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in-12; compilation fort bien faite et bliée par MM. Barbier et Desessarts, estimée. IX. Le Portefeuille d'un 1808, 5 vol. in-8°. On doit encore homme de goût , ou l'Esprit de nos au laborieux abbé de La Porte : Les meilleurs poètes , 1765 , 2 vol. in- Pensées de Massillon.-L'Esprit de 12; nouvelle édit. augmentée, 1770, Bourdaloue ; – du P. Castel; - de 3 vol. in-12. X. Le Voyageur fran. l'abbé Desfontaines , avec une Préçais, 1765-1795, 42 vol. in-12. face de Cl. Mar. Giraud ( Voy. ce L'abbé de La Porte a rédigé les vingt- nom). - L'Esprit des monarques six premiers volumes ; les tomes 27 philosophes ( Marc-Aurèle, Julien, et 28 sont de l'abbé de Fontenay', Stanislas et Frédéric).-Les Pensées et les suivants de Domairon ( Pace de l'abbé Prevost : mais c'est à tort nom ). C'est un extrait, en forme de que le nouveau Dict. histor. crit. et lettres, de tous les voyages connus ; bibliogr. lui attribue l'Esprit de Foble style de cette compilation est tenelle (par de Prémontval); l' Esprit agréable, et, malgré tous les défauts de Marivaus ( par de Lesbros ), et qu'on peut lui reprocher, elle eut un l’Esprit (lisez les Pensées ) de J.-J. grand succès : elle a été traduite en Rousseau (par Prault , le libraire ). espagnol par M. Estala , avec des Enfin l'abbé de La Porte est éditeur augmentalions, Madrid, 1996, 43 des Théatres de Régnard, de Levol. in-8°. On en connaît aussi des grand , de Crébillon ; des OEuvres versions allemande , hollandaise, de l'abbé dé Lattaignant , de Saintrusse , etc. XI. L'Esprit de l'Ency- Foix; et des OEuvres complètes de clopédie , 1768,5 vol. in-12; c'est Pope , trad. en français, 1779. On un choix d'articles tirés de ce grand trouvera les titres de quelques comdictionnaire. MM. Olivier et Bourlet pilations de l'abbé de La Porte, qu'on de Vauxelles ont publié une compi- a négligé de citer pour ne pas trop lation sous le même titre, 1798- charger cet article, dans la France 1800, douze vol. in-89.; ct M. littéraire d'Ersch, et dans le DicHennequin vient d'en terminer une tionnaire des anonymes de M. Bartroisième en quinze volumes. XII. bier.

W -5. Histoire littéraire des femmes fran- PORTE ( SÉBASTIEN DE LA), Deçaises, 1769,5 vol. in-8°. XIII. veu du précédent , fut d'abord avoAnecdotes dramatiques (avec Clé- cat, et embrassa avec la plus extrêment de Dijon ), 1775, 3 vol. in- me chaleur le parti de la révolution. 80. XIV. Dictionnaire dramatique Nommé Député du Haut-Rhin à l'as(avec Chamfort), 1996, in-8•.: semblée législative, puis à la Conces deux compilations sont estimées. vention, il s'y fit remarquer par la XV. La Bibliothèque d'un homme violence de ses opinions; vota pour de goût, 1777, 4 vol. in-12. D. la mort, contre l'appel et contre le Chandon avait publié , en 1972, une sursis, dans le procès de Louis XVI, bibliographie sous le même titre;lab. et fut ensuite envoyé à Lyon, où il bé de La Porte s'en empara , et y fit se montra le digne collègue de Fonde nombreuses additions. Les erreurs ché et de Collot-d'Herbois ; conconet les omissions de l'un et de l'autre rut avec la plus odieuse fureur à la ont été corrigées et réparées, au ruine de cette malheureuse cité ; fit moins en partie, dans la Nouvelle Bi- lui-même le rapport de ces désastres bliothèque d'un homme de goût, pu- à la Conventiou , et proposa de par.

