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seurs et des imitateurs ( 7. DECK- tion, le tout comprenant 617 artiHERR, X, 640, et APROSIO, II, cles. C'est après tont cela que vient 341 ). L'auteur s'occupa de le per- le chapitre 2 des théologiens; le cha. fectionner. Mais ayant appris que pitre 3 est consacré aux jurisconBaillet travaillait à un traité sur la sultes, le chapitre 4 aus médemême matière , il lui fit proposer ses cins ; les historiens , les philosonotes manuscrites, sous la condition phes, les moralistes, les philologues, que l'ouvrage serait écrit en latin, les poètes, les auteurs allemands: Cette condition ne fut pas la seule les belges , les anglais , les français, cause du refus de Baillet, qui répon- les italiens, ont chacun un chapitre; dit que d'ailleurs il ne voulait parler le 16e, comprend les auteurs en di. que des auteurs dont on avait pris les verses langues (elles sont au nombre noms pour publier des ouvrages aux- de 19); enfin le 174. chapitre a été quels ils étaient étrangers. Placcius réservé aux Rabins, qui seuls ont alors fit un appel à tous les savants, fourni 519 articlës : le total des 16 et publia cet appel, sous ce titre : premiers chapitres est de 2,777 nuInvitatio amica ad Antonium Ma- méros, parmi lesquels il en est beau. gliabecchum , aliosque illustres et coup qui sont doublés, et même sexclarissimos litterariæ atque rei li- tuplés. La deuxième partie ou celle brariæ proceres, fautores, peritos, des pseudonymes, contient 2,930 arsuper symbolis , promissis partim ticles rangés par ordre alphabétique et destinatis ad anonymos et pseu- des auteurs dont les livres portent donymos detectos et detegendos, les noins. Les traités de Deckherr, du 1689, in-8°. Cette invitation ne fut P. Vinding, de Bayle, l'opuscule de pas stérile, et Placcius se disposait Fr. Geisler, et une lettre de J.-Fr. à donner sa seconde édition , lors- Mayer (V. MAYER, XXVII, 613), qu'il mourut. Il en chargea Van sont suivis de deux tables : 10. des ou. , Mastricht, qui , pendant sept ans, vrages anonymes;2o. des auteurs tant chercha vainement un libraire qui anonymes que pseudonymes. Les dis. voulût s'en charger. Ce fut avec le se- sept divisions ou classes sous lescours de Mathias Dreyer, chanoine quelles sont rangés les ouvrages anode Hambourg, que l'ouvrage parut nymes , sont un embarras pour celui sous ce titre:Vincentii Placci Thea- qui a besoin de se servir du livre de trum anonymorum et pseudonymo. Placcius. Si l'on ajoute à cela que rum , Hambourg, 1908, in-fol., en les citations inutiles sont multipliées, deux parties. L'avis au lecteur et la que les titres des livres sont traduits vie de l'auteur sont de J. A. Fabri- en latin , que les noms des auteurs cius; mais le Commentatio Edito- sont souvent défigurés, que souvent ris de summá et scopo operis, est encore les ouvrages sont faussement signé Mathias Dreyerus. La pre- attribués à tels auteurs, on est tenté mière partie comprend les anony- d'approuver le jugement sévère de ines; la seconde , les pseudonymes. Prosper Marchand , qui l'appelle Le premier chapitre de la première Mare magnum erratorum. L'oupartie traite De biblicis scriptoribus vrage peut être consulté avec fruit; anonymis ; et à la suite on trouve mais il faut que ce soit avec précau quinze chapitres et un Appendix tels' tion. On ne doit point, au reste, qu'ils étaient dans la premièrc édi- oublier que Placcius a, en quelque

sorte , ouvert la carrière ; ce qui est à la dignité de président de la même . un titre à l'indulgence, et à la re- cour. Dans le temps que La Place connaissance du lecteur. Quelques achevait ses études à Poitiers, il corrections, ou additions à son tra- avait eu plusieurs conférences avec vail sont données par J. Fabricius, Calvin, et il lui était resté de dans son Historia bibliothecæ Fa- puis, des doutes sur plusieurs arbriciance, partie iii , pag. 139-171. ticles controversés ; mais ce ne fut Les ouyrages de Heumann et My- qu'en 1560, qu'il commença de prolius, sont des suppléments au Thea- fesser ouvertement les principes de trum de Placcius (V. Mylius, xxx, la réforme. Les troubles qui éclate513. et HEUMANN, XX, 332, article rent peu après, l'obligerent de quitdont la note doit être annulée com- ter Paris, où sa vie était menacée; il une étant une faute ). Pour les livres emmena sa famille dans une terre français, Placcius ne dévoile guère qu'il possédait en Picardie, et il y pasque cinq cents anonymes : la seconde sadeux années, partageant son temps édition de l'ouvrage de M. Barbier, entre la lecture de l'Ecriture sainte et sur les anonymes et pseudonymes l'étude. Lorsque le calme fut rétabli, français et latins, dont le second yo- La Place se présenta devant le roi lume a paru , contiendra environ et, s'étant pleinement justifié, il fut vingt mille articles français. A. B-t. réintégré dans ses fonctions.' Dans

