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des trépieds de bronze consacrés par le thyrse et le vase à boire (c'est les Lacedemoniens, dans le temple ainsi que Pausanias le nomme), d'Apollon, à Amycles, en mémoire étaient évidemment l'emblème des de la bataille d'Ægos-Potamos ? Le banquets, où des amis réunis boivent texte de Pausanias porte seulement à la ronde, en s'exprimant leurs Polyclète d'Argos; mais il est vrai. voeux pour leur commune prospérisemblable qu'il s'agit de l'Ancien, at- té; et Paigle de Jupiter, au-dessus du tendu qu'à l'époque de ce grand évé- thyrse, ennoblissait encore cette pennement, qui eut lieu la 4o. année de sée, en mettant l'union des citoyens la xciile. Olympiade, 405 ans avant sous la protection du plus puissant J.-C., le second Polyclète ne pouvait des dieux. Un autre ouvrage n’honoêtre âgé, au plus, que de seize à dix- ra pas moins Polyclète : ce fut une huit ans. Dans la xcvm. olympia- statue de Jupiter Meilichius, ou de de, cet artiste exécuta la statue d'An- Jupiter qui touche les ames, de Jutipater de Milet, qui remporta le prix piter Conciliateur, élevée dans la du pugilat:c'est Antipater lui-même ville d'Argos. Cette statue était en qui la fit ériger. Polyclète accrut sa marbre. Le fait à la suite duquel elle réputation par une statue de Jupi- fut consacrée, nous en indique la ter Philéus , ou de Jupiter protec- date et l'esprit. Les Argiens, afin teur de l'amitié, élevée à Mégalo- de se trouver constamment en état polis , à l'époque de la fondation de défense contre les Lacédémode cette ville. On sait que la cons. niens, établirent un corps permatruction de Mégalopolis date de la nent de mille soldats. Bias, chef de 2o. année de la cuie, olympiade, cette troupe, abusa si étrangement de ou de l'an 371 avant J.-C. Les ha. la force mise à sa disposition, qu'il bitants de plusieurs petites villes alla jusqu'à enlever une jeune fille, de l'Arcadie abandonnèrent alors le jour de son mariage, et à la violeur patrie , et se réunirent pour fon- ler. Sa victime le laissa s'endormir; der une grande ville, capable de alors elle lui creva les yeux, parvint résister aux attaques des Lacédémo- à s'échapper, et se mit sous la proniens, leurs perpétuels ennemis. Ce tection du peuple. Les Argiens pri. fut sans doute en mémoire de l'atta- rent sa défense; et il fut livré un comchement fraternel qui les avait rap- bat où les Mille furent tous massaprochés les uns des autres , et afin de crés. La statue de Jupiter Meilichius perpétuer chez leurs fils ce généreux fut le gage du rétablissement de l'orsentiment, qu'ils consacrèrent une dre. Cet événement eut lien peu de statue au dieu de l'amitié. La com- temps après l'époque où Philippe, position de la figure fut conforme à roi de Macédoine, père d'Alexandre, cette pensée. Le dieu était chaussé obligea les Lacédémoniens à se déd'un cothurne; d'une main il tenait partir des terres qu'ils avaient usurun thyrse, de l'autre, un vase à boire. pées sur le domaine d'Argos. La Jusque-là, dit Pausanias, il ressem- guerre des Argiens contre les Laceblait à Bacchus; mais un aigle était démoniens dura plusieurs années. posé sur le thyrse , et ce symbole Démosthène dit, dans la sixième faisait reconnaître Jupiter. L'inten- Philippique, qu'au moment où il partion de Polyclète se manifestait clai- le, Philippe envoie des troupes dans rement dans ces signes réunis : car le Péloponnèse au secours des Argiens , et qu'il y est attendu lui-même et des superbes édifices élevés par à la tête d'une puissante armée. Or, ses soins à leurs dépens : mais les la harangue dont il s'agit, fut pro- jours de revers que lui préparait la noncée la 20. année de la cix. olym- destinée n'étaient pas éloignés. Amapiade. La statue de Jupiter Meili: sis, roi d'Egypte, avec lequel des chius d'Argos, dut par conséquent liaisons d'hospitalité l'avaient uni, être érigée au plutôl la 29 année lui écrivait : « Vos prospérités m'é de la cixe. Olympiade, 343 ans avant » pouvantent. Je souhaite à ceux J.-C. L'époque où florissait le second » qui m'intéressent, un mélange de Polyelete, se trouve ainsi fixée de la » biens et de maux : car une divixcivo olympiade à la çıxe.; et com, v nite jalouse ne souffre pas qu'un me entre cette dernière date et celle » mortel jouisse d'une félicité inalde la naissance du premier Polyclète, » térable. Ménagez-vous des peines il y a un intervalle de cent quarante » et des revers pour les opposer aux ans, il est encore évident, par ce rap- » faveurs constantes de la fortune. >> prochement, qu'il a existe deux Po. Polycrate, frappé de cette lettre, se lyclètes: l’un célèbre par les progrès condamne au sacrifice d'une pierre qu'il fit faire à l'art; l'autre, illustre précieuse qu'il avait au doigt, en la par deux statues qui se lient à des jetant à la mer. Quelques jours après, événennents importants de l'histoire un de ses officiers , l'ayant retrouvée de la Grèce, E.-c D D. dans le gosier d'un poisson, la lui

