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tis , qu'il publia, Paris, 1676, 2 Mémoires historiq. , pag. 24-36), vol. in-12, six ans après la mort de qu'il faut classer parmi les romans celui qui en est le principal ac- historiques, les Mémoires de Pontis, teur(V. Th. Du Fossé , XV, 317). en témoignant sa surprise que les Ils ont été réimprimés plusieurs écrivains contemporains les plus fois ; mais les curieux recherchent exacts ct les plus minutieux n'aient l'édit. d'Amsterd. Wolfgang, 1678, fait aucune mention d'un officier que 2 vol. petit in-12, parce qu'elle fait l'on y représente comme un héros. partie de la collection des Elzeviers Cependant on ne doit point porterle français. Le succès de cet ouvrage scepticisme aussi loin que Voltaire , fut très - grand , mais contesté (2). lorsqu'il dit: «Il est fort douteux que « Je suis , écrivait madame de Sé- Pontis ait jamais existé » (Écriv. du » vigné, attachée à des Mémoires siècle de Louis XIV). On a rappor» d'un M. de Pontis , provençal, té des preuves suffisantes de l'exis» qui est mort depuis dix ans à tence de cet officier, pour qu'on ne » Port-Royal , à plus de quatre- puisse pas en douter; mais il doit » vingts ans. Il conte sa vie et le toute sa célébrité au rédacteur de ses » temps de Louis XIII avec tant de Mémoires, dont le but paraît avoir » vérité, de naïveté et de bon sens, été d'offrir un modèle de conduite » que je ne puis in'en tirer. M. le aux officiers dans toutes les circons» Prince l'a lu d'un bout à l'autre tances où le sort peut les placer. » avec le même appétit. Ce livre a C'est l'opinion que Grosley a deve» bien des approbateurs; il y en a loppée dans une lettre aux auteurs » d'autres qui ne peuvent le souffrir; du Journ, encyclopédique ( mai, » il faut ou l'aimer ou le haïr, il n'y 1706). Brienne, dans les Mémoi» a pas de milieu. » ( Lettré 526, res qu'il avait composés, étant en priédit. de Monmerqué. ) On ne peut son , et qui sont restés manuscrits, nier que cet ouvrage, écrit d'un parle, avec beaucoup d'éloge, du style facile et naturel, n'offre tout livre dont il est ici question. Il avait l'intérêt et le merveilleux du ro. connu Pontis , auquel le même téman ; mais le tort de l'auteur, c'est moignage est rendu par Arnauld de l'avoir donné pour une histoire. d'Andilly, et par Arnauld de PomLa seconde édition est précédée d'un pone, dans des Lettres qu'on n'a pas Avertissement de Nicole, qui fait de encore publiées. Le portrait de Ponvains efforts pour soutenir la vérité tis a été gravé in - fol., d'après un des récits de Pontis, ou plutôt de tableau de Phil. de Champagne; il son panegyriste. Le P. d'Avrigoy a fait aussi partie du Recueil de Desdémontré sans replique (Préface des rochers , in-40.

W-.

PONTIUS (Paul) ou DU PONT, (2) Quand les Mémoires de Pontis parurent, dit le prétendu Vigneul Maryille (D. Bonav. d'Argonne),

graveur, né à Anvers, en 1596 en

viron , fut elève de Lucas, Vorster'de Rouxel, qui les lut avec d'autant plus d'application et de plaisir, qu'il avait connu de Pontis à l'ar man; mais c'est aux conseils de Rumée. Mais il m'assura que de Pontis s'en faisait trop

bens, qui avait pour lui la plus grande amitié, qu'il dut sa supériorité. Ce

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accroire; que les affaires ne s'étaient pas toujours passées comme il les rapporte; et que l'idée odicuse qu'il donne du ministère du cardinal de Richelieu, est un reste de ressentiment contre cette éminenee, qui avait maltraité l'abbé de Saint-Cyran, allié de la famille des Poutis.(Mélang. d'hist. et de littérat. , 1, 125.)

