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» des mains, ont été abattus. » Ce valcabo ; et il commença dès-lors à mausolée est aujourd'hui dans l'égli- y exercer la souveraineté , tantôt en se de Saint-Denis. Avant que ces son propre nom, tantôt au nom des beaux ouvrages eussent mis le sceau princes de la maison Visconti, ses à la réputation de Ponzio , le car- alliés. En 1331 , il prit le titre de dinal d'Amboise l'avait pris en af- lieutenant du roi Jean de Bohème ; fection, et l'avait fait son sculp- mais, en reconnaissant la souveraiteur particulier. C'est pour répon- neté du roi aventurier, il ne s'était dre aux vues de ce ministre, qu'il dépouillé d'aucune des prérogatives orna le château de Gaillon de sculp- du pouvoir suprême. La ruine du roi tures extrêmement précieuses. C'est de Bohème entraîna la sienne ; il fut encore à cet artiste que l'on doit obligé, le 15 juillet 1334, de livrer la Statue en bronze d'Alber Pio, Cremone à Azzo Visconti ; dès lors prince de Carpi, mort à Paris, en cette ville demeura soumise aux sei1530, Il est représenté couvert de gneurs de Milan , qui , craignant le sonarmure , et couchésurun lit de re. crédit des Ponzoni, les tinrent exilés pos, entouré de ses livres, avec l'atti. de leur patrie. La minorité des deux tude d'un homme enseveli dans sa lece derniers Visconti , rendit aux Ponture. Ce monument fut posé en 1535. zoni, au bout de soixante-dix ans, C'est à tort qu'on attribue à Ponzio l'autorité dont ils avaient été déles Statues de Charles Maigné etd’An- pouillés. Jean Ponzoni, alors chef dré Blondel; ces deux figures appar- de cette famille, rentra , le 30 mai tiennent à un sculpteur français, nom. 1403, dans Crémone, à la tête de ses mé Jacquio Ponce, auquel on doit partisans ; il expulsa les officiers * les figures d'enfants qui décorent des Visconti , rendit la liberté à le tombeau de François Ier. Ponzio tous les prisonniers, entre autres à est aussi l'auteur d'une Statue de Ugolin Cavalcabò, chef de la facCharlemagne, dont le Bernin faisait tion long-temps rivale de la sienne, le plus grand cas. Malgré les grands et le fit proclamer seigneur. Mais il talents que déploya ce statuaire, il eut bientôt sujet de se repentir de sa n'est pas suffisamment connu; et générosité : dès le mois de juillet, c'est à la réunion de plusieurs de ses Cavalcabó chassa les Gibelins de Créouvrages, dans le Musée des monu- mone; et l'on assure qu'en même ments français, qu'il doit la justice temps il fit empoisonner Jean de tardive, mais bien méritée, qu'on lui Ponzoni son libérateur. — Frédéric a ensin rendue, et qui ont fait voir Ponzoni, secrétaire du pape Alexan- - en lui un des artistes qui, à cette épo. dre IV, florissait en 1286, et laissa que, s'approchèrent le plus des Jean quelques ouvrages théologiques. Goujon et des Germain Pilon. P.s. Jacques Ponzoni , secrétaire du duc

PONZONI, famille illustre de de Milan, mort nonagénaire, en Crémone , dirigeait le parti Gibelin 1542, commenta Bartole , et donna dans cette ville, en opposition aux un Traité De memoria locali. Ş. S-1. Cavalcabò, chefs du parti Guelfe. POOL ( RACIEL VAN), peinLes Ponzoni parvinrent , à deux re- tre, née à Amsterdam, en 1664, prises, à la souveraineté dans leur était fille du célèbre anatomiste patrie. En 1318, Ponzino Ponzoni Ruysch. Son goût pour le dessin se chassa de Crémoue le marquis Cae manifesta dès son enfance : on la

