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sociétés savantes nationales et étrangères, fit ses études médicales à Edimbourg, et y reçut le doctorat en 1786. Sa thèse inaugurale, qu'il publia à cette époque, et qui fut remarquée, porte ce titre : Dissertatio inauguralis de Scrophulâ. Il fut nommé médecin de l'hôpital de Birmingham, où il se distingua par ses soins et son zèle. Sa réputation , comme savant et comme praticien, le fit bientôt connaître à Londres, où, s'étant rendu vers 179o, il forma une clientelle nombreuse et brillante. Il s'associa à ses confrères Hutton et Flaw pour la rédaction d'un Abrégé des transactions philosophiques. La partie des ouvrages de médecine et la biographie médicale lui furent confiées. La faiblesse de sa santé ne , lui permit pas de se livrer longtemps à des travaux si multipliés; il fut obligé de renoncer à l'exercice de sa profession, et il se retira à Reading. Le docteur Pearson -a publié les ouvrages suivans : 1° De la nature et des propriétés des différentes espèces d'air, en ce qui est relatif à l'usage qu'en fait la médecine, in-8°, 1794 ; 2° Argumens en faveur de la diathesis inflammatoire considérée dans l'hidrophobie, in-8°, 1798, seconde édition, 1812; 5° Observations sur les fièvres bilieuses , in-8°, 1799; 4" Observations sur la fièvre catarrhale, in-8°, 18o5 ; 5° Esquisse d'un projet pour arrêter les progrès de la contagion, in-8°, 18o4 ; 6° Synopsis pratique de la matière alimentaire et de la matière médicale, in-8°, 18o8; 7° Thesaurus medicamentorum , collection de formules médicales, qui a été

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te ville; plus tard, le célèbre docteur J. Brown , son concurrrent pour la présidence de la même société, ne l'emporta que d'un seul suffrage. Pearson fut reçu docteur, en 1775, sur sa thèse De Putredine, qui fait partie du premier volume des Commentaires médicaux d'Edimbourg. Il suivit, étant à l'université, les cours d'Adam Ferguson, et composa une dissertation sur l'approbation morale (morale approbation), que Ferguson honora de son suffrage, et qui valut à Pearson l'amitié de ce célèbre professeur. Pearson se rendit à Londres, où il fréquenta les hôpitaux, et voyagea

· ensuite en France, en Allemagne

et en Hollande, pour s'y perfectionner dans la science qu'il cultivait. De retour à Londres en 1777, il n'a plus quitté cette ville, où il est généralement estimé. Un reproche est cependant adressé à cet honorable praticien : c'est d'avoir imprudemment prétendu, lorsque le parlement anglais délibéra sur la récompense à accorder à l'illustre Jenner (voyez ce nom), qu'il méritait mieux cette

récompense que l'ami de l'humanité, à qui l'on doit l'inexprimable bienfait de la découverte de la vaccine.

PECHELIN (LE BARoN DE), néral suédois, né en 172o, était entré au service de son pays dès sa jeunesse, et s'était distingué par son courage et ses talens, dans les deux guerres malheureuses que la Suède eut à soutenir contre les Russes, en Finlande, et les Prussiens, en Poméranie. Il prit ensuite une part active aux dissentions politiques qui agitèrent longtemps sa patrie. Deux partis s'y poursuivaient avec acharnement. Ils avaient pris chacun pour signe de ralliemcnt, un des emblêmes

de la liberté, le chapeau de Guil

laume Tell , ou le bonnet de la déesse , et on les distinguait sous les titres bizarres de Chapeaux et de Bonnets. Le général Pechelin ne se dévoua mi à l'un ni à l'autre exclusivetment. Il tenta de former un parti intermédiaire d'hommes comme lui, franchement indépendans, et se vit, pendant quelque temps, caressé tour à tour par les deux partis, qui chacun voulait s'appuyer du renfort que Pechelin et les siens pouvaient lui amener, mais tous deux se réunirent enfin contre lui. Pendant une diète orageuse, une faction prit enfin le dessus, et abusant, comme toutes les factions, de son triomphe, elle voulut chasserdu sénat, et des différentes fonctions publiques , les hommes qui ne lui appartenaient point. Le néral indépendant s'opposa avec son énergie habituelle, à cette mesure inique : « Je ne suis nulle

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» aux fonctionnaires que vous vou» lez chasser, mais j'aime encore » mieux les mouches repues, que les » mouches affamées : les premières » piquent moins. » A ces mots, un cri général d'indignation s'éleva contre lui , et un représentant ayant proposé de le chasser luimême de l'assemblée, on alla surle - champ aux voix , et il fut , à une grande majorité, exclu de son ordre. Le roi Gustave III, par sa révolution militaire de 1772, parvint à terrasser les deux partis, et

