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phant : seulement il se dispose à la Taxile ? mais enfin, dis moi ce que retraite. Taxile alors s'approche de je dois ordonner de ton sort? — Ce lui, et l'exhorte à se soumettre au que te conseille, répondit Porus , vainqueur. Porus, indigné de ce con- cette journée même, où tu viens de seil , retrouverait assez de force pour voir à quoi tient la fortune d'un tuer le lâche roi qui le lui donne , si monarque aussi puissant que moi. celui - ci ne se hâlait de fuir. Dans La réponse rapportée par Arrien Quinte-Curce, ce n'est pas Taxile, est plus célèbre; c'est celle que Ramais son frère qui remplit cette cine a mise sur la scène : Comment mission; et Porus, en s'écriant qu'il prétendez-vous que je vous traite ? reconnaît la voix d'un traître, lance - En roi. Mais il y a , même dans un dard , le seul qui lui reste, et en ces mots français, comme dans le perce d' outre en outre la poilrine grec, ότι ΒΑΣΙΛΙΚΩΣ μοι κρησαι, du frère de Taxile. Alexandre en est une équivoque qui a été remarquée informé, et n'en ressent pas de colè- par M. Gillies. Cet écrivain anglais re: il détache un autre Indien, qu’Arest persuadé que le sens du texte d'Arrien appelle Méroé , et dont les au- rien est qu'Alexandre doit traiter Potres historiens ne parlent pas. Ce rus comme il appartient à un roi de Méroé, ancien ami de Porus, l'a- traiter un vaincu ; et il allègue, en borde , le fait boire , et l'amène au- preuve de cette interprélation, la près du conquérant. L'armée indien réplique d'Alexandre : Je ferai , en ne s'était débandée , croyant son effet, ce qui convient à ma dignité; chef mort : elle laissait au pouyoir idée que Racine a probablement vou. des Macédoniens, neuf mille pri- lu exprimer par le vers suivant : sonniers , quatre-vingts éléphants, et le champ de bataille couvert Eh bien! c'est donc en roi qu'il faut que je vous traite. de douze mille cadavres ; c'est Dio- Quoi qu'il en soit, Arrien représendore de Sicile qui fournit ces nom te Porus comme encore plein de vie, bres, en comprenant parmiles morts malgré ses fatigues, sa soif et ses deux fils de Porus, apparemment dis- blessures : Méroé le conduit vers tincts de celui qui avait péri dans le Alexandre; celui - ci marche à sa premier combat. Justin suppose un rencontre, admire sa taille, sa beaucombat singulier entre Alexandre et té, sa vaillance, et le comble d'honPorus : le conquérant, dont le che- neurs. Les quatre historiens s'acval est blessé, tombe à terre; mais cordent à dire qu'il conserva son le roi indien est pris, ayant reçu des royaume, et qu'il obtint, au moins blessures graves. Chez Quinte-Curce, antant que Tasile, les bonnes grâces Alexandre, à qui l'on apporte, du du conquérant. Après la mort de Cochamp de la grande bataille, le corps nus, il fut établi roi de toutes les conde Porus, croit que ce prince ne vit trées indiennes qu'Alexandre avait plus, et ordonne de le dépouiller : l’é. conquises, et entre lesquelles la proléphants'y oppose, et se met en devoir vincc des Glauses contenait, à elle de se recharger du corps de son maî- seule, trente-sept villes. Alexandre tre; Porus ouvre les yeux où sa fierté n'avait pas soumis la nation des Tarespire encore : Quel délire, lui dit brésiens , dont le roi, nommé XanAlexandre , t'entraînait à une résis- dramès par Diodore de Sicile, dispoter ? Que ne suivais-tu l'exemple de