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avec le père Vavasseur, d'avoir écar- et à Utrecht, par les soins de M. de té des morceaux obscènes ; inais il Bosch , avec des Appendices et l'exen produit qui le sont davantage, et il cellente traduction en vers latins, ensupprimequi nelesont pas du tout, de Hugues Grotius, 5 vol. in - 40., Brunck lui fait ces deux reproches, dont le dernier vient de paraître en et n'hésite point à dire que cette in- 1822. Planude, outre cetie compilaforme compila ion a été préjudicia- tion fameuse, outre les Fables et ble au progrès des bonnes études. la Vie d'Esope, a laissé beaucoup d'éD'importantes additions y ont été crits, dont les uns sont de simples faites par Henri Estienne, Saumaise, versions de livres latins en langue et d'autres savants : on a d'ailleurs grecque, et les antres des composi. retrouvé à Heidelberg l’Anthologie tions originales. On connaissait, dede Céphalas, que Planude avaittant puis 1495, sa traduction , en vers mutilée. Par ces moyens , les éditions grecs, des Distiques moraux de Cade l'Anthologie grecque se sont suc- ton, souvent réimprimée jusqu'en cessivement ainéliorées. La première 1554 ct 1759; mais les Métamor, est de 1494, à Florence, in-4o., en phoses d'Ovide, traduites par Plalettres capitales ; c'est le Recueil de nude, en prose grecque , viennent Planude, revu par J. Lascaris. Ce d'être publiés pour la première fois même Recueil fut réimprimé in-8°. en 1822, enrichies d'une Préface et par les Aldes, en 1503, 1514, 1550; de Notes savantes, par M. Boissonapar les Juntes, en 1519; et in-folio, de, en un vol. in-8°., qui fait partie en 1566, par Henri Estienne, avec de la collection des classiques latins des notes qni se retrouvent, ainsi que de M. Le Maire. M. Boissonade ne celles de Brodeau et de V.Opsopæus, dissimule point les défauts de cette dans l'édition donnée à Francfort en version : Planude n'ayant qu'une 1600. L'Anthologiede Céphalas parut mauvaise copie du texte latin, ne l'a à Rotterdam, en 1742; puis, avec une pas toujours bien entendu. Un Fragversion latine et les notes de Reiske, ment de Cicéron, sur la mémoire, à Leipzig, en 1754. Brunck, en 1774, traduit par lui en grec, a été impublia ses Analecta veterum poë primé en 1810; mais on a jusqu'ici tarum græcorum, à Strasbourg, en laissé manuscrites les versions, qu'il 3 vol. in-8°., recueil disposé dans a pareillement faites des Héroïdes un nouvel ordre, et plus riche que les d'Ovide, du Songe de Scipion, de précédents. On doit à M. Jacobs une la Guerre des Gaules de Jules-César Anthologie grecque, d'après le travail (1), de la Consolation de Boèce, de de Brunck (5 vol. in-8°.); des remar- la Grammaire de Donat, de la Cité ques sur les pièces contenues dans de Dieu de saint Augustin, ct des cette collection (8 vol. in-80.), et quinze livres du même docteur sur enfin 4 vol. ( du même format ), in- la Trinité. On cite de plus, un traité titulés : Anthologia greca ad fidem d'Aristote sur les plantes, remis en codicis olim palatini nunc primùm grec par l'infatigable moine , d'après edita, cum supplementis Antholo- une version orientale. Les ouvrages giæ Planudeæ. Les sept livres de Pla.' dont il est l'auteur original peuvent nude ont été réimprimés à Naples avec une version italienne de Gae- , (1) La version grecque jointe à quelques éditions

de César, n'est pas celle de Planude (V. CÉSAR , tano Carcani, 7 vol.in-4°., 1788-96; VII, 573 et 574 ).