·la couronne victorieuse effaça tous

les emblêmes de la liberté. Il ne fut bientôt plus question ni de bonnets, ni de chapeaux, mais les membres épars des deux partis se réunirent quelques années plus tard, et formèrent celui des patriotes, qui s'opposa avec vigueur au parti des royalistes exagérés. Pechelin avait prédit la révolution que Gustave méditait, et cherchait tous les moyens de l'empêcher d'éclater. Les étatsgénéraux de Suède, réunis à Stockholm, depuis un an ordonnèrent. à la première nouvelle des troubles qui se manifestaient dans le midi du royaume, à ce général d'aller se mettre à la tête de quelques troupes fidèles à la constitution. Le roi, de son côté, envoya un des jeunes officiers de sa cour, pour l'arrêter en chemin ; celuici l'atteignit en effet, mais ne put exécuter ses ordres. « Il appartient » bien, dit Pechelin en portant la » main sur son épée, à un blanc

» bec de cour comme vous, d'ar» rêter un général qui a une mis

»sion des états du royaume ! lie

» tournez sur-le-champ d'où vous

» êtes venu, ou je vous fais arrêter » vous-même! » et il continua sa route; mais il trouva la soldatesque déjà gagnée. En 1:89, il s'opposa, avec aussi peu de succès, à la nouvelle révolution que Gustave opéra en complément de la première. Ce monarque fit alors arrêter le comte de Fersen, le général Horn, et les principaux membres de l'ordre de la noblesse, et publia une nouvelle constitution, portant le titre d'Acte de sûreté, par lequel il s'investissait du reste de pouvoir qu'il n'avait point cru devoir exiger des étatsgénéraux en 1772. Lors de la catastrophe qui termina le règne et la vie de ce prince, le vieux général Pechelin fut encore arrêté comme un des principaux complices d'Anckarstrœm. Le ministère public l'accusait d'avoir eu pleine connaissance de cette trame ourdie chez lui, et d'avoir promis aux conjurés de se charger, malgré son grand âge, de près de 75 ans, du commandement de Stockholm , après la réussite du complot. Ces faits ne purent être prouvés. Il ne reconnut aucun des nombreux accusés qui lui furent confrontés, et il ne se présenta point de témoignages graves à sa charge. Le chefde la police redoubla d'efforts pour obtenir un aveu auquel il mettait la plus haute importance, et n'y put réussir. La question ordinaire et extraordinaire, ainsi que toutes les tortures, avaient été abolies par une loi formelle, pendant le règne même de Gustave III; mais on crut pouvoir suppléer, en cette circonstance, aux moyens que la législation non velle enlevait à la police. On déclara au vieux général qu'il ne

dormirait plus jusqu'à ce qu'il eût avoué son crime, et nommé tous ses complices. Deux hommes se relayèrent d'heure en heure, de jour et de nuit et l empêchèrent, en effet, de se livrer au sommeil. On crut enfin avoir cause gagnée. Il demande un jour un prêtre pour se confesser et recevoir l'absolution de tous ses péchés. Un ministre du saint Evangile fut choisi par la police, et se rendit aussitôt près du pénitent, qu'il trouva étendu sur un méchant grabat, et qui paraissait exténué de fatigue. Pechelin demanda la permission de se recueillir

pendant quelques instans , en ayant bien long à dire, et se tournant ensuite vers le mur, s'endormit d'un profond sommeil, que l'honnête ecclésiastique, ému de pitiè, lui permit d'achever en paix. A son réveil, il lui serra la main, et lui dit : « Je n'ai plus besoin de votre ministère. » Un capitaine de la garde bourgeoise, tailleur de son métier , était au nombre des gardiens du prisonnier, et lui répétait sans cesse la phrase convenue: « Avouez tout, » général, vous n'avez plus qu'un » pied sur la terre, l'autre est déjà » au fond de la tombe. — La posi» tion est sans doute pénible, dit » enfin celui-ci, mais vous pour» riez l'adoucir, capitaine; four» nissez un vêtement commode à » un pauvre vieillard qui a un pied »ici haut, et l'autre là-bas, et n'y » épargnez pas le drap. » Après la

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tirer. N'ayant été convaincu d'aucun délit, il fut cependant transporté dans la forteresse de Wardberg, sur les bords de la mer, pour y attendre, était-il dit, le jugement de Dieu , les hommes n'ayant pu, quelque envie qu'ils en eussent, le condamner faute de preuves ; mais il n'y fut plus maltraité. On l'accusa bientôt de pervertir l'esprit des bourgeois de cette petite ville , qui lui donnaient des soins, et de les rendre tous patriotes. Le général Pechelin mourut à Wardberg, presque octogénaire. Son fils , militaire distingué, occupait un grade supérieur dans l'armée suédoise. PECHEUX (LE BARoN MARcNicoLAs-LoUIs), lieutenant-général, commandant de la légiond'honneur, et chevalier de SaintLouis, est né le 28 janvier 1769, à Bucilly, près Vervins, département de l'Aisne. Au moment où l'Europe coalisée s'arma contre la France, il prit les armes pour la défense de nos frontières, et partit comme capitaine, dans un bataillon de volontaires de l'Aisne. Promu presque aussitôt au grade de chef de bataillon, il fit, avec distinction, les campagnes d'Italie, pendant lesquelles il obtint le commandement d'une demi-brigade. Le corps qui était sous ses ordres, ayant été détruit, il passa au 95" régiment d'infanterie de ligne, qu'il commanda dans le