PLACE ( PIERRE DE LA), en la- le même temps, le prince de Conde. tin à Platea ou Plateanus (1), ju- voulant lui donner une preuve de son risconsulte et historien, était né, estime, le fit surintendant de sa vers 1520, à Angoulême, d'une fa- maison. Les catholiques et les promille ancienne. Après avoir achevé testants étaient également mécontents ses études à l'université de Poitiers, de la paix jurée : de nouveaux trou. avec beaucoup de distinction, il vint bles éclatèrent bientôt; et La Place à Paris, et ne tarda pas à s'y faire fut encore obligé de sortir de Paris. connaître d'une manière avantageu- Cette fois, sa demeure fut saccagée, se. Sur les instances de ses amis, il pu- sa bibliothèque pillée, le séquestre blia, en 1548, une Paraphrase de mis sur ses revenus, et sa charge quelques titres des Institutes (2), qui de président conférée à Étienne de fut très-bien reçue. Il avait été nom- Nully, qui ne rougit pas d'employer. mé, peu auparavant, avocat du roi les moyens les plus odieux pour la à la cour des aides; et il en remplit garder, quand le roi eut donné l'orles fonctions avec tant de zèle et de dre de la rendre au titulaire. Il était probité, que le roi Henri II l'éleva impossible que La Place ne fût pas

enveloppé dans le massacre de la

Saint-Barthelemi. Arrêté chez lui (1) Il ne faut pas confondre La Place avec Pierre par le prévôt de l'hôtel

par le prévôt de l'hôtel, Senecay, Plaleanus de Zwickau, mort le 29 janvier 1551, dont on a une Introduction à la grammaire latine,

il fut remis à la garde de quatre Bâle , 1538, in-80., plusieurs fois réimprimée , archers, chargés en apparence de le des Lettres sur les Anabaptistes et le révolution de Munster , Leipzig, 1543, in-4°.; et trois livres d'Opuscules philosophiques et théologiques, Francfort, 1587, in-8°.

dans la ruedela Verrerie, il futentou

danskruedel, Voxumin: 12) Farnace remarque que La Place avait terminé ré par les assassins qui l'attendaient. cette Paraphrase des Institutes avant l'âge de vingt

ogte et tomba percé de coups. Son cadadeur ans; mais, qu'il ne voulut la publier qu'après communa perce de coups. Jon cadal'avoir soumise à quelques-uns de ses confrères. vre, porté dans une écurie, près de

plaleanus de Introductions fois réimprolution de

l'hôtel-de-ville, fut jetéle lendemain mais tous ses manuscrits furent bru(27 août, 1572), dans la rivière (3). Iés lors de la dispersion de sa biblioAinsi périt, à l'âgedecinquante et quel thèque. V. Traité de l'excellence de ques années, un magistrat qui avait l'homme chrétien, 1572 , in-8°., mérité par ses talents et ses vertus, 1581 , in-12 : cette édition est augl'estime de François Jer. et de Hen- mentée du Brief recueil des princiri II, et l'amitié de L'Hôpital. On paux points de la vie de P. de La a de lui : 1. Paraphrasis in titulos Place, par P. de Farnace. Bayle en institutionum imperialium de active a inséré plusieurs passages dans les nibus, exceptionibus et interdictis, notes de l'article qu'il a consacré à etc., Paris, 1548, in-40. II. Traité La Place.

