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vol. in-12; l'une par Gurudeville, en PLAUTIEN ( Fulvius PLAUS style libre, est-il dit, naturel, naif, TIANUS ), favori de l'empereur Séavec des réflexions enjouées de cri- vère, était né dans l’Afrique, de patique, d'antiquités, de morale et de rents obscurs. Dans sa jeunesse, il politique ; l'autre, plus lisible, par embrassa la profession des armes , de Limiers', qui employá , sans y qui menait alors à la fortune: mais rien changer, le travail de madame la violence de son caractère l'arrêta Dacier sur trois de ces comédies, dans une carrière qu'il aurait pu paret qui avait profité aussi de celui de courir honorablement. Exilé par Gosté sur les Captifs. Depuis 1919, Pertinax, alors proconsul d’Afriil n'a été publié aucune version fran. que, il eut recours à l'amitié de Séçaise de Plaute, jusqu'en 1803, où vère, son compatriote , et peut-être celle de la Mostellaria fut donnée même son parent. Quelques histopar Doiteville. Cet essai, quoi- riens assurent qu'il achetā sa proque très-heureux, laisse encore voir tection par d'infames complaisancombien il est difficile de rendre en ces: en effet, dit Crevier, l'attacheprose française un auteur qui a contri- ment que Sévère lui porta, ressemble hué à créer la langue poétique des Rod fort à une passion. Quoi qu'il en soit, mains. On dit que l'abbé Lemonnier; Sévèré se charges de la fortune de connu par son excellente Traduction Plautien; et, dès qu'il fut arrivé à de Térence, s'était occupé de celle l'empire, il le créà préfet du prétoide Plaute; il est fort à regretter qu'on re. Dans cette place importante; n'ait rien retrouvé de ce travail. La Plautien put donner un libre cours version de la Mostellaria, par Dotte- à ses affreux penchants; il encouraville, aété insérée, saufdelégerschap. gea Sévère , qui balançait à próscrire gements, dans le Théâtre complet les parents et les amis de Pescéndes latins, qui se publie depuis 1820. nius (Voy. ce nom ), et s'appropria Les huit premiers volumes de cetesti leurs dépouilles. Feignant un zèle mable Recueil contiennent, avec le extrême pour la personne de l'emtexte de Plaute, une Traduction com. pereur , il imagina des complots, et plète, qui est due à M. Levée, et des immola un grand nombre de victimes observations littéraires , par MM. dans l'unique but d'accroître ses riAmaury et Alexandre Duval. Ainsi, chesses. Bientôt, dans tout l'empire, il depuis le renouvellement des lettres n'y eut aucune ville qui ne s'empresjusqu'à nos jours, on n'a jamais cessé sât d'offrir un tribut au favori, dont d'étudier, d'imiter, d'expliquer, de l'insatiable cupidité dépouillait justraduire celui des anciens poètes co- qu'aux autels et aux temples, des miques dont il nous reste le plus d'ou. trésors dont la piété des peuples vrages, et qui, à notre avis, était le les avait décorés. Son orgueil et plus digne en effet d'exercer, par ses son insolence égalaicnt son ava exemples, quelque influence sur la rice ; il se faisait rendre les honcomédie moderne. M. Lemercier à neurs réservés au souverain : les mis en scène Plaute lui-même , dans sénateurs et les soldats juraient pat une pièce en trois actes et en vers, sa fortune; et partout les citoyens où sont retracés, avec certaines cir- adressaient des prières aux dieux constances de sa vie, les principaux pour sa conservation. Le sénat doncaractères de son talent. D-N-U. nait l'exemple de toutes les adulations, et dès qu'il eut fait élever une bla son ministre de plus de faveurs statue dans Rome à l'indigne favori, qu'il n'avait encore fait; il le désigna les principales villes s'empressèrent consul, et l'autorisa, ce qui était sans de lui ériger des monuments comme exemple, à compter les ornements à l'empereur et aux princes ses fils. cónsulaires qui lui avaient été décer. Enivré de cette haute prospérité, nés autrefois pour un premier conPlautien se crut tout permis. Dion, sulat; enfin, il lui permit de cumuécrivain contemporain, rapporte ler avec cette charge celle de prefet de lui des actes de tyrannie qui sont du prétoire. Il semble que Sévère auà peine croyables: il ne souffrait point rait desiré de l'avoir pour son sucqu'on l'approchất, s'il n'en avait accesseur. Dans une occasion, il écricordé la