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dans sa destinée de laisser incomplè- point de publier cet ouvrage (en tes la plupart de ses entreprises lit- 1800), lorsque le baron de Saintetéraires. Les travaux particuliers de Croix lui représenta que le scandale La Porte Du Theil ne nuisaient point et le mal que produirait ce livre ne à ceux auxquels il était tenu com- seraient pas compensés par le léger me membre d'un corps littéraire. On avantage qu'en pourrait retirer l'éa de lui, dans les Recueils de l'aca, rudition. Du Theil en convint, et ne démie des belles lettres et de l'Insti- balança pas à supprimer tous les tut, ainsi que dans les Notices des exemplaires (V. PÉTRONE). D-ER. manuscrits de la bibliothèque du Roi, PORTELANCE (

DE), un grand nombre de Mémoires pleins né en 1732, prétendait descendre d'érudition et de critique, ayant pour d'une famille distinguée d'Irlande , objet, les uns des points de l'histois dépouillée de tous ses biens par re et de la littérature ancienne, les Cromwell et son parti : il avait un autres de l'histoire du moyen âge oncle, whanoine de Saint-Honoré à (Voy. INGEBURGE, XXI, 214 ). Il Paris, grand directeur d'ames, et trouvait encore le temps de passer médiocrement estimé. Portelance, à chaque jour quatre à cinq heures à l'âge de 19 ans, composa une pièce la bibliothèque du Roi, dont il était intitulée : Antipater, qu'il allait lire l'un des conservateurs, et de contri. dans toutes les sociétés de Paris. Il buer, avec ses collègues , au dépouil. fut, suivant l'usage, accablé d’élolement et au classement des nom- ges, qui l'enorgneillirent tellement, breux manuscrits, avec un zèle et qu'il ne voulut écouter aucun conseil, une activitéqui auraient pu faire croi. ni faire quelques changements que re que c'était-là son unique occupa demandaient ses amis et les cométion. Il en a fait connaître un grand diens. La pièce , jouée le 25 novemnombre, par les divers morceaux bre 1951, fut universellement huée; qu'il a donnés dans la Collection des et, s'il faut en croire Palissot, ce Notices et Extraits de ces manus- fut à un tel excès, qu'elle donna lieu crits. Parmi ses ouvrages , on ne à une espèce de proverbe : lorsqu'on doit pas oublier l'édition du Liber voulait parler d'une pièce très-malignium, 1804, in-4°. (V. MARCUS traitée du public, on disait qu'elle GRÆcus.) Il avait été nommé officier avait été sifflée comme Antipater. de la Légion-d'honneur. La Por- L'auteur se réfugia dans les petits te Du Theil est mort le 28 mai 1815, spectacles, et donna au théâtre de la après une maladie longue et doulou- Foire, Totinet ( parodie de Tithon et reuse, qu'il souffrit avec la fermeté l'Aurore ): encore avait-il pour colet la résignation que donnent une laborateur Poinsinet (V. page 137 conscience pure et une piété solide et ci-dessus ). Une riche veuve, que éclairée. C'est à ce sentiment qu'il ses succès de societé avaient séduite, faut rapporter le courage qu'il cut l'épousa, et le fit son héritier. A l'ocde brûler l'édition entière d'une Tra- casion de la succession, il eut à souteduction de Pétrone, qu'il avait eu la nir un procés contre un noin mé Trafaiblesse d'en!reprendre, et qu'il fit nel, qui avait pris pour avocat le imprimer avec le texte, accompagné célèbre Linguet. Portelance plaida d'un savant Commentaire qui l'avait lui-même sa cause, en 1773, ct rélong - temps occupé. Il était sur le digea, en 1780, vn Mémoire qui eut beaucoup de succès. Il se retira au Manheim, 1960,2 vol.in-8°.,compre château de Montaseau ; et depuis nant depuisjanvier jusques et compris long-temps, il était aveugle, lorsqu'il ayril. Le chevalier de Mouhy, dans finit sa carrière en 1821. Quelques son Abrégé de l'histoire du Théâtre Dictionnaires historiqueslefont mou. Français, lui attribue « plusieurs rir dès le 19 décembre 1779. Voici » autres pièces jouées à l'Opéra-Co. pourquoi et comment cette erreur » mique et en province, qui y ont s'est commise : M. Ersch, dans sa » été fort accueillies. » Ces ouvrages, France littéraire, tom. Ili, pag. 38, s'ils existent ou s'ils ont existé, ne pro. mit, par un lapsus calami, à l'article curèrent pas une grande gloire à leur de Portelance, la date de la mort de auteur. Mais il est nommé une fois l'abbé de La Porte, dont l'article dans le second chant de la Dunciade précédait. Desessarts , dans le tome de Palissot; et c'est peut-être son plus v de ses Siècles littéraires, répéta grand titre à l'immortalité. A. B-T. cette faute, qui n'a pas inanqué d'être PORTENAU (ODERIC DE). Voy. copiée dans le Dictionnaire univer- ODERIC. sel, etc., de 1810. Le nouveau Dic- PORTES ( PHILIPPE DES ). V. tionnaire histor. crit.etbibliogr. pla- DESPORTES. cc vaguement cette mort vers la fin PORTEUS ( BEILBY ), évêque andu dix-huitième siècle. Cependant, en glican de Londres, né à York, cn 1810 mêine, Portelance avait donné 1731, d'une famille qui était venue signe d'existence. Ximénès ayant de la Virginie s'y établir, était le pris alors le titre de doyen des poètes plus jeune de dix-neuf frères. Il élutragiques, Portelance lui disputa ce dia'au collége du Christ, à Cambridtitre, et prétendit que Ximénès, quoi- ge, et y eut des succès tant dans la que son aîné de cinq ou six ans, n'a- littérature que dans les mathémavait été sifflé que treize mois après tiques. Une médaille d'or et une plalui, puisqu'Epicharis, sa première ce de boursier furent la récompense pièce, n'avait été jouée quele 2 janvier de ses travaux. Après avoir terimine 1753. On a de Portelance : I. Anti- son cours d'études , il se chargea de pater, tragédie en cinq actes et en la conduite de quelques jeunes gens, vers, 1753, in-8°., imprimée avec et reçut l'ordination suivant le rit une critique, qui est de l'auteur lui- anglican. Un sermon qu'il prêcha le même. Cette pièce, disait Collé, n'est fit connaître de l'archevêque de Canpourtant pas médiocre ; elle est dé- terbury, Secker, qui le nomma son jestable. II. Le Temple de Mémoire, chapelain, ct lui procura quelques poème, 1953, in - 12. III. ( Avec bénéfices. La reine, femine de GeorPoinsinet), Totinet, opéra-comique, ge III, ayant goûté ses discours, lui 1753, in-8°. IV. ( Avec Patu), les obtint des places avantageuses. Lors Adieux du gout (V. Patu, XXXui, des mouvements quieurentlieudansle 153). V. A Trompeur trompeur clergé anglican pour faire supprimer et demi, comédie en trois actes et la souscription aux trente-penf artien vers libres, représentée et impri- cles de la confession de foi, Portens mée à Manheim. VI. ( Avec l'abbé se déclara pour une révision de ces Regley et de Caux ), Journal des articles; mais il fut d'avis de s'en Journaux, ou Précis des principaux rapporter au jugement des évêques ouvrages périodiques de l'Europe , . de l'Eglise établie. En 1776, la reine

