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Porso'n le décida à venir le voir aussi nanimité pour remplir la chaire va.. chez M. Ireland. A près l'avoir re- cante. Son vou le plus ardent était gardc un instant, il se retourna du de rendre cette chaire véritable côté des vitraux peints, qui donnaient ment utile, en faisant un cours anune teinte sombre et religieuse à la nuel au collége. Si l'on eût vonlu lumière répandue dans la salle. Eton- lui accorder un local pour cet obné de cette indifférence, M. Ireland jet, il aurait porté la lumière dans l'invite à écrire son nom à la suite de les principes des langues en générals ceux des personnes qui croyaient à il aurait développé leurs rapports, l'authenticité du manuscrit. Porson leurs différences, leurs affinités proessaie d'abord de s'excuser sur ce chaines et éloignées, leurs révoluqu'il n'est point connaisseur en anti- tions, leur syntaxe, leurs étymoloquités anglaises. Enfin, pressé jus- gies et les causes de leur corruption. qu'à l'importunité, il dit à l'impos- En 1795 , il épousa la seur de teur littéraire : « Monsieur Ireland, M. Perry, Mme. Innan, qui mourut » je déteste du plus profond de mon deux ans après. Dès ce moment, il »'caur toute espèce de souscription, fut tourmenté d'un asthme qui le >> mais par-dessus tout les souscrip- forçait d'interrompre ses travaux. » tions pour articles de foi. » L'ami II est probable que cette maladie prode Porson lui dit, en se tournant venait de ses habitudes trop sédenvers lui : « M. Porson, vous serez taires, et du travail fatigant de la » toujours plaisant.» C'est ainsi qu'il transcription, auquel il se complaipensait , redoutant, plus que toutes sait singulièrement, comme le prouchoses, un serment qu'il regardait vent les nombreuses notes manuscomme une profanation inutile du crites, déposées sur ses livres et sur nom du créateur. « Quant à moi (dit des feuilles volantes. Il finissait de » M.Kidd, dans la Notice qui précèdc déchiffrer et de copier le manuscrit » les Mélanges de critique de Por- presque effacé du Lexique de Photius, >> son), j'aurais accepté sa simple pa. de Th. Gale, appartenant à la bis role dans la circonstance la plus bliothèque du collège de la Trinité, » importante ; mais dans ces temps lorsque le feu prit à la maison de o de dégénération, ajoute-t-il, les pa- campagne de M. Perry, à Merton,

roles sont trompeuses , depuis que et consuma sa copie, un Aristopha« les écrits peuvent les remplacer. » ne de Kuster, couvert de notes , et Une bourse laïque lui aurait permis d'autres trésors littéraires. Ayant de travailler pour le plus grand appris cette fâcheuse nouvelle par le profit des lettres; mais la conduite docteur Raine son ami, il lui dit qu'il peu généreuse d'un particulier lui venait de perdre le travail de vingt ộta cet espoir. Il se trouva donc dans ans de sa vie. Il se remit aussitôt à le monde, sans profession. Des amis faire une seconde copie aussi belle vinrent à son secours , pendant quels que la première. On peut la voir que temps; mais, en 1992, W. actuellement auprès de l'original, Cooke, professeur de grec au col- qui fut préservé de l'incendie par lége de la Trinité, étant mort, Por- la précaution qu'avait Porson de le son se presenta comme candidat, porter toujours avec lui. Lors de l'écomposa en deux jours sa belle Thè. tablissement de l'institution de Lonse sur Euripide, et fut choisi à l'u- dres, en 1805, sous les auspices de