tager les biens des rebelles entre les rine, celle d'ordonnateur à Borsans-culottes. A l'époque du 9 ther- deaux. De ce moment sa réputation midor, La Porte, qui était au nom- ne cessa de s'accroître; et Sartines, à bredes députés que Robespierre vou- son arrivée au ministère de la mari. lait sacrifier à ses nouveaux pro- ne, en 1775, le proposa pour l'intenjets ( V. ROBESPIERRE ), se rangea dance du port de Brest. Le roi l'ayant parmi ses ennemis, et se montra nommé à ces importantes fonctions, l'un des chefs les plus ardents du il exécuta , avec un rare talent, une parti thermidorien. Il fut un des dé- fermeté et un esprit de conciliation putés qui dirigerent la force-armée qui lui attirèrent la confiance génécontre les faubourgs révoltés, dans rale, des changements difficiles, qui la journée du 4 prairial ani(1795), venaient d'être ordonnés dans l'adet fut adjoint à Barras, dans la mes ministration des ports. Sous sa dime fonction, à l'époque du 13 ven- rection, et, l'on peut dire , grâce à démiaire suivant. Il fut réélu mem- son habileté, le port de Brest devint bre du conseil des cinq - cents, par le centre des grandes opérations de la Convention elle-même, au moment la guerre d'Amérique, et le dépôt de sa dissolution; se fit peu remar- principal des forces navales qui, quer dans cette assemblée, et alla pendant cette guerre, se développeensuite habiter obscurement son dé- rent avec autant d'éclat que de rapipartement, où il est mort, en avril dité. Les personnages les plus dis1823, dans des sentiments de reli tingués, qui accouraient à Brest gion et de repentir tout-à-fait exem- pour y admirer le glorieux état de plaires. Il avait épousé une comé- la marine française, prodiguaient å dienne de Lyon.

Z. M. de La Porte les témoignages de PORTE ( ARNAUD DE LA ), né, leur estime; et Monseigneur le comte en 1737, d'une famille qui avait d'Artois y joignit lui-même son au- . déjà donné plusieurs administra- guste suffrage. Bientôt après, M. de teurs à la marine et aux colonies , fut Castries, ayant été nommé ministre destiné, dès sa jeunesse, à la inême de la marine, appela près de lui carrière. Élevé, par les Jésuites , au La Porte, qui, sous le titre d'incollege de Louis-le-Grand, il an- tendant-général de la marine , fut nonça, de bonne heure, les qualités chargé de toute la direction des afqui depuis le placerent si haut dans faires de ce département. En 1783, l'estime publique et dans la confiance il fut nommé, presqu'en même temps, de son souverain. A vingt-trois ans, maître-des-requêtes , intendant du il fut chargé de diriger, dans les ports commerce maritime ct intendant des de Calais et de Boulogne, la cons- armées navales. Déjà la voix publitruction d'une flotille destinée contre que le désignait pour le ministère de l'Angleterre. L'activité qu'il déploya la marine, lorsque la révolution, qui dans cette mission, fut remarquée, devait être si funeste à lui et à sa et le fit passer avec rapidité par famille, déploya son sanglant étenplusieurs grades. En 1970, il hé- dard. Forcé de changer ses ministres, rita , par la mort de son père, d'une le roi voulait faire choix de M. de charge de maître des comptes, à La Porte; et cette marque de la conJaquelle on réunit , pour le conser- fiance de son souverain, faillit lui ver dans l'administration de la ma. être falale. Le courrier , parti de