le fit nommer à l'évêché de Chester. changer d'air : par son testament, il Un de ses premiers actes dans son légua sa bibliothèque à ses succesépiscopat, fut une exhortation pour seurs; il fit aussi quelques fondations recommander d'observer le vendre- pour le soulagement des ecclésiastidi-saint. Il s'étonnait que l'Eglise ques pauvres, pour l'encouragement anglicane n'eût pas conservé une pra- des études à Cambridge, et pour as. tique si ancienne dans l'Église ca- surer des médailles d'or à l'auteur de tholique, et que les luthériens mêmes la meilleure dissertation latine sur ont respectée. Cet écrit fut réimpri- les preuves principales du christiamé et distribué par les soins de la nisme, et d'une autre dissertation en Société pour répandre la connaissan- anglais sur la morale de l'Évangile. ce du christianisme; cependant un Les écrits de Porteus, précédés de sa ministre de la secte des Baptistes, Vie, ont été recueillis cn 18u parson Robert Robinson, entreprit de tour- neveu Robert Hodgson; cesont, outre ner en ridicule la proposition de l'é- quelques essais de poésic :1. Un Scrvêque, dans un pamphlet intitulé : mon prêché à Cambridge, en 1961, Histoire et Mystère du vendredi, et publié ensuite sous ce titre : le saint. Portcus vota dans la chambre Caractère de David ; c'est une rédes pairs , en 1779, pour le bill en ponse à un pamphlet anonyme : faveur des ministres dissidents. Il fut l'Histoire de l'homme selon le coeur un des plus zelés pour faire abolir la de Dieu. II. Lettre aux habitants de traite des nègres, et pour établir les Manchester, sur les derniers trein, écoles du dimanche. A la mort de blements de terre. III. Courie réful'évêque Lowth , en 1987, il fut tation des crreurs de l'Église de transféré sur le siége de Londres, ct Rome, in-12, 1981; c'est un extrait continua de paraître dans la chaire. des ouvrages de Secker. Les cathoDans le carême de 1798, il cominença liques y ont fait plusieurs réponses, une suite de discours sur la vérité de parmi lesquelles nous ne citerons que l'histoire de l'Évangile, et la divinité l'excellent ouvrage de M. Milner, la de la mission de J.-C. Ces discours Fin de la controverse religieuse, furent prononcés tous les vendredis, 1818, in-8°., qui vient d'être traduit dans l'église Saint-James à West- en français, et publié sous le tilre minster, et furent continués les an- d'Excellence de la religion, 1823, nées suivantes. Porteus était bienfai- 2 vol. in-8°. IV. Sermons sur diffésant envers les pauvres , et modéré rents sujets, 1983, in-80.; ils rouenvers les dissideuts: cependant étant lent principalement sur les preuves évêque de Londres, il inontra quel de la révélation : il en parut un 2o. que sévérité pour un archidiacre qui vol. en 1794. V. Lettres au clergė avait avancé, dans un sermon, et en- de Chester, sur les écoles du dimansuite publié, des choses contraires che. VI. Essai sur un plan pour ciaux 39 articles. Dans le parlement il viliser et convertir les nègres. VII. vota toujours dans le sens du minis- Lettres aux colons anglais dans les tère. Il mourut le 14 mai 1808(1), Antilles. VIII. Discours sur l'évan. à Fulham, où il s'était retiré pour gile de saint Mathieu , 1802, 2 vol.

