siégeant à la Montagne. Mallarmé, contre lequel il avait publié peu de temps auparavant une diatribe, l'apostropha, le signala comme un calomniateur, un intrigant, et le fit arrêter. Philipp ne recouvra sa liberté que lors des événemens du 15 vendémiaire an 4, après une détention de quinze mois. Impliqué dans l'affaire de Babeuf en 1796, il fut traduit devant la haute-cour nationale de Vendôme ; mais l'accusateur public n'ayant pas trouvé contre lui de preuves suffisantes, se borna à déclarer qu'il ne le croyait pas exempt d'imprudence et de blâme : il fut acquitté. Il avait, dans, sa défense, manifesté son étonnement de se voir associé à des hommes dont les principes, disait-il, étaient si différens des siens : cette observation s'appliquait particulièrement aux conventionnels qui, selon lui, avaient usurpé la souveraineté du peuple. Employé pendant quelque temps dans les vivres de l'armée de l'Ouest, il a depuis été entièrement perdu de vue.

PHILIPPEAUX (PIERRE), né à Ferrières, département de la Sarthe, en 1759. Il exerçait la profession d'avocat, lorsqu'il fut élu, en 1792, par le département de la Sarthe, député à la convention nationale. Dans le procès du roi, il vota la mort, rejeta l'appel et le sursis, et appuya la proposition de Bourdon-de-l'Oise, de faire assister à l'éxécution les patriotes blessés le 1o août. Il soutint, le 1 o mars 1795, le projet présenté par Robert Lindet, pour la formation d'un tribunal révolutionnaire sans jurés , projet qui n'eut que lui et Duhem pour appuis, et fut rejeté par l'immense majorité de l'assemblée. Il se déclara contre les députés de la Gironde, participa aux mesures prises dans les journées du 31 mai, 1" et 2 juin, et fut envoyé à Nantes, pour y réorganiser les administrations, composées de républicains, alors désignés sous le nom de fédératistes, que le peuple confondait avec royalistes. Comme Philippeaux était lui-même républicain, il ne tarda pas à se brouiller avec ses collègues en mission dans les autres villes de la Vendée. A la suite de vives altercations avec eux, il s'unit aux généraux qui commandaient vers Nantes, et leur fit adopter un système de guerre opposé à celui que suivaient les représentans et les généraux réunis à Saumur. Il ne parlait qu'avec dérision de cette réunion dans laquelle se trouvaient Ronsin, Rossignol et Santerre, qui, disait-il, n'avaient d'autre talent que celui de brûler des villes et des hameaux, et de faire des exécutions barbares. Il parvint d'abord à fai·re adopter son plan par le comité de salut-public ; mais les succès qu'il promettait n'ayant pas eu lieu, il se vit exposé aux plus violens reproches. Alors, pour se justifier, il accusa ses antagonistes d'avoir eux-mêmes préparé les revers qu'on attribuait à l'exécution de ses plans. Cependant le parti de ceux-ci l'emporta; il re

prit la direction de cette guerre, et Philippeaux fut rappelé. Loin de ménager des ennemis qui pouvaient le perdre, il ne parut à la tribune que pour les dénoncer. Il fit en même temps paraître une brochure tellement accusatrice , que le comité de salut-public s'y voyant désigné comme complice des généraux qui par leurs cruautés perpétuaient la guerre, ne lui en pardonna jamais la publicité. Il est constant que dès-lors sa mort fut résolue. Bientôt le club des Jacobins déclara Philippeaux intrigant, modéré. traître à la patrie, et l'exclut de son sein. D'une pareille exclusion à la mort il n'y avait qu'un pas. Arrêté, comme conspirateur, dans la nuit du 1o au 1 i germinal an 2 (du 3o au 51 mars 1794 ), et traduit quinze jours après au tribunal révolutionnaire, il fut condamné à mort avec Danton, Lacroix, Camille-Desmoulins, etc. Pendant son interrogatoire, l'accusateur public , Fouquier-Tinville, habitué à adresser à ses victimes des paroles

outrageantes, joignit plusieurs fois

aux questions qu'il lui faisait l'insulte et l'ironie : «ll vous est permis, lui dit Philippeaux avec fierté, de me faire périr. mais m'outrager.... je vous le défends.o Il montra la plus grande fermeté en allant au supplice. . PHILIPON DE LA MADELEINE ( LoUIs), homme de lettres , membre des académies de Lyon et de Besançon , naquit à Lyon au mois d'octobre 1754. Destiné par sa famille à la carrière ecclésiastique, il préféra, au mo

-ment de prendre les ordres .. sui

vre celle de la magistrature, et il

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