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ple près de l'obélisque, ct celle de la siastique ; il refusa cette offre, et se Rotonde. Mais les fontaines qui font rendit à Rome. Dans cette ville, il se le plus d'honneur à son talent dans lia presque soudainement d'amitié ce genre de monument, sont celle du avec Sébastien del Piombo, et obtint Capitole et celle qui fait face au pa- l'estime de Michel-Ange. Parmi les lais Mattei. Cette dernière consiste travaux qui font le plus d'honneur à en quatre figures d'hommes nus et ses talents, on ne doit pas oublier la de fonte, servant de supports à un restauration des jambes du fameux bassin élevé. Leur attitude est as- Hercule Farnèse, qui se trouve main. sez extraordinaire : leurs pieds po- tenant à Naples. Il l'exécuta avec une sent sur des dauphins qui jettent de telle supériorité, que les jambes anl'eau dans des coquilles. Le dernier tiques ayant, par la suite, été décououvrage de Della Porta est la villa vertes , Michel-Ange voulut qu'on Aldobrandine, à Frascati, construite laissât subsister celles que Della Porta sous le pontificat de Clément VIII, y avait substituées. Frà Sébastien et à qui son heureuse situation a fait étant mort en 1547 , Della Porta ob. donner le nom de Belvedere. Le pe- tint la charge de piombo, ou sceltit palais qu'il y éleva pour le cardi. leur, que cet artiste possédait, et fut nal Aldobrandini, est d'une architec- choisi pour exécuter le mausolée du ture fort agréable. Della Porta , re- pape Paul III. Il déploya, dans ce venant un jour de Frascati, avec ce travail, où il fut aidé des conseils cardinal, fut attaqué d'une colique d'Annibal Caro, le talent d'un maiviolente, causée par la quantité de tre consommé. C'est surtout dans la glaces et de melons qu'il avait man- figure de la Justice, qu'il se montra gés. Il se gêna long-temps, par res- l'égal de Michel-Ange. Cette statue , pect pour son éminence; et fut ce- dont la nudité contrastait trop avec pendant obligé de descendre de car. sa destination dans l'église de Saintrosse, à la porte de Saint-Jean-de- Pierre, a depuis été couverte d'une Latran, où il mourut , au bout de draperie en bronze. — Le chevalier quelques minutes, âgé d'environ soi. Jean-Baptiste Della Porta, parent et xante-cinq ans.

A-s. élève du précédent, naquit à PorPORTĀ (Frère GUILLAUME lizza , en 1542. Il se fit connaître DELLA), neveu du précédent, et sculp comme un des plus habiles sculpteur habile, naquit à Porlizza, dans teurs de son temps, ct fut fréquemle diocèse de Côme. Il eut pour pre- ment employé par la famille Farnese, mier maître son oncle Jacques; mais qui lui fit obtenirl'ordre de chevalier ce fut l'étude des chefs-d'auvre de de l'Eperon d'or. Il vivait avec le Léopard de Vinci qui lui fit faire les plus grand faste , et parvint à réunir plus grands progrès dans l'art du une quantité considérable d'antiquidessin; et il alla se perfectionner à tés, dont il faisait un commerce fort Gènes , sous Perino del Vaga , qui ne lucratif. Il existe, à Rome , quelquestarda pas à ressentir pour son élève uns de ses travaux, parmi lesquels on la plus tendre amitié, et qui , par la cite la statue colossale en marbre de suite, le traita toujours comme un Saint Dominique , placée dans l'éfrère. Il desirait même lui faire épou- glise de Sainte-Marie - Majeure, et ser une de ses filles ; mais Guillaume surtout le groupe de Jésus-Christ avait résolu d'embrasser l'état ecclé- donnant les clefs à saint Pierre , que