voyait, sans maître et sans étude, reșsentit point du déclin de l'age; copier les tableaux ou les grayures et les tableaux qu'elle a peints à quadont les beautés l'avaient frappée. tre-vingts ans sont d'uue aussi granSon père, voulant seconder des dis- de beauté, d'un fini aussi précieux positions aussi rares, la confia aus que ceux qu'elle avait faits à trente. soins de Guillaume Van Aelst, cé- Malgré son assiduité au travail, elle lèbre peintre de fleurs et de fruits. avait tellement la perfection en vue, En peu d'années la jeune Rachel qu'elle peignait avec une extreme égala son maître ; et, dès ce mo- lenteur , et qu'elle n'a produit qu'un ment, elle ne voulut plus d'autre gui- petit nombre d'ouvrages, comparade que la nature. Elle fit de nou- tivement au long temps pendant leveaux progrès, et mérita d'être re- quel elle a cxercé son art. Ce qui disgardée, dans son genre, comme la tingue éminem ment ses productions, plus habile artiste de cette époque. c'est la force et la vérité de son coSa réputation se répandit dans toute loris , unies à une heureuse disposil'Europe. Renfermée dans son ate. tion des objets, et au fini le plus achelier , elle seule paraissait ignorer vé. Ses Fleurs, ses Fruits, ses Planles succès qu'elle obtenait. Un jeune tes et ses Insectes, semblent la napeintre, nommé Juriaen Van Pool, ture elle-même ; et le contraste sa. trouva le inoyen de s'introduire chez vant qu'elle sait mettre entre les difelle:il avait du talent, il était aimable; férents objets , ajoute encore à l'effet il réussit à s'en faire aimer, et l'é- de ses tableaux. Elle mourut le 12 pousa , en 1695; mais les soins du octobre 1950. — Juriaen Van Pool, ménage ne détournèrent jamais Ra- son mari, né à Amsterdam, en 1666, chel de ses travaux favoris.En 1901, avait un véritable talent pour le porelle fut admise, ainsi que son mari, trait, et obtint aussi la protection de dans la société académique de la l'électeur palatin. Il fut tellement afHaye, à laquelle elle fit hommage, fligé de la mort de ce prince, arrivée pour son morceau de réception, d'un en 1716, qu'il prit dès-lors la résotableau très - précieux représentant lution de renoncer à la peinture ; et une Rose blanche, une rouge , un au grand regret des amateurs, il s'occhardon, et d'autres fleurs. Dès ce cupa exclusivement du commerce des moment, on voulut avoir de ses pro- denteiles. Il mourut en 1745. — Maductions dans toutes les contrées de thys ou Matthien Pool , dessinateur l’Europe. L'électeur palatin, Jean- et graveur, naquit à Amsterdam , en Guillaume, lui envoya, en 1908, le 1670. On ne dit pas s'il était de la diplôme de peintre de la cour de même famille que le précédent. C'est Dusseldorf. Sa lettre était accompa. en France, qu'il vint étudier la gragnée d'unc toilette complète et de sis vure. Il y exécuta un grand nombre flambeaux en argent; et il lui promit de pièces, d'après différents maîtres. en même temps d'être le parrain de Il paraîtrait, d'après le style de ses son premier enfant. Tous les ouvra- ouvrages , qu'il fut élève de Bernard ges de Rachel furent désormais des- Picart: c'est du moins cet artiste qu'il tinés à son protecteur; et toutes les semble avoir eu en vue d'imiter. fois qu'elle fit le voyage de Dussel- De ictour dans sa patrie, il y épousa dorf, elle y fut reçue avec la plus la fille de Barent Graat, peintre de flatteuse distinction. Son talent ne se talent, et grava beaucoup d'après

son beau-père. Ses principaux ou- ce genre est celui où Poot s'est émivrages sont : I. Différentes vues, nemment distingué : à côté de la en dix-huit feuilles, de la rivière bêche et du rateau qu'il ne quitta d'Amstel, depuis Amsterdam jus- point, on est étonné de lui trouver qu'au village d Ouderkerk. II. Une une lyre qui rend des sons dignes du Suite de douze sujets, d'après Rem- chantre de Téos. Le premier Recueil brandt. III. Une suite de 103 plan- de poésies de Poot, publié à Rotterches portant pour titre : Cabinet de dam , en 1716, sous le titre de l'art de la sculpture de Van Bos- langes, fixa sur l'auteur l'attention suet, d'après les dessins de B. Graat, et l'estime des connaisseurs : il lui 1727, in folio. IV. Les Trois gran- valut des éloges et des encouragedes représentations burlesques des ments mérités, On fut frappé de cetCérémonies qui se pratiquent à Ro- te imagination riante et féconde , de me , par les peintres hollandais, cette pureté de diction, de cette con. lors de la reception d'un membre cision et de cette clarté de style. de la société nommée Schilderbent, Une nouvelle édition, soigneusement d'après les tableaux de Van Wynen, retouchée , et fort enrichie , parut et les dessins de B. Graat. P-s. en 122. L'année suivante , Poot POOL. Voy. Polus.