sait de quatre mille éléphants dresses aux combats. Ce nombresemblaitex PORZIO (LUC-ANTOINE ), en lacessif à Alexandre: Porus lui en cer- tin PORTIUS, médecin napolitain, tifia l'exactitude , en ajoutant, qu'au né à Pasitano, près d'Amalfi, en 1639, surplus Xandramès n'était qu'un enseignait la médecine à Rome , en vil personnage , fils d’un harbier, et 1672, ety publia en 1681, in-12, un placé sur le trône par la feue rcine, à écrit intitulé : Paraphrasis in Hiplaquelle il avait eu le bonheur de pocratis librum de veteri mediciplaire , et qui s'était débarrassée de ; et un autre sous ce litre : Erason premier mari pour l'épouser. sistratus sive de sanguinis missioQuinte-Curce rapporte ces mêmes dé- ne , in - 12, Rome, 1682 ; Venise , tails, mais en écrivant Aggramès au 1683. Après avoir traversé l'Italic lieu de Xandramès , ct en réduisant et séjourné quelque temps sur les le nombre des éléphants à trois mille terres de Venise, Porzio se rendit à Il serait étrange que Porus reprochật Vienne, à l'occasion de la guerre à ce prince sa naissance obscure, si contre les Turcs. Sans avoir exercé Porus avait eu lui-même un harbier la médecine dans l'armée autripour père, ainsi que l'ont dit Hel- chienne ou dans celle des alliés, il lade de Byzance et Libanius. Il y a eut occasion de conférer avec tant de là , sans doute, quelque confusion, militaires, et de traiter tant de maquelque méprise; et, en général, lades, au retour de leurs campagnes, les variétés, les contradictions même et après le siége de Vienne, qu'il fut qu'on vient de remarquer entre les en état de composer un ouvrage estraditions relatives à Porus , rendent timable sur la conservation de la toute son histoire fort suspecte. Po. santé des gens de guerre. Ce ne sont rus se reconnaît à ses formes athle- pas précisément des préceptes aptiques , et à sa contenance assurée, plicables dans tous les lieux. On y dans l'un des ouvrages du peintre examine plus spécialement les cauLebrun : mais l'amant de la reine ses qui produisent habituellement Axiane, que Racine a mis sur la scè. les maladies slir les points qui ane, ne ressemble guère au plus auda- vaient été le théâtre de la guercieux rival d'Alexandre-le-Grand.- re; on indique les moyens de préArrien ( p. 381 et 384 de l'édition venir ces maladies, et de les guégr. lat. de 1757, in-80.), fait con- rir quand elles sont développécs, naître un deuxième Porus, préfet Il est intitulé : De militis in cas. dans l'Inde, et mortel ennemidu pre- tris sanitate tuenda, Vienne, 1685, mier. Pendant que celui - ci était en in-8°.; Naples, 1901, 1728, in-8°.; guerre avec Alexandre, l'autre Po- la Haye, 1739, in-8°.; Leyde , rus secondait les Macédoniens: mais 1741, in-8°. On a joint à l'édition de irrité de la réconciliation qui avait la Haye un traité de Jean Valentin suivi la bataille de l'Hydaspe, etja- Willis: Tractatus medicus de morloux des faveurs prodiguées au vain- bis castrensibus internis. L'ouvrage cu , il déserta la province qu'il gou- de Porzio , dont nous parlons, a été vernait, et se révolta contre le vain. traduit en français (par Eidous), sous queur. Alexandre fit marcher des le titre de Médecine militaire , Patroupes pour le réduire , ct ordonna ris, 1744 , in-12. Ce professeur , de de le livrer au Porus qui a été le prin- retour à Naples, publia les 011cipal sujet de cet article. D-N-U. vrages suivants : 1. Opusculaet