se diviser en trois classes, selon et qui ne s'appliquent qu'aux deux qu'ils appartiennent à la théologie, premiers livres. Elles contiennent aux sciences, ou aux belles-lettrcs; beaucoup d'inepties, comme l'ont car il a cultivé presque tous les gen- nontré Xylander et Méziriac. On ne res de connaissances. Comme théo- saurait accorder une pleine confiance logien, il a composé trois livres sur à ce quePlanude rapporte des calculs la Procession du Saint-Esprit, con- usités chez les Indiens; mais il a pastre la doctrine de l'Église latine. Il sé, quoique fort mal-à-propos, pour s'était d'abord montré partisan de le premier qui ait fait, en Europe, cette doctrine, ce qui avait fort déplu usage des chiffres arabes ; ils avaient à l'empereur, qui, dit-on, le fit alors été introduits, dès l'an 1202, en Itajeter dans un cachot. Pour recou- lie, par Léonard de Pise ( V. FIBOvrer sa liberté et rentrer en grâce, NaCCi, tom. xiv, p. 481 ). C'est sans il se mit à réfuter ce qu'il avait pro- doute à cette science, ou à d'autres fessé, et ne sut employer que des ar- 'branches des mathématiques, que gunents d'une faiblesse extrême, tiepnent ses problèmes manuscrits. ainsi qu'il arrive ordinairement en Il paraît s’être occupé aussi, et des pareil cas : c'était du moins le juge- figures du soleil et de la lune, et ment qu'en portait le cardinal Bes- des couleurs, et des noms des anisarion, dans le siècle suivant ; Ra- maux. Ses Opuscules sur ces matiem phaël Maffei de Volterra nous ap- res , sont à peine indiqués dans les prend ces détails. Arcudius n'en a pas Catalogues des bibliothèques manusinoins inséré cet ouvrage théologique crites. Il en est de même de la plude Planude, dans un Recueil publié part de ses livres de grammaire et en 1630, in-4o. On a imprimé aussi de littérature. La bibliothèque du son Sermon sur saint Pierre et saint Roi, à Paris, possède son Dialogue Paul, parmi les OEuvres de saint Gré- intitulé : Neophron et Palætimus, goire de Nysse, et une version latine indiqué par Villoison , et roulant sur de son Discours sur le Tombeau de des questions grammaticales. AilJ.-C., au tom. XXvii de la Bibliothè- leurs, on a de lui une Grammaire que des Pères:ses autres prédications abrégée; ailleurs, un Commentaire concernaient la Prière, la Vérité, les sur la Rhétorique d'Hermogène. On vertus de quelques martyrs; elles sont lui attribue encore des Énigmes, une restées manuscrites, ainsi que plu- Comparaison de l'hiver et du prinsieurs inscriptions pieuses, une vie temps, une Paraphrase des Caracd'Arsène, patriarche de Constanti- ières de Théophraste, des Remar110ple, et un Recueil de Canons. ques sur l'histoire de la guerre de C'est dans le Panegyrique du martyr Troie , par Dictys de Crète ; des Diomede, que Planude se dit né à Additions à la bibliothèque de PhoNicomédie, ainsi que M. Boisso- tius, et trois centuries d'Adages. Ennade l’a reinarqué le premier. Dans fiu, Lambecius ( Biblioth. Cæsar., les sciences , sou plus important lib. iv) indique un manuscrit contetravail consistait, à ce qu'il sem- nant soixante-douze Épîtres de Plable , en scholies sur l'arithméti- nude : la première est celle dont que de Diophante ; ce sont probablement celles qui ont été publiécs

(2) La figure des chiffres de Flanude est gravée

dans l'Hist. des mathématiques de Montucla.

nous avons fait inention au com- en 1936, il eut une compagnie dans mencement de cet article. Tous ces un régiment de cuirassiers, et fut travaux supposent une laborieuse créé chevalier de Saint-Jean, probaactivité, une facilité peu commune, blement aussi par égard pour le père; une instruction variée , et sinon pro- car Platen le fils n'avait encore rien fonde, du moins assez étendue. Dans fait qui méritât cette distinction. Co cette longne liste de productions, fut seulement en 1741 qu'eut lieu sa il n'y a pas un seul bon ouvrage. première campagne, en Silésie; au Planude ne perfectionne rien; tou- combat de Gotusitz, il gagna l'or. jours pressé de finir, il n'apporte dre du Mérite et le grade de major: nulle part d'exactitude. S'il rencon- trois ans après il fit la campagne de tre des difficultés, il les élude par Bohème et de la Haute - Silésie, et des omissions, ainsi que l'a remar- fut nommé ensuite lieutenant - coqué Brunck, par rapport à l'Antho- lonel et commandant en second des logie : Quùm ea (Carmina) è libro dragons de Norrmann, puis comparum emendato describeret,omnia, mandant des dragons de Langerquce legendi difficultate festinanti mann; et , après avoir aidé à repousmoram injiciebant, prætermittebat, ser les Autrichiens auprès de Friedconsutis hiulcis et incohærentibus land, en Bohème, il devint, en distichis. Peu d'auteurs, même au 1757, major-général, et commanda moyen âge, ont montré moins de dis- son régiment à la bataille de Grosscernement et de critique; il n'a ni Jægerndorf. Envoyé depuis contre goût, ni véritable talent, pas même les Suédois en Pomeranie, il prit autant qu'il en faut auxcompilateurs: part au blocus de Stralsund. De là, et néanmoins, deux de ses Recueils, il se tourna contre les Russes , et se son Anthologie, et ses Fables d'Eso- battit contre cux à Zorndorf, avec pe, ont acquis, au renouvellement des ses deux fils, dont l'un fut tué, et lettres, une vogue qu'ils n'ont pas en- l'autre blessé grièvement. Il délogea core perdue. Il est vrai que son nom ensuite les Russes de plusieurs posest demeuré assez obscur : on n'a fait tes, tels que Galnow et Greiffenberg: aucune recherche sur les circons- revenant aux Suédois, il leur prit tances de sa vie; et Possevin les a si Prenzlow, Pasewalk, et contribua à la mal connues, qu'il le fait vivre au prise de Demmin. Nommélieutenanttemps du concile de Bâle : l'erreur général, il fut chargé du commanest à-peu-près d'un siècle. D-nóv. dement de la cavalerie , à l'armée du

