Page images
PDF

lesquels il avait été élevé. D’Aubigné, de l'ouvrage suivant. (2) On doit requi ne dit rien de sa prétendue ab- marquer que la Vraie et entière hisjuration, l'accuse d'avoir vendu sa toire, etc., fut condamnée, en 1581 , plume aux catholiques ( Voy. l'His- par le synode de la Rochelle, comme toire universelle de D’Aubigné). Mais renfermant plusieurs faussetés. II. rien n'est plus faux : «Il vécut pauvre, L'Histoire de France , enrichie des et mourut, dit l'Éstoilé, d'une mala- plus notables occurences survenues die ordinaire aux hommes de lettres ès provinces de l'Europe et pays et vertueux, à savoir de nécessité voisins , etc., depuis l'an 1550, (la et de misère. » (Voy. les Mémoires Rochelle ), 1581, 2 vol. in-fol., de l’Estoile , édition de 1719, 11, 1582 , 4 vol. in-80.; La Popelinière 261.) Gui Patin fixe la mort de La y a refondu l'ouvrage précédent. Cet-. Popelinière au 9 janvier 1608: « Il te Histoire, dit le P. Daniel , est mal mourut, dit-il, durant le grand écrite, mais remplie d'un grand nom. hiver, fort vieux, asthmatique, dans bre d'excellents Mémoires où l'auteur sa chaise devant le feu, au fau- parle en homme d'état et en homme bourg Saint-Germain; ce qui est, et de guerre, comme ayant eu bonne que peu de gens savent, et que j'ai part aux négociations et à l'exécution. appris de bonne part. » ( Lettre de La modération et le détail avec leGui Patin , v, 150 ). Le président quelil parle, le font regarder comme de Thou faisait beaucoup de cas de l'historien le plus digne de foi de l'histoire de La Popelinière ; et il tous ceux du parti huguenot, qui avoue qu'il s'en est beaucoup servi. ont rendu compte des guerres civiL'Estoile(loc.cit.) le nommeungenles. On conservait, à la bibliothèque til personnage , «lequel, ajoute-t-il, des Oratoriens de la Rochelle, un a le mieux écrit, à mon gre, les trou- exemplaire du tome jer., corrigé de bles et guerres civiles de France: la main de l'auteur , par les ordres si les derniers livres de son histoire du consistoire. Le P. Arcère a pueussent répondu aux premiers, on blié ces corrections, d'ailleurs assez eût pu l'appeler le premier histo- peu importantes , à la fin du tom. II rien de notre temps, et qui a écrit de son Hist. de la Rochelle. III. avec le plus de liberté et de vérité. » Les Trois mondes, Paris, 1582, Outre une Traduction de l'ouvrage in-4°. C'est une description des trois de Bernard Rocca , des Entreprises parties de la terre connues des anet ruses de guerre, on a de La Po- ciens ; la singularité de son titre ne pelinière : I. La Vraie et entière l'empêche pas de parler de l'Améhistoire des derniers troubles adve- rique, et même des terres Australes, nus tant en France qu'en Flandre et alors à peine connues. IV. L'Amipays circonvoisins, depuis 1562, ral de France, et, par occasion, de Cologne, 1.51 , in-8°, ; Bâle, 1572, celui des autres nations, tant vieilles in-80.; troisième édition, augmen- que nouvelles, ibid., 1584, in-4°. , tée , ibid. 1579, 2 vol. in-80. Jean

esco (2) Dans l'épître placée à la tête de l'Histoire de

Le Frère, de Laval, l'éditeur semble avoir voulu proquelques additions à cette histoire, tester d'avance contre l'imputation de plagiat :« L'au

teur, dit-il, sans se bragarder du plumage d'autrui, et la publia sous son nom. Ce pla proteste haut et cler ne se vendiquer ni arroger sigiat déplut à La Popelinière, qui s'en

non la peine et le jugement d'agencer et ramasser

proprement en un corps le discours paravant déplaignit vivement dans la préface membré. » xxxv.

