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en 1821 qu'il devint grand'croix rare et du plus grand sang-froid. de l'ordre de la légion-d'honnneur. Il fut blessé à la tête penılant

PÉRON (François), correspon- le siége, et après sa levée il alla dant de l'institut, membre de la avec son corps rejoindre l'armée société de médecine, de la socié- du Rhin vous les lignes de Weisté phiiomatique et de plusieurs sembourg. Il fut fail prisonnier autres sociétés savantes, naquit à par les Prussiens à la bataille de Cerilly, département de l'Allier, Kayserslautern, livrée le 26 déle 22 août 1775. Son intelligen- cembre 1793, et conduit d'ace s'annonça dès ses premières bord à Wesel, puis à la citadelle années, par une extrême curiosi- de Magdebourg. Péron mit à profit té, et par un vis désir de s'ins- l'inaction forcée à laquelle il était truire. A peine sut-il épeler qu'il condamné; il employa l'argent prit pour la lecture une telle pas- qu'il avait pu conserver, à se prosion, que pour la satisfaire il curer des livres, et il se livra å employait toutes les ruses que l'étude des historiens et des voyales enfans imaginent ordinaire geurs, se détournant à peine de ment pour se livrer au jets. La son travail pour prendre quelques mort de son père le laissa sans momens de sommeil. Échangé à fortune, mais sa mère s'imposa la fin de 1594, il se rendit à Thionles plus pénibles privations pour ville, où il reçut son congé de lui faire faire ses études dans le réforme, motivé sur ce qu'il avait collége de la petite ville de Ceril- perdu l'ail droit par suite de ses ly. Elle en fut dignement récom- blessures. Il revint à Cerilly au. pensée par les rapides progrès du mois d'août 1795, et après avoir jeune Péron. Lorsqu'il eut fini sa passé quelques mois dans sa familrhétorique, on lui conseilla d'em- ie, il sollicita et obtint du minisbrasser l'état ecclésiastique; mais tre de l'intérienr , une place déjà les esprits se tournaient vers d'élève à l'école de médecine la politique et la guerre, déjà les de Paris , où, pendant 5 ans, il courages s

s'enflammaient, et la ré- suivit les cours de l'école. Mais volution, qui commençait, impri- une seule branche des sciences mait à tout un mouvement irré ne pouvait suffire å l'ardeur qui sistible. Péron ne fut pas insen- le portait vers l'étude: il continua sible à cel enthousiasme général; à se livrer à la poésie, pour lail partit, en 1792, pour Moulins, quelle il avait toujours montré où il s'enrôla á 17 ans dans le du godt; il voulut aussi tout à la 2e bataillon de l'Allier. Ce batail- fois cultiver les différentes parties lon fut envoyé à l'armée du de l'histoire , la géographie et la Rhin,et de là au secours de Landau, jurisprudence, qui s'y rattachent qui était assiégé, et il partagea souvent. Il apprit en outre les bientôt les honorables périls des mathématiques, l'astronomic, la braves qu'il venait seconder. Pé- physique et la chimie. L'étude des ron, qui avait été fait sous-offi- langues ne fut pour lui qu’un délascier, donna dans ces circonstan sement, et il se rendit bientôt famices des preuves d'une intrépidité liers le grec, l'italien, l'anglais et