abandonna son village, et vint s'éPOOT (HUBERT, fils de Corneil- tablir à Delft ; mais n'y étant pas le ), poète hollandais , naquit au tombé dans la meilleure compagnie, hameau d'Abtswoude, près Delft, le il s'eu repentit bientôt, et re20 janvier 1689 , de bons paysans, tourna au hameau natal. En 1727 qui, selon la portée de leur état, il donna un second volume de ses soignèrent son éducation, en lui fai poésies ; il se maria en 1732, et, sant apprendre à lire, à écrire, à à l'occasion de son mariage, réchiffrer, et ne lui destinaient pas tablit son domicile à Delft , où, dans le monde une condition diffé- désormais plus sage sous les auspices rente de la leur. Mais la nature l'a- de l'expérience et de l'hymen, il vait créé poète , et il remplit sa des- mourut néanmoins à l'âge de quarantinée. Adolescent, il cultivait son te-cinq ans, le 31 déc. 1733, égaletalent naturel par de faibles es- ment regretté sous le double rapport sais, par des lectures assorties, et de son caractère et de son talent. il s'affilia bientôt à une chambre de Ses poésies posthumes forment le rhétoriciens, établie dans un village troisième volume de son recueil. On voisin. Le poète contemporain An- y a réuni un grand wombre d'épitonidès Van der Goes (V. ANTO- taphes et de complaintes sur sa NIDES ), était plus digne de lui ser- mort prématurée. La bonne édition vir de modèle ; et Poot se le proposa des OEuvres de Poot se compose de comme objet d'émulation ; mais il trois volumes in-4o. (Delft, 1726, reconnut que le style dAntonidès, 1728 et 1735), enrichis de son habituellement trop tendu et paré portrait, de vignettes et de fleurons, fois un peu enflé, ne convenait pas La collection est composée de poéà son génie. Il se mit à étudier les pe- sies bibliques, de mélanges, de res de la poésie hollandaise, Vondel Poésies érotiques, d'Epithalames, et Hoofft; et il imità surtout ce der. de Complaintes funèbres , d'Idylles, nier, dans ses poésies anacréontiques. etc. Ses Poésies érotiques au nom

bre de vingt-une ne sont pas le moin- profit du roi ; et c'est de l'accroisdre ornement du Recueil. Poot ai- semeut qu'en recevait le revenu mait à imiter les anciens, bien qu'il royal, qu'elle avait pris son nom. Le ne les connût que par des traduc- poste du trésorier n'était pas seuletions. Il tire un grand parti de la my ment très-lucratif : celui qui l'occuthologie , dont il paraît avoir fait pait, prenait rang parmi les princiune étude particulière. Il a encore paux officiers de l'état. Sir Thomas prêté sa plume et les charmes de sa le garda cinq années, et, dans cet inmuse à un vaste Recueil d’Emblèmes tervalle, il fut désigné trésorier du et d'Allégories, compilé dans César cabinet desjoyaux (jewel-house) de Ripa et autres , intitulé : Grand la Tour. En 1546, un nouvel établisThéatre physique et moral, ov Von sement sur un plan moins étendu cabulaire d'anciens emblèmes et ayant remplacé la cour des augmenallégories , d'Egypte, de Grèce tations, il fut nommé maître des foet de Rome , Delft, 1743, 3 vo- rêts royales, en-deçà de la rivière lumes in-fol. M. de Vries, dans son de Trent, et membre du conseilHist. anihologique de la poésie privé. Il fit partie de la commission hollandaise , a rendu à Poot une formée pour la suppression des maijustice éclatante, tom. II, p. 35-56. sons religieuses, et s'y montra très