l'on voit dans l'église de Sainte-Pu- d'Hippocrate et de Galien , la langue dentienne. Il travailla davantage pour arabe, et s'y fit recevoir docteur, en Notre-Dame de Lorette; et il mourut 1563. Trois ans après, il fut agrégé à Rome, en 1597. C'est par erreur au collége des médecins de Mantoue. que le Dizionario Istorico de Bas- Le duc Guillaume de Gonzague se sano rapporte sa mort à l'année l'attacba dans la suite , et lui donna 1547. — Thomas della PORTA, des marques fréquentes de sa bienfrère du précédent , et ainsi que lui veillance. Porta Leone mourut en élève de Guillaume, sc fit connaître 1612, à l'âge de soixante-onze ans. comme sculpteur. C'est lui qui fit les Nous avons de lui : I. Dialogi de modèles des statues de Saint Pierre auro, Venise, 1584 , in - 40.; dans et de Saint Paul, que l'on coula en ces dialogues, publiés à la sollicitabronze , et qui furent placées sur les tion du duc de Mantoue , l'auteur colonnes Antonine et Trajane. Cet traite de la manière d'employer l'or ouvrage lui fit le plus grand honneur dans la médecine. II. Consulti me. On lui doit encore un groupe en mar- dici. III. Cure di malattie ; ce livre bre d'un seul morceau, place dans est inédit comme le précédent. IV. l'église de Saint-Ambroise al Corso, Sciltè agghibborim ('Boucliers des et qui représente J.-C. descendu de forts ), Mantoue , 1612, in-fol. : cet la croix, et entouré de plusieurs ouvrage a fait la réputation de Porta saints personnages. P-s. Leone. Les antiquités hébraïques et

PORTA (FRA BARTOLOMEO ). sacrées , principalement ce qui rcVoy. Baccio DELLA PORTA. garde le temple et sa structure, le

PORTAIL (Du). V. DUPORTAIL. sanctuaire, l'autel, le chandelier à sept

PORTA LEONE (ABRAHAM- branches, la table des pains de proARIÉ), médecin juif, naquit à Man- position et les vases , les vêtements toue, en 1542. Son père David, son des prêtres et des lévites , leurs offiaïeul , son bisaïeul , s'étaient fait une ces , le pectoral , l'éphod, les pierres grande réputation dans l'art de gué- précieuses, leurs différentes propriérir: il desira de marcher sur leurs tés, le chant et la musique, les instraces, et embrassa la même profes- truments à vent et à cordes , les sasion. Il commença ses études préli- crifices et les oblations, les fêtes, les minaires sous d'excellents maîtres; il prières, les cantiques, la lecture de la apprit de Méir de Padoue, et de loi , y sont discutés et aprofondis Joseph Zarka , la langue des saintes avec beaucoup de savoir et d'érudiEcritures; de Joseph Sinaite, les tion. Dans trois autres Maghinim constitutions de la Mischna et de (Boucliers), qui forment un AppenMaimonide , les commentaires du dice , l'auteur développe ce qui a Pentateuque et des prophètes ; de rapport aux prières de chaque jour et Jacob de Fano , le Talmud et les dé- des fêtes principales de l'année, aux cisions légales. Après quelques an- hymnes, aux divisions de la Bible , nées de séjour à Bologne, il retourna etc. : il termine son travail par une dans sa ville natale, où il se lia d'a- longue Dissertation sur la langue hémitié avec deux de ses plus célèbres braïque, ses beautés, son caractère ,

compatriotes , Juda et Abraham. Il ses lettres , ses points, ses accents, · passa peu après à Pavie , y étudia la ses couronnes , la manière de comphilosopbie d'Aristote, la médecine mencer et de clore les sertions du

XXXV.