et c'est sous ses yeux que Pontius mit la dernière inain à ses plus belles PONTOPPIDAN ( ERIC-ERICplanches. Ce qui distingue éminemSon), théologien, poète et philoloment les ouvrages de cet artiste, gue danois, naquit en 1616, à Bierc'est la précision du dessin , le gran- gegard, dans l'île de Fionie. Il mondiose du caractère et l'expression tra, dès sa jeunesse, un goût très-vif des figures : son burin est savant; et pour les lettres, et publia différents c'est par l'art avec lequel il sait ex- essais qui furent accueillis par ses primer toute la magie du clair-obs- compatriotes, entre autres une cocur, et l'harmonie des tableaux qu'il médie en vers danois, dont le sujet reproduit, que l'on peut dire qu'il a est le Mariage du jeune Tobie, Ponsu faire de la gravure une véritable toppidan avait dix-neuf ans quand il traduction. Les ouvrages de Rubens fit imprimer cette pièce (1635), ensont ceux qu'il a su le mieux rendre; couragé par d'honorables suffrages. et ses travaux en ce genre ne le cé- Il venait de terminer ses cours de dent point à ceux de Vorsterman et philosophie et de théologie; il visita de Bolswort, pour la force et l'effet l'Allemagne, la Hollande et la Frande l'ensemble, bien que Vorsterman ce, pour se perfectionner par la fréait plus de délicatesse et de variété, quentation des savants; et, de reet que Bolswert décèle, dans son exé- tour à Copenhague , il reçut les orcution, plus de facilité et d'intelli. dres sacrés. Il remplit les fonctions gence. Le nombre des ouvrages de du pastorat avec beaucoup de zèle Pontius est très-considérable. On pendant plus de vingt ans , fut enfin connaît de lui : 1. Trente-quatre élevé sur le siége épiscopal de DronPortraits d'après Van - Dick, tous theim , qu'il illustra par ses vertus de grande dimension. II. Onze Por et par ses talents, et mourut le 12 traits également in-folio , d'après juillet 1678, à l'âge de soixanteRubens, parmi lesquels ceux du cardeux ans. Outre des Thèses sur difdinal infant Ferdinand , des marquis férentes questions théologiques ou de Castel Rodrigo, Cristoval et Ma- philosophiques , et des Opuscules en noel, et de la mère de ce dernier, danois, dont on trouvera les titres sont d'une grande beauté, et d'une ra- dans Alb. Bartholin, De scriptis reté plus grande encore. III. Quatre Danorum, ou dans les Notes de portraits d'après différents maîtres. Moller, on a de Pontoppidan : I. IV. Seize Sujets historiques, d'après Epigrammatum sacrorum centuriæ Rubens, parmi lesquels se trouve le tres, Copenhague, 1641, in-12. II. chef-d'oeuvre de Pontius. C'est le Paraphrasis metrica in Cebetis taSaint Roch, dont l'original fait par- bulam , Paris, 1642. III. Bucolica tie du Musée du Louvre. On connaît, sucra , Leyde, 1643, in-8°. On on adınire et l'on recherche égale- trouve à la tête de ce recueil des vers ment la belle estampe de Tomyris de Dan. Heinsius et d'autres poètes faisant plonger la tête de Cyrus hollandais, à la louange de l'auteur. dans un vase de sang. V. Deux IV. Theologice practicæ synopsis , Thèses. VI. Onze sujets d'après dif- Sora, 1656, in-4°.; ibid. 1673., férents maîtres. On peut voir le dé- même format. V. Une Grammaire tail de ces différentes planches dans danoise, Copenhague, 1666, in-8°.; le Manuel des amateurs de l'art, de très-rare en France, où cette langue Huber et Rost.

P-s. est peu cultivée. VI. Des Méditations spirituelles, et plusieurs ouvrages difficultés ; les moyens qu'on lui inascétiques en danois. W-5. diqua pour les écarter, répugnaient

PONTOPPIDAN (ERIC), évêquc à sa conscience : il refusa. Bientôt il de Bergen en Norvége, naquit le 24 fut tiré de peine. Un lieutenant-géaoût 1698, à Aarhus en Jutland , où néral des armées danoises lui confia son père ( 1 ) était prévôt ecclésias- l'éducation de son fils. Il revint entique. A l'âge de six ans, il tomba suite à Copenhague avec son élève. dans une rivière, d'où il fut tiré à de- Chargé de voyager avec un autre mi-mort; à huit ans, il perdit son pè- jeune homme, il avait déjà parcouru reet sa mère qui ne lui laissèrent qu'un la Hollande et l'Angleterre , et compmince héritage : un de ses parents le tait aller en France et en Italie, lorsprit chez lui pour le faire élever avec qu'il fut appelé en Danemark pour son fils ; mais c'était un homme occuper un bénéfice dans l'ile de veuf, qui s'absentait fréquemment de Fionie. A son arrivée, il le trouva sa maison: et Pontoppidan eut beau- rempli par un autre: il se retira donc coup à souffrir de l'humeur revèche dans sa ville natale, d'où il regagna et méchante du précepteur. Heureu- Copenhague. On cherchait un gousement pourlui, son parent l'enyoya, verneur pour le duc du Holsteinen 1709, à l'école publique : son Ploen ; Pontoppidan alla, en 1921, frère consanguin, pasteur à Frédé- exercer cet emploi au château de ricia , l'en retira, et lui fit suivre les Nordborg en Holstein, puis devint leçons du collège de cette ville; à prédicateur de la cour et du village. l'âge de dix-huit ans, il s'embarqua Cinq ans après , il fut nommé paspour aller achever son instruction à teur d'un village voisin, et successil'université de Copenhague. Il y prit vement promu à d'autres fonctions, ses degrés en théologie; et en 1718, dont il s'acquitta de manière à mériil accompagna un de ses oncles qui ter les bienfaits du gouvernement : demeurait dans une terre près de en 1734 , il fut appelé à FriderichsHambourg. Il profita de ce séjour borg; l'année suivante , le roi le pour apprendre le français et l'alle- choisit pour un de ses prédicateurs : mand. L'année suivante , il partit en 1738 , il obtint la place de propour Christiania, où on lui avait fesseur extraordinaire de théologie à promis une place d'instituteur; quand l'université de Copenhague ; enfin, il arriva , elle était donnée. Eloigné en 1747, il fut élevé au siége épisde sa famille , réduit à un seul du- copal de Bergen. Il mourut dans cat, il rencontre un officier qui lui cette ville, le 20 décembre 1964. Il propose d'être prédicateur d'un ré- a laissé un grand nombre d'écrits sur giment allemand. Il fut d'abord tenté la théologie et l'histoire, dont on d'accepter: son âge présentait des trouve une notice détaillée dans la

