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PLATIÈRE (IMBERT DE LA), plus fauts: on croit que sa famille finitavec connu sous le nom de maréchal de lui, son neveu ayant péri, en 1562, à Bourdillon, était d'une ancienne mai- la bataille de Dreux.Cependant ilexis son du Nivernais. Il fit ses premières tait encore, à la fin du dix-huitième armes , en 1544, à la bataille de Ceri- siècle, un Imbert (Sulpice d'), comie soles , et fut employé dans les plus de la PLATIÈRE , qui a publié, entre importantes affaires du royaune autres ouvrages, une Galerie uni. Henri II le chargea, en 1551, de verselle des Hommes qui se sont conduire à Reims le jeune duc de illustres depuis le siècle de Léon X Lorraine, qu'il jugeait à propos de jusqu'à nos jours. Ce livre, dont il fairc élever dans sa cour. Bourdillon a paru au moins dix cahiers in-4°., sauva le tiers de l'armée et deux piè avec portraits , est écrit sans goût , ces de canou , après la malheureuse d'un style ampoulé, et tout-à-fait ridéfaite de Saint-Quentin. En 1550. dicule.

- - E. l'empereur Ferdinand ayant prié

PLATIÈRE (LA). V. ROLAND. tous les princes chrétiens d'envoyer PLATINA (BARTHELEMI DE'SACdes ambassadeurs à la dietc d'Augs- chi, plus connu sous le nom de), bourg, à l'effet d'y délibérer sur les célèbre historien, était né vers 1421, mesures nécessaires pour arrêter les à Piadena, village du Cremonese, Turcs, qui menaçaient d'envahirl'Au. dont il prit le nom en le latinisant, triche, Bourdillon fut désigné par le suivant l'usage de son temps. Dans roi de France, avec Charles de Marilo sa jeunesse, il embrassa la profeslac, archevêque de Vienne. Ce fut mal. sion des armes, et servit quatre ans gré les remontrances réitérées de cet avec zèle; mais , désabusé de ses illustre guerrier, que l'on rendit, l'an rêves de gloire et de fortune , il sol1562, au duc de Savoie, par suite licita son congé, et se rendit à Mandes conventions de la paix honteuse toue, attiré par la réputation d'Omde Cateau-Cambresis , le marquisat nibonus Leonicène, qui lui fit faide Saluces et les places du Piémont, re de rapides progrès dans l'étude où il commandait avec le titre de ( Voy. LEONICENUS). On apprend, lieutenant du roi: encore ne les re- par une lettre de Fr. Philelphe, que mit-il, qu'après que le duc eut payé Platina se trouvaità Milan en 1456: les garnisons, et prété cinquante mais son séjour dans cette ville fut mille écus au roi de France. De re- dc, peu de durée; il revint à Mantoue, tour dans son pays, il servit au siége et s'attacha au cardinal François de du Havre-de-Grâce, en 1563, et re- Gonzague, qui le conduisit à Rome, çut le bâton de maréchal, l'année où ses talents le signalerent biensuivante , après la mort du maréchal tôt d'une manière avantageuse. Les de Brissac. Il fut témoin de l'entre- cardinaux Bessarion et Jacques Picvue de Charles IX et de Catherine de colomiui parvinrent à le placer dans Médicis, à Baïonne, avec Isabelle de lc collége des Abbréviateurs, créé France, reine d'Espagne, en 1565, par le pape Pie II, pour rédiger et mourut à Fontainebleau, le 4 avril les actes publics avec plus de iné. 1567. Il était remarquable par son thode et de clarté. Cet établisseamoir du bien public, par beaucoup ment fut supprimé comme inude courage et de prudence. Quoiquc tile par Paul II; et Platina, resté marié deux fois, il n'eut point d'en- sans ressource, après avoir écrit au