26

rare et curieux : c'est à Charlemagne lui procurèrent quelques aventures qu'il fait remonter la création en singulières, et lui acquirent la réFrance de la charge d'amiral. Dans putation d'homme à bonnes fortul'Avertissement, La Popelinièreéta: nes. Mais ayant été le rival beublit que chacun doit écrire dans sa reux du prince de Carignan, celui-ci langue, et que le peu de progrès que s'en plaignit au cardinal de Fleury, faisait la langue française devait qui, satisfait d'ailleurs de la gestion être attribué à la manie d’écrire en de La Pouplinière, se contenta de latin. V. L'Histoire des histoires, l'éloigner de Paris. Après trois ans avec l'idée de l'histoire accomplie, de résidence à Marseille, où ses proibid., 1599, in-8°. Cet ouvrage pré- digalités et les fêtes continuelles qu'il sente une liste fort étendue des histo- avait données aux dames, laissèrent riens anciens et modernes, avec des de fong's regrets, ce fermier-généobservations critiques que Du Ra- ral revint dans la capitale. Il prit dier trouve souvent très-judicieuses. pour maîtresse la fille de la comé« C'est , dit-il, la première méthode dienne Mimi Dancourt (1), destinée d'histoire qui ait paru ; et ce serait elle-même au théâtre. Il vivait sur ce une espèce de nécessité de lire cet pied, depuis douze ans, avec elle, ouvrage, si nous n'avions pas celui de lorsque, jouant la fille séduite, ellc Lenglet-Dufresnoy, » ( V. ce nom.) sut intéresser la fameuse ome. deTenLa Popelinière a joint à ce volume: 'cin, qui s'employa efficacement pour Le dessein de l'histoire nouvelle dès la marier avec l'opulent financier. Francois, dans lequel il réfute l'opi- Au renouvellement du bail des fermion, alors fort accréditée, de l'arri- mes, le cardinal, prévenu par les invée dans lès Gaules de Francis et trigues de cette dame, contre la modes Troyens. VI. Histoire de la con- ralité de La Pouplinière , ne consenquête des pays de Bresse et de Sa- tit à le maintenir sur la liste des anvoie, ibid., et Lyon , 1601 , in-8°. ciens fermiers - généraux, qu'en l'oOn trouve une Notice fort incomple- bligeant d'épouser la jeune innocen'te sur La Popelinière, dans les - 'te qu'il avait trompée. Ce n'était pas, moires de Niceron, tome xxxix, au reste, une femme sans mérite. A d'où elle a passé dans le 3e. vol. de "une mémoire prodigieuse, à une infa Bibl. hist. de France. On peut 'telligence rare, à une éloquence naaussi consulter la Bibl. du Poitou, turelle qui tenait de l'inspiration, par Dreux du Radier, 111, 154-65. elle joignait un tact étonnant pour

W-s. juger les ouvrages littéraires. Son esPOPELINIÈRE ou plutôt POU- prit, ses talents, et surtout sa beauPLINIERE ( ALEXANDRE - Jean- té, ne contribuerent pas peu à mettre Joseph LE RICHE DE LA), financier en réputation la maison de son bel-espritdu xyme. siècle, s'est rendu inari, qui devint le rendez - vous de fameux pár le noble emploi qu'il fit tout ce que la cour et la capitale de sa fortune en protégeant les Ict- tres et les beaux-arts. Fils d'un ré.

(1) Cette Mimi Dancourt, moins connue sous le nom de madame Deshayes, qu'elle portait depuis

son mariage, était la seconde fille de Dancourt, à Paris, en 1692 , et fut nommé l'auteur comique. Elle remplit, avec succès, dans les

role de soubrette, l'intervalle qui s'écoula depuis la fermier-général en 1718. Sa bon

retraite de Mlle. Desmarres, jusqu'à la réception ne mine, ses manières aimables, de Mlle. Dangeville.

