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quarapte ans ses Discours dans sa iné. Constantinople. Poullet alla ensuite à moire. Ce ne fut qu'en 1776 qu'il Smyrne, et sejoignant à une caravane, céda aux instances réitérées de son visita Tocat, Érzeroum,Cars, Erivan, neveu, l'abbé Poulle, vicaire-général Tauris, Kom et Ispahan. Il paraît de Saint-Malo (1): il consentit, plus qu'il était chargé de quelque mission que septuagénaire, à dicter onze de relative à l'art militaire. En quittant ces Discours; employa quatre ou cinq celte capitale , il revint à Tauris : la mois à les retoucher; et ils parurent crainte d'être arrêté parle pacha d'Er. la même année, Paris, 1998, 2 vol. zeroum , lui fit prendre la route du in- 12. Ce Recueil contient aussi le Kurdistan, quoique le pays fût trèsPanegyrique de saint Louis (im- dangereux à cause des brigandages primé d'abord in-40., 1748), et le des habitants. Il passa, sans accident, Discours sur la prise d'habit de Mme. par Maram, Coï, Cohat et Van. Au de Rupelmonde, publié en 1952, in- sortir de cette ville , il s'égara ; et, 12. Le tout a été depuis réimprimé, après bien des fatigues , il atteignit Paris, 1981, et Lyon, 1818. L'abó Hordicha; puis, après avoir traversé bé Poulle mourut, le 8 novembre Tatoua et Betlis, entra dans Diar1781, à l'âge de soixante-dix-neuf bekr. Sa curiosité le porta ensuite en ans, sans avoir presque éprouvé d'af- Syrie, à Jérusalem, et en Egypte, d'où faiblissement dans ses facultés mora- il revint en Syrie ; et prenant la mer les et intellectuelles. Son Eloge (par à Alexandreite , il attérit à Marle baron de Sainte-Croix), Avignon, seille. Ayant, comme il le dit, une 1983, in-89., est suivi de sa Lettre aversion mortelle de revenir à Paris, au cardinal de Bernis et de la liste il alla en Italie. Il se trouvait à Rode ses ouvrages. On trouve encore mc, à l'époque où le duc de Créqui dans les Mémoires de l'Athénée de exigeait de la cour papale la réparaVaucluse , Avignon, 1804, un Éloge tion de l'insulte que lui avait faite la de l'abbé Poulle , par l'abbé Denis garde de S. S. Le récit des voyages Michel, aujourd'hui grand-vicaire de Poullet, a paru sous ce titre : d'Avignon. Il rapporte quatre beaux Nouvelles relations du Levant , qui vers d'une tragédie d'Annibal, com-' contiennent diverses Remarques fort mencée par l'abbé Poulle, alors fort curieuses , non encore observées , jeune.

Z.. touchant la religion, les mours et POULLET, royageur français du la politique de plusieurs peuples , dix-septième siècle, parcourut le Le avec une description exacte de l'emvant:il partit de Paris, de compagnie pire des Turcs en Europe, et pluavec Quiclet, qui a publié aussi une sieurs choses curieuses remarquées relation de ses courses. Ils s'embar. pendant huit années de séjour; et quèrent à Marseille ; mais, sur quel- une Dissertation sur le commerce ques différends, ils se séparèrent à des Anglais et des Hollandais dans

le Levant, Paris, 1668, 2 vol.in-12 (1) C'est par ersbur qu'on a dit daus quelques avec cartes et figures. Malgré le titre journaux qu'un nommé Poulle, augustin, qui avait icnté d'assassiner l'abbé Syeyes, en 1797, etait ne

pompeux de ce livre, c'est un des plus veu de l'abbé Poulle. Le neveu du célèbre prédi insignifiants qui ait été publié sur les