pape pour se plaindre d'une mesure rie de George Laver; et malgré son qui le réduisait à la misère, finit par emploi de bibliothécaire, il exerça le menacer de dénoncer cet acte de les mêmes fonctions dans l'atclicr despotisme à toute l'Europe, et de d'Arnold Pannartz (2) (Voy. le Speprovoquer la convocation d'un con. cimen historicum typograph, romacile. Le pape, au lieu de mépriser ). Ce savant mourut en 1481, et des menaces que Platina n'avait au- fut inhumé dans l'église de Sainte-Macun moyen d'effectuer, l'enyoya rie-Majeure , où Demetrius de Lucdans une prison, où il subit, pendant ques, son élève, lui fit célébrer un serquatre mois, les traitements les plus vice auquel assista l'académie rorigoureux. Le cardinal de Gonzague maine, présidée par Pomponius Lælui obtint enfin sa liberté, mais tus, qui prononça son Oraison funèavec défense de sortir de Rome. bre. Par son testament, Platina léL'élude seule pouvait charmer ses guait à Pomponius, une petite maipeines : il devint membre de l'a- son qu'il avait bâtie sur le mont cadémie fondée par Pomponius Quirinal, entourée d'un bosquet de Lætus, dans le but d'encourager lauriers, où l'on cueillait les coula recherche et l'examen des monu- ronnes pour l'académie. Ce fut sans ments et des ouvrages de l'anti- contredit l'un des hommes les plus quité. Cette académie fut représentée laborieux et les plus instruits de son au pape comme une réunion d'hom- temps: il donna, l'un des premiers, mes irreligieux, sans cesse occupés l'exemple d'une saine critique, en de tramcr des complots contre l'É- examinant les anciens monuments glise et son chef. L'ordre fut donné et en rejetant les erreurs reçues. De de les arrêter (V. POMPONIUS LE- tous les ouvrages de Platina, celui TUS); et Platina, après avoir été tor qui a le plus de réputation, est son turé, comme les compagnons de ses Histoire des papes : In vitas summoétudes, pour lui arracher des aveux, rum pontificum ad Sixtum IV , ponfut enfermé au château Saint-Ange. tificem maximum, præclarum opus. Il eut la consolation de trouver dans Cette histoire, dit Ginguené, est le gouverneur (1), un homme com- écrite avec une élégance et une force patissant, qui ne négligea rien pour de style , qui étaient alors très-rares: lui faire oublier les maux qu'il avait malgré tous les soins de l'auteur, elle soufferts, et pouradoucir sa captivité. n'est pas exeinpte d'erreurs, princiCette seconde détention dura un an. palement dans l'histoiredes premiers Enfin, Sixte IV lé consola de toutes siècles; et quoiqu'il parle plus libreses disgraces; il le nomma, en 1475, ment des papes que les autres histogarde de la bibliothèque du Vatican, riens catholiques, on aperçoit faciplace dans laquelle Platina succédait ment que, lors même qu'il voit la véau savant J. André, évêque d'Aleria rité, il n'ose pas toujours la dire : (V. ANDRÉ), et qu'il remplit avec mais c'est beaucoup qu'il soit aussi beaucoup de zèle. Si l'on en croit éclairé que son siècle, et plus vérile P. Laire, Platina, depuis quelque dique que tout autre peut-être ne temps, était correcteur de l'imprime l'eût été à sa place. » (Hist.littér. ďl

(1) C'était Rodrigue Sancio, évêque de Calahorra, dont Nicol, Antonio fait un bel bloge dans la BibL kispors velos, 11, 191

(2) Le P. Laire cite Platina comme l'éditeur de la Traduction latine de l'Histoire de Josèphe, imprimée par Arnold Pannarts, à Rome, en 16.5, le 25 novembre. Voy le Specimen , p. 215.

talie, chap. XXI ). On lui a repro- l'honnête volupté , livre très-nécesché les traits satiriques qu'il s'est saire à la vie humaine pour observer permis contre Paul II : ce pontife, bonne santé, Lyon, 1505, in - 80., on doit en convenir, avait eu à son et plusieurs fois depuis. Ce n'est point, égard, des torts graves, et ne fit rien comme on l'a prétendu, un livre sur pour les réparer; mais Platina serait la cuisine, mais un Traité d'hygièplus estimable s'il eût su oublierne, qui renferme des observations ses justes sujets de plaintes, pour intéressantes. II. De flosculis quis se rappeler qu'il écrivait l'histoire, busdam linguæe latinæ, Dialogus et que ses lecteurs attendaient de ad Lud. Agnellum de amore, Velui, avant tout, la vérité ( Voyez nise, 1480, in-12; Milan, 1481, mêPAUL II et QUERINI ). Les Vies me format : ces deux editions sont des Papes de Platina ont été im- citées par Niceron. III. Dialogus de primées pour la première fois à falso et vero bono libri tres;DiaVenise, en 1479, in-fol.; cette édi- logus contrà amores (4);— De ve. tion est fort rare: Ant. Koburger en rå nobilitate dialogus; - De optidonna une copie exacte à Nuremberg, mo cive libri duo; Panegyricus en 1481, in-fol. On ne recherche de in laudem Bessarionis cardinalis ; cet ouvrage, que les éditions du quin- —Ad Paulum II pont, max. de pa: zième siècle et celles du seizième dont ce Italiæ confirmandá et bello Turon n'a pas retranché les passages cis indicendo, Paris, 1505, 1530 , satiriques. Il a été continué par in-40.; Lyon, 1512, in-80. IV. De Onufre Panvinio, et depuis par d'au- principe viro libri tres, Francfort, tres écrivains. On en connaît des 1608, in - 40. V. Historia inclytæ traductions en français, en italien, urbis Mantuæ , in libros sex divisa, en allemand et en flamand. Il exis- Vienne, 1675, in-4°. Cette édition, te de l'ancienne trad. française, Paris, qui est rare, a été publiée par le sa1510, in-fol., des exemplaires sur vant Lambecius, d'après un manusvélin; celle de Louis Coulon, plus crit de la bibliothèque imperiale, récente, n'est point estimée (V. Cou- L'ouvrage est bien écrit et intéres, LON, X, 94). Les autres ouvrages sant, quoique un peu trop favorable de Platina , sont: 1. Opusculum de aux princes de Gonzague; Muraobsoniis , ac honestá voluptate, tori l'a inséré dans le tome xx des (Rome, vers 1473), in-fol., sans ' Scriptor. rerum italicar. (5) VI. La date ni lieu d'impression ; Venise, Vie du cardinal J.-B. Mellini , pu1475, in - fol. trés - rare; Cività di bliée par Chacon, dans son Histoire Friuli, 1480, in-4°. , égalem. rare; des papes et des cardinaux (V. Cha. Bologne, 1499, in-4°. Cet ouvrage CON). VII. La Viede Neri Capponi, a souvent été réimprimé dans le sei publiée par Muratori , dans le tome zième siècle , sous des titres differents xx des Scriptor., déjà cité. VIII. (3). Il a été traduit en français, par Celle de Victorin de Feltre , insérée Didier Christol, sous ce titre : De (3) Dans l'édition que Gryphe a donnée de cet ou