Hanovre; il fit ensuite la campa- .

gne de 18o5, en Autriche, et montra, à la bataille d'Austerlitz, ce courage tranquille qui le distingue éminemment.Les charges de la cavalerie de la garde impériale russe, ne purent entamer ses car

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rés, dont le:feu sit:'aux tornraire, éprouver une pertê"êonsidérable à l'ennemi. Le colonel Pecheux ne déploya ni moins de valeur, ni moins de talens, dans les campagnes de Prusse et de Pologne ; il se battit à Schleitz, à Iéna, chargea, à la tête de son régiment, à l'affaire de Halle, et culbuta la réserve du prince de Wurtemberg. Il se distingua à la prise d'assaut de Lubeck, au combat de Spandau, en 18o7, et enfin, à la bataille de Friedland, où son régiment fit partie de la réserve. En 18o8, il passa en Espagne, et s'empara, le 1o novembre de la même année, conjointement avec le 94" régiment, du plateau de Spinosa. Décoré, pour ce beau fait d'armes, de la croix de commandant de la légion-d'honneur, le colonel Pecheux se distingua de nouveau à Tudela et à la prise de Madrid. Le 15 janvier 18o9, il se battit à Velès, le 18 mars à Almaras, et le 28 à Médellin, où il eut une part importante à la défaite des Espagnols. A Talavera, son corps fut un de ceux qui chargèrent sur ce fameux mamelon, contre lequel, par une fatalité inconcevable, on ne dirigea que des efforts partiels. L'armée conserva ses positions, mais elle ne put enlever celles de l'ennemi. Le colonel Pecheux combattit le 19 novembre, et contribua à la brillante victoire d'Ocana, après laquelle l'armée éprouva peu de résistance jusqu'à Cadix. En 181o, pendant le siége de cette ville , l'un des plus anciens colonels de l'armée, et l'un des plus estimés, il fut élevé au grade de général de brigade, auquel l'appelaient, depuis löng-tèropi, ses iseivices et ses connaissances mïfitairés. - Pôurvu alors du commandement de la ville de Xerès, il y resta jusqu'à la fin de 181 1, époque à laquelle il fut employé au siége de Tarifa, sur le détroit de Gibraltar. Quelque temps après, le général Pecheux fut chargé du commandement important de l'aile gauche des troupes employées au siége de Cadix. A la retraite de l'Andalousie, et pendant la poursuite du général anglais Wellington , le maréchal Soult lui confia l'avantgarde de l'armée, avec laquelle il culbuta l'arrière-garde anglaise à Samunos. Au commencement de 1815, le général Pecheux quitta l'Espagne, fut nommé général de division, et passa en Allemagne, où il eut un commandement sous les ordres du maréchal prince d'Eckmühl : voyez DAvoUsT). En septembre de la même année, il reçut l'ordre de se porter sur Magdebourg, avec sa division, composée de 8ooo hommes. afin de déloger les troupes ennemies qui occupaient la rive gauche de l'Elbe. Des lettres interceptées apprirent au général comte de Walmoden, les intentions du général Pecheux. Pour les prévenir, il fit des dispositions si habiles, qu'en dérobant aux Français le nombre de ses troupes, il les attaqua avec des forces tellement supérieures, qu'ils furent obligés de battre en retraite, après avoir opposé une résistance que le comte de Walmoden lui-même ne put s'empêcher d'admirer, en la qualifiant d'étonnante dans son rapport officiel. A la fin de 1815, le général Pecheux fut enfermé dans Magde

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le sein de sa famille, où il s'occupait de l'exploitation de ses propriétés, lorsqu'il fut appelé, en 1818 , au commandement de la 12"° division militaire, à Nantes. Le général Pecheux conserva peu de temps ce poste difficile, et fut nommé inspecteur d'infanterie. Depuis 182o jusqu'en 1825, il ne fut pas employé; mais alors le ministre de la guerre, le duc de Bellune, qui plus que personne avait apprécié son mérite, l'appela à l'armée d'Espagne, dans le corps d'armée du maréchal Lauriston. Le général Pecheux contribua puissamment à la prise de Pampelune, l'un des faits d'armes les plus importans de cette guerre. A la rentrée de l'armée en France, il s'est de nouveau retiré dans ses foyers. Le général Pecheux a conservé dans les camps la simplicité de mœurs des généraux des premiers temps de la république romaine : il en a la valeur antique et le désintéressement. PEDRINI (N.), partisan de la révolution en Italie, fut nommé, en 1796, député au congrès cisalpin. Il acquit alors de la célébrité, et peut être considéré comme l'un des membres qui influèrent le plus sur les délibérations de l'assemblée. Il paraissait fréquemment à la tribune, et prenait la parole dans presque toutes les

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