W-s. de la vocation et manière de vivre PLACE (Josué de La), l'un des à laquelle chacun est appelé, ibid., théologiens les plus renommés de 1561, in-40., 1574, in-8°. Ce li- l'église réformée de France, était vre est dédié à Charles IX : on y issu d'une famille considérée de Bretrouve des vues saines et des réflé- tagne. Son aïeul, son père, et quatre xions judicieuses sur la nécessité de de ses frères , suivirent comme lui la donner plus d'instruction aux enfants. carrière du ministère évangélique. III. Traité du droit usage de la Après avoir terminé de bonnes étuphilosophie morale avec la doctrine des à Saumur, La Place y enseigna chrétienne, ibid., 1562, in-8°.; Ley. lui - même la philosophie. L'église de, Elzevier, 1658, in-12; cette jo- de Nantes l'appela bientôt à exercer lie élition est augmentée d'une Épi- dans son sein les fonctions pastoratre de Jean Elzevier à François de les. Il la quitta pour retourner prenLa Place, petit-fils de l'auteur. IV. dre à Saumur une chaire de théoloLes Commentaires de l'état de la gie; et, dans cette école, alors célèreligion et république sous les rois bre, il forma, avec Moïse Admyrault Henri II, Francois II et Charles et Louis Capel, un triumvirat des IX, 1565, in-80. C'est une espèce plus distingués. Mais le synode de dejournaldes principaux événements Charenton s'effaroucha, en 1642, arrivés en France depuis 1556 jus- de quelques idées de La Place, sur qu'en 1561, à la tenue du colloque l'imputation du pêché originel, un de Poissi. Cet ouyrage, écrit avec peu divergentes de l'orthodoxie calassez de modération, est recherché vinienne; et, sans l'avoir entendu, des curieux, qui donnent la préfé, mais aussi sans le nommer, on prit rence à l'édition qu'on vient de citer. des mesures pour arrêter les progrès On croit que l'auteur l'avait continué; de sa doctrine. On n'y réussit pas :

ainsi que cela arrive d'ordinaire, (3) Un témoin oculaire nous a laissé le Récit détaillé de la mort du président de La Place; il a été

les théologiens de France, de Holinséré dans le recueiljutitulé: De l'estal de la France sous Charles IX, tom. jer., p. 300-303. On re lande et de Suisse, des partisans zelés trouve ce morceau dans les Pièces intéressantes et peu connues, pour servir à l'histoire et à la littérature, tom. iii, 456 - 67( Voyez l'article P. A. , la nais trait remarquable du caracde La PLACE ci-après), mais le nouvel, éditeur l'a fait précéder d'une Notice abrégée, mais tres tère de La Place, l'empêcha de defenfautive, sur ce président : et il est d'autant plus inexcusable, qu'à défaut du Brief recueil de Farnace,

dre ouvertement cette opinion. On qu'il avoue n'avoir pu se procurer, il avait sous

peut consulter à ce sujet, l'Histoire, les veux le Dictionnaire de Bayle, dans lequel il aurait puisé des notions plus exactes.

ecclésiastique de Mosheim (trad..

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franç. , édit. de Maestricht), tome il a écrit toute sa vie le français comv, pag. 384 et 446, et le Recueil des me le parlent ceux qui en ignorent Synodes nationaux des églises rèn les premiers principes. La Place, formées de France , par Aymon, n'ayant de vocation particulière pour tome ii, p. 680 et 750. La Place aucune profession libérale, se décimourut à Saumur, en 1665, âgé de da pour le métier d’écrivain. Ses cinquante-ncuf ans. Le recueil de ses premiers essais furent à peine reOEuvres, en partie traduites du fran- marqués dans un temps où la littéçais , sous le titre de, Josuæ Pla- rature était presque le seul aliment cæi opera omnia, a paru à Franeker, de la curiosité publique. Piqué d'uen 1699, et il en a été fait une nou- ne telle indifférence, il imagina un velle édition, en 1703, en 3 vol. in- moyen singulier d'attirer sur lui l'at4o. Le premier traile des types, tention. Caché dans le fond d'une de l'imputation du péché d'Adaun, province, il fit écrire à Paris qu'il de l'ordre des décrets de Dieu, dú était mort. Cette nouvelle fut mise libre arbitre: et il offre un Abrégé dans les Feuilles de l'abbé Desfonde théologie, non achevé par l'au- taines, avec une lettre d'un prétendu teur. Le second a pour objet la divi. ami, qui s'étendait beaucoup sur la nité de Jésus-Christ, contre Socin. perte d'unjeune homme de si grande Le troisième réunit différents Trai espérance : mais le stratagème fut tés contre le sacrifice de la messe, bientôt découvert, et l'on en rit beauetc. La fameuse collection des The- coup (Laharpe, Correspond. littéses Salmurienses est en partie com- raire ). La connaissance que La Plaposée de celles de La Place. M-on. ce avait de l'anglais fut la cause de

PLACE(PIERRE-ANTOINE DE LA), sa petite fortune. Voltaire avait mis l'un des écrivains les plus féconds et à la mode la littérature de ce pays , les plus médiocres du dix-huitième jusqu'alors peu connue en Europe; et siècle, était né, en 1707, à Calais, La Place profita de la circonstand'une famille.obscure (1). A l'âge de ce pour faire jouer, en 1746, la trasept ans, on l'enyoya à Saint-Omer, gédie de Venise sauvée, assez fidepour y étudier dans un college de lement traduite d'Otway, qui eut un Jésuites anglais. Il y apprit leur lan- succès passager. Il était, dit Lahargue , la seule qu'on parlât dans la pe, accort, souple, actif, et de plus, inaison ; mais en même temps il dé- homme de plaisir et de bonne chère: sapprit si bien la sienne, qu'en sor- il s'était lié particulièrement, à ce tant de degollége, à l'âge de dix- dernier titre, avec Piron, Duclos, septians wil fat, de son aveu, obligé Collé, Crébillon fils, etc.; et ces liai. de se remettre à l'étude du français, sons lui donnèrent accès auprès du qu'il avait oublié. Il faut croire, frère de la marquise de Pompadour. ajoute Laharpe, qu'il ne fit pas dé Il eut l'occasion de rendre un servigrands progrès dans celte étude; car ce à cette dame, en traduisant un li.