Fragmenta de tumoribus , Naples, torité de ses prédications. Il donnait 1901 , in-12. II. De motu corpo- des missions dans les prisons, dans ruim et nonnullis fontibus minera- les hôpitaux, et allait partout cherlibus , ibid., 1904, in-12. Porzio cher les pécheurs, pour les raenseignait encore à Naples en 1711, mener à Dieu. Quelquefois même ct il y mourut le 10 mai 1723. La il prêchait sur les places publiques ; collection de ses ouvrages a paru et toujours la foulc l'entourait. Il dans sa patrie sous ce titre : Opera employait à la direction des consomnia medica , philosophica et ma ciences ou à la composition d'ouvrathematica inunum collecta, Naples, ges pieux, le temps que lui laissaient 1736, 2 vol. in-4o. D-G-5. ses autres travaux apostoliques. Quoi.

' POSADAS ( François ), domini. qu'il fût recherché et consulté par cain espagnol, né à Cordoue en 1644, des personnages d'un haut rang, montrâ , dès l'âge le plus tendre, un son humilité lui fit refuser l'évêché goût particulier pour la piété, lequel de Ciudad-Rodrigo, auquel le roi se fortifia encore par l'exemple que d'Espagne l'avait nommé, et même chaque jour lui en donnait sa famil. ceux d'Algheri et de Cadix. Rien n'éle. Doué d'un bon naturel et de dis- galait sa charité; il affectionnait par. positions heureuses, il fit ses pre- ticulièrement les pauvres, et se plaimières études avec beaucoup de dis-' sait à les catéchiser, à entendre leurs tinction. Il eût pu espérer dans le confessions, à les consoler. Toute monde un établissement avantageux; l'Espagne le regardait comme un mais un vif desir le portait à se con- saint. Le père Posadas mourut pressacrer à Dieu : il choisit l'ordre de que subitement, à Cordoue , le 20 Saint - Dominique. Pendant le no. septembre 1713(1). Il avait célébré viciat, sa vocation fut mise à de ru- la messe le inatin. Des-lors, la voix des épreuves ; et il eut à suppor- publique réclama pour lui les honter de longues humiliations. Après neurs de la canonisation ; et des insa profession, il s'appliqua avec formations furent commencées pour beaucoup d'ardeur à l'étude de la phi. y procéder. Il se passa néanmoins losophie, de la théologie et de l'É. un temps assez considérable avant criture sainte. ll y fit de si grands que cette affaire, reprise plusieurs progrès, que, dès qu'il ent reçu la fois, fût consommée. Enfin, le 4 prêtrise, ses supérieurs le chargèrent août 1804, Pie VII déclara que Pod'enseigner ces diverses sciences, sadas avait pratiqué les vertus chréemploi qu'il remplit avec succès, tiennes dans un degré héroïque. Le pendant plusieurs années. Le minis- 5 mai 1817, le même pape protère de la prédication étant un des clama deux miracles opéres par l'inprincipaux devoirs de l'institut qu'il tercession de ce saint religieux; ct, avait embrassé, il s'y était préparé le 8 septembre, il prononça qu'on avec soin. Aussi fut-il, dès son dé- pouvait procéder à sa béatification ; but, suivi de nombreux auditeurs, ce qui fut exécuté. On en célébra la soit à Cordoue, soit dans diverses fête à Rome, le 20 septembre 1818. autres villes d'Espagne, où il annonça la parole divine. Le caractère de (1) Suivant Moreri, le P. Posadas était né en 1659,

article , extraites de l'Ami de la religion, ont paru vie sainte et pénitente ajoutait à l'au. plus sûres. Voy. ce journal, tom.xxỹI, p. 211.

et il mourut en 1720; les dates employées dans cet

On a de Posadas : I. Le Triomphe Cicéron, dans les Dialogues sur la de la chasteté contre les erreurs de Nature des Dieux, ne peut être l'ouMolinos , in-4°. II. La Vie de saint vrage que du mathématicien; mais Dominique , in - 40. III. Des Ser. ce inathématicien demeurait à Rhomons doctrinaux , 2 vol. in-4°. IV. des : il y put observer que l'étoile Des Traités de théologie mystique, Canopus, invisible dans le reste de restés manuscrits, et qui pourraient la Grèce, ne faisait que raser l'horiformer six vol. in-4o. Un religieux zon , et se couchait presque aussitôt; de son ordre a écrit la Vie de ce ser mais à Alexandrie, l'étoile , au méviteur de Dieu , et l'a publiée en un ridien , paraissait élevée de 7 d. %. gros volume in-4o. Vincent de Castro De ces données fort incertaines , et a donné un Abrégé de la même Vie, que la réfraction altérait au moins Rome, 1818, in-12. L-Y. d'un demi-degré, Posidonius con

POSIDONIUS, philosophe stoï- clut que les deux villes étant sous le cicn, était natif d'Apamée. Ses ou même méridien, la différence entre vrages sont perdus; tout ce qu'on leurs parallèles était de 7 d. Ya, ou sait de sa vie, c'est qu'il fut contem- du 48me, de la circonférence ; et porain de Pompée et de Cicéron, qu'ainsi le contour du méridien dequi , au premier livre de la Nature vait être de 48 fois 5000 stades, ou des Dieux, l'appelle son maître et 240,000 stades, le degré de 666 son ami (familiaris noster à quo stades et deux tiers; enfin que le diainstituti fuimus ). C'est à Rhodes mètre de la terre devait être de que Posidonius établit son école. 80,000 stades. Mais les deux villes Pompée, en revenant de Syrie , n'étaient pas sous le même mérivoulut entendre une de ses leçons. dien ; les passages au méridien , dans Le philosophe était alors fort tour des temps où l'on n'avait aucune idée menté d'un accès de goutte. Pompée dela réfraction, ne pouvaient donner voulut au moins le visiter ; et le phi- qu'une idée très-inexacte de l'arc enlosophe, reconnaissant, commença tre les parallèles. La distance terresun discours où il esposait les dog. tre que Posidonius supposait de 5000 mes principaux de sa secte. La dou- stades, n'était pas tout-à-fait de leur le forçant de s'interrompre, il 4000 suivant Strabon, Aussi, de s'écria : 0 goutte! tu ne me re- cette prétendue mesure, d'autres duiras point à convenir que tu sois ont tiré un degré de 500 stades. De un mal. Le nouveau Dictionnaire ce que sous le tropique d'été à Syène, histor., crit. et bibliogr. distingue au jour du solstice, l'espace sans le philosophe d’Apamée , visité par ombre, à midi, était de 300 stades, Pompée , du mathématicien d'A- Posidonius essaie encore de déduire lexandrie ; mais ces deux Posido- le diamètre du soleil; et Cléomède, nius auraient donc été contempo- qui développe les raisonnements de rains : car l'ami de Cicéron était son auteur, finit par dire que le diabien certainement mathématicien ; mètre du soleil est au moins dix mille il avait construit une sphère qui fois aussi grand que celui de la terre; représentait les mouvements annuels ce qui serait fort exagéré, puisqu'il et diurnes du soleil , de la lune, faudrait réduire ce nombre à celui des planètes et des étoiles fixes. Lé de son environ. Nous aimons å système astronomique exposé par croire que ce mauvais calcul est de XXXV.