sir Francis Baring et des principaux cupent les pages XLI-LIX. G. Whiter, négociants, les directeurs prouvée auteur de l'Etymologicon universale, rent leur discernement et leur amour a composé celles qui sont marquées pour les lettres, en confiant à Porson d'un w. III. Trois lettres sur la Vie la place de premier bibliothécaire, de Johnson, par Hawkins, insérées Tout ce que ce savant a laissé com- dans le Gentleman Magazine de 1787. me critique, est ce qu'il est possible IV. Notes sur les Commentaires de de faire de mieux; en sorte que ses Toup sur Suidas , Hesychius et auéditions peuvent être regardées come tres lexicographes grecs ; insérées me des modèles propres à donner la dans l'édition d'Oxford, 1990, 4 mesure du mérite d'un éditeur. Deux vol. in-8°.: clles sont distinguées par qualités de la plus grande importan, les initiales A. R. P. C. S. s. T. C. $. ce le distinguent: la patience et la qui signifient : A Ricardo Porson, probité. Lorsqu'il collationnait un Collegii Sacro - Sanctæ Trinitatis manuscrit,lorsqu'il suivait les varian Cantabrigiæ Socio. V. Letters to tes d'un texte dans les différentes édi M. Archdeacon Travis, in answer tions, lorsqu'il montrait l'acception to his defence of the three heavenly d'un mot dans les écrits du même Witnesses , I John , v. 7. London, siècle, sa patience ne s'épuisait pas, 1990, in-8°, de 440 pag. Ces lettres son zèle ne se refroidissait jamais. A sont tirées du Gentleman Magazine, l'égard de la probité, il ne se serait années 1988 et 1989. Un passage du jamais permis d'assurer qu’un pas. 51€. vol. du Gentl. Magazine, dans sage était corrompu sans avoir fait lequel on rendait comple de l'hisles plus grandes recherches; et il ne toire de Gibbon, donna lieu à pluse croyait pas autorisé à proposer sieurs lettres de l'archidiacre Travis, une correction quelconque sans une insérées d'abord dans le volume suitrès-grande probabilité en faveur de vant de ce Journal, et réimprimées sa leçon. Un texte était - il mani- séparément, en 1794 , in-40., trolfestement corrompu, il ne voulait sième édition, avec des augmentapoint le tourmenter pour se donner le tions considérables. Porson soutient, plaisir d'admettre une conjecture d'après plus de cent dix mss. grecs, plausible, pensant, avec raison, qu'un près de trente des plus anciens mss. pareil procédé efface les traces de latins, etc., que, depuis la Polyglotte cette clarté qui sert à rétablir par la de Ximenes , et l'édition du Nouvсausuite le texte original. Ses écrits sont: Testament de Robert Estienne , le 7. 1. Des Analyses du tome rer. de l'Es. verset du chap. V de la ire. Epître de chyle de Schutz , de l' Aristophane saint Jean a été interpolé, et qu'on de Brunck, de l'Hermesianax de doille lire ainsi réuni au 8e. : Eitres Weston, et des Monostrophes de Hun- sunt qui testimonium dant: Spiritus, tingford; insérées dans la Revue lit- et aqua et sanguis ; et hi tres unum téraire de Maty , de 1983 et 1784. sunt. Cette controverse n'était point II. Des Notes à la fin d'une édition nouvelle ( Voyez David MARTIN). de la Retraite des Dix-mille de Xéno- Gibbon dit, dans ses Mémoires, que phon , Cambridge, 1786 , in-4°, et ces lettres sont l'ouvrage de critique in-8°. Ces notes, ajoutées à celles le plus piquant et le plus achevé qui d'Hutchinson, ne portent point de ait paru depuis le temps de Bentley; marques distinctives; mais elles oc- mais M. Nichols trouve que, si l'au. teur eût moins laissé apercevoir le mentée, 1811, in-8°. XII. Euricaractère de Bentley , son érudition pidis Medea, Cambridge, 180 1 ; et ses talents polémiques se seraient nouvelle édition augmentée, Londres, montrés avec plus d'avantage. VI. 1812, in-8°. Ces quatre tragédies Virgilii opera, curante Heyne, Lon- d'Euripide, furent imprimées ensemdres, 1793, 4 vol. in-8°. Porson ble à Leipzig, 1802 , seconde édicorrigea les épreuves de cette édition, tion, 1807, in-8°., sur des exemmoins les trois ou quatre premières plaires annotés, donnés par Porson feuilles, et composa l'Avertissement à Fréd. Jacobs. Il a dû paraître en au lecteur. VII. Analyse de l'essai 1820 , in-8°. , à Londres, une édide R. Payne Knight sur l'alphabet tion complète de l’Euripide de Porgrec, dans le Monthly Review de son, avec un Index. XIII. Adver1794. Le vou exprimé par Porson, saria, notæ et emendationes in Poëque quelqu'un répondît aux imputa- tas græcos, edentibus J. H. Monk tions faites à Fourmont par Knight, et C. J. Blomfield , Cambridge, a été rempli par M. Raoul Rochette, 1812, in-8°.; réimprimé à Leipzig, dans sa Lettre à lord Aberdeen, 1815, in-8°, de 334 pag.: ce volume 1819 , in-4°. VIJI. Æschyli Tra- contient la Thèse sur Euripide, un goediæ septem , Glascow, 1795, in- grand nombre de Remarques sur fol. Cette édition a été faite d'après Athénée, et d'autres Notes recueillies un exemplaire de celle de Stanley, sur les livres et les feuilles volantes corrigé par Porson , auquel le librai- de Porson. XIV. Tracts and miscelre Foulis envoya les épreuves des laneous criticisms collected by Thocinq ou six premières pièces. Il fit mas Kidd, Londres, 1815, in-8°. paraître , à l'insu de Porson, l'ou- On trouve dans ce recueil les articles vrage in-fol., en se servant du pa- cités cidessus nos. 1, ai, ainsi qu'une pier destiné à une édition in-8°. L'é- Lettre à l'arch. Travis, et des Notes dition de ce format ne fut mise en sur un grand nombre d'auteurs grecs Vente qu'en 1806, 2 vol. in-80., im- et latins. M.P.P. Dobree et M. Maltby primés , ainsi que l'in-fol., sans no- bibliothécaire de l'institution de Lontes, sans scholies et sans les frag. dres, ont fourni beaucoup de matéments. IX. Euripidis Hecuba, græ- riaux pour ce volume. XV. Notæ in , Londres, 1797, in-8°.; Cam- Aristophanem , quibus Plutum cobridge, 1802, in-80., avec une mædiam præmisit P. P. Dobree , seconde Préface qui fut aussi réim- Cambridge, 1820 , in-8°. XVI. primée séparément la même année, Photii Lexicon, e codice Galeano et de nouvelles Notes ; troisième (collegii Trinit. Cantabrig. )-desédition , Londres, 1808, in-8°. X. cripsit Ric. Porsonus, Londres 1822, Euripidis Orestes, græcè , Londres, 2 vol. in-80. XVII. Porson a colla