Bibliographie danoise de Nyerup et (1) Louis PONTOPPIDAN, neveu de l'évêque de Kraft. Les principaux sont: En alleDrontheim, né en 1648, mort en 1706. On a de lui, en danois, des Cantiques de Noël, Copenhague, mand : I. Dialogus Severi , Sinceri,

et Simplicii (sur la religion et la pu

reté de la doctrine), Flensburg, 1727, du clergé, ibid., 1687, in-4:- En latin : Thea- in-4°. 11. Memoria Hafniæ, oui Desdrum nobilitatis danicæ , in quo familiæ illustrium

cription abrégée de Copenhague , heroum , aliorumque genere él virtute excellentium virorum genealogia , recensentur , a vol. in-fol. Leipzig, 1729 , in-4o., deuxième

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édition, Gluckstadt. Cette descrip- Il raconte par quels accidents les tion, quoique succincte, est si com- monuments de plusieurs hommes céplète , que rien de ce que cette capi- lèbres ont été détruits; et il fait contale renferme de remarquable n'y est naître qu'il a pris des inscriptions ruoublié. III. Theatrum Daniæ vete- niques, et les meilleures inscriptions ris et moderne, ou Tableau du Da- en tous genres, qui se trouvent dans nemark ancien et moderne , Brême, les recueils de Laurent Asser , de 1730, in-4°. ; c'est une description Pierre-Jean Resen, et de Pierre Tercontenant tout ce qui concerne la pager. On regrette qu'il n'ait joint à chorographie , les antiquités , l'his- ce livre, important pour l'histoire du toire naturelle et l'état politique du Danemark, que si peu de remarques royaume, et du duché de Slesvig. IV. historiques. VIII. Gesta et vestigia Histoire abrégée de la réformation Danorum extra Daniam , præcipuè de l'église danoise , Lubeck, 1734, in Oriente, Italia, Hispania , Galin-80. V. Nouvelle recherche sur lia, Anglia, Scotid, Hibernid, Belcette question : La danse est-elle gio, Germania et Sclavoniá maxiun péché ? Halle , 1739, in-8°. Cet mam partem ipsis scriptorum non opuscule est traduit sur le manuscrit exoticorum minùs , quàm domestidanois. En latin:VI. Everriculum fer. corum verbis adumbrata, Leipzig et menti veteris, seu residuæ in Dani. Copenhague, tome 1, 1740 , tomes co orbe cùm paganismi tùm papismi ii et ii, 1741 , in-40. Dans cet oureliquiæ in apricum prolatæ, anno vrage, entièrement consacré à la 1736, Ecclesiæ Danicæ jubilæ se- gloire de sa patrie, Pontoppidan s'est cúndo, Copenhague, 1736, in-8o.VII. trop laissé aveugler par l'amourMarmora Danica selectiora , sive propre national. II attribue aux Alleinscriptionum , quotquot fatorum mands et à la langue allemande une injuriis per Daniam supersunt, vel origine danoise; mais il donne, sur ævo, vel elegantia , vel rerum mo- plusieurs noms , des étymologies mento præ reliquis excellentium bien hasardées. Malgré ces défauts, fasciculus in duos tomos distinctus, on doit lui savoir gré d'avoir si laquorum prior ea quæ in insulis Da- borieusement rassemblé tant de dénicis, posterior quæ in Cimbricá cher. tails curieux. IX. Annales Ecclesiæ soneso obvia sunt , complectitur, ac Danicæ, Copenhague, 1741-1752, cedente ad calcem tomi posterioris 4 vol. in-4°. C'est le meilleur livre rerum personarumque completis- que l'on ait şur l'histoire ecclésiastisimo indice , Copenhague, tomei, que du Danemark. A chaque siècle 1939, tome 1, 1941, in-fol. Les est joint un exposé de l'état intérieur recherches de Pontoppidan sur l'his. et extérieur de l'église , et un tableau toire ecclésiastique de son pays, donchronologique des rois, des archenèrent lieu à ces deux ouvrages. Il vêques et des évêques. En danois : X. avait recueilli tous les renseignements Vrai Manuel de la piété : Explicaet les inscriptions dans les églises et tion du catéchisme de Luther, Coles autres édifices publics. Après penhague, 