Le Pen Prance ou en 1882 il pays dont il y est question. Cepen

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tes peu fréquentées, surtout en allant de Tauris à Diarbekr; mais il s'oc- quit le 30 septembre 1719. Il fut tecupa moins de géographie que de nu sur les fonts de baptême au nom politique. Il se perd tellement dans de la ville de Lyon; ce qui explique ses raisonnements, qu'il a oublié d'in- pourquoi il en portait le nom. Ses diquer la date de son départ, et celle parents , le destinant à la magistrade son retour ; Beckmann l'a déjà ture, lui obtinrent une charge de observé dans son Histoire littéraire maître-des-requêtes; mais Poulletier des voyages, en ajoutant que deux refusa de l'exercer, se rejetant sur lettres écrites d'Ispahan à Poullet , sa grande jeunesse et son inexpérienpendant qu'il était en Perse, l'une ce. La plus grande partie du temps par le P. Raphaël, en déc. 1659, destiné à faire son droit, avait été l'autre par le P. Gabriel de Chinon, consacrée par lui à l'étude de la méen septembre 1660, donnent quel- decine ; et, tout contrariés que furent ques lumières sur ce point. Mais ce ses parents de cette disposition, il docte professeur n'a pas fait atten- leur fallut céder: mais on plaignait tion à la particularité du départ de l'intendant de Lyon d'avoir un fils Poullet avec Quiclet; or celui-ci dit qui voulût se ravaler à être médecin. qu'il quitta Venise, le 23 décembre « Poulletier, dit Vicq-d'Azyr qui a 1657, pour aller à Raguse. Ainsi, v fait son Eloge, établit dans les ces deux voyageurs étaient partis de » faubourgs de Paris trois hospices, Paris, en 1654. L'affaire de la garde » où les pauvres étaient reçus et traicorse eut lieu en 1662. Les vues et » tés à ses dépens. Là, sous la diles cartes qui se trouvent dans le li- » rection des médecins et chirurvre de Poullet , sont aussi médiocres » giens les plus habiles, il apprit à que le reste. Mais si cet auteur était » coupaître la nature et les diverses doué de peu de capacité, il était » périodes des maladies. Les jours pourvu d'un grand fond d'amour- » étaient employés à la visite de ces propre; il contredit à tort et à tra- » maisons; les nuits l’étaient à l'évers les voyageurs qui l'ont précédé; » tude; et tout son temps se passait enfin, dans la préface de son premier » à bien faire. » Il était en relation volume, il parle avec complaisance d'amitié avec Jussieu, Astruc, Rouelde sa manière d'écrire. Effective- le, Boulduc, Macquer, Levret, Sue, ment elle est curieuse, et on peut la Fourcroy. Il coopéra au Dictionciter pour modèle du galimathias naire de chimie de Macquer , mais double. Ses contemporains en juge- ne voulut pas être nommé. Il avait rent probablement de même ; car, commencé un grand nombre d'essais dans un avis au lecteur, placé en et d'écrits ; mais, comme la plupart tête du second volume, et présenté des personnes riches, il n'en acheva sous la forme d'une allégorie, l'au- que très - peu. Parmi ces derniers, teur convient qu'on lui avait fait des Vicq-d’Azyr signale un Essai sur les reproches sur ce que son style était accidents qui sont causés par letrop figuré pour une relation de panchement de l'air ou des gaz yoyage, C'etait défiguré qu'il fallait dans les différentes cavités du corps dire.

E-s. humain : quoique complet à l'époPOULLETIER DE LA SALLE que où il a été fait, cet écrit aurait (François-Paul-Lyon), fils de l'in- besoin d'un supplément ou complétendant de la généralité de Lyon, na- ment, si on lc publiait aujourd'hui.

Ses manuscrits furent remis au doc- Abrégé chronologique de l'histoire teur Jeanroi, son ami(V. JEANROI, de Lyon, Lyon, 1767, in-4°. Cette XXI, 521). « Dans les premiers histoire ne va pas, pour les faits, au» mcis de 1987, on s'aperçut que la delà de 1764; cependant la liste des » santé de Poulletier se dérangeait prévôts des marchands y est donnée » Il éprouva ce qui arrive surtout jusqu'en 1767. III. Histoire de ľÉ» aux personnes faiblement consti glise de Lyon, Lyon, 1770, in-4o., » tuées. Les forces de tous les or- de 600 pages. Cet ouvrage eût aussi » ganes diminuant en même propor- pu être intitulé: Histoire des évêques » tion, le dépérissement se fait d'u- et archevêques de Lyon. Près de » ne manière insensible , et la mort cent pages sont consacrées à Malvin » survient, sans qu'aucune affection de Montazet, qui occupait le siége de » grave ait paru la précéder. Ce fut Lyon quand l'auteur publia son li» ainsi que M. Poulletier succomba, vre. IV. Histoire de l'établissement » au mois de mars de cette année, » des moines mendiants, 1967, in-80. dit Vicq-d'Azyr, dans son Eloge, V.Moeurs et coutumes des Français, prononcé à la société de médecine, 1769, 2 vol. in-80. A. B-T. le 26 août 1988. Ce n'est donc pas POUPÉE ou POUPPÉ DESPORen 1787, comme le dit le Dict. TES (J.-B. ) Voy. DESPORTES. histor., critiq. et bibliographique, POUPET (CHARLES DE ), seigneur mais en 1788, qu'il faut placer de la Chaux, né, vers 1490, à Polila mort de Poulletier. S'il restait gni, descendait d'une ancienne et quelques doutes, ils seraient levés noble famille, qui a fourni des capipar ce qu'on lit à la page 368 du taines et des magistrats distingués, Journal de Paris du 24 mars 1788. donné trois évêques à l'église de ChalUn seul ouvrage de Poulletier a été lon, et s'est éteinte dans la mai-imprimé; c'est sa Traduction de la son de La Baume. Guillaume de Pharmacopée du collège royal des Poupet, son père, receveur-general médecins de Londres, sur la secon- des finances de Philippe-le-Bon, de édition donnée avec des remar- duc de Bourgogne, et depuis maître ques, par le docteur Pemberton (V. d'hôtel de Charles-le-Téméraire, ence nom, XXX, 307), augmentée voya ses deux fils (1) à Paris , et de plusieurs notes et observations, confia leur éducation aux plus habietc. , 1761-71, 2 vol. in - 40. On les maîtres. Le jeune Charles puisa, annonçait un troisième et dernier vo- dans leurs leçons, le goût des lettres lume , qui n'a point paru. Poulletier qu'il sut conserver, même au milieu était associé libre de la société roya- de la vie des cours , alors si agitée. le de médecine ; et le Journal de Pa- A vingt-cinq ans il fut présenté au ris , du 24 mars 1988, lui donne la roi Charles VIII, qui le décora du qualité d'ancien président du grand titre de son chambellan. Il accomconseil.