(4) Fr. Sibillet a traduit cet opuscule sous le titre vrage, à Lyon, en 1541 , in-80., à la suite d'Apicius, de Dialogue des fausses amours, et l'a publié avec

Paris, 1581, in-40. (1'. FRÉGOSE. ) terata , compte pour trois ouvrages différents de no (5) L'Histoire de Manloue avait déjà été insérée tre auteur les traités De naturd rerum ; le obsoniis; dans le 40. vol. du Thesaur, antiquit, et histor. Ital, de honestå voluptate ; c'est pourtant le même.

Anteros ou le contr'amour de Baptiste Frégose,

il est intitulé : De tuendæ valetudine, natură, rerum et popinæ scientia. Fr. Arisi, dans la Cremona lit

de Grævius et Burmann,

dans les Cremonensium monumenta rapport aux maladies de l'ail. On rés (Rome, 1778, p. 1), par le père pandit dans le temps, qu'il avait Vairani, dominicain, avec plusieurs guéri des maladies qui avaient résisté Lettres écrites par Platina , pendant au talent du célèbre oculiste Saintsa prison; un Dialogue sur les avan- Yves même. Jean · Zacharie visita tages de la paix ou de la guerre; un ensuite les illustres professeurs de Discours à la louange des beaux-arts, Leyde, Boerhaave et Albinus, et et la Traduct. latine du Traité de revint, en 1719, dans sa ville naPlutarque, des Moyens de réprimer tale. Mais on l'attira, dès 1920, à l'ula colère. On peut consulter, pour niversité de Leipzig; et, l'année suiplus de détails, le Dict. de Bayle, vante, il y fut nommé professeur avec les Remarques de Joly; la Vie d'anatomie et de chirurgie. En 1724, de Platina , par Apostolo Zeno, dans il obtint la chaire de physiologie, valetome jer. des Dissertaz. Vossiane, cante par la mort de Rivinus; en dont on trouve un extrait dans le to. 1737, il passa à celle de pathologie, me viii des Mémoires de Niceron; et en 1747, à celle de thérapeutique. et enfin la Storia della letteratura C'est aussi vers cette époque, qu'on italiana de Tiraboschi, vi, 320 et le nomma doyen perpétuel de la fasuiv.

