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bre. Il dirigea, dit-on, d'après le but sinistre où l'on tendait. Il fut veu du parli connu sous la déno- impuissant pour arréter les massaminatinn de Girondins, le monve cres de septembre. Deux fois il vement populaire du 20 juin, dont s'était rendu à la prison de la For

i but était de forcer Louis XVI, ce, sans que sa présence produien l'intimidant, de rappeler au con sît d'autres résultats que de les seil les ministres Roland , Servan suspendre momentanément. Le 6 et Clavière. L'administration dé- septembre il parut à l'assemblée partementale de Paris, de l'assen- législative, et iermina son récit en timent du roi, suspendii ile leurs invitant les représentans « à jeter fonctions Pétion et Manuel (ce der un voile épais sur les épouvantanier était procureur de la commu bles événemens qui venaient de se ne), pour leur conduite dans cette passer, assurant qu'il n'en avait grave circonstance. Le roi repro été instruit que lorsqu'il n'était cha inême à Petion, publiquement plus temps d'y remédier. Héraultet dins des termes extrêmenient de-Séchelles, président, lui répon. sévères, d'avoir mal fait son de- dit que l'assemblée était satisfaivoir. Pétion, pour se justifier et te d'opposer à des événemens peut-être pour se venger du parti malheureux un homme de bien de la cour, rendit public.par la voie tel que lui, et qu'elle se reposait de l'impression, l'entretien qu'il a sur sa sagesse.» Lia convention navait eu avec le monarque. Le peu- tionale, convoquée au mois de sepple partageant le mécontentement tembre 1792, Pétion y fut nomde son premier magistrat, le rede- mé par le département d'Eure-etinanda à grands cri-; un nombre Loir, fonctions qu'il préféra à celconsidérable d'individus parcou- les de maire de Paris, devenues rurent les rues portant cette devi- de plus en plus difficiles. Premier se tracée en gros caractères surleurs président d'une assemblée qui, chapeaux, et même sur leurs vête- quelques mois après, devait le mens : Pétion ou la mort. Alors proscrire, il se montra , dès l'ouPétion parut à la barre de l'assem verture des séances, l'un des plus blée législative (12 juillet 1592), ardens antagonistes du parti de la « non pour se justifier, disait-il, commune, et surtout de Robesmais pour provoquer une justire pierre, l'un de ses chefs. Dans un sévère.» Son discours en effet fist discours qu'il prononça à la tributout en récriminations et en sarcas ne, il développait les rivalités du mes contre la cour et les mem conseil général de la commune de bres du département. Mois Pétion, Paris avec l'asseinblée, et les cauqui lui étranger aux événemens ses qui avaient amené les massadu in août, cessa dès cetie ép que cres commis à la suite du 1o août. d'êtrè l'id, le du peuple; an parti Il y disait qu'il ne croyait pas que plus puissant, celui de Robespier- Robespierre aspirât à la dictature, dont il avait éte long-temps re, et que Marai -eul était capable l'awi, de Danton, Maral, eto, lui de cette folie féroce. Il conjurait enleva sa popularité, qu'il ne re au reste les partis qui divisaient gretta plus du moment où il vit le la république d'oublier leurs res

sentimens et leurs préventions, et

marcher sur Paris, afin de sousde se réunir pour l'intérêt public. traire la convention nationale à la Lors du procès du roi, il vola la tyrannie de la Montagne. Les sucmort avec l'amendement de Mail- cès des troupes des départemens he (voy. Mailae), et fut de l'avis fédérés ne répondirent point à de l'appel au peuple et du sursis. leur attente. Ces troupes, furent Pétion devint, le 25 mars, mem baltues et dispersées à Pacy, débre du premier comité de salut-pu- partement de l'Eure, et les dépublic, et de défense générale. Pen- ies proscrits obligés de se procurer dant toute la durée de la lutte en un nouvel asile. Pétion, Buzot, tre laGironde et la Montagne, Pétion Salles et Guadet, s'embarquérent ne cessa de combattre cette der- pour le département de la Gironnière, saisit la première occasion de; mais bientôt ils durent cherfavorable pour la perdre. « Le gé- cher un refuge dans les cavernes. néral. Miaczinski, condamné à Quelque temps après les trois mort comme ayant voulu intro- premiers furent trouvés dans un duire l'ennemi dans la place de chainp de Saint-Emilion, morts et Lille, eut la faiblesse, disent les å moitié dévores par