M-ON. modéré : c'est à son crédit auprès POPE ( Sir THOMAS ), fondateur du roi, que l'on dut la conservation du collége de la Trinité, à Oxford, de l'église de Saint-Albans. Il était riétait né vers 1508, à Dedington en che alors, et avait cessé d'exercer la Oxfordshire, d'une famille peu opu. profession dejurisconsulte: dès avant lente. Il passa du collége d'Éton à 1556, on lui connaissait en propriél'école de droit de Gray's inn. Ses té plus de trente manoirs en diverses succès au barreau eurent assez d'é- provinces , sans y comprendre d'auclat pour attirer sur lui l'attention tres biens considérables. Plusieurs de son souverain , Henri VIII; et, de ces possessions lui venaient de la dès 1533, il était secrétaire des libéralité de Henri VIII; mais il en brefs de la chambre étoilée, séant avait acheté la plus grande partie à Westminster, et secrétaire de la lorsqu'il était à la cour des augmencouronne à la chancellerie. Il fut tations. Sous Édouard VI, sir Thogarde de la monnaie et des mé- mas, n'ayant pas adopté la réforme, dailles à la Tour de Londres, en n'eut ni emploi, ni faveur; à l'avé1535; et créé chevalier en 1536. nement de Marie, il redevint conseilTrois ans après, le roi lui donna un ler-privé; fut nommé trésorier de emploi bien plus important, et qui la maison de la reine, et fut emfut la source de sa grande fortune, ployé dans des commissions im. en le nommant trésorier de la cour portantes , notamment pour l'extirdes augmentations, récemment éta- pation de l'hérésie. La princesse blie par un acte du parlement. Les i depuis reine ) Elisabeth , à sa attributions de cette cour étaient d'es- sortie du château de Woodstock, timer les terres des monastères dé, où elle était prisonnière, ayant obtruits, réunies à la couronne , d'en tenu de sa sour la permission de toucher les revenus, et de ven- se retirer au palais de Hatfield , dre les possessions monastiques au en Hertfordshire, sous la surveillance de sir Thomas Pope, éprouva de son où la société pourrait se retirer lui tous les égards que pouvait com- dans les temps de peste. Cette maiporter la nature de cette fonction son fut bâtie après sa mort; et l'unidélicate. Lorsque, quatre ans après versité s'y réfugia plusieurs fois. Sa ( 1558), Elisabeth monta sur le veuve, remariée à sir H. Pawlett, trône, il cessa de prendre part aux fut considérée comme fondatrice du affaires publiques : sa mort suivit de college, dont elle continua de nomprès cet événement; elle eut lieu mer les membres et les élèves. Pope le 29 janvier 1559. Il avait été ma- avait été lié avec sir Thomas More ; rié trois fois. Sir Thomas Pope se et il eut, sous le règne d'Henri VIII, distingua surtout par une grande ha- la triste commission d'annoncer à bileté dans le maniement des affaires. cet ancien ami, son protecteur, le On a vanté sa fidélité à ses princi- moment fixé pour son exécution. pes, remarquable dans un temps où

L. la versatilité fut si commune , et la POPE (WALTER), écrivain anmodération avec laquelle il usa des glais, né à Fawsley, dans le comté pouvoirs discrétionnaires qu'il tenait de Northampton, avait , en 1658, de la reine Marie. « Si on peut l'ac- un emploi dans l'université d'Ox» cuser d'avoir accumulé des riches- ford. Il s'y éleva alors une 'con» ses, il faut se rappeler, dit War- troverse au sujet des capuchons, ou » ton son historien, qu'il en con- chaperons, que le parti dominant » sacra une partie au service de son voulait supprimer comme des restes » pays; et cela, non au milieu des ter- de ce qu'on appelait papisme. Wal» reurs de l'agonie, ni même dans ter combattit ce projet avec une vi» le radotage de la vieillesse, mais gueur contre laquelle échoua la puis\ » dans la force de l'âge et du juge- sance des républicains ; et ces ob- ' » ment. » Ce fut en 1554, qu'après jets d'habillement continuèrent d'être avoir fait l'acquisition d'un emplace- portés jusqu'à la restauration. Dans inent convenable, il obtint de Phi- sa Vie du docteur Ward, il a donlippe et de Marie une licence et une né un ample détail de cette affaire, charte royale pour fonder, à l'univer- qu'il regarde , dit-il, comme l'acsité d'Oxford, un collége sous le ti- tion la plus glorieuse qu'il ait faite. tre de la Sainte Trinité. La société Il était, en 1660, doyen du college devait se composer d'un président, Wadham, à Oxford , et fut nomme, un prêtre, douze membres, ayant la inême année , professeur d'astroune riche dotation : la même charte nomie du collége Gresham, et reçu l'autorisait à fonder et doter une docteur en médecine. En 1663, il école à Hokenorton en Oxfordshi- fut un des premiers membres qui re, sous le nom d'école de Jésus , et composèrent la société Royale; en à donner des statuts à ces deux éta- 668, le docteur Wilkins, son pablissements. La société prit posses. rent, élevé à l'évêché de Chester, le sion du collégc, le 28 mars 1555: fitgreffier (registrar) de son diocèse. Pope ajouta encore depuis à la do. Il mourut dans un âge très-avancé, tation et aux avantages de sa fon- en juin 1714. W. Pope avait beaudation; et, en décembre 1557, il coup d'instruction, et un tour d'esannonça l'intention de construire à prit piquant et satirique: il était versé Garsington, près d'Oxford, une mai. dans plusieurs langues étrangères ;

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