permission; lorsqu'il parais- vait: « J'aime Plautien jusqu'à sousait dans les rues, on criait de ne ♡ haiter de mourir avant lui. » Sépas se trouver sur son passage, de vère fit épouser à Caracalla la fille se détourner et de baisser les yeux. de son favori; le mariage fut célébré La gloutonnerie était le moindre de avec une pompe extraordinaire. Mais ses vices; il chargeait tellement son Caracalla détestait Plautien autant estomac de vin et de viandes, que, que son père l'aimait. N'ayant concomime Vitellius, il était obligé de senti qu'à regret à épouser Plautilla, se soulager par les vomissements. il né témoigna pour elle que de l'éIl surpassait par ses débauches les loignement, et il déclarait tout haut hommes les plus córrompus; et ce que le premier usage qu'il ferait de pendant il était si jaloux de sa fem- sa puissance, scrait de se débarme, qu'il la tenait renfermée, ne lui rasser du père et de la fille. Plautien permettant jamais de voir person- sentit le danger de sa position; il ne, pas même l'impératrice. Dans crut l'éloigner en faisant observer Jés voyages qu'il faisait avec l'empe- toutes les démarches de Caracalla, reur, il se réservait le meilleur loge. dont la haine s'accrut contre lui. ment ; et sa table était mieux servie Profitant d'un refroidissement de que celle de Sévère, qu'on eût pris, Sévère à l'égard de son ministre, Ca. non pour le souverain , mais pour le racalla le fit avertir que Plautien avait ministre. A la fin , Sévère parut ou- formé l'odieux projet de lui ôter la vrir les yeux sur les excés de son vie. Sévère manda sur-le-champ favori: blessé de la multitude de sta- Plautien , et lui reprocha d'avoir pu tues elevées de toutes parts au préfet oublier ses bienfaits au point de du prétoire , il en fit abattre et fon- conspirer contre ses jours. Plautien dre quelques-unes. On crut Plautien surpris , se disposait à se justifier; perdu dans l'esprit de son maître; mais Caracalla se jetá sur lui, et l'auet la haine qu'il inspirait éclata d'au- rait poignardé, si son père ne l'en tant plus qu'elle avait été plus long- eût empêché. Alors le jeune prince temps comprimée. Dans toutes les donna l'ordre à un soldat de tuer provinces ses statues furent renver- Plautien, qui fut égorgé, sans que sées, et son nom fut couvert de malé- Sévère tentât de s'y opposer. Cet dictions. Mais Plautien rentra bientôt événement se passa dans les premiers en grâce; et tous ceux qui s'étaient jours de l'an 205. Le corps de Plaumontrés ses ennemis, éprouvèrent tien fut jeté dans la rue, et abandonné l'effet de sa vengeance. Sévère com- aux insultes de la populace; mais Sévère, par un acte de pitié pour ges; et le premier argent qu'il touce ministre malheureux, ordonna cha lui fut donné pour des calculs qu'on lui rendît les honneurs de la relatifs à l’Almanach d'Edinbourg : sépulture.

W-S. il avait alors dix-neuf ans. Ayant PLAUTILLA (Fulvia ), fille obtenu la faculté de prêcher, il asdu précédent, était mariée , depuis sista son père infirme dans ses foncvingt mois, à Caracalla, lors- tions ecclésiastiques ; et, à la mort qu'elle fut reléguée, avec son frère de celui-ci, en 1972, lord Gray donPlautius, dans l'île de Lipari, où ils na la cure au fils, après avoir gagné languirent dans la misère, jusqu'à ce un procés contre le roi, sur le droit que Caracalla, devenu empereur, les contesté de la présentation à cette fit égorger. Cette princesse était très- place. L'historien Robertson, s'était helle; mais ses manières dures et hau. prononcé, dans cette affaire, en fataines avaient achevé de la rendre veur de Playfair, qu'il estimait beauodieuse à Caracalla , qui ne l'avait coup. Le jeune ministre instruisit ses épousée qu'à regret. Il n'avait pas eu frères cadets, et se chargea d'une toujours pour elle de l'éloignement éducation particulière à Edinbourg, Une médaille de cette princesse , pu- où ilfut bientôt avantageusement conbliée récemment par M.Mionnet, por nu d’Adam Smith, de Blair, Hutton, te au revers les mots Felix Venus, Ferguson, et des autres professeurs. avec la figure de la déesse. Plautilla Lorsqu'en 1784, la société royale avait eu de son mariage, un fils mort d’Edinbourg fut créée , Playfair en au berceau, et une fille, que l'impi- fut nommé membre, puis