en

l'espagnol. Jusqu'alors la méde le peu de jours qui lui restent cine était restée son objet princi- jusqu'au départ de l'expédition, i pal; l'histoire naturelle vint s'y recevoir des instructions de MM. joindre; il conçut pour elle an de Lacepede, Cuvieret Degerando, tant de passion que pour la mé Péron va à Cerilly prendre congé decine ; et après avoir assis de sa mère, et se rend au Havre, té aux cours de zoologie et d'ana- où il s'embarque sur le Géographe, tomie comparée du inuséum d'his- Les deux vaisseaux mirent à la toire naturelle, il devint égale- voile le 19 octobre 1800. Dès ce ment familier avec ces deux scien. moment commença entre Péron ces. La rapidité de ses progrès et et Lesueur (voy. ce nom) une al'étendue de ses connaissances en mitié qui ne s'est jamais démentie. médecine allaient le faire recevoir Ces deux amis mettaient leurs docteur, lorsqu'une circonstance travaux commun. Lesueur particulière le détermina à renon dessinait ce que Péron décrivait; cer à son projet. Le gouvernement ils s'entendaient sur tout, et jafrançais venait d'orilonner une mais l'un deux n'a cherché à se expédition pour les terres austra faire valoir aux dépens de l'autre. les. Deux vaisseaux, le Géogra- Le jour même de son arrivée i phe et le Naturaliste, commandés bord, Péron commença des obpar le capitaine Baudin , déjà ar servations météorologiques, qu'il més au Havre, n'attendaient que répéta constamment, de 6 heules dernières instructions du mi res en 6 heures, pendant la durée nistre. Péron demande à être em du voyage. Il fit sur la températuployé dans cette expédition, mais -re de l'Océan ces belles expérienle nombre des savans est com ces qui démontrent que les eaux plet; il s'adresse à M. de Jussien, sont plus froides dans le fond l'un des commissaires chargés du qu'à la surface, et qu'elles le sont choix des naturalistes, le prie de d'autant plus que la profondeur solliciter pour lui, et lui dévelop- est plus grande : résultat qui, pe avec chaleur son plan, ses vues réuni à ceux des expériences de et ses moyens. M. de Jussieu, Forster et de Il'wing, conduit å qui n'a pu l'entendre sans éton- des conséquences

des conséquences importantes nement et sans émotion, lui pour la physique générale. En conseille de faire un mémoi- approchant de l'équateur, la phosre, dans lequel il exposera ses phorescence de la mer attira son motifs, et quelques jours a attention. Ce phénomène avait près, Péron lit à l'institut un mé souvent été observé par des voyamoire sur la nécessité d'attacher geurs ; mais ils n'avaient pas enà l'expédition un médecin natu core vu l'Océan présenter l'asraliste, spécialement chargé de pect du ciel pendant une aurore faire des recherches sur l'anthro- boréale : on avance, et l'on reconpologie, ou histoire de l'hom- naît que celle lumière est due à me; cet écrit réunit tous les suf une multitude innombrable d'afrages, et Péron obtint du minis nimaux qui ressemblent à des tre sa nomination à une place de charbons ardens ; on en pêche zoologiste. Après avoir employé plusieurs, qui, après avoir pris

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successivèinent toutes les couleurs déjà les effets d'un dénuede l'arc-en-ciel, et brillé de l'éclatment presque absolu : triste préle plus vif, finissent par s'obscurcir lude et principale source des malinsensiblement. L'impression que heurs qui devaient les accabler ce phénomène fit sur Péron le par la suite! Nous ne suivrons pas détermina à étudier plus par- Péron dans les détails de son ticulièrement les zoophytes, et voyage, mais nous croyons