les animaux. biographes que nous avons précé-, Pétion a élé jugé avec une extrêdemment cités, d'accuser quel me sévérité par les coneinis de la ques députés qui sans doute n'é- révolution. Il ne l'a pas toujours été taient pas également irréprocha- avec justice par les défenseurs de bles; mais il nomina parmi eux la cause qu'il soutenait. Le temps Gensonné et Pétion, et cette dé ne paraît pas encore venu où l'on claration, faite à l'instant du sup- peut porter un jugement impartial plice et dans l'espoir de prolon sur ce personnage,que ses partisans ger sa vie, devint, sans être utile ont honoré du beau nom d'Arisà Miaczinski, l'un des prétextes tide, et qui peut-être est trop eaqu'employèrent quelques jours a- lomnié par les uns et trop loué près les dominaleurs de la con par ceux qui pensent comme Mme vention, pour faire comprendre Roland, dont nous allons rapporces deux représentans dans les ter l'opinion extraite de ses listes de proscription dressées par moires. « Véritable homme de bien la faction de la montagne, et pré- et bon, dit-elle, Pétion est incasentées

par

elle à la convention.) pable de faire la moindre chose Pétion fut sur-le-chanip décrété qui blesse la probité, comme les d'arrestation (2 juin), et momen- plus légers torts ou le plus petit tanément constitué prisonnier chagrin à personne; il peut nédans son domicile, sous la surveil. gliger beaucoup de choses pour lance d'un gendarme. Il échappa lui, et ne saurait exprimer un reavec Buzot et Salles à cette sur fus d'obliger qui que ce soit au veillance, qui allait être convertic monde. La sérénité d'une bonne en une détention dans une mai- conscience, la douceur d'un cason d'arrêt, et tous trois se ren ractère facile, la franchise et la dirent déguisés à Caen, où l'on gaîté, distinguent sa physionomie. organisait une armée destinée à Il fut maire prudent, représen

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tant fidèle, mais il est trop con partement. Après la session, il se fiant et tróp paisible pour prévoir retira dans ses foyers, qu'il ne quit, les orages et les conjurer. Un ju- ta pendant quelques mois que geinent sain, des intentions pures, pour se soustraire aux regards des ce qu'on appelle la justesse de l'esc agens de la terreur. Meinbre depuis prit, caractérisent ses opinions et 1789 de tous les colléges életeses écrits, inarqués au coin du bon ranx, de l'un desquels il fut élu sens plus qu'à ceux du talent. Il président; mis en réquisition le 13 est froid orateur, et lâu he dans frimaire an 3 par un député en mis. son style comme écrivain. Admin sion, pour remplir une place d'adnistratenir équitable et bon ci- ministrateur du département, il toyen, il était fait pour pratiquer obéit; mais ne croyant pas devoir les vertus dans une république, ajouter à la sévérité des lois contre et non pour fonder un tel gouver- les énigrés, partie dont il était spénement chez un peuple corrom cialement chargé, il fut remplacé pu, qui le regarda, durant quelque après dix mois d'exercice. Nommé, temps, comme son idole, ei se le 8 frimaire an 4, commissaire réjouit de sa proscription comme du gouvernement près de l'admide celle d'un ennemi. » M* de aistration du canton qu'il habitait, Genlis fut aussi l'amie intime de il fut révoqué en l'an 6, à peu près Pétion. Dans le précis de sa con par suite du même esprit de moduite durant la révolution, cetle dération. Membre du conseil-gédame déclare : « qu'elle eut pour néral du département, depuis son lui une véritable estime jusqu'à la établissement en l'an 8, il en fut mort du roi. » On a réuni en 4 président pendant trois sessions. vol. in-8', Paris, 1993, les ouvra- Appelé en avril 1809 au tribuges de Pétion; ils comprennent nal chef-lieu judiciaire du déparses Discours dans l'asseinblée cons, tement, sur la demande des juges tituante et à la convention patio- qui le composaient, il le présida nale, ses Comptes rendus comme jusqu'en janvier 1816, époque ou maire de Paris, et ses différens 0. on l'admit à la retraite, et il cessa pusculis politiques.