in-8°: IX. Abrégé des principales (1) Et non en 1809, comme le dit le nouveau

preuves de la vérité et de la divi

nité de la révélation, destinė pririXXXV.

Dictionn, hist, critiq. el bibliogr.

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cipalement pour la jeunesse, 1800. nord , savoir : le texte anglo-saxon X. Lettres au clergé de Londres, du periple d'Other (V. OTHER ), avec sur la négligence à se mettre à ge- une traduction suédoise, et un am. noux dans l'église quand la litur. ple commentaire; — Observations gie l'ordonne, 1804. X1. Les Bien- sur l'état du peuple Finnois, à l'épofaits du christianisme, etc., prouvés que où il fut soumis à la couronne par l'histoire, 1806; trad. en fran- de Suède ;- Recherches sur les paçais, sous ce titre : Heureux effets tions de race finnoise mentionnées du christianisme sur la felicité tem- dans l'ancienne histoire du nord. porelle du genre humain, etc., suivi Porthan est mort le 16 mars 1804, des Principales preuves, etc., 1808, âgé de 65 ans.

D-G. in-12, 227 pag., Paris, Galignani. PORTHMANN (JULES-LouisPorteus públia encore des Mande- Melchior ), fils d'un imprimeur de ments et des Sermons détachés, et la Paris, a droit d'être compte parmi vie de l'archevêque Secker, à la tête les auteurs précoces; il n'avait que de l'édition des æuvres de ce prelat. onze ans quand il fit son premier ouOn a donné, en 1815, en anglais : vrage, et n'en avait pas vingt quand Beautés du docteur Purteus, avec il prit l'établissement de son père. des notes et un portrait; et, deux an, Mort à l'âge de vingt-neuf ans, le 29 fé. nées plus tard, Sermons tirés des vrier 1820, il est auteur de quelques lecons de l'évêque Porteus, 1817, ouvrages:1. Réplexions sur les danLondres, in-8°. P-C-T. gers et la gloire attachés aux tra