devoir pendant tout le voyage, Lesueur nous arrêter un moment dans les et lui furent tour-i-lour pen- lieux qui furent le principal théâchés sur le côté du vaisseau tre de ses observations. En parpour recueillir les espèces qu'ils tant de l'Ile-de-France, on se di. pouvaient apercevoir. Après cinq rigea vers la pointe la plus occi. inois de navigation, il arriva à dentale de la Nouvelle-Hollande, l'ile de France : c'étaitlà qu'on et l'on mouilla dans une baie qui devait prendre les objets néces- reçut le nom de Baie du Géosaires pour aller aux terres aus- graphe. On remonta ensuite la trales; mais par l'effet de la plus côte occidentale, où l'on fit plucoupable speculation, au lieu de sieurs relâches, et l'on se rendit se pourvoir d'abondans rafraîchis. à Timor : c'est essentiellement seinens, on n'embarqua qu'une au séjour que Péron fit dans petite quantité d'alimens détério cette île qu'on doit son travail rés, plus capables de nuire que de sur les mollusques et les soutenir les forces. Justement ef. phyles. La mer est peu profonde frayés de l'avarice du commandant sur sur cette côte; il passait la de l'expédition, et redoutant les in- plupart des journées sur le rivage, dignes traitemens auxquels les a s'enfonçail dans l'eau au milieu vait déjà exposés sa dureté, plu- des récifs, toujours au péril de sieurs ofliciers, naturalistes, pein sa santé et même de sa vie, et ne tres , et quarante des meilleurs rentrait que le soir chargé d'une matelots, restèrent dans l'île, se nombreuse collection, qu'il exahâtant d'abandonner un chef dont minait avec Lesueur. L'espoir l'avarice fait craindre la famine d'échapper au scorbut, qui lourpendant le cours d'une longue mentait l'équipage , avait fait navigation. Pérou ne pouvait s'a- relâcher à l'ile de Timor ; mais veugler sur l'affreuse perspecti- le séjour de cette île funeste ve qui se présentait, mais sa re- produisit à la place de ce terrible solution n'en fut point ébranlée; scorbutone dyssenterie plus cruelil se rallie au petit nombre d'hom- le encore. Péron voit bientôt sucmes courageux, restés fidèles à comber ses camarades, ses amis, leur premier dessein, tous s’unis- malgré le zèle et les soins de MM. sent par les liens d'une indissolu- L'Haridon, Beilefin et Taillefer, ble arnilié, tous jurent de se médecins de l'expédition. Remarprêter un mutuel secours. Ils quant que les habitans de l'île épartent dans cette généreuse ré- chappaient à l'influence du clisolution, et, quoique encore mat, Péron en rechercha la cause, dans le port, ils éprouvent et la trouva dans l'usage qu'ils

font de betel. En quiltant Timor, rieur des terres. Péron déploya un l'expédition se dirigea vers le cap courage et une activité inconceSud de la terre de Diemen. Après

vables. Il allait chercher les sauavoir reconnu la partie orientale vages, sans s'effrayer de leur perde cette terre, elle entra dans fidie et de leur férocité; il recueille détroit de Bass , et elle sui lait un grand nombre d'animaux vil la côte inéridionale de la de toutes les classes, et ne négliNouvelle-Hollande. Nous ne retra geait rien pour examiner leurs cerons pas ici le tableau des ra habitudes, et reconnaître ceux qui vages que le scorbut exerça sur pouvaient offrir une ressource aux des corps exténués par la famine navigateurs, ou qui étaient suset la dyssenterie, il nous suflira ceptibles d'être naturalisés en Eude dire que lorsque le Géographe rope. Des cinq zoologistes embararriva au port Jackson, il n'y avait qués, deux étaient restés à l'Ileplus que 4 hommes de l'équipage de-France, deux étaient morts; en état de faire le service. Loin de Péron se trouvait chargé, avec Lese livrer au repos, Péron profile sueur, d'un immense travail, et ils de son séjour dans cette colonie suffirent à tout. Uniquement ocpour continuer ses recherches de cupés du but qu'ils se proposaient, physique et d'histoire naturelle; ils comptaient pour rien les privail étudie le régime civil et politi- tions. Peu de temps après le départ que d'un établissement où des lois de Timor, le capitaine ayant refuà la fois sages et sévères, et la sé les liqueurs spiritueuses absonécessité du travail, ont changé lument nécessaires pour la conserdes brigands, chassés de leur pa- vation des mollusques que Péron trie, en utiles cultivateurs; ou des ramassait, Lesueur et lui se privéfemmes jadis perdues de débau- rent, pendant tout le voyage, de che ont fait oublier leur ancien a la portion d'arack qui leur était vilissement, et sont devenues de accordée pour leur boisson, et ils laborieuses mères de famille. Après firent partager leur enthousiasme le départ du port Jackson, d'ou à leurs amis MM. Freycinet frèle Naturaliste avait été renvoyé en res, Ransonnet et Montbazin, qui France, une navigation non moins consentirent à faire le même sapérilleuse restait à exécuter. Il crifice. C'était surtout au milieu fallait examiner les îles situées à des dangers que Péron montrait l'entrée occidentale du détroit de l'énergie de son caractère. PenBass, suivre de nouveau les côtes dant la tempête, aidant aux made la Nouvelle-Hollande, et en næuvres comme un simple inalefaire le tour pour entrer dans le lot, il observait aussi paisibleinent' golfe de Carpentarie. Les dangers que s'il eût été sur le rivage. Ause multipliaient à chaque instant cun événement ne détournait son sur ces côtes inconnues et héris attention, et il savait meltre à sées de récifs; ils étaient plus profit toutes les circonstances. grands encore pour les naturalis Étant descendu à l'île King, avec tes, qui saisissaient toutes les oc Lesueur et quelques naturalistes, casions de s'enfoncer dans l'inté un