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texte sacré, enfin sur l'art typogra- deux ans, il recueillit les applaudisphique. On trouve, à la feuille 183 séments du parlement d'Aix, et se verso, une bien singulière opinion plaça , dès son début, parmi les jusur ce dernier point : Porta Leone risconsultes dont les lumières et l'infait remonter l'origine de l'imprinne- tégrité recevaient un nouvel éclat de rie aux premiers temps du monde; leur mérite oratoire. Il se rendit céil croit en découvrir des traces dans lèbre par plusieurs Mémoires , noçeş exclamations de Job, C. xix, tamment par celui qui fut imprimé, pag. 23, 24: « Qui m'accordera que en 1770, sous le titre de Consulta» mes paroles soient écrites? Qui me tion sur la validité des mariages des » donnera qu'elles soient tracées dans protestants en France, et auquel tra» un livre ? qu'elles soient gravées vailla son confrère Pazery. A celle » sur une lame de plomb avec une époque, où la gloire du premier corps » plume de fer, ou sur la pierre judiciaire de la capitale se réfléchis. » avec le ciseau ? » Jean-Bernard de sait sur plusieurs tribunaux de proRossi n'a pas dédaigné de réfuter de vince, éclairés par de bons esprits, pareilles visions dans ses Annales on vit le jeune avocat provençal se hebræo-typographiques du quinzième mesurer avec deux hommes d’un tasiècle ( Dissertation préliminaire, lent dissemblable , mais qui s'étaient $. iv, pag. 7). Les Sciltè agghibbo- rendus tous les deux célèbres dans rim, écrits pour l'instruction des trois la polémique : l'un était Beaumarfils de Porta Leone, leur sont aussi chais, armé, contre le légataire de dédiés. Cet ouvrage est également es- Pâris Duverney, défendu par Portimé des Juifs et des Chrétiens. Ugo- talis, des traits qui avaient immolé lino a inséré dans son Trésor des an- au mépris public Goëzman et ses tiquités sacrées ( toines ix , XI, XIII, maladroits défenseurs; l'autre était XXXII), en hébreu et en latin, les le fougueux Mirabeau , qui plaichapitres qui regardent le temple, dait, en présence de l'archiduc d'Aules encensements, les habits sacerdo- triche, frère de Marie - Antoinette, taux et la musique. Ikenio en avait contre la demande en séparation de entrepris une traduction italienne; corps, formée par sa femme. Pormais il n'en a donné qu'une partie, talis soutenait les intérêts de Mme, de au grand regret des savants, qui at- Mirabeau; et les faits que déroulait tendaient avec empressement l'ac- son mâle adversaire, semblaient decomplissement de ses promesses. voir l'accabler. Un moyen adroit le Rossi lui accorde des éloges tout fit triompher. Mirabeau , emporté particuliers , et relève son rare mé- par sa chaleur naturelle, affirma rite avec beaucoup de complaisance. qu'il avait ménagé une épouse couVoyez Dizionario storico degli au- pable , et qu'elle ne devait qu'à sa tori ebrei.

L-B-E générosité d'avoir échappé à la conPORTALIS (JEAN-ETIENNE-MA- fusion dont pouvaient la couvrir des RIB), né au Beausset en Provence, preuves multipliées qu'il avait en le jer, avril 1746, porta dans la pro- main. Portalis le défia de produire fession du barreau une grande viva- ces griefs ; et l'irritable orateur doncité d'esprit , un desir passionné de na aussitôt lecture aux juges de plus'instruire, et une mémoire qui tenait sieurs lettres qui compromettaient du prodige. A peine âgé de vingt- étrangernent l'honneur de sa compa

gne. L'avocat de Mme. de Mirabeau et au besoin de la méditation. La releva cet éclat scandaleux : il éta- France, enfin plus calme, commenblit l'impossibilité de la cohabitation çait à essayer les formes républicaide sa cliente avec un mari qui s'était nes. Lors del'établissement de la consporté à un tel excès envers elle; et titution de l'an ili, le département la séparation fut prononcée. Portalis de la Seine jeta les yeux sur Portalis avait été placé, malgré sa jeunesse, pour le représenter au Conseil des à la tête de l'adıninistration de sa anciens. Son esprit conciliateur , ses province ; et sa capacité dans les vues sages, l'accent persuasif de son fonctions administratives avait ré- eloquence , lui donnèrent de nompondu à l'attente générale. Il re- breux amis, sans qu'il locussît néanvint au barreau avec un nouvel moius à rallier les groupes diviéclat; le caractère distinctif de son sés qui se combattaient dans cette talent était d'agrandir tout ce qu'il assemblée. Opposé au Directoire, touchait, et d'élever jusqu'aux con- dont la politique ambiguë luttait considérations les plus élevées du droit tre la faiblesse de son institution, il public, les questions d'intérêt privé exposa les dangers et l'inconstituqu'il était appelé à traiter. Lorsqu'en tionnalité de la participation aux 1788, M. l'archevêque de Sens ten- droits de l'élection, qu'on propota de bouleverser la coustitution po sait d'accorder à cette autorité; il litique de la monarchie, Portalis se défendit l'indépendance des élecdéclara le courageux defenseur des teurs, la représenta comme incominstitutions, et surtout des priviléges patible avec toute formule de serment de la Provence. Il publia, à cette qu'on voudrait leur imposer, et s'éépoque, deux petits écrits qui eurent leva contre la création d'un 'minisun grand succès. Le jer, était inti- tère de la police. On l'entendit sollitulé : Lettre des avocats au parle- citer avec force l'abrogation de plument d'Aix , à Mgr. le garde des sieurs lois immorales , promulguées sceaux ; le 2me., Examen impar- dans le cours des fureurs révolutiontial des Edits du 8 mai 1788. naires ; repousser une mesure qui Quand la révolution éclata , sa mode tendait à dépouiller , de leur vivant, ration, et la mesure qui formait la les ascendants d'émigrés ; appuyer le base de son caractère, l'éloignèrent rétablissement de la contrainte par du rôle auquel l'auraient appelé ses corps en inatière civile ; s'opposer talents, mais ne l'empêchèrent pas avec force au rétablissement des sod'être en butte à la persécution révo- ciétés populaires , et présenter un lutionnaire. Retiré à la campagne rapport lumineux sur le divorce. Une dès 1790, il fut forcé de quitter cet résolution violente, ayant été adopasile en 1792. Il se réfugia à Lyon, tée par le Conscil des cinq cents et n'échappa, en 1793, à une mort contre les prêtres non assermentés, certaine, que par une prompte fuite. fut portée au Conseil des anciens. Il vint à Paris, où il fut mis en pri- L'assemblée, sur les observations de son. Il n'en sortit que long-temps Portalis , refusa l'impression d'une après le 9 thermidor. La progres- virulente diatribe prononcée par sion alarmante de nos agitations po- Creuzé-Latouche contre le clergé; il litiques lui fit chercher une retraite n'obtint cesuccès, vivement disputé, où il pût librement se livrer à l'étude qu'à l'appel nominal. Le lendemain