A. B-1. pagna ce prince dans son expédition POULLIN DE LUMINA (ETIEN- à Naples, et signala sa bravoure en NE-JOSEPA), né à Orléans, négociant à Lyon, mort en 1772, a laissé: I. (1) Jean de POUPET, frère cadet de Charles, prit Histoire de la guerre contre les An

le doctorat és droits à l'université de Paris, fut nommé évêque de Challon en 1504, assista, en 1511 ,

au concile de Pise, et mourut, en 1531, avec la reputation d'un prélat instruit, et zélé pour les droits

Genève, 1759-60, 2 vol. in-8°. II. de son église.

différentes rencontres. Fidèle au malcomte de Bourgogne, II, 158), dit heur, le seigneur de la Chaux n'a- qu'il recomanda surtout à ses enbandonna point Charles dans ses re- fants de s'appliquer aux sciences, vers. Mais, après la mort de ce et d'honorer ceux qui en faisaient prince , dégagé de ses serients, il profession, —- Guillaume de Poupassa au service de Philippe ler. , roi PET, l'un de ses fils, répondit aux de Castille. L'empereur Maximilien intentions de son père , en se décla récompensa son dévoûment à la rant le protecteur des savants et des maison d'Autriche , en le nommant, littérateurs de la province. Après en 1511, grand-bailli d'Aval, place avoir fait d'excellentes études à Paris, importante, qui mettait sous ses or- il fut nommé chanoine de Besançon dres toutes les forces militaires du et pourvu de riches bénéfices, dont comté de Bourgogne. Il fut l'un des il employa les revenus à favoriser conseillers de la régence établie en les jeunes gens qui montraient des Flandre pendant la minorité de Char- dispositions pour les lettres. Ses conles - Quint, et associé à celle du car- naissances dans le droit canon lui dinal Ximenes, en Espagne. Envoyé unéritèrent l'honneur d'être consulté ambassadeur à Rome, après la mort souvent par la cour de Rome. Il de Léon X, il contribua beaucoup à fut nommé protonotaire apostolique, faire tomber le choix des cardinaux membre du conseil-d'état de Flansur le précepteur de Charles-Quint, dre, maître des requêtes au parlequi prit le nom d'Adrien VI (V.ce ment de Dole , etc. Il mourut le 18 pom). Le seigneur de la Chaux avait octobre 1583, dans un âge avancé, été désigné pour surveiller l'éduca- et fut inhumé dans son abbaye de tion de l'archiduc Ferdinand ; il fut Baume, où l'on voyait naguère son employé depuis dans diverses né- tombeau.-Jean de Poupet, frere de gociations, et s'en tira toujours ha- Guillaume, avait épousé Antoinette bilement. Il revint enfin au comté de Montmartin, l'une des dames les de Bourgogne, comblé d'honneurs, plus spirituelles de son siècle (V. mais accablé d'infirmités, et mourut MONTMARTIN , XXX, P. 1. W-S. peu après , à Poligni, au mois de POUPLINIÈRE (A.-J.-J. LERImai 1529. Ses resies furent déposés che de la ). Voy. POPELINIÈRE, P. dans l'église collégiale de cette ville, 402 ci-dessus. où sa famille avait son tombeau. IÍ POURBUS. Voy. PORBUS. y était assis dans un fauteuil, le sabre POURCHOT (EDME), l'un des à la main , et revêtu des marques de plus célèbres professeurs de philososes dignités ( V.. les Mémoires de phie qu'ait eus l'université de Paris, Chevalier sur Poligni , 11, 459). Il paquit, en 1651, à Poilli, dans le · avait formé, dans son château, une diocèse de Sens, de parents obscurs, bibliothèque précicuse pour letemps. fit ses humanités à Auxerre, et vint On en a tiré les Mémoires d'Olivier achever ses études à Paris , au colde La Marche, et une Chronique ano. lege des Grassins. En terminant ses nyme de Flandre, que Denis Sau cours , il reçut le degré de naître-èsvage a publiés à Lyon, en 1562 arts , après un brillant examen. Au ( V. La Marche et D. SAUVAGE), nombre de ses auditeurs se trouvait Dunod, qui fait un bel éloge du sei- l'abbé Le Tourneux, pieux et savant gneur de La Chaux ( Ilistoire du ecclésiastique: charmé des disposi