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POLYCRATE, tyran de Samos, rapporte. Il se hâta d'en instruire vivait au sixième siècle avant J.-C. Il Amasis, qui , dès ce moment, rompit employa, pour retenir le peuple dans tout commerce avec lui. Les craintes la soumission, tantôt la voie des fêtes du monarque égyptien ne furent que et des spectacles, tantôt celle de la vio- trop réalisées. Pendant que Polycrate lence et de la cruauté. Il sut le dis- méditait la conquête de l'Ionie, et Atraire du sentiment de ses maux, en de la mer Égée, Oronte , l'un des le conduisant à des conquêtes bril-satrapes de Cambyse, qui commanlantes ; de celui de ses forces , en l'as- dait dans une province voisine , parsujétissant à des travaux pénibles. vint à l'attirer dans son gouverneOn le vit s'emparer des revenus de ment; et après l'avoir fait expirer l'état , quelquefois des possessions dans des tourments horribles , il ordes particuliers; s'entourer de satel- donna d'attacher son corps à une lites, tromper les hommes , se jouer croix élevée sur le mont Mycale , en des serments les plus sacrés , favo- face de Samos; monument terrible riser en même temps les lettres ( V. de la vicissitude des choses humaiANACRÉON), réunir auprès de sa nes. Cet événement arriva vers l'an personne ceux qui les cultivaient, 524 avant J.-C. T—D. et rassembler les plus belles pro- POLYDORE-VIRGILE ou VERductions de l'esprit humain dans GILE, historien , né, vers 1470, sa bibliothèque. Toutes les années à Urbin, embrassa l'état ecclésiastide son règne, toutes ses entrepri- que, et professa les belles lettres à ses , avaient été marquées par des Bologne. Ses talents l'ayant bientôt succès. Ses peuples s'étaient accou- fait connaître , il fut choisi par le tumés au joug; ils se croyaient heu- pape Alexandre VI, pour aller rereux de ses victoires, de son faste, cevoir le denier de saint Pierre, séré, dans son Histoire des in- plie d'erreurs, et que le style n'en est ventions ( tome ni, pag. 564-78, pas très-élégant:mais, que Polydore, en allemand), un long et curieux ar- comme on le raconte , ait jeté au feu ticle bibliographique sur les diver- les anciennes Chroniques dont il s'éses éditions de ce livre (6), que Lam- tait servi, pour donner plus de prix beck ( Lambecius ) a pris pour texte à son ouyrage, c'est une fable à lade ses leçons, à Hambourg, en 1657 quelle aucun homme de bon sens ne et 58 ( Voy. la préface de son Pro- pourra jamais ajouter foi (Storia del. dromus ). III. Deprodigiis libri tres, la letteratura italiana, vii, 1027).» Bâle, 1531, in-8°.; ibid., 1545, et VI. De patientia et ejus fructu libri à la suite de l'ouvrage qu'on vient 11; de vita perfecta lib. unus; de ve. de citer dans l'édition des Elzeviers; ritate et mendacio lib. unus. La Prétraduit en français, avec le Traité face quc Polydorea mise en têtede ces d'Obsequens (V. ce nom), qui por- trois Opuscules, est datée de Londres, te le même titre, par George de La 1543, ils ont été imprimés, avec Bouthière, Autunois , Lyon, 1555, son Traité des prodiges, dans l'éd. in-8°. Le but de l'auteur est de com- de Bâle, 1545, in-80. (V. GILDAS, battre les préjugés populaires tou. XVII, 366.)