PORTHAN (HENRI-GABRIEL) , le vaux littéraires , 1802, in-8°. , tiré seul sayant remarquable que la Fin- à vingt exemplaires. II. Essai sur lande ait produit jusqu'à présent, a les persécutions que la religion ca. fourni plusieurs travaux propres à tholique a éprouvées en France éclaircir l'histoire politique, morale pendant la révolution, 1805, in-8°. et littéraire de sa patrie. Il était pro- Il n'y avait point encore de censeurs fesseur d'éloquence à l'université d'A. légalement organisés. Il existait, ou bo, conseiller de chancellerie, ct du moins, le sénatus-consulte du 28 membre de l'académie des belles- thermidor avait seulement créé, une lettres et d'histoire à Stockholm. Il commission sénatoriale et dérisoire publia le Chronicon episcoporum de la liberté de la presse : mais la Finlandensiun, de Justen , avec presse était déjà asservie. L'imprides notes. De 1961 à 1778 il fit pa- meur, père de l'auteur, non-seuleraître , à l'imprimerie d'Abo , d'in- ment eut ordre de ne mettre en cirtéressantes dissertations académiques culation aucun exemplaire; il lui fut sur la poésie des Finnois. Il donna, même défendu de vendre l'édition à sous la même forme, en 1773 et an- un épicier. On la brûla dans l'inténées suivantes : Historia bibliothecæ rieur de la maison. Un seul exemreg. acad. Abuensis , 23 numéros, plaire incomplet a été préservé des in-40.; morceau précieux pour les flamines : il ne contient que le texte bibliographes. Le recueil des Méo et le commencement des notes. III. moires de l'académie royale des bel- Éloge de Corneille par un jeune les-lettres, histoire et antiquités de Francais, 1808, in-8°, anonyme, Stockholm, renferme aussidelui d'ex. qui ne fut pas envoyé au concours de cellents mémoires sur les peuples du l’Institut. IV. Manuel des pasteurs

ou Recueil des maximes et des écrits père de Portiez ayaut acquis quel. des saints Pères, sur les différentes que aisance dans cette occupation, situations de la vie sociale , à l'usa quitta le service de son seigneur, ge des curés et des jeunes ecclésias- leva une boutique à Beauvais ; et tiques , 1810, in-12. Cet ouvrage a le fils , qui avait fait ses études eu trois éditions. L'auteur a été se- avec quelque succès , fu! envoyé à condé pour la partie théologique, Paris pour y faire son droit. Celuipar M. l'abbé Cottret. V. Essai his- ci était clerc de procureur, et memtorique sur l'imprimerie, 1810, in- bre de la société de jeunes gens 80.seconde édition, sous le titre connue sous le nom de Bazoche, d'Eloge historique sur l'imprimerie, lorsque la révolution éclata. Por 1810, in-8°. : les notes de la premiè- tiezen embrassa la cause avec re édition ont été retranchées. VI. chaleur, comme la plupart de ses La paix des ménages, ouvrage pro- camarades : il était à la prise de la pre à prévenir, empêcher et même Bastille, avec la populace de Paris, arrêter tous divorces, querelles et et obtint un brevet de vainqueur de chagrins domestiques , 1814, in-12: cette forteresse. De retour à Beauouvrage supposé traduit de l'alle, vais , avec le titre d'avocat et la rémand de G. Werner. Ce fut Porth- putation d'un vaillant et zélé patrioman qui donna au public, après l'a- te, il fut, sous la direction de ceux voir entièrement refondu, le roman qui établirent les clubs et leurs affide M. Mauduit - Larive, intitulé : liations dans toute la France, un des Thamaoule sauvage civilisé, 1812, hommes les plus influents de celui de 2 volumes in - 12. Porthmann a été sa ville natale: comme ses collègues, le principal auteur et rédacteur du il dut réellement ses pouvoirs à cette Journal des arts, des sciences et association, qui fit aussi nommer de la littérature , depuis le nu.' Anacharsis Clootz, et d'autres insenméro clv (5 juin 1812), jusques et sés, dont la plupart étaient inconnus y compris le numéro cccxxxvI à ceux qui devaient les élire. Il ne ( 10 décembre 1814). Ce journal, faut cependant pas confondre entiècommencé le 15 avril 1810 , fut, à rement Porliez de l'Oise avec ces mipartir du numéro cccxXXVII (15 sérables dont il partagea les tradéc. 1814), rédigé par M. Cauchois- vaux. Il n'était point né pervers ; Lemaire, qui en fit un ouvrage de on l'accusa de modération, et la parti. Le numéro cccxli, et les modération était alors un crime qui suivants, portent le titre de Nain méritait la mort. Jeté dans ce tourJaune. Le dernier numéro est le billon de délire et de fureur , il ne CCCLXXIX, ou du 15 juillet 1815. La put s'y soustraire; et, dans le procès collection entière forme 21 volumes de Louis XVI, il vota contre l'apin-80.

A. B-T. pel au peuple, pourla mort et contre PORTIEZ de l'Oise ( Louis ), le sursis. C'est à tort qu'on a dit , député à la Convention nationale, dans d'autres Dictionnaires , qu'il en 1793, par le département de avait voté pour le sursis. Quelques l'Oise, était fils d'un commis qui jours avant ce terrible vote , il avait percevait les redevances dues, sur deinandé que le procès fût porté les marchés de Beauvais, à l'é- au tribunal criminel de Paris. Porvêque, seigneur de cette ville. Lc tiez de l'Oise travailla ensuite dans

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