secrétaire. toyable Caracalla fit poignarder avec Vers le même temps, il obtint la sa mère. On a des médailles de cette chaire de mathématiques à l'univerprincesse, en toute sorte de métaux: sité de cette ville. Il enseigna cette les plus rares, selon Beauvais , sont science avec beaucoup de clarté et de celles en gr. bronze de coin romain méthode. En 1796, il publia son pre(V. l'Hist, abrég. des empereurs, mier ouvrage , les Elements de la 309;et l'ouvrage de M. Mionnet, Sur géométrie , auquel il fit succéder une le degré de rareté des médailles édition d'Euclide, qui, malgré celle grecques et romaines ). W-s. de Simpson , estimée en Angleter

PLAYFAIR (JEAN), mathémati- re, eut du succès. Il coopéra trèscien et géologue anglais, naquit , en assidument aux travaux de la socié1749, au village de Benvie, en Ecos- té royale, et fournit plusieurs Mése, où son père était ministre de pa- moires au Recueil de ses Transacroisse. Celui-ci lui enseigna les huma- tions. Étant intimement lié avec le nités, et l'envoya ensuite à l'univers docteur Hutton, et faisant partic d'un sité de Saint - Andrews , où Playfer petit comité qui s'assemblait après les devint le disciple et l'ami du doc- séances de la société royale, pour man. teur Wilkie, mathématicien et poè- ger dés huîtres et parler de sciences, te. Ses progrès lui firent obtenir il prit insensiblement goût aux sysune bourse et la protection du chan- tèmes de géologie , qui occupaient celier Kinnoul. Comme il acquit beaucoup son ami Hutton; et, lorsquelque réputation en mathémali- qu'après la mort de ce savant, sa ques, on cut recours à lui dans Théorie de la terre, publiée peu de les contestations sur les arpenta- temps auparavant, sut attaquée avec aigreur, Playfair en entreprit la dé- seconde partie des Suppléments å fense (Vindication of the Huttonian l’Encyclopédie britannique. Playfair Theory ). Deluc à son tour attaqua mourut , le 19 juillet 1819, d'une Playfair; et, comme les théories de strangurie, dont il souffrait depuis ce genre reposent sur des conjectures quelque temps. Toute l'université, plus ou moins probables, un nou- la Société royale, les magistrats de veau champion aurait pu attaquer la ville, assistèrent à son convoi; aussi le système de Deluc. Un au- mais on n'y vit point le clergé, qur tre sujet fit prendre la plume à Play- peut-être lui gardait rancune. Playfair : ayant été appelé à la chaire fair était généralement estimé. Il de philosophie naturelle, il fut rem- avait pris soin de sa famille ; et, n'éplacé par M. Leslie; mais les minis- tant pas marié, il avait élevé les fils tres presbytériens d’Edinbourg s'op- d'un frère décédé. Ses amis l'appeposèrent à ce choix, prétendant que laient le d'Alembert d'Edinbourg. Il Leslie avait professé des opinions était président de la Société astrono. dangereuses. Playfair . défendit son mique d'Edinbourg, membre de la successeur à la chaire de mathéma. Société royale de Londres, et l'un tiques. Il écrivit une Réfutation, où des rédacteurs de la Revue d'Edinil accusa le clergé de la ville de von- burg. En 1822 on a publié dans cette loir accaparer les places de profes- ville 2 volumes du recueil de ses seurs, et exercer sur l'université une OEuvres. Ils comprennent les Mésuprématie aussi puisible à cet éta- moires et articles qu'il avait insérés blissement qu'au clergé même. Ce Mé. dans quelques vol. des Transactions moire décida les magistrats à con- de la Société d'Edinbourg, et dans firmer la place à Leslie, malgré les lEdinburg - Review, des Notices cris du clergé. Playfair publia ensui- biographiques sur Hutton , Stewart teun livre élémentaire pour son cours et Robinson, et son Aperçu de la de philosophic ( Outlines of natu- Théorie d'Hutton. Toute la collection ral philosophy, 1812). En été, il de ses OEuvres doit former 4 vofaisait des excursions géologiques, lumes. d'être appelé pour la seconde fois. Plelo était près des murs de la plaStanislas, obligé de quitter Varsovie, ce, lorsqu'il fut criblé de balles, le s'était retiré à Dantzig, où il atten- 27 mai 1734. Sa mort obligea les dait les secours quela France lui pro- Français à se replier; ct, après s'êinettait ; cette ville ne tarda pas tre défendus vaillamment plusieurs d'être investie par quarante mil- jours, accablés