PLAT ou PLAET ( Josse LE ). prince Henri, en Saxe. Il occupa V. LEPLAT.

Bamberg, et prit part à la bataille PLATEL, V. NORBERT.

de Kunnersdorf. En 1760 , il fit par PLATEN (DUBISLAV - FRÉDÉRIC tie du corps d'armée envoyé du côDe), fils d'un colonel qui avait servi té de la Prusse, pour empêcher les en Prusse avec beaucoup de distinc incursions des Russes. Puis, repastion, naquit en 1714: il n'avait pas sant à l'armée du prince Henri, il encore dix ans , lorsqu'en considéra. couvrit la Silésie, et combattit à Tortion des services du père, le roi le fit gau , sous les yeux du roi. Chargé, cornette, suivant les prérogatives par ce prince, de traverser l'Oder, qu'avait alors la noblesse prussienne. pour détruire, en Pologne , les maEn 1729, il était déjà licutenant: gasins russes, il exécuta cet ordre

avec une célérité et une audace sur l'âge de vingt ans. Il se rendit enprenantes , enlevant, au couvent suite à Montpellier, parcourut la de Gostin, un convoi de cinq mille France et une partie de l'Allemagne, charettes, faisant prisonniers deux et revint, en 1560, à Bâle, riche mille hoinmes , après en avoir tué d'une foule de connaissances acquises cinq cents; brûlant un grand ma- dans ses voyages. Nommé archiâtre gasin à Gostin même, et un autre et professeur de médecine pratique, à Posen. Il délogea ensuite l'ennemi il remplit cette double charge, avec de Landsberg , et s'empara de la tê. succès, pendant cinquante - quatre te du pont de la Persante, à Kæslin; ans. Sa réputation attirait à ses de là il passa un défilé auprès du leçons une foule d'élèves des pays village de Spie, malgré la canonna- étrangers ; et, malgré les soins de des Russes; traversa tout le villa- qu'il donnait à l'enseignement, il ge incendié, et opéra sa jonction trouvait encore le loisir de réponavec le duc de Würtemberg ,' qui dre aux consultations qu'on lui avait le plus grand besoin de secours. adressait de toutes parts. PluEn 1762, il fit la campagne de Saxe, sieurs personnes du plus haut rang , dans l'armée du prince Henri, mais à qui ses conseils avaient été utiles sans avoir occasion de se distinguer dans des maladies dangereuses, cherDans la guerre de la succession de Ba- chèrent à l'attirer par des offres vière, il commanda , sous le même avantageuses à sa fortune. Mais prince, un corps de Prussiens et de son désintéressement le fit résister Saxons, avec lequel il pénétra jus- à toutes les sollicitations; et il véqu'aux environs de Prague , répan-. cut tranquille et considéré, au midant la terreur sur son passage. Ce lieu de ses concitoyens , auxquels il fut la fin de ses exploits militaires. avait eu le bonheur de rendre d'imIl fut laissé sans nouvelle desti- portants services, surtout à l'époque nation, jusqu'à l'avénement de Fré. des fièvres pestilentielles qui désodéric-Guillaume, qui lui présenta lèrent une partie de la Suisse , en la décoration de l'Aigle-rouge, en 1564 et en 1610. Plater mourut dans disant que c'était s'y prendre tard, sa patrie, le 28 juillet 1614, sans mais que du moins il prouvait qu'il laisser d'enfants d'un mariage qu'il savait apprécier le mérite. Le nou- - avait contracté dans sa jeunesse, et veau roi le nomma aussi gouverneur qui l'avait rendu constamment heude Konigsberg, et le fit, en 1787, reux. Il avait établi à Bâle un jargénéral de la cavalerie: Platen mou- din botanique , dont il abandonnait rut un mois après sa nomination, la disposition à ses élèves; et il avait ayant servi pendant soixante-cinq formé un riche cabinet d'histoire ans. Il avait épousé, en 1738, la fille naturelle , qui a subsisté jusqu'à l'exde Gocceii, grand-chancelier de Fré- tinction de sa famille. On a de lui déric II.