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Cléomède, et non de Posidonius (à de Strabon , l'article Posidonius , et moins que Posidonius n'ait comparé celui de Cicéron, au tome i de notre les disques et non les contours ). Au Histoire de l'astronomie ancienne. total, toutes ces mesures, ces ob

D- L- E servations et les conséquences qu'on POSSEL (JEAN), savant philoen à voulu tirer, ne méritent pas de logue , naquit en 1528 , à Parchim, fixer un moment l'attention des as- dans le duché de Mecklembourg. tronoines. Posidonius disait que si Après avoir terminé ses études, il fut nous pouvions, comme Lyncée , voir admis au saint ministère , et, peu de le soleil à travers les murs et les ro- temps après , pcurvu de la chaire de chers, il nous paraîtrait plus petit et littérature grecque à l'académie de plus éloigné. Sur la foi des habitants Rostock ; il la remplit avec beaucoup des côtes d'Espagne, il disait encore de distinction, et mourut le 15 août que le soleil paraît plus grand quand 1591. Outre une Paraphrase, en vers il se couche dans la mer, et qu'on grecs, des Evangiles, ona de Posscl:1. entend alors un bruit semblable à Syntaxis græca, Wittemberg, 1560, celui d'un fer rouge qu'on plongerait in-8°. On en connaît au moins 28 dans l'eau. Strabon a le bon esprit éditions , jusqu'à celle de Leipzig, de traiter de conte ridicule ce récit, 1693. II. Calligraphia oratoria linqui a pourtant été répété par Florus. guæ græcæ , Francfort , 1582 , inPosidonius a parlé fort en détail des 80. C'est un choix d'exemples tirés phénomènes des marées : il a dit des meilleurs auteurs , avec des exque les mouvements de l'Océan sui- plications. L'ouvrage n'eut pas d'avent les mouvements du ciel, et qu'ils bord tout le succès qu'il méritait; et ont des périodes diurnes, mensuelles les libraires chargés de la vente furent et annuelles, comme la lune. La re- obligés de renouveler plusieurs fois marque était juste; et Posidonius avait le frontispice avant d'avoir vu s'écouen son pouvoir tous les moyens né- ler la première édition. Il a été réimcessaires pour la constater. On a re- primé, depuis la mort de l'auteur, cueilli les fragments épars de Posi- augmenté d'une troisième partie , et donius sous ce titre: Posidonii Rho- de deux tables ou index , l'un grec, dii reliquiæ doctrinæ, collegit at- l'autre latin, pour faciliter les reque illustravit James Bake; accedit cherches; et les catalogues en citent Wittembachii adnotatio, 1810. des éditions de Francfort , Hanau, Ces passages sont , pour la plupart, Paris, Genève, etc., enfin de Padoue, extraits de Cléomède et de Strabon. 1692, in-8°. L'abbé Giacometti, Ses principaux ouvrages avaient professeur à l'université de Padoue, pour titres: De astrologia universa ; à qui l'on doit cette dernière édition, De cælestibus; De sublimibus ; De ayant supprimé dufrontispice le nom terrestribus et geographicis: le reste de Possel , mutilé la préface, et reconcerne l'histoire, la morale et la touché toutes les pièces préliminaiphilosophie. Aussi Bake et Wyttem. res , s'est fait accuser, peut-être inbach ne parlent que d'un Posido- justement, de plagiat. Ill. Familianius, qui demeurait à Rhodes, et rium colloquiorum libellus, gr.-lat., qui était philosophe et mathémati- Wittemberg, 1586 , in-8°.; Loncien. Voyez, pour de plus grands dres, 1652, in-12 ; et au moins dix détails, les extraits de Cléomède et autres éditions imprimées en Alle

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