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est redevable de la découverte des prenaient six heures par jour ; et il Commentaires de Donat sur Vir- donnait tout le reste de son temps à gile (Voy. Donat), et de la Gram- l'étude et à la prière. Il était trèsmaire de Q. Rhemnius Palamon (Fa- pieux et mettait toute sa confiance en no, 1503, in-4o.); enfin, il a , dit-on, Dieu. Cependant il se plaint de l'incorrigé le texte des poésies de Ca- gratitude des grands, de qui il n'atulle, défiguré par l'ignorance des vait jamais reçu le moindre biencopistes. Tiraboschi regrettait beau- fait, quoiqu'il leur eût souvent découp que l'on eût perdu la Vie de dié des ouvrages, et qu'il leur en eût Pontanus que Pierre Summonte, remis des exemplaires reliés propre. son ami, avait composée, à la prière ment. Dans la Préface de l'Ars verde Sannazar; cette perte a été répa. sificatoria , édition de 1520, Pontarée par Robert de Sarno, oratorien, nus nous apprend qu'il habitait Paqui a donné la Vie de cet écrivain, ris depuis vingt ans, et qu'il avait en latin, Naples , 1961, in-4o. On déjà publié trente volumes. La Bien trouve une analyse bien faite par bliothèque du Roi n'en possède que Suard , dans le tom, jer. des Variés trois ou quatre. D. Liron , dans le tės littéraires. On peut encore con- tom. in des Singularités historiques, sulter le Dictionn. de Chaufepié, les et Foppens, dans la Bibl. Belgica, Dissertaz. Vossiane , d’Apostolo en citent quelques autres. Voici la Zeno, tom. II , et Tiraboschi, Sto. liste de ceux dont on a découvert les ria della letteratur, italiana , tom. titres : I. Grammaticæ artis pars VI.

W-s. prima, 1514 , in-4°; nouvelle édit. PONTANUS OU DE PONTE augmentée , 1528 , in - 4o. Dans la ( PIERRE ), grammairien, surnom- préface, Pontanus répond à Jean Desmé l'aveugle de Bruges (cæcus Brupautère ( Vice nom ), qui l'avait gensis), était né dans cette ville, vers repris sur la quantité d'un mot. — 1480. Il perdit la vue à l'âge de Pars secundą , 1529. II. Duplex trois ans: mais cet accident ne l'em- grammaticæ artis isagoge , 1527, pêcha point de cultiver ses disposi- in-4 Pontanus dédia cette gramtions naturelles ; et il fit, dans la lan- maire à son fils aîné, nommé Felix. gue latine, des progrès très-remar- III, Liber figurarum tàm oratoriquables à raison des difficultés qu'il bus quàm poetis, vel grammaticis, avait à vaincre. La nécessité le ren- necessariarum , 1524, in-4°. ; 2°. dit ingénieux: la méthode qu'il avait édition, cum recriminatione in adcmployée pour apprendre la grann- versarium, 1527, in-4°. Cet admaire lui servit à l'enseigner aux versaireest encore le fameux Despauautres; et, après quelques essais dans tère, que Pontanus traite vertement, différentes villes de Flandre, il vint tout en rendant justice à son érudià Paris. Les talents de l'aveugle de tion. IV. Apologia in litteratores Bruges y excitèrent un vif intérêt. qui pleraque divini sacrificii vocaIl ouvrit une école , qui fut très-fré- bula usurpant, 1516, in - 4o. V. quentée; ct, peu de temps après, il Salutiferæ Confessionis eruditio , obtint en mariage une demoiselle in-4°. VI. Ars versificatoria, 1506, d'une honnête famille, dont les soins in-4°.; 1520-1524, même format; adoucirent sa situation, Pontanus 1529, 1538, 1543, in - 8o. On était très-laborieux : ses leçons lui voit que ce traité de prosodie eut