D-G. plusieurs ouvrages, dont on peut voir PLATER (Félix), médecin, né les titres dans le Dictionnaire de à Bâle, en 1536, fils du recteur du médecine d'Eloy , et dans lAthegyinnase de cette ville, s'appliqua, raurice,p. 182. Les principaux dès sa première jeunesse, à l'étude sont : I. De corporis humani strucde l'art de guérir, avec tant de suc- turá ct usu libri tres, Bâle , 1583 , cès, qu'il fut admis au doctorat à in-fol. ;ibidem, 1603, même format. La plupart des planches qui décorent conserve encore le manuscrit du Jour. ce volume, sont tirées de Vésale et nal de ses voyages; ouvrage curieux, de Goiter; celles qui concernent l'or- rempli de dessins, de cartes et de gane de l'ouie et de la vue, sont les plans tracés de sa main. - PLATER seules qui appartiennent à Plater. II. (Félix II), fils du précédent(1), naquit De mulierum partibus genitalibus, en 1605: après avoir fait ses études ibid., 1586, in - 40.; Štrasbourg, et reçu le grade de docteur en philo1597, in-fol. III. Praxeos medicæ sophie, il résolut, à l'exemple de son tomi tres, Bâle, 1602, in-8°. Cette oncle et de son père, de cultiver la Pratique a souvent été réimprimée: médecine. Il visita les plus célèbres la meilleure édition est celle qu'E- universités de France, d'Angleterre manuel Kønig a donnée, en 1936, et de Hollande, et, de retour à Bâle, in-4°., avec une Préface. IV. Obser- en 1629, y prit le bonnet de docvationum libri tres, ibid., 1614, teur. Cependant il accepta, l'année in-8°.; réimprimé, avec des addi- suivante, la chaire de logique, et, tions, en 1641 et en 1680, même trois ans après, celle de physique. format. Ce Recueil contient des re- Mais il ne tarda pas de renoncer à marques utiles , et qui confirment l'enseignement pour se livrer tout que l'auteur était un excellent pra- entier à la pratique médicale. En ticien ; mais on regrette d'y lire .1656, il fut nommé archiâtre de la un grand nombre de formules qui ville de Bâle; et, en 1664, il fut reçu ne peuvent plus être d'aucun usage. sénateur. Ce médecin n'employait la Sa Vie, écrite par lui-même, avec saignée que très-rarement ; et il ne un très-grand détail, se conserve en prescrivait jamais à ses malades que manuscrit, et se trouvait, en 1785, des remèdes faciles à préparer : ausdans la bibliothèque du docteur Pas- si remarque-t-on qu'il ne fut aimé ni savant, de Bâle, l'un de ses descen- des chirurgiens ni des apothicaires. dants. —PLATER (Thomas), frère Il mourut le 3 juin 1671. On a de lui du précédent, né en 1574, était une Centurie de questions médicaen bas âge , qnand son père mou- les, et un grand nombre de Thèses, rut. Félix, son frère, prit soin de dont on trouvera les titres dans les son éducation, et le regarda tou. Athenæ rauricæ, p. 339.-PLATER jours comme son fils. Après avoir (François ), le plus jeune des fils achevé ses études médicales avec suc du précédent , et le dernier rejeton cès, il se livra particulièrement à d'une famille recommandable, moul'histoire naturelle , donnant à cette rut à Bâle, le 17 novembre 1711, science tous les moments qu'il poule après avoir exercé la médecine, penvait dérober à ses occupations. Nom- dant quarante-ans, avec beaucoup mé, en 1614, professeur d'anatomie de succès. — PLATER ( Félix III), et de botanique à l'académie de Bâle, lieutenant-colonel au service de Franil obtint, en 1625, la chaire de mé- ce, a laissé, manuscrits, des Mémoidecine pratique, et mourut le jer. res de sa vie, en un vol. in-4°., que décembre 1628. On lui doit une édi- Haller dit être fort curieux. W-s. tion du Traité de pratique de son

quelques corrections et additions, i

(1) La conformité des noms du père et des enfants a tellement fatigué le médecin Lloy, qu'il n'a jamais pu établir d'une manière claire la généalogie de cette. famille. Voy. le Dict, de médec, au mot Plater

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