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l'art. Virgile (Polydore), les détails de sa querelle

avec Erasme. (1) Cette taxe, connue en anglais sous le nom de (4) Les deux éditions de Strasbourg, qui sont romescol, et supprimée en 1532, avait été établiefort rares sans être recherchées, contiennent un pepar le roi Ina, au huitième siècle, pour l'entretientit traité d'Antoine Sabellicus: De urtium inveniodes pelerins anglais, qui étaient reçus dans un hospice que ce prince avait fondé à Rome.

(5) Cette Lettre se trouve dans l'édit. de Paris, (2) On trouve uo choix des Proverbes ou Senten- 1528 ou 1529; mais elle a été mutilée, on ne sait ces de Polydore, dans le récueil intitulé : Adagion pourquoi, dans les éditions suivantes : c'est ce qui rum omnium Epitome, publie par Victor Gisclin a déterminé Bayle à en donner les passages les plus Atvers, 1506, in-8°.

intéressants.

W-s. chant la divination, et de démontrer POLYEN, historien grec, né en que la plupart des faits cités comme Macédoine,exerçait la professiond’a. des prodiges, n'ont rien que de na- vocat à Rome, sous le règne de Marc. turel. IV. In Dominicam precem Aurèle, qui associa Lucius Verus Commentariolus. Cette paraphrase à l'empire , vers l'an 161 de notre de l'Oraison dominicale a été impri- ère. C'est tout ce qu'on sait de cet mée plusieurs fois à la suite des denx écrivain, et ce qu'il nous apprend ouvrages précédents. V. Anglicæ lui - même dans la préface de ses historiæ libri 26. Cette Histoire, qui Stratagèmes : il les dédia à ces deux va jusqu'à la fin du règne d'Henri princes, étant déjà avancé en âge. VII, fut publiée, pour la première Ces Stratagèmes ou ruses de guerfois, par Simon Grynæus, Bâle, re, distribués en huit livres , furent 1534, in-fol. L'auteur y fit diverses publiés pour la première fois en corrections, qu'il s'empressa d'a- 1589, par Isaac Casaubon , d'après dresser à Grynæus, comme on l'ap- un manuscrit extrêmement imparprend par la Préface de la seconde fait, et qu'il avait payé fort cher; édition, qui parut en 1536 : elle a il y fit un nombre considérable de été réimprimée depuis, en 1556 et corrections , soit d'après ses proen 1570, in-fol.; enfin Ant. Thysius pres conjectures, soit d'après la l'a reproduite à Leyde , en 1649 et traduction latine de Juste Vulteius, 1651, in-8°. « J'accorderai aux écri- imprimée auparavant à Bâle , en vains anglais, dit Tiraboschi, que 1550. Pancrace Maasvicius , aidé cette histoire est superficielle et rem de deux nouveaux manuscrits, don

na une édition de Polyen, à Leyde, $6) Becman en décrit 38 éditions du seizième siè

en 1690, in-8°. ; et s'il améliora "