beaucoup de succès ; mais , malgré suivis dans la plupart des colleges les éditions multipliées qu'on en a de l'Europe, et forma un grand données, il est très-rare. VII, Ope- nombre d'élèves distingués. Ses inra poëtica , 1507, in - 4o. , ra- firmités l'ayant obligé de renoncer à re. C'est le seul livre de Pontanus des fonctions qu'il remplissait d'une qui soit recherché des curieux. VIII. manière si honorable, il continua Poëmade laudibus divæ Genovefæ, cependant de se livrer, avec beaucoup 1512, in-4o. IX. Decem eclogæheca- d'ardeur, à son goût pour l'étude, tostichæ,1512, in:40: On en cite une donna des versions lalines de pluédition de Gand, 1513, même form, sieurs ouvrages , qui n'avaient été Lamonnoye, dans ses notes sur la jusqu'alors connus que des savants, Biblioth. de Duverdier ( Supple- et mourut à Augsbourg, le 25 noment. epitomes Bibl. Gesneriance ) vembre 1626, âgé de quatre - vingttraite fort mal Pontanus, qu'il nom- quatre ans. Pontanus à traduit en me Pessimus poëta , et lui reproche latin l'Histoire de Jean Cantacuaigrement d'avoir donné le titre zène, celle de Théophylacte Si. d'Eclogues à ses Bucoliques, au mocatta , la Chronique de George lieu d'Eglogues. X. La Pharsale Phranza, qui font partie de la Byde Lucain, avec une explication lit. zantine (V. ces noms; la Règle térale, 1512 , in-8°. XI. Poëma de chrétienne, de Philippe le Solitaire ; funere Ludovici xni ( 1515 ), in- la Vie de Jésus-Christ, par Nico40. XII.Carmenextemporaneum de las Cabasilas ; les Instructions spiinvictissimo Francorum rege Fran- rituelles de Jean Carpathius ; 'les cisco . , Paris, 1522, in-40. XIII. Eloges de saint Basile, de S. GrćCarmen de abitu et reditu pacis. goire de Nazianze, et de S. Jean ChryXIV. Paroemiæ gallico et latino sostome, par Philotée , patriarche sermone contextæ, Paris, in.4o. (V. de Constantinople; les Discussions Freytag, Apparatus, 1, 841; ii, théologiques de Michel Glycas , et 1366 ).

W-s. les Harangues de Siméon le Jeune: PONTANUS (JACQUES ), habile ces différentes versions ont été inséhumaniste et laborieux philologue, rées dans la Biblioth, magna Pané, en 1542, à Brugg ou Brück, trum. Cet infatigable traducteur a dans la Bohème (1), fut élevé en publié encore quelques autres verAllemagne, et, à vingt-un ans, em- sions d'opuscules grecs, la plupart brassa l'institut de Saint-Ignace. Des- áscétiques; et il a traduit de l'alletiné par ses supérieurs à l'enseigne- mand l'Histoire de la guerre des ment des belles-lettres , il professa Hussites, par Zacharie Theobaldus, les langues anciennes et la rhétori- Francfort, 1621, in-fol. Outre des que avec le plus grand succès ; pu- Commentaires très-étendus sur Oviblia plusieurs ouvrages élémentaires de , et un Recueil de sentences exqui, pendant plus d'un siècle, ont été traites de ses ouvrages, on cite ensouvent réimprimné, contient des tanus résolut de s'appliquer à la méde. règles de conduite , et les préceptes cine; et, après avoir suivi les cours de l'art d'écrire , présentés dans un dc différentes académies, il vint à Bàstyle clair, simple et élégant. L'au- le, où il reçut, en 1601, le bonnet teur en rédigea lui-même un Abrégé de docteur. Il se rendit ensuite à pour ses élèves. II. Institutiones Montpellier, attiré par la réputation poëticæ , in-8°. III. Tyrocinium de son université; visita les provinpoetices, in-8°. IV. Floridorum li- ces méridionales de la France, et bri octo; hoc est carmina sacra, passa dans la Hollande , pour se réuquatrième édition, Ingoldstad, 1602- nir à ses parents. L'accueil qu'il rein-8°. Ce recueil n'est point estimé. çut des savants d'Amsterdam le rePontanus, professeur très-distingué, tint quelque temps dans cette ville. n'était qu'un inédiocre poète.V.Sym. Il fut nommé professeur de physibolorum libri xv 11 ex quibus Virgilii que et de mathématiques au college opera illustrantur , Lyon, 1604; de Harderwick, et remplit cette douAugsbourg, 1609, in-fol. On s'est ble chaire d'une manière si brillante, servi des corrections de Pontanus que les curateurs de l'académie tentedans la jolie édition de Virgile , pu- rent de l'attirer à Groningue, parlof. bliée à Sedan par J. Jannon , 1625, fred’untraitement considérable; mais in - 32, imprimée avec le caractère il refusa toutes ces propositions, connu sur le nom de Sédanoise. et mourut le 6 octobre 1639. Il VI. Colloquiorum sacrorum libri était historiographe du roi de Daquatuor cum notis , Augsbourg, nemark et des états de Gueldre. 1609, in-8°. VII. Attica bellaria, Outre quelques Thèses, dont on sive litteratorum secundæ mense trouve les titres dans les Mémoires ad animos ex studiorum contentio. de Niceron, tome xix (1), et ne relaxandos, ibid., 1615-20, trois des Notes sur Macrobe, Martial, part. in-8°.; Francfort, 1644, même Plaute, Florus , Sénèque, Tacite, format. VIII. Philocalia sive ex- Pétrone et Valère-Maxime, on a de cerpta è sacris et profanis auctori- Pontanus: 1. Analectorum libri tres, bus, ibid., 1626, in-fol. On a de in quibus ad Plautum, Apuleium , plus de Pontanus quelques opuscu- Senecam ac passim ad historicos les et des ouvrages inédits , dont on antiquos et poëtas censuræ, Rostock, trouvera les titres dans la Bibl. des 1599, in-4°. II. Itinerarium GalPP. Alégambe et Sotwel. W-s. liæ Narbonensis cum duplici appen