1798; nouvelle édition augmentée, tionné avec l'édition d'Ernesti, de · 1811, in-8°. Le docteur Burney a 1960 et de 1801, le mss. Harléien de

repoussé victorieusement, dans cinq l'Odyssée, qui a servi à l'édition d'Honuméros du Monthly Review de mère, 1800, 4 vol. in-4°. Il a aussi 1799, la critique faite par Wakefied corrigé les épreuves du tom. ier. de ces deux éditions d'Hécube et de l'Hérodote d’Edinbourg, 1806. d'Oreste. XI. Euripidis Phoenissæ, Porson doit être placé, à juste titre, ibid., 1799; nouvelle édition aug- parmi les critiques du premier ordre

qu’a produits la Grande - Bre!agne. lais des Priuli, à Trevise, qu'il orna Son nom sera toujours accolé à ceux de plusieurs Figures allégoriques. de Bentley, de Dawes , de Markland, Dans une des salles, il peignit la de Taylor , de Toup, etc. Il semble Manne dans le désert. Ce tableau , surtout, par sa sagacité et la har remarquable par la science du desdiesse de sa critique, avoir un rap- sin, la beauté des nus et le naturel port plus marqué avec Bentley et des attitudes, appartient encore à la Toup. On doit regretter que la ré- manière qu'il s'était formée à Rome: publique des lettres l'ait perdu , le mais , dès cette époque, il ne suivit 25 septembre 1808, lorsqu'il était plus que le style de l'école vénitienencore jeune, et qu'il pouvait lui ren- ne. Il peignit à fresque la façade dre les services les plus importants de plusieurs palais ; et l'ouvrage (1). Son corps, demandé unanime- qui lui fit le plus d'honneur en ce ment par le college de la Trinité , fut genre, fut celle du palais Loredatransporté de Londres à Cambridge, no, aujourd'hui détruite. La fale 3 octobre, et exposé le lendemain meuse bibliothèque de Saint-Marc dans la grande salle, depuis deux devait être décorée des peintures jusqu'à cinq heures du soir, puis des plus fameux maîtres du temps. enterré, avec une grande pompe, Porta fut chargé de l'exécution des dans la chapelle, auprès de la statue trois tableaux ronds qui se voient de Newton.

dans le sixième compartiment de PORTA (JOSEPI), peintre, na- la voûte. Dans le premier , il peiquit à Castel - Novo di Garfagnana, gnit le Courage qui méprise la For. en 1520. Resté orphelin en bas âge, tune; dans le second, l'Art et la il se rendit à Rome, où il entra dans Physionomie, Plutus et Mercure ; l'école du Florentin Fr. Salviati, dont dans le troisième, la Figure nue de il prit le nom, par reconnaissance. la Guerre , assise sur une pièce de C'est de là quelui vient le nom de Sal- canon. Cette dernière est surtout reviati le Jeune, sous lequel il est sou- marquable par la vigueur du coloris vent désigné. Son maître ayant été ap- et la vérité des tons. Ces nombreux pelé à Venise , par le patriarche Gri- travaux, où il signala son talent pour mani, pour peindre son palais, ille la fresque , ne l'empêchèrent pas suivit dans cetle ville, dont les agrés d'orner de ses tableaux à l'huile plu. ments le scduisirent au point qu'il sieurs des églises de Venise. Les plus résolut d'y fixer sa demeure. La no- remarquables sont : Saint Cóme et blesse lui confia plusieurs travaux in- saint Damien guérissant un malade, portants, entre autres la façadedu pa. dans l'église de Saint-Zacharie; et . (1) Il fut frappé d'une apoplexie foudroyante,