n coup

de vent chassa le vaisseau

en mer,

et pendant quinze jours de sa santé, affaiblie par de lonils ne l'aperçurent plus. Le calme gues fatigues, et surtout par le de Péron n'en fut point altéré : il germe de la maladie qui s'est décontinuait ses recherches, sans clarée depuis, lui rendait le repos s'inquiéter de l'avenir dont il était rigoureusement nécessaire; mais menacé. Pendant son séjour dans apprenant bientôt qu'on cherchait cette île, ou la plus magnifique à persuader au gouvernement que végétation n'offre rien qui puisse le but de l'expédition était manservir à la nourriture de l'homme, qué, il revient à Paris, se rend sans abri, et malgré la violence chez le ininistre de la marine; là, des vents et de la pluie, il recueil avec autant de inodestie que de lit plus de 180 espèces de mollus- fermeté, il expose ce que ses ques et de zoophytes. Lors de sa compagnons avaient fait pour la dernière relâche à Timor, Péron géographie , la minéralogie, la complétą ses premières obser- botanique; il présente l'énuméravations sur cette ile. Seul avec tion des objets qu'il avait rapporLesueur, il osa aller à la chasse tés, des dessins exécutés par son de ces énormes crocodiles, objets ami Lesueur; il ne parle qu'en de terreur et de vénération pour passant des dangers qu'il a coules habitans, et, sans aucun aide, rus et des sacrifices qu'il a faits ils tuèrent un de ces animaux, le

pour augmenter la collection. On dépouillèrent, et préparèrent le lui adresse des questions auxquelsquelette qui est aujourd'hui dans les il répond avec netteté, et l'imles galeries du Muséum. Les vents pression qu'il produisit fut telle s'étant opposés à ce qu'on pat que le ministre lui promit de faire aborder à la Nouvelle-Guinée et rédiger la partie nautique du voyaentrer dans le golfe de Carpenta- ge par M. L. Freycinet, et l'arie, l'expédition revint à l'Ile-de- dressa à M. de Champagny, miFrance, ou, pendant un séjour de nistre de l'intérieur, pour

la

parcinq mois, Péron étudia les pois- tie historique. Le même succès sons et les mollusques, et en re l'attendait chez ce dernier : il y fut cueillit beaucoup d'espèces nou accueilli de la manière la plus velles. On fit encore une relâche flatteuse, et il fut chargé de puau Cap de Bonne-Espérance; il en blier la relation du voyage et la profita pour examiner la confor- description des objets nouveaux ination singulière d'une tribu de en histoire naturelle, de concert Hottentots nommés Boschismans, avec son ami Lesueur. Il résulte dont quelques-uns se trouvaient du rapport rédigé par M. Cuvier, par hasard au Cap. Enfin, après au nom de la commission nomune absence de 3 ans et 6 mois, il inée

par l'institut,

pour

examiner débarqua à Lorient, le 7 avril 1804, la collection déposée au Muséum el se rendit à Paris. Il employa par Péron et Lesueur, que cette quelques mois à mettre en ordre collection contient plus de 100,000 ses collections, qui furent dépo- échantillons d'animaux, parmi lessées au Muséum, puis il se rendit quels on a découvert plusieurs auprès de sa mère à Cerilly. L'état genres; que le nombre des espè

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