core de Pontanus : I. Progymnas(1) Son nom de famille était Spanmäller ; mais il mata latinitatis seu dialogi selecti. prit en latin celui de Pontanus , pour désigner l'en- quatre tom. (2) in-8°. Cet ouvrage, droit de sa naissance, comme beaucoup d'autres écrivains ont adopté le même nom latin, parce que leur lieu natal se nommait Ponte, Puente, Brück ou Bridge, en italien, en espagnol, en allemand ou (2) La première partie des Progymnasmata, a en anglais.

été imprimée à Venise, par les Aldes, 1590, in-8°.

PONTANUS (JEAN-ISAAC), histo- dice, id est, universæ ferè Galliæ rien et philologue, naquit, le 21 jan- descriptione philologicâ et politica; vier 1571, à Elseneur, dans l'ile de cui accedit glossarium prisco-galliSeeland, où des affaires avaient con- cum , seu de linguá Gallorum veteri duit ses parents, originaires de Har- Dissertatio, Leyde, 1606,1-12, rare. lem. Après avoir achevé ses études III. Historia urbis et rerum Amsavec succès, il devint un des disci- telodamensium, Amsterdain, 161, ples de Tycho Brahé, et demeura trois in-fol., avec cartes et fig. Cet ouvraaps avec ce grand astronome, dans ge curieux est divisé en trois livres : l'île de Hveen. Son maître ayant été forcé, en 1597, de quitter le (1) Le même article se trouve répété avec quelDanemark (V.BRALE, V,472), Pon- ques légers changeinents, dans le tome XXXII.

le premier contient des recherches les Français et les Germains ont une sur l'origine d'Amsterdam : le se- origine commune. Cet ouvrage fut cond traite du commerce et des mis à l'index à Rome, parce que navigations des Hollandais; on en a l'auteur avait prétendu faire voir traduit en français le chapitre re- que les dogmes des Francs se raplatif à la recherche d'un passage prochaient beaucoup de ceux des dans le nord pour aller aux Indes, réformés. On en donne une analyse qu'on trouve dans le tome jer, du assez étendue dans la Bibl. historiRecueil des voyages qui ont servi que de France, no. 15411. VI. De à l'établissement et au progrès de la Pygmæis theoremata, ibid., 1629, compagnie des Indes Orientales (V. in 40. VII. Rerum Danicarum hisa Constantin de RENNEVILLE): enfin toria , libri'x, Amsterdam , 1631, le troisième livre renferme des dé- in - fol. Ce premier volume finit tails sur les établissements reli- en 1448, à l'élévation de la maigieux, les hospices, inaisons de son d’Oldenbourg sur le trône de charité, etc., avec la liste chro- Danemark. Le second volume, resnologique des bourgmestres. L'au- té en manuscrit dans la bibliothèteur a fait suivre cet ouvrage de deux que de Copenhague, a été publié descriptions, alors inédites, de la par George Krysing, Flensbourg, Batavie : l'une par un anonyme, qui 1737, in-folio, et inséré par Westflorissait dans le premier siècle de phal, chancelier de Holstein , dans l'ère chrétienne; et l'autre par Cor- le tome il des Monumenta inedita neille Haemrad. Cette histoire a été rerum Germanicarum , præcipuè vivement critiquée par Fr. Sweert, Cimbricarum , Leipzig, 1740, inqui reproche à l'auteur ses digres- fol. Cette histoire est estimée. L'ausions sur les ordres religieux, sur le teur a beaucoup profité dela Chroni. cardinal Baronius et divers points de que de Harald Huitfeld, povr les controverse. Pontanus fit à Sweert premiers temps de la monarchie da. une réponse (2), que Niceron regar- noise. VIII. Poëmatum libri vi, decomme un modèle de politesse. IV. ibidem, 1634, in - 12. Outre le Disceptationes chorographicæ de voyage de l'auteur dans la Gaule Rheni divortiis et ostiis, eorumque Narbonaise, ce recueil contient des accolis populis, in quibus geographi Epithalames, des Pièces funèbres et historici antiqui illustrantur et à (Epicedia) et des Epigrammes. Ponpravis Phil. Cluverii interpretatio- tanus est un fort médiocre poète (3). nibus vindicantur, ibid., 1614, in- IX. Discussionum historicarum li8o.; nouvelle éd., augmentée d'une bri duo , Harderwick, 1637, in-8°:; seconde partie, Harderwick, 1617, c'est une réfutation du Mare clauin-8°. Il y a beaucoup d'érudition sum de Selden (V. ce nom). X. Hisdans cet ouvrage; mais l'auteur soutient son sentiment avec trop de vi