o

el les beaux-arts. Tas a un re

avaient de plus distingué. Concerts, à soixante ans , La Pouplinière conbals, comédie, soupers fins , tous les serva ses goûts et ses habitudes. plaisirs s'y trouvaient réunis. Mais S'il ne fut pas le plus riche finanMme. La Pouplinière, quesonextrême cier de son temps, il fut le plus froideur avait long-temps conservée fastueux. A l'affut des jeunes gens fidèle à son époux, se laissa eblouir qui débutaient dans la carrière des par le tourbillon du grand monde. lettres et des arts, il se déclarait Invitée , sans lui, dans des sociétés leur protecteur, et les attirait chez particulières , elle ne put résister à lui. Sa maison de Passi était à-lala séduction d'un duc et pair. Des fois le temple des muses et des plailettres anonymes éveillèrent la jalou. sirs. C'est là que les plus grands virsie du financier, et amenerent des scè- tuoses de France et d'Italie, logés, nes scandaleuses. Enfin ses soupçons nourris et entretenus à ses frais, se changèrent en certitude , lorsqu'il faisaient, sous ses yeux, le matin, eut découvert (en 1748), dans la che- les répétitions des concerts du soir. minée du boudoir de sa femme, une Les premiers talents des spectacles, plaque à charnière, qui, portant sur tant pour le chant que pour la danune ouverture pratiquée au mur mi- se, venaient embellir ses soupers. toyen, et masquée, de l'autre côté, Rameau y composait ses operas , par un trumeau, servait de point de et touchait l'orgue , les jours de communication avec la maison voie fête, à la messe de la chapelle dosine, où le duc, depuis maréchal de mestique. Marmontel y fit ses trois Richelieu, avait loué un appartement dernières tragédies, dont le style incognitò. La Ponplinière , qui ne se ressent de la mollesse de ce secherchait qu'un motif plausible de jour enchanté, et fut cause qu'elles rompre un lien formé malgrélui, fit n'obtinrent pasle mêmesuccès que ses constater, par un commissaire, sa premiers ouvrages. Enfin, les peindécouverte et sa disgraçe. En vain le tres La Tour et Carle Vanloo, la maréchal de Saxe interposa sa mé- femme de ce dernier, célèbre cantadiation entre les deux époux: le mari trice, l'étonnant mécanicien Vaucanfut inexorable; et la femme, bornée son, et bien d'autres hommes à taà vingt mille francs de pension ali- lents en tous genres, contribuaient à mentaire , mourut, en 1752, d'un flatter la vanité du Mécène qui les cancer au sein, négligée de son admettait dans sa plus intime faamant, délaissée de ce beau monde miliarité, et à varier les plaisirs qui l'avait flattée, et qui la méprisa des princes , des ambassadeurs, des dans son malheur. Peu de mois avant grands seigneurs et des jolies fem sa mort, elle avait sollicité les mi- mes qui composaient sa brillante sonistres d'Argenson et La Vrillière, ciété. « La maison de la Pouplivièet le garde des sceaux Machault, » re, dit le baron de Grimm , était pour ménager un raccommodement » le réceptacle d'une foule de gens de avec son mari : mais celui-ci s'étant » tous les états, tirés indistinctement rendu chez le garde des sceaux, d'a- » de la bonne et de la mauvaise com-, près une invitation, dont il ignorait »pagnie. Gens de la cour, gens du le motif, s'enfuit aussitôt qu'il eût i monde, gens de lettres, artistes, appris que sa femme était dans le » étrangers , acteurs, actrices , filles cabinet du ministre. Redevenu libre » de joie, tont y était rassemblé. -» On appelait sa maison une ména- classes de ses convives. Personne, x gerie, et le maître le sultan. » quand il voulait plaire, n'était plus Comme il aimait un peu l'encens, aimable que lui. Āvec du goût, de la quelques auteurs lui en donnaient galanterie , la connaissance des bons pour son argent, et ne rougissaient auteurs, quoique sans étude et prespas de compromettre leur dignité que sans culture , il écrivait assez fapar de basses et serviles adulations. cilement en vers et en prose; et l'on On a vu Marmontel distribuer des a connu de lui de fort jolies chanrafraîchissements dans la salle de sons. Ses bons mots auraient suffi spectacle de la Pouplinière; et les pour faire la réputation d'un bel esMémoires de Palissot rappellent un prit. On ne jouait sur son théâtre ridicule Impromptu du même litté- que des comédies de sa façon, mérateur , dans une de ces fêtes annuel- diocres à la vérité, mais assez agréales où le fermier-général, qui affi- bles pour mériter les applaudisse.chait aussi la bienfaisance, mariait ments d'un auditoire disposé à l'inquelques jeunes filles, et les gratifiait dulgence. Passionné pour les femd'une légère dot. Tous néanmoins mes, et tourmenté par des desirs, ne se prosternaient pas devant l'ido. chaque jour renaissants, que depuis le; et l'un d'eux, choqué des airs long-temps il lui était difficile de sad'importance du financier, disait de tisfaire, il prit le parti de se remalui : Qu'il aille cuver son or (2). rier. Il épousa, en 1760, Mlle, de Ses parasites l'appelaient Pollion, Mondran de Toulouse, dont l'esprit, et riaient à ses dépens, quand ils les charmes et surtout les talents peu étaient sortis de chez lui : mais il communs pour le théâtre, rendirent fut souvent payé d'ingratitude. Ce plus brillantes les fêtes que son mari qui a pu donner lieu de croire que continuait de donner à Passi. Les l'orgueil et l’égoïsme furent quel- prodigalités de ce financier, et celles quefois le mobile de ses actions, de la Live d'Épinay, son confrère, et que sa protection' était intéressée ayant déterminé le contrôleur-géné. et conditionnelle, c'est que, lors- ral à les rayer de la liste des fermiers. que Marmontel eut quitté la main généraux, en janvier 1762, cet son de La Pouplinière, et cessa de événement n'interrompit point les l'encenser, son beau-frère perdit un fêtes de La Pouplinière; elles ne cesmodique emploi qu'il avait obtenu sèrent qu'à la mort de sa belle-mère, dans les fermes. La Pouplinière fit qu'il suivit de près. Il mourut le 5

cependant beaucoup de bien dans décembre 1762, à l'âge de soixante- sa vie; et il faut lui en savoir gré, dix ans. » Le Protecteur bourgeois,

sans examiner s'il y fut porté par » comédie de Bret, dont la représenle faste ou par une véritable género- » tation fut défendue vers ce tempssité. Il avait d'ailleurs des maniè- » là, dit Grimm, était une satire res nobles et aisées, le sentiment des » personnelle et injuste contre ce fibienséances, et une politesse simple » nancier , qui était altier, despote, et naturelle qui convenait à toutes les » triste, blasé, ennuyé au milieu de