dans la même année les fonctions PETIOT (JEAN-JOSEPA), che de président du tribunal et de prévalier de la légion - d'honneur, sident du conseil-général, sans président honoraire du tribunal qu'on ait su s'il devait à la bienchef-lier judiciaire du départe- veillance de ses amis celle double ment de Saône-et-Loire, était pro- retraite, que d'ailleurs il désirait ; cureur du roi au bailliage, présidial quoiqu'il fat sincèrement attaché de Châlons-sur-Saône, lorsqu'il à la charte , ses opinions , qui fut nommé en 1989, par le tiers n'ont pas varié depuis 1789, ne état, et à la presque unanimité, furent pas jugées dignes de la premier député aux étals-géné- confiance du gouvernement. Il a. raux. Il vota constamment avec la vait été député en 1815 pour

aller majorité, sans les rangs des mo à Lyon, représenter au duc d'Al. dérés, et ne prit la parole que pour buféra (voyes Sucher), qui comdes affaires spéciales à son dé mandait l'armée, que les habitans

de Châlons-sur-Saône, quoiqu'ils seur et comme praticien, la médeeussent arrêté les Autrichiens pen- cine et la chirurgie, et dut à sa célédant un inois lors de la première brité, sous ce double rapport, son invasion, ne pourraient seuls em- admission, en 1760, à l'académie pêcher le passage de la Saône; sur des sciences, et, en 1768, la chaire la réponse du maréchal qu'il ne d'anatomie au jardin du Roi, vapouvait fournir aucun secours , cante par la mort de Ferrein. Il réponse rapportée par M. Petiot, s'illustra dans cette chaire, où il non sans danger d'être pris par les se fit suppléer, en 1776, par l'un Autrichiens qui venaient de passer de ses élèves les plus distingués , la Saône à Mâcon, la ville ouvrit Vicq-d’Azir, auquel il aurait voulu ses portes. Il vit maintenant au Ja códer; mais on lui adjoignit M. milieu de sa famille , honoré de Antoine Portal (voy. PORTAL), qui l'estime de ses concitoyens. l'avait pendant dix ans remplie en

PETIT ( ANTOINE), célèbre mé- l'absence de Ferrein. Petit fonda, decin , naquit, en 1718, à Orléans, à la faculté de médecine de Paris, déparlement du Loiret, d'une fa une chaire d'anatomie et une de mille estimable. Son père était chirurgie. Il désigna Leclerc pour tailleur,et son grand-père avait été occuper la première, et CORVISART notaire. Au sortir de ses études, (voy. ce nom ) pour la seconde. Antoine Pelit vint à Paris, où il « La fondation qu'il fit à Orléans, suivit avec succès les cours de sa ville natale, dit M. Fournier chirurgie, de médecine et d'accou- dans une Notice, est plus considérachement. Reçu professeur de ces ble; il y consacra plus de 100,000 diverses parties de la science et de livres : son objet est la nominal'art de guérir, il acquit bientôt tion de quatre médecins et de deux une grande réputation; mais sa chirurgiens, pour donner des soins pauvreté ne lui permettant pas gratuits aux malades indigens de de faire les sacrifices pécuniaires la ville, et, les jours de marché, (6000 fr.) qu'exigeait son admis- des consultations à ceux de la cam. sion à la faculté de médecine ou pagne, dans un édifice qu'il fit au collége de chirurgie , il témoi- bâlir à cet effet. Deux avocats et gna à la faculté le désir d'être reçu un procureur ayant, comme les ad meliorem fortunam, droit que premiers, des appointemens fixes, ces deux