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le défigura en beaucoup d'autres par ignorance. Samuel Mursinna re produisit cette édition à Berlin , en

1956 , sans y rien ajouter que l'in- seraient punis partout du dernier dex des mots grecs. Enfin M. Coray, supplice; enfin il lui arrive de rapfondant habilement dans son travail porter des faits, ou entièrement faux, celui de ses devanciers, fit sortir des ou mêlés de circonstances qui y répresses d’Eberhart, Paris, 1809, pandent de la confusion et de l'inin-80., le texte grec, considérable- certitude, soit que sa mémoire l’ait ment épuré. La comparaison des en- mal servi , soit qu'il les ait copiés, droits où il s'est écarté des précé sans discernement, tels qu'il les a dentes éditions, occupe à peu près trouvés dans d'autres historiens peu les cent dernières pages du volume, dignes de foi. Son style , quoique avec quelques notes qui servent à meilleur que celui d'Ælien qui lui l'explication des passages ou des est postérieur , a d'assez nombreux expressions les plus difficiles ; une défauts: il multiplie jusqu'à satiété les Table des chapitres et un Index fort expressions synonyines, employées étendu des mots grecs et des noms- sans conjonctions ; il pèche soupropres ajoutent à l'utilité du livre, vent contre la propriété des termes, en offrant de plus grandes facilités contre l'emploi régulier des temps, pour s'en servir. La manière la plus des modes ou des formes des verbes, simple et la plus naturelle de juger genre de fautes qu'on peut reproPolyen , c'est de le comparer avec cher à la plupart des écrivains qui Ælien : comme celui-ci, il a pris, ont vécu vers la même époque. Nous chez les écrivains qui l'avaient précé avons une traduction des stratagèdé, tout ce qu'il raconte; et le temps, mes de Polyen, par D. G. A. L. R. ayant détruit un grand nombre des D. L. C. D. S. M. (Dom Gui-Alexis ouvrages où il a puisé les faits qu'il Lobineau , religieux de la congréganous transmet, les Stratagèmes de tion de Saint-Maur), avec des notes Polyen sònt devenus, comme les et la version de Frontin, par d'AHistoires diverses d’Ælien, un livre blancourt , Paris 1739, 2 vol. innécessaire pour la connaissance de 12.-Cicéron, dans ses Questions l'histoire. Ces deux écrivains ont académiques , parle d'un autre Poencore entre eux ce trait de res- LYEN , géomètre profond , qui finit semblance, qu'ils ont compilé, sans par soutenir , avec Epicure, la fausgoût et sansjugement, les livres qu'ils seté de la science à laquelle il s'était ayaient sous les yeux. Polyen, ou- appliqué la moitié de sa vie. Z. bliant son titre, met au nombre POLYGNOTE DE THASOS, des stratagèmes , tantôt des apoph- peintre grec, florissait vers la xco. tegmes, tantôt des actions qui n'ont olympiade, et fut un des premiers rien de commun avec ce qui méri- qui fit prendre à son art un dévelopte véritablement ce nom ; quelque- pement remarquable; ce que Théofois il rapporte, sous ce titre, des phraste a voulu , sans doute, expritraits de bassesse dignes des plus mer , en lui attribuant l'honneur vils esclaves, ou des actions que le d'avoir inventé la peinture. En effet, soin de sa propre conservation peut on compte antérieurement plusieurs inspirer à l'homme le plus borné; peintres monochromes; lui - même d'autres fois il vous donne pour des fut élève de son père Aglaophon, stratagèmes, des injustices atroces, qui paraît avoir connu le secret des des injures , des actes de cruauté qui couleurs : mais on ne se servit long

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