il retraça les rigueurs excrcées contre posé les principes qui ont présidé les ministres du culte catholique , fit à ce grand travail, est plein de vues sentir tout l'odieux d'une semblable saines et comparable à la célèbre préoppression, et réclama en leur faveur face du livre de Domat. Ce morl'application tardive des principes ceau n'a cependant pas échappé à de tolérance si hautement prêchés la critique assez vive de M. de au nom de la philosophie. La réso- Montlosier, qui l'attaqua dans une lution proposée fut rejetée ; les prê- brochure publiée en 1801 (1). Portatres fidèles restés en France furent lis fut chargé de soutenir, au nom du préservés de la déportation, et l'as- gouvernement consulaire, la discussemblée vota l'impression à six sion du projet de loi qui rétablissait exemplaires du Discours qui l'avait des tribunaux spéciaux en matière entraînée. Dans une occasion non criminelle , proposition qui éprouva moins solennelle, lorsque des émi- une forte opposition dans le sein du grés français furent poussés par un Tribunat. Dans ce même temps, naufrage sur les côtes de Calais, Por: Buonaparte ayant conçu le projet talis fit un appel touchant à l'hu- du rétablissement de la religion camanité de ses collègues , et obtint tholique en France, jeta les yeux sur que le code de mort ne leur fût point Portalis pour l'exécuter, et le charappliqué. Lorsque le Directoire eut gea de la direction de toutes les afrésolu, au 18 fructidor, de mu- faires concernant les cultes. L'entiler la représentation nationale, il treprise était difficile: il fallait, sans fut inscrit sur les tables de proscrip. effaroucher les ennemis de la relition; mais, prévenu à temps, il se gion, alors si puissants, ramener réfugia en Allemagne, où il consola, les esprits religieux trop justement par sa gaîté inaltérable , les compa- alarmés ; terminer un schisme que gnons, de son exil. Rappelé après le la plus cruelle persécution avait 18 brumaire, il fut nommé commis- aigri ; reconnaître les droits du sousaire du gouvernement près le conseil verain pontife, sans porter atteinte des prises. Dans cette nouvelle po- à ceux du magistrat politique ; fairc sition il fit prévaloir les véritables prévaloir l'autorité ecclésiastique principes du droit des gens en cette jusque-là méconnue, en prévenant matière : ses conclusions furent ac- l'oppression des individus; dispocueillies dans toute l'Europe comme ser à se soumettre, au nom de la une preuve du retour de la France à religion, des prélats en opposition des principes de modération et de avec la puissance qui gouvernait l'éjustice. Sa nomination en avait été tat, et les amener même à faire au le gage : il entra presqu'aussitôt au bien public le sacrifice de leurs siéconseil d'état. Membre de la com- ges; enfin tirer de sa ruine l'Eglise mission chargée de la rédaction d'un gallicane, et appeler le choix du code civil pour la France, il soutint gouvernement sur les sujets les avec habileté les principes du droit plus dignes par leur piété, leur romain, prit une part importante doctrine et leur zèle. Tout cela fut aux discussions du conseil d'état, et développa , devant le corps législatif,

(1) M. de Montlosier voulait refaire la société, les motifs de différents titres du code. lorsqu'il ne s'agissait que de donner à la société,

telle que la révolution l'avait faite, des lois qu'elle Le Discours préliminaire où il a ex

pût supporter..

P-IS.

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