1737, in-12; réimprimé qu'il eut fait usage de ces maté- plusieurs fois, traduit en allemand riaux, les conseils de ses amis et et en islandais, et introduit dans tous son amour pour sa patrie l'enga- les états danois. XI. Nouveau Psaugèrent à les décrire et à les publier. tier , ibid., 1740, in-8°.; souvent réimprimé par ordre du gouverne- un ouvrage recommandable : tòument danois. XII. Menoza, Prince tefois il est plus extraordinaire de asiatique , qui parcourut le monde les voir reproduire ; c'est cepenpour chercher des chrétiens , ibid., dant ce qu'a fait M. Denys de Mon1742 - 1743, 3 volumes in - 80. tfort dans son Histoire naturelle des Cet écrit de morale religieuse a été mollusques , faisant suite au Buftraduit en hollandais, en allemand fon de Sonnini, et publiée par Duet en français. XIII. Glossarium fart, Paris, 1802. On y admire avec Norvegicum , ou Recueil de mots effroi la figure du kraken qui , de ses norvégiens peu connus, Bergen, bras monstrueux, enlace un vais1749 , in-8°. XIV. Essai sur įhis- seau. XV. Collegium pastorale practoire naturelle de la Norvége , ticum , ibid., 1757, in-4°. C'est un Copenhague, 1752, in - 40.; ibid. recueil de lectures faites par Pontop1954, 2 volumes in - 40., carte pidan sur les points principaux de et figures ; traduit en anglais, Lon- la théologie, exposés et développés dres, 1955, in - fol.; en allemand, avec beaucoup de netteté; ainsi que Copenhague, 1753 , in-80. On en lit sur les lois et la discipline ecclésiase un extrait en français dans le tome iv tiques du Danemark. XVI. Force de du recueil intitulé les Voyageurs mo. la vérité pour convaincre les athées dernes, Paris, 1960, 4 vol. in-12. et les déistes , ibid., 1958, in-8". : Ce livre, le premier qui ait donné traduit en allemand , ibid., 1959. une description complète de la Nor- XVII. Eutropii Philadelphi Balanvége , contient beaucoup de rensei- . ce économique, ou Propositions imgnements utiles. Mais indépendam- portantes pour la richesse naturelle ment de quelques erreurs en physi- et civile du Danemark, ibid., 1759, que, on y trouve des fables ; par in-8°. XVIII. Origines havnienses, exemple, le récit de tout ce qui con- ou Copenhague dans son état pricerne le serpent marin, quia plus de mitif, ibid., 1760, in-4°. Cette hiscent brasses ou 500 pieds de long ; toire de Copenhague s'étend jusqu'au et surtout le kraken. « Ce prodigieux commencement du dix - huitième » polype dont le dos a une demi- siècle. XIX. Reflexions patriotiques v lieue de circonférence ou plus.... sur la liberté civile des Danois et » quelquefois ses bras s'élèvent à la des Norvégiens , sous un roi hérédi» hauteur des mats d'un navire de taire et absolu , ibid., 1760, in-80. » moyenne grandeur.... on croit que Il en parut, la même année, une tra» s'ils accrochaient le plus gros vais- duction française. L'original est réim. » seau de guerre, ils le feraient cou- primé dans l'ouvrage suivant : XX. » ler à fond.... les îles flottantes ne L'Atlas Danois, ou Le royaume de » sont que des krakens. » — Enfin, Danemark décrit en détail dans ses l'auteur raconte l'histoire d'un jeune villes et provinces.ibid., 1763-1981, kraken qui échoua au milieu d'un , vol. in-4°., avec beaucoup de carlabyrinthe d’îlots au nord de Dron- tes et de figures; les quatre dernières theim, et s'y embarrassa tellement, parties ont été rédigées d'après les que ne pouvant s'en dépétrer , il y matériaux de Pontoppidan, par J. de mourut ; la puanteur de son cada - Hofman, son beau-frère. Cette desvre faillit occasionner la peste. On cription du Danemark est précédée regrette de lire ces puérilités dans d'une introduction historique; elle

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