Versailles avec sa nomination , fut toutes les bornes du devoir; il était arrêté en entrant dans Paris, conduit chargé des correspondances les plus à la ville, dépouillé de ses dépêches, délicates, et en butte aux soupçons qui tombèrent entre les mains des et aux recherches continuelles des factieux. Quelques hommes plus sa- factieux. A leurs attaques réitérées, ges parvinrent à détourner l'atten- il opposait la fermeté d'un homtion de dessus ces dépêches ; et la · me décidé à tout souffrir plutôt saisie n'eut aucune suite. Bientôt La que de trahir ses devoirs. Ce fut Porte passa en Espagne: il était à Vit- ainsi qu'après le départ du roi pour toria , en 1990; et il déplorait en si- Varennes , il refusa, à la barre même lence les malheurs affreux dont il de l'assemblée nationale, de faire convoyait sa patrie menacée , lorsqu'il naître la lettre que son malheureux reçut la lettre du roi, qui le pom- maître venait de lui écrire. Il ne mait intendant de la liste civile, avec montra ni moins de dignité, ni moins les attributions de secrétaire - d'é- de discrétion lorsqu'il eut à répontat et de ministre de sa maison. Il dre sur une édition des Mémoires de a'hésita pas entre de trop justes Mme. de La Motte , édition que le roi craintes et un devoir sacré. Attaché fit acheter et brûler, tout entière, dès ce moment au sort de son main dans les fourneaux de la manufacture tre, il ne songea qu'à faire, sans de Sèvres. Enfin, dans la fatale jour. bruit et sans éclat, le peu de bien née du 10 août, après l'envahissepossible dans des circonstances aussi ment, le massacre et l'embrasement cruelles, et malgré les calomnies et qui eut lieu aux Tuileries, La Porte les attaques journalières qui furent le resta encoreintrépide à son poste, afin triste salaire de son dévouement et que son absence ne devînt pas un tide sa fidélité. Cependant, en 1791, un tre d'accusation contre le roi. Queslibelle ayant été publié contre lui, le tionné chez lui par deux envoyés des roi lui en parla; La Porte, découragé, Jacobins , mandé et interrogé par supplia Louis XVI de le remplacer: l'assemblée nationale , il répondit « Quoi! vous voudriez me quitter, lui avec un calme qui confondit ses acdit le malheureux prince, avec émo- cusateurs ; et, chose singulière, on tion? » La Porte ne répondit qu'en lui accorda les honneurs de la séance! tombant à ses genoux, et en lui pro- Les jours suivants, de continuelles testant un dévouement sans bor- recherches furent faites dans ses bunes : chaque jour lui fournissait l'oc- reaux et dans ses propres papiers. casion d'en donner de nouvelles preu- On n'en trouva pas un seul qui pût ves , comme de courir de nouveaux compromettre qui que ce fût. Dans dangers. Au moment de son éva- ces moments terribles , avant de sonsion, le roi l'avait désigné en se- ger à sa sûreté, il avait porté toute cret pour faire partie du ministère sa sollicitude sur ce qui pouvait intéqui devait être formé à Montmédi, resser celle des autres. Tant de saet dont le baron de Breteuil était gesse et de fermeté l'entourait d'un le chef. Dépositaire des secrets les respect que ses ennemis mêmes ne plus augustes, placé comme inter- pouvaient s'empêcher de ressentir; médiaire entre le souverain et les et il paraît qu'ils hésitèrent quelques sujets qui lui restaient fidèles, ou jours à le choisir pour leur victime. qui n'avaient point cncore franchi Mais ils voulaient montrer au peuple

de grands coupables , et la perte de bre de négociations importantes, il M. de La Porte fut décidée : arrêté négocia et signa, à Vienne , en 1936, le 13 août au moment même où la la convention par laquelle la Lorfamille royale était conduite au Tem- raine fut cédée et réunie à la Franple, interrogé à l'hôtel-de-ville par ce. Il representa encore celte puisBillaud - Varennes, il fut transféré sance, avec le titre d'ambassadeur à l'Abbaye, et comparut, le 23, de extraordinaire, au congrès d'Aixvant le tribunal révolutionnaire. Le la-Chapelle, en 1748, et mourut le calme de sa contenance, la noble 17 août 1755. Son fils, sujet de cet franchise de ses réponses, déconcer- article, après avoir fait d'excellentes tèrent ses juges. On ne pourra pas études, malgré les avantages que lui le juger, disait la populace accou- promettait la carrière diplomatique, rue au tribunal. L'interrogatoire dura il suivit celle des armes, quoique son toute la journée du 23 , la nuit qui goût le portât vers la littérature et suivit, et la matinée du lendemain, l'histoire; et, à l'âge de 14 ans, Les jurés se trouvèrent partagés ; il est entra dans les chevau-légers de la même douteux qu'il y ait eu contre garde du roi, où il servit pendant lui la majorité requise. Il n'en fut pas quelques années. De ce corps il passa moins condamné à mort, malgré les dans le régiment des gardes.françaiefforts de M. Julienne, avocat distin- scs, où il fit plusieurs campagues, gué, qui avait eu le couragede se char- notamment celle de 1762, pendant ger de sa défense. La Porte entendit laquelle il se distingua parmi les ofson arrêt sans faiblesse, mais non sans ficiers du corps d'élite des grenadiers émotion; ses derniers moments, cal. et chasscurs de la maison du roi, et mes et vertueux comme sa vie entière, mérita la croix de Saint-Louis. Renfurent partagés entre sa famille et son tré dans ses foyers, après la paix, Dieu. La religion, compagne de tou- il reprit ses études favorites, auxtes ses actions , vint encore, dans quelles il avait toujours ménagé quelcette agonie terrible, soutenir son ques moments, même au inilieu des courage et ennoblir sa fin. Sa rési- fatigues et des dangers de la guerre; gnation, sa soumission aux volon- et il s'y livra avec tant d'ardeur, que, tés du ciel , la paix de son ame, sont peu de temps après, il cut traduit empreintes, d'une manière aussi vive en français les Tragédies d'Eschyle, que touchante, dans une lettre qu'il dont il publia l’Oreste, en 1770. Cette écrivit après sa condamnation, et traduction, et plus encore les notes que sa famille conserve comme un dont elle est accompagnéc, et qui mon. gage de sa tendresse, comme un trent autant d'érudition que de savasouvenir de ses vertus. Il n'a laissé cité et de bonne critique, lui ouvrirent, qu'un fils, chef d'escadron dans la celte inême annéc, les portes de l'acagarde royale. L-ME. démie des inscriptions et belles - let