tions de Pourchot, il voulut devenir son ouvrage sous le titre de: Series son guide, lui conseilla d'apprendre disputationum scholasticarum (1). le grec, et de se familiariser avec les Cette marque de déférence satisfit, auteurs latins, sans négliger la phi- ou du moins apaisa , ses adversaires : losophie, à laquelle il lui conseilla de mais la vérité devait finir par triomrapporter toutes ses études; etille fit pher; et la Philosophie de Pourchot agréer par Arnauld comme répéti- remplaça, peu-à-peu, dans les colleur de son neveu l'abbé de Pompone. léges, les obscures doctrines du périEn 1677, Pourchot , à peine âgé de patétisme. Fénélon fit proposer à vingt-six ans, fut nommé profeseur Pourchot de le mettre au nombre des de philosophie au college des Gras- instituteurs des enfants de France ; sins. Nourri de la lecture des ouvra- mais Bossuet le détourna d'accepter ges de Descartes , il osa braver les une place à la cour , en lui montrant préjugés qui régnaient alors dans l'é- que la carrière moins brillante de cole, et adopta le premier un mode l'enseignement public était infiniment d'enseignement basé sur la droite plus utile. Après vingt-six ans de proraison et le bon sens. Sa réputation fessorat, Pourchot donna sa démisattira bientôt à ses leçons une foule sion de la chaire de philosophie : ce d'élèves, dont les progrès attestèrent fut alors qu'il étudia l'hébreu ; et la supériorité de sa méthode. L'étude bientôt il fut en état d'enscigner cette de la physique, si négligée à cette langue aux jeunes théologiens. Il ouépoque, lui parut le complément né- vrit un cours an college de Steicessaire du cours de philosophie; Barbe, pour lequel il adopta la et pour faciliter l'intelligence des thode de Masclef, comme plus faciprincipes de cette science , le pre- le ; et il contribua beaucoup ainsi au mier en France, il en fit précéder snccès de cet ouvrage, vivement cril'étude par celle de la géométrie. Les tiqué par D. Guarin et d'autres hésuccès qu'obtenait Pourchot ne pon- braïsants ( Voy. Mascles ). Les tavaient manquer d'éveiller l'envie : il lents de Pourchot et la purété de ses eut pour antagonistes ou pour ad- mours lui méritèrent de nombreux versaires les professeurs mêmes de amis : Racine, Boileau , Massillon, l'université; et tandis qu'on applau- Montfaucon , Baillet , Dupin, Sandissait de toutes parts au zèle de l'ha- teul, etc. , formaient 'sa société la bile maître , il était dénoncé au plus habituelle. Il trouvait, dans la parlement comme un impie : mais culture des lettres , un délassement à l'Arrêt burlesque dressé par Boileau des travaux plus sérieux. Il intervint fitjustice des ennemis de la nouvelle dans la sorte de dispute à laquelle philosophie ; et Pourchót put con- donnèrent lieu les Odes de Grenan tinuer tranquillement ses leçons. Du et de Coffin sur les vins de Bourgocollége des Grassins , il passa, com- gne et de Champagne (V. GRENAN): me professeur, au collége des Quatre- il composa des Hymnes à la louange Nations, nouvellement fondé; et peu de saint Edme, son patron , et réaprès , il fit paraître ses Institutions digea , de concert avec un docteur philosophiques. Ne voulant pas affi. de Sorbonne, son ami , an nonvel chertrop de mépris pourles questions Office pour la fête de ce saint. Malagitées avant lui dans l'école, il les

(1) On assure que Pourchot nommait ce recueil, recneillit séparément, et les joignità en plaisantant, le sottisier.

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