» sa basse-cour bigarrée ; dont il (2) Prudhomme et le Dictionnaire historique de 1822, sou copiste, qui n'est pas plus exact, attri

pas plus exact,"attri- » fallait acheter les faveurs par trop buent ce mot à Piron, qui en était bien capable; mais Marmontel le donue à un avocat nommé Balot, personnage original et grotesque.

» tion continuelle; mais qui avait

C'est la coutume :

» trop d'orgueil et trop d'honneur, De l'édition in-4., tirée à très-peu » pour commettre une action basse d'exemplaires, il en avait conservé » et infame. » Un mois après sa un, et l'avait enrichi de peintures mort, sa veuve ( encore vivante en excellentes, mais fort obscènes. 1823 ), accoucha d'un fils, dont on Après sa mort, cet exemplaire passa lui disputa la paternité; ce qui donna au duc de La Vallière. Mme, de Châ. lieu à un procès fameux, et à cette tillon, fille de ce duc, ayant vendu méchante épitaphe, rapportée dans au comte d'Artois, la seconde parles Mémoires de Favart :

tie de la bibliothèque de son père,

se réserva ce livre, indiqué sous le Ci gît, qui pour rimer, paya toujours fort bien;

no. 8617 du catalogue. La PoupliL'ouvrage seul qui ne lui coûta rien, ***C'est son posthume.

nière avait encore composé un ouMais les droits de ce fils ont été re

vrage intitulé : Les Mours du siè

cle, en dialogues, dans le genre, connus juridiquement : héritier du

dit-on, du Portier des Chartreux. nom et des sentiments de son père, il a préféré l'éclat des armes à celui

Un exemplaire, orné de superbes de la fortunc, s'est dévoué à la cau

peintures , fut saisi par ordre du roi, se de la légitimité, et après avoir

à la vente de sa bibliothèque. On

ignore où sont ces deux volumes. servi le roi avec honneur , dans la cavalerie, depuis la révolation, est

Son fils en a des exemplaires qui

sonts exempts d’bscénités. aujourd'hui maréchal de camp, et

A-T. commandant d'une subdivision mi

POPHAM ( EDOUARD ), auteur litaire. Les Mémoires de Bachau

anglais, fils d'un meinbre du parlemont rendent plusde justice que Mar

ment, né en 1938, et élevé à l'unimontel, aux qualités estimables de

versité d'Oxford , entra dans les orLa Pouplinière , qui eut beaucoup

dres, et devint recteur de Chilton,

dans le comté de Wilts , cure qu'il ocd'envieux, et obligea souvent des ingrats. On y trouve l'épitaphe sui

cupa vingt-sept ans, et où il est mort,

en septembre 1815, à soixante-dixvante, qui le peint assez bien :

sept ans. On a de lui : Selecta poë

mata, 3 vol., 1774. Illustrium Qui fut de son état l'honneur et la critique : Vertueux, bienfaisant, mais toujours singulier,

virorum elogia sepulchralia , in

80., 1978. - Deux Sermons, inPassants, priez pour lui, car il fut le premier.

4o., 1983. - Extraits du PentaL'anonyme a dérobé la plupart des teuque, in-80., 1801. - Remarnombreuses productions de La Pou- ques sur divers textes de l'Ecriture, plinière. On connaît de lui : Daï- in-8°., 1809.

L. ra, histoire orientale, Paris, 1960, POPMA ( AUSONE DE), jurisconin-8°. , de 320 pages. Fréron, qui sulte , né à Alst, dans la Frise, étudia avait probablement avec l'auteurla philosophie à Cologne , et le droit des rapports de société, a fait l'élo- à Louvain. Appliqué à l'étude des ge de ce roman, où l'on peut , tout lois, il trouva lc temps d'enrichir la au plus, remarquer une description littérature de travaux estimés, et des amusements des sérails en Perse. mourut en 1613, à l'âge de cinquante L'auteur, dans un avant-propos, ans. Voici la liste de ses ouyrages : I. fait allusion aux chagrins que lui Terentii Varronis fragmenta , adayait causés son premier mariage. jecto conjectaneorum libro, Frane

Sous ce tombeau repose un financier

Il soulagea la misère publique :

« PreviousContinue »