belle qui venait de paraître contre (illl avait la prétention de descendre du président

elle en anglais, et dont le ministere

La Placo, dont on a vu l'article p. 4 ci-dessus; et il p'a inséré dans le Recueil des pièces intéressantes (t. 111, 456 ), le Récit de la inort de P. La Place, que pour avoir l'occasion de rappeler quelques pieces qui prouveraient, en effet, qu'il s'était fait reconnaitre par cette famille.

cure; mais il ne le conserva que deux

ans. Les souscriptions étaient si tée del'anglais, d'Olway, quoiquefort fort diminuées, dans l'intervalle, mal écrite, eut du succès, parce qu'il que leur produit ne suffisait plus y avait de l'intérêt : elle n'est pas cepour payer les pensions dont ce jour- pendant restée au théâtre, parce que nal était chargé. On dit à ce sujet, c'est absolument le même sujet que le que le Mercure était tombé sur la Manlius de Lafosse , tragédie inliniplace. Oa lui réserva cependant une ment supérieure à l'ouvrage anglais pension de cinq mille livres sur ce dont elle est tirée ( Voyez la Cormême Mercure , dont il avait occa- respondance de Laharpe). - Adele siooné la chute. Il quilta, bientôt de Ponthieu, en cinq actes, 1957. après , Paris, et alla se consoler, à La représentation en fut différée penBruxelles, des disgraces qu'il venait dant dix-huit mois; et La Place se d'éprouver au théâtre. Mais, toujours persuada que Voltaire, jaloux du suetourmenté du besoin d'occuper de lui cès de son premier ouvrage, cherle public, qui s'obstinait à l'oublier, chait à l'éloigner du théâtre. Il s'ail reyint, au bout de quelques années, dressa au duc de Richelieu, qui donse mettre aux gages des libraires; na des ordres si précis que la pièce et il ne cessa d'écrire qu'à sa mort, fut apprise et jouée. La Place rearrivée à Paris, dans les premiers mercia son protecteur, par un quajours dc mai 1793. La Place se qua- train dont voici le dernier vers : lilait du nom de doyen des gens de letres; et l'on a prétendu qu'il se

Tu pris Minorque et fis jouer Adèle. faisait le doyen d'un corps dont il - Jeanne d'Angleterre ; pièce trèsn'était pas. Malgré toutes ses intri- inférieure à la précédente, n'eut que gues, il ne put jamais obtenir d'au- quelques représentations. -Polyrè. tre titre littéraire que celui de secré- ne, pièce inconnue, citée dans le taire de l'académie d'Arras, dont, Journ. encyclop. II. Des comédies : sans doute, il ne remplissait pas les le Veuvage trompeur, en trois actes; fonctions. Il était très - vain, grand l'Epouse à la mode, en trois actes habicur, et parlait sans cesse de lui et en vers; Rennio et Alinde, ou ou de ses ouvrages, qu'il aimait à les Amants sans le savoir, en deux citer longuement : mais il était bon actes et en prose : toutes ces pièces homme au fond, très - obligeant; furent trouvées si peu dignes d'alet ses qualités faisaient passer sur tention, qu'on dédaigna même de ses ridicules. Il a composé lui-inê- les critiquer, lors de leur courte ap. me son Epitaphe, dans laquelle il rition sur la scène; les Deur Coudit que :

sines, en trois actes et en prose, Sans fortune, en dépit du sort,

impriméc, en 1746, in-8., mais la joui jusqu'à sa mort.

non représentée. III, Des TraducCes deux vers (si l'on pent donner lions : le Théatre anglais, Lonce non à deux lignes rimées ) ne sont dres (Paris), 1745 - 48,8 vol. inpas les plus inauvais qu'il ait pro- 12. Cette version , moitié prose , duits , et doivent faire jnger de son moitié vers, est mauvaise. La prose manque absolu de taleut pour la est souvent plate, et les vers sont fort poesie. On a de La Place : I. Des au-dessous de la prose (Laharpe, tragédies : Venise sauvée , en cinq Correspond. littér. ) Le traducteur actes, 1747, in-80. Cette pièce, imi: connaissait d'ailleurs assez mal la

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