PORTE DU THEIL ( François- tres. Il donna au public, en 1775, une JEAN-GABRIEL DE LA ), naquit à Pa. traduction française des Hyınnes de ris, le 16 juillet 1742. Son père, Gallimaque. L'année suivante, il pardoué des qualités qui font l'hommé tit, avec l'autorisation du gouverned'état , était entré de bonne heure ment, en qualité de membre du comidans la carrière politique; et, après lé des chartes établi pour la recheravoir été employédans un grand nom. che des monuments historiques ; et il

alla recneillir, dans les riches dé- même commencé l'impression : mais pôts littéraires de l'Italie, les pièces il ne l'a point achevée. Il a laissé et documents authentiques inédits incomplets et inédits , un Commenou imparfaitement connus, qui con- taire sur Athénée ; un nouveau Recernent l'histoire de France, tant ec- cueil des fragments de Ménandre, et clésiastique que civile. Après un sé- un Voyage pittoresque de Syrie et jour de plusieurs années, il en rap- d'Egypte , in fol., dont il avait déjà porta dix-sept à dix-huit mille pièces, fait imprimer une partie du texte, dont la plupart sont propres à jeter d'après les matériaux fournis par iin nouveau jour sur l'histoire géné- Cassas. On doit encore à ce savant rale de l'Europe, dans les treizième une édition du texte du poème de et quatorzième siècles. Un grand Léandre et Héro, avec une traduction nombre de ces pièces sont impri- française , qui a le mérite de l'exacmées dans le Recueil des chartes, titude et de la fidélité. Il est vraiactes et diplomes relatifs à l'histoi- semblable que Du Theil aurait repris re de France, qu'il devait publier quelque jour la continuation des tra. conjointement avec M.de Bréquigny. vaux dont il s'était dégoûté après Il parut seulement de ce Recueil, en s'en être occupé pendant long.temps, 1791, trois volumes in-fol., dont les s'il n'avait pas donné la préférence à deux derniers, qui contiennent les un travail plus utile, et dans lequel Lettres, jusqu'alors inédites, du pape il pouvait déployer toute l'étendue Innocent Ill, sont entièrement dus de ses connaissances. Il fut chargé, à M. Du Theil, et ajoutent deux nou- par le gouvernement, de traduire veaux volumes à la Collection de Ba- en français, de concert avec M. Gosluze ( V. ce nom). Le reste des piè- sellin et M. Coray , la Géographie ces qu'il avait rassemblées sont dé- de Strabon , et de publier cette Tra. posées , parmi les manuscrits, à la duction, accompagnée de notes et d'é. bibliothèque du Roi , où il serait à claircissements nécessaires pour faci desirer qu'une main habile s'occupât liter l'intelligence d'un aussi imporde les mettre en æuvre. Il avait pu- tant ouvrage. Des dix-sept livres dont blié, quelques années auparavant, il est composé, Du Theil en a traduit de concert avec Rochefort, une nous et commenté sept, savoir : le prevelle édition du Théâtre des Grecs, mier et le second, le cinquième et le par le P. Brumoy; et ce qui recom- sixième, les neuvième, disième et mande particulièrement cette édi- onzième. Il a fait précéder le neition, c'est que La Porte Du Theil y pième d'une copie du texte mutilé de inséra sa Traduction entière d'Es- ce livre, tel qu'il est figure dans le ehyle. Mais, toujours mécontent de manuscrit 1397 de la bibliothèque lui-même qnand il croyait pouvoir du Roi, le plus ancien manuscrit mieux faire, il recommença son tra- connu de Strabon. Du Theil s'est efvail, et publia, en 1994, le texte ori. forcé de le rétablir d'après le Lesiginal du poète tragique, et une tra- ' que d'Etienne de Byzance, les Comduction si différente , et tellement mentaires d'Eustathe et les Extraits améliorée, qu'on pourrait presquela de Gemistus Pletho (V. GEMISTE). regarder comme nouvelle. Il se pro- La mort l'a empêché de terminer posait d'y joindre plusieurs volumes son honorable tâche de la Traduc, de notes et d'observations; il en avait tion de Strabon, comme s'il eût ete

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