(3) Parmi les épigrammes de Poutanus, est une vacité. V.Originum Francicarum li énigme sur un trou, qu'il proposait aux savants: bri v 1, Harderwick, 1616, in - 40. Dic mihi quid majus fiat, quo plurima demas ? Pontanus a pour but de prouver que Scriverius lui répondit sur-le-champ:

Pontano demas carmina , major erit. (2) Apologia Is. Pontani pro Historia Amstelar On trouve cette anecdote rapportée dans le Medamensi, Amsterdam, 1628 et 1634, in-4o. de 18

nagiana , éd. de 1715, avec des détails ajoutés par

La Monnoye.

pag., rare.

toriæ Geldricæ librixi,ibid., 1639. succédé à Peréfixe, le nomma sousCette Histoire a été augmentée et tra- pénitencier de Notre-Dame. Dans les duite en flamand, par Schlistenhorst, dernières années de sa vie, Pontas Arnheim, 1654, in-fol. On trouve pritun logement près des Petits - Auun article sur Pontanus dans le Dic- gustins du faubourg Saint-Germain. tionnaire de Chaufepié. W—s. Il pouvait, sans sortir, communiquer

PONTAS ( JEAN), célèbre ca- avec ces religieux, pour lesquels il suiste, naquit, le 31 décembre 1638, avait conçu beaucoup d'attachement. à Saint-Hilaire du Harcouet, diocèse Il mourut entre leurs bras, le 27 avril d'Avranches. Il était encore en bas 1728, dans sa quatre-vingt-dixième âge lorsqu'il perdit son père et sa année. Ils l'inhumèrent dans leur mère. Un oncle maternel ( M. d'Ar- église, avec une épitaphe honorable. queville) le recueillit chez lui, et prit On a de Pontas: I. Exhortations aux soin de son éducation. Le jeune Pon- malades, sur les attributs de Jésustas fit ses premières études sous les Christ dans lEucharistie, Paris, yeux de ce parent, et les continna 1690, in-12. II. Exhortations sur le chez les Jésuites de Rennes, puis baptême, les fiancailles, le mariage à Paris, au college de Navarre. Se et la bénédiction du lit nuptial, Padestinant à l'état ecclésiastique , il ris, 1691, un vol. in-12. III. Exprit la tonsure cléricale des mains hortations sur les évangiles du dide M. de Saussay, évêque de Toul. manche, pour la réception du saintCe même prélat, en 1663, sur le viatique et de l'extrême-onction, dimissoire de M. de Boylève, évê- Paris, 1691, 2 vol. in-12. Ces quatre que d'Avranches, et avec sa per- vol.sont dédiés à Bossuet , par le conmission, conféra en dix jours, à seil duquel ils avaient été entrepris. Pontas, tous les ordres, jusqu'à la IV. Entretiens spirituels, pour insprêtrise inclusivement. On ne voit truire, exhorter et consoler les mapas trop ce qui donna lieu à ces or- lades, dans les différents états de dinations précipitées. Pontas avait leurs maladies , Paris, 1693, 2 vol. à peine vingt-quatre ans. Son goût in-12; trad. en flamand, par Dierxle portait vers l'étude du droit : sens, Anvers, 1963, in-12; V. Sail s'en occupa avec beaucoup d'ap- cra Scriptura ubique sibi constans, plication, et reçut , en 1666, le Paris, 1698, un vol. in-4°., dédié bonnet de docteur en droit canon à M. de Noailles. L'auteur y conciet civil. Perefixe, alors archevêque lie les passages de l'Écriture sainte de Paris, le nomma vicaire de la où elle semble se contredire, et dépetite paroisse de Sainte-Geneviè- montre que cette contradiction n'est ve-des-Ardents, poste bien médio- qu'apparente. Pontas se proposait cre pour un homme de ce mérite d'étendre ce travail sur toute l'ÉcrituPontas n'en fit pas même la réflexion: re sainte. Ce qui en a paru se borne il le remplit pendant vingt-cinq ans au Pentateuque, et fait regretter que avec autant de zèle que si la place d'autres occupations n'aient pas pereût été plus importante; et il donnait mis à l'auteur de continuer. VI. Dicà la composition de divers ouvragestionnaire des cas de conscience. C'est tout le temps que lui laissaient les le principal et le plus important des soins du ministère.Il finit par desirer ouvrages de Pontas. Il parut, pour la sa retraite; et M. de Harlay, qui avait première fois, en 1715, 2 vol. in

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