corps s'étaient réservés; remplissaient, à des jours marla faculté refusa avec orgueil d'ac- qués, leur ministère auprès des cueillir le mérite indigent. Petit pauvres qui venaient le réclamer. était au moment d'obtenir du col- Bouvard , dans les querelles litté lége de chirurgie la faveur qu'il raires qui s'étaient élevées entre sollicitait, lorsque la faculté, par lui et Petit, lui avait reproché un motif bien moins noble, ce d'être fils d'un tailleur, et lui disait lui de ravir à un corps rival un dans une de ses controverses que homine déjà si distingué, lui ou ses idées étaient mal cousues , et vrit ses portes : il devint docteur- que cependant il devait savoir régent en 1746. Petit exerça ,

coudre. Petit était trop philosophe concurreminent comme profes- pour s'offenser d'une pareille in

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jure. Il s'honorait de son père; et rable, et que dans ses relations voulant que la postérité n'ignorât privées, il a été généralement pas son origine, il établit dans peu scrupuleux; mais étail-ce une l'acte de fondation dont on vient raison pour Desforges de proclade parler, que le concierge de l'é mer 10 scandale ou une calomnie? difice consacré aux consultations Petit a publié les ouvrages suigratuites, serait toujours un pau vans : 1° l Anatomie chirurgicale vre tailleur de la ville d'Orléans, de Palfin, avec des notes et un en mémoire de son père. » Petit Traité d'ostéologie, Paris, 1753, s'efforçait d'enseigner à ses élèves 2 vol. in - 12; nouvelle édition ces principes si recommandables, augmentée d'un discours sur la que

les hommes qui exercent l’art chirurgie , Paris, 1757, in - 4°; de guérir doivent des soins gra- 2° Rapport en faveur de l'inoculatuits aux indigens et aux person- tion, Paris, in-8", 1768; 3° Recueil nes peu riches. « Ce sont les riches de pièces concernant les naissances qui doivent payer convenable- . tardives, Paris, 2 vol. in-8°, 1766. ment, disait-il : lorsque j'étais C'est à l'occasion de cet ouvrage, jeune je rougissais lorsqu'un ma l'un des plus remarquables qu'il Jade m'offrait de me payer; main ait produits, qu'il eut à soutenir tenant je rougis lorsqu'on ne ne contre M. Bouvard une polémique paie pas.

» Cet estimable savant où plus d'une fois la modération avait recueilli sa mère dans la mai- fut oubliée de part et d'autre, surson qu'il possédait à Fontenai tout par M. Bouvard. 4° Projet de aux-Roses : ce séjour lui devint réforine sur l'exercice de la medeinsupportable du moment qu'il cine, Paris, in-8°. Petit était ennel'eut perdue, et il se retira à Oli- mi des médicamens et des mélanvet , village près d'Orléans, où il ges pharmaceutiques, et souvent mourut, le 21 octobre 1994, ne il attaqua des apothicaires qui se laissant aucun héritier direct de faisaient médecins sans avoir les son nom et de sa fortune, qui était connaissances nécessaires : il s'atconsidérable. Nous ferons remar tacha plus particulièrement à la quer, à cette occasion, que Des médecine expectante. C'est de l'éFORGES (voy. ce nom), par le plus cole de cet habile professeur que inconcevable cynisme, déshono sont sortis nos plus célèbres mérant sa mère, s'est prétendu dans decins. son roman du Poète ou Mémoires PETIT (MARC-ANTOINE), chid'un homme de lettres, le fils ano rurgien en chef de l'Hôtel-Dieu nyme de ce célèbre médecin. Si de Lyon, membre de l'académie Petit et été en effet le père de de cette ville, correspondant de Desforges, il est permis de penser, l'institut, etc., naquit à Lyon, le d'après son caractère bien connu , 3 novembre 1766. Il était fils naet surtout sa bonté et sa généro- turel; mais sa mère s'imposa les sité, qu'il lui eût laissé quelque plus grands sacrifices pour lui portion de sa fortune. Il est vrai faire donner une bonne éducation. que Petit avait sur les moeurs des Il sut en profiler, et suivit, par femmes l'opinion la plus défavo- égard pour la volonté de sa mère,

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