: W-. culté, et médecin consultant de la PLATNER (Jean-ZACHARIE ); cour de Saxe. Il ne jouit pas longmédecin et chirurgien-oculiste, na- temps de ces honneurs. Le 19 déc. quit à Chemnitz, en Misnie, le 16 1747, il avait visité ses malades et août 1694. Son père, un des commer- donné sa leçon : l'après-dîner , il ren. cants les plus distingués de son pays, tra chez lui, et mourut subiteinent lui donna une éducation très - soin d'un accès d'asthme. Les ouvrages gnée: il voulut qu'il fît ses cours d'hu- qu'il a publiés lui-même, se distinmanités et de philosophie, ayant de guent par une grande érudition et par se jeterdans le commerce: mais celui- un goût et une pureté particulière de ci prit du goût pour l'étude de la mé. style et de latinité : ceux qui ont été decine; et comme il était d'une assez imprimés après sa mort, se ressentent faible complexion , ses parents con- de toutes les négligences et des adsentirent qu'il abandonnât l'état que ditions des éditeurs. I. Les Proses ancêtres avaient cependant cultivé grammes, Mémoires et Thèses qu'il avec succès. Il commença ses étndes a mis au jour de 1721 à 1745, ont å Leipzig, en 1912, et se rendit, en été réunis en trois volumes, sous 1715, à Halle, qui était l'école la ce titre : Opusculorum chirurgicoplus marquante de son temps. C'est rum et anatomicorum dissertatiolà qu'il reçut les honneurs du docto- nes et prolusiones, Leipzig, 1749, inrat, le 25 septembre 1716: mais il 40., avec figures. Les Thèses convoulut encore se perfectionner par tiennent plusieurs cas intéressants de les voyages; et après avoir visité les chirurgie, surtout des maladies de principales universités de l'Allema- l'ail. II. Institutiones chirurgiæ ragne, il se rendit , par la Suisse et tionales tùm medicæ tùm manuales, la Savoie , à Lyon et à Paris , et il se adjectæ icones nonnullorum ferra. voua entièrement à l'étude de l'ana- mentorum, aliarumque rerum quce tomie et de la chirurgie, plus parti- ad chirurgi officinam pertinent, ib., culièrement encore à tout ce qui a 1745, in-8°., 1788, in-8°., Venise,

1947, in-8°. , Leipzig, 1783, 2 l'electeur, depuis roi de Saxe. Quoivolumes in-8°. , avec des notes de qu'auteur d'ouvrages estimables sur Chr. Krause : traduit en allemand, diverses parties de la médecine et de en 1748 et 1970; par J.-B. Boeh- la chirurgie, c'est uniquement à ses mer, et en hollandais, en 1964, par livres élémentaires de philosophie Houttuyn. Ce Manuel contient l'his rationnelle et morale , à la précision, torique de toutes les méthodes curati à l'élégance, à la grâce de son style, ves et des opérations chirurgicales qu'il doit sa célébrité et l'influenco qui ont été connues jusqu'à son temps qu'il exerça sur plusieurs branches accompagné d'excellentes critiques de la métaphysique et de l'anthropoet d'observations et expériences par logie. Sa pénétration, son instructiculières de l'auteur. Il indique aus- tion solide et variée, son tact et la si le perfectionnement qu'il a don- finesse de son esprit, lui permirent né à quelques instruments. III. Ars d'exposeret d'apprécier les doctrines medendi singulis morbis accommo- et les opinions des plus subtils et des data, ibid., 1965; ce traité a été lé- plus profonds philosophes de l'antigué en manuscrit par Platner, à son quité et des temps modernes, mieux disciple, J.-B. Boehmer, sous la con- que ne l'avaient fait la plupart des dition de ne le jamais rendre public. historiens de la philosophic. Ses L'avidité d'un libraire l'a mis au écrits , d'ailleurs recommandables jour, malgré l'opposition du fils, par la diction, et par l'influence dix-huit ans après la mort de l'au- qu'ils ont eue dans la formation teur.

F-D-R. de la prose didactique de l'AllemaPLATNER (ERNEST), médecin et gne lettrée, furent d'abord consacrés moraliste saxon , fils du précédent, à l'exposition, à la défense et an naquit à Leipzig, le 15 janvier 1944. perfectionnement du système de Les événements de sa vie ne nous of- Leibnitz, puis à l'examen et à la ré. frent aucune circonstance remarqua- futation des doctrines Kantiennes : ble à consigner : ce sont ceux qui se mais ils reçurent, à l'une et à l'autre présentent durant le cours paisible de ces époques , l'empreinte du tour d'une activité académique, fort utile d'esprit naturellement sceplique de aux jeunes gens qui suivaient ses leur auteur. Cette tendance se manileçons ; une série de publications festa, dès les commencements de sa littéraires, ou scientifiques, des carrière littéraire, par une rare imtémoignages de confiance et d'af- partialité dans l'exposition des idées fection de la part des élèves ou de divergentes des siennes, par un éclecl'autorité , et les honneurs qui, dans ticisme conciliatoire et judicieux, les universités d'Allemagne, sont or- qui s'efforçait d'enter, sur le grand dinairement la récompense de pro- arbre planté par Leibnitz , et cultivé fesseurs distingués par leur talent et par Wolf , des rameaux détachés leurs services. Successivement maî- des produits du génie philosophique, tre-ès -arts , docteur en médecine, fruits d'autres temps et d'autres cliprofesseur dans cette faculté, et son mats. Plus tard, il sentit que les esdoyen perpétuel , à dater de 1996, sais pourfaire un choix dans les opiil réunit à ces titres académiques , eu nions diverses des chefs d'école, et 1989, celui de decemvir de l’uni. les efforts tentés pour approprier ce versité, et de conseiller aulique de choix aux nouveaux besoins qui se

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