surtout la Déposition de croix, que Pierre-Martyr. Ces différents travaux ayant fait connaître Porta d'une manière avantageuse, il fut appelé à Rome, par le pape Pie IV, pour

au milieu de la rue, le 19 septembre précédent : comme il était seul , et que les papiers qu'il avait sur lui n'indiquaient ni son nom ni son adresse, aucun des passants ne le reconnut, et il fut porté au corps de garde le plus voisin, puis dans un hospice, d'où l'on fit insérer dans le journal du lendemain son signalement avec l'indication de quelques lignes de grec et de latin, et d'une équation algebrique tracée au crayon dans son portefeuille. Ses parents, inquiets de son absence, le reconnurent facilement à cette désignation; et leurs soins prolongèrent de quatre jours son existence. ( Voy. les détails de ses derniers moments, dans les Archives de Kenigsberg, de 1811, po. II, p. 213, in-80., en allemand.

tite salle royale du Vatican, commencée

par Perino del Vaga, Daniel de Vol. terre, et d'autres artistes également

célèbres , sous le pontificat de Paul sciences et des arts , belle composiIII. Il eut pour compétiteurs , dans tion, décrite par Huber et Rost, et cet important travail, les deux frè- qu'il a gravée d'après son propre des. res Taddeo et Frédéric Zuccaro, le sin. Le Musée du Louvre ne possède Samacchini et Fiorini de Bologne; qu'un seul tableau de Joseph Porta : et, quoique Vasari donne la préfé. c'est son Adam chassé du Paradis rence aux tableaux de Taddeo, le terrestre. Son Enlèvement des Sapape et toute la cour furent telle- bines a long-temps fait partie de la ment charmés de l'ouvrage de Porta, galerie du Palais-Royal. André Zuequ'il fut question un moment d'ef- chi et quelques autres vénitiens ont facer toutes les autres peintures de gravé d'après ce maitre; et Pierre cette salle, et de les lui donner à Tanja a gravé le beau Christ mort que refaire. Il avait représenté Alea an. possède la galerie de Dresde. Voy. dre 111 donnant sa bénédiction à l'Abrégé de la vie des peintres, par l'empereur Frédéric Barberousse, Dargenville, et la Biblioteca Modeau milieu de la place Saint-Marc, nese , tome vi, p. 513. P-s. à Venise. Ce sujet lui permit de dé- PORTA (JEAN-BAPTISTE), célèbre ployer sa science en architecture, et physicien, dont les services, exagérés le brillant de son pinceau dans la par ses contemporains, ne sont plus peinture des costumes et des orne- appréciés à leur juste valeur , était né, ments vénitiens. Ce qui distingue vers 1550, à Naples, d'une ancienne cet artiste, c'est un mélange du ca- et noble famille. Il fut élevé sous les ractère florentin avec le coloris, plus yeux d'un oncle , homme fort invif et plus saillant, de l'école de Ve struit, et qui ne négligea rien pour nise. Ce style plaisait au Titien, qui hâter le developpement de ses heufut l'ami de Porta; et il lui mérita reuses dispositions. Il eut encore le d'être choisi, avec Paul Véronèse et bonheur d'avoir pour compagnon les plus habiles artistes de Venise, de ses études Vincent Porta , son frèpour décorer la bibliothèque de Saintre, qui partageait son ardeur pour Mare. Il mourut dans cette ville, en les lettres, et qui resta toujours le 1570, âgé de cinquante ans seule- meilleur de ses amis, Doué d'une rament. Ayant fait une étude aprofon- re pénétration, d'une imagination die des mathématiques, il avait com- vive, et de cet esprit enquêteur que posé quelques traités sur divers points requiert Montaigne dans la philosode cette science; mais, dans sa der phie, il fit de rapides progrès dans nière maladie, il jeta au feu tous les langues anciennes. A dix ou donses manuscrits, dans la crainte que ze ans, il composait déjà, en latin quelque autre ne s'en fit honneur. Il et en italien, des Discours qui surn'était pas moins versé dans l'ar- prenaient ses maîtres. L'attrait qu'il chitecture. Enfin ce maître s'est fait trouva dans la lecture des ouvrages connaître comme excellent graveur des anciens philosophes, tourpa bien. en taille de bois. Les morceaux qu'il tôt toutes ses idées vers la culture a exécutés en ce genre , sont d'une des sciences; et on le vit rechercher excessive rareté. Les plus célèbres avec empressement les anciens masont : un Christ en croix, cité par nuscrits, pour en extraire tout ce Papillon, dans son Traité de la gran qu'ils renfermaient de curieus. Quand vure en bois, et uae Academie des il eut épuisé les ressources que Na.

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