par le nombre, ils le Russes, que commandait Mun- capitulèrent. On les conduisit à Pévich ( Voyez ce nom ). Il eût fallu, tersbourg , où l'impératrice Anne dit Voltaire , afin de tenir la ba- reudit les plus grands honneurs à leur lance égale , que la France eût en- bravoure. L'héroïsme de Plelo a été voyé par mer une nombrense ar célébré par la plupart des écrivains; mée; mais l'Angleterre n'aurait pas mais M. de Flassan trouve que son yu ces préparatifs sans se déclarer généreux dévouement ne peut justiLe cardinal de Fleury, qui ména- fier entièrement sa conduite. « Le vrai geait l'Angleterre, ne voulut ni avoir mérite , dit-il, cst dans l'exercice la honte d'abandonner le beau - pe- du devoir; et le devoir, loin d'apre de Louis XV, ni hasarder de peler le comte de Plelo à Dantzig, grandes forces pour le secourir. Il l'obligeait à resteren Danemark.»(V. fit partir, sous les ordres du comté lHist. de la diplomatie, 6e époque, de La Motte, une escadre , qui por- liv. III.) A des sentiments héroïques tait quiņze cents hommes de débar, dignes d'une meilleure fortune, Plelo quement. La Motte, après avoir re- joignait le goût des lettres et de la phiconnu les dispositions des assiégeants, losophie. Il faisait avec méthode des ne crut pas devoir hasarder un com- recherches savantes et des observabat avec des forces si inégales,et vint tions astronomiques (Voyez le Remouiller avec sa flotte dans le port de cueil de l'Académie royale des Copenhague. Mais le comte de Plelo, sciences ): il cultivait même avec indigné d'une pusillanimité qu'il re- succès la poésie. On a de lui des gardait commeupe tache à l'honneur pièces légères , pleines de délicanational, résolut de secourir Dantzig tesse et de naïveté; la plus conon de périr. Il connaissait tous les nue est une Idylle intitulée : la Madangers de cette entreprise. Avant nière de prendre les oiseaux , insede s'embarquer, il écrivit au minis- rée dans le Portefeuille d'un homme tre des affaires étrangères, pour lui de goût, compilation de l'abbé de recommander sa femme et ses en- La Porte (V. PORTE ). On trouve de fants. Il arrive devant Dantzig avec lui plusieurs Lettres, en français, en sa petite troupe, augmentée de latin et en danois, adressées à André cent Français, qui avaient demandé Bussæns, dans la Bibliothèque daà le suivre , et ordonne aussitôt l'at: noise, 2°. part., pag. 434-44. La taque du camp des Russes. En un Place en rapporte une, assez longue, instant les palissades sont arrachées, en vers mêlés de prose, dans ses les fossés comblés ; et Plelo s'élance, Pièces intéressantes, un, 282-310. à la tête de ses soldats , par la brè- Plelo avait formé une bibliothèque che qu'ils viennent de pratiquer. Les précieuse, qui passa au duc d'AiguilRusses épouyantés se retirent en dé- lon, son gendre.

D-G. ordinairement dans la compagnie de PLELO (LOUIS-ROBERT - HIPPOlord Web Seymour. En 1816, il en- LYTE DE BREHAN, comte de), ditreprit, presque septuagénaire, un plomate français , né, en 1699, d'uvoyage aux Alpes et en Italie, tous ne ancienne famille de Bretagne, jours pour ses études de géologie. embrassa la profession des armes, Depuis son retour, sa santé déclina et obtint un régiment de son nom. sensiblement. Il n'a publié aucun ré Il profita des loisirs de la paix pour sultat des observations faites durant cultiver les lettres, et acquit en mêce voyage, si ce n'est un Mémoire me temps, parl'étude de l'histoire et sur la vitesse avec laquelle le bois des traités, une connaissance aprocoupé descend des Alpes vers un des fondie des intérêts des différentes lacs, dans un espace de neuf milles cours de l'Europe. Nommé, en 1729, anglais, Parmi ses derniers travaux, à l'ambassade de Danemark , il remil faut citer ses Expériences sur les plissait cette place quand la Russie rayons qui passent par une étroite et l'Autriche se coalisèrcnt pour ouverture, dans un lieu obscur, et écarter Stanislas Leczinski du trôson Discours préliminaire pour la ne de Pologne, où ce prince venait

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W -S. I sordre : tous ceux qui osent résister PLEMP ( CORNEILLE, fils de Gistombent sous le fer des Français. BERT), poète latin, né à Amsterdam,

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