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ils décernèrent à Poleni une statue, l'empereur , qu'il brisa la sienne, et qui fut l'un des premiers ouvrages ne la voulut plus jamais rétablir. de Canova. Une médaille a aussi été II. Dialogus de vorticibus coelesticonsacrée à sa mémoire par ordre bus , ibid., 1712, in-40. C'est un du sénat de Venise. Les talents de traité des tourbillons. Il essaie d'y Poleni l'avaient fait admettre dans donner, par le moyen de cette hypotoutes les sociétés littéraires d'Ita- thèse, une explication satisfaisante lie : il était, en outre, membre des des phénomènes astronomiques, non académies des sciences de France, dans la prétention d'assurer la véd'Angleterre, de Prusse , de Russie, rité ou la fausseté de l'hypothèse, etc. Sa douceur, sa modestie et son mais pour ouvrir la voie à la recherextrême obligeance lui avaient pro- che de la vérité. Il avait retouché curé de nombreux amis : il avait depuis cet ouvrage, et il se propobeaucoup d'élevation dans l'esprit, sait d'en donner une nouvelle édition; de constance , de fermeté, de fran- mais ses occupations l'obligèrent de chise dans le caractère ; et il était renoncer à ce projet. III. De Phyplein de candeur et de piété. On a sices in rebus mathematicis utilitate de Poleni : I. Miscellanea : de bar oratio , ibid., 1716 , in-46. ; réimrometris et thermometris; de ma- primée avec des Observations sur l'échina quadam arithmetica ; de sec- clipse de lune de 1920, ibid. ; et intionibus conicis in horologiis solari- sérée par J. Erhard Kapp, dans les bus describendis , Padoue, 1709, Clariss. virorum orationes selectæ, in-4°. Ce Recueil contient une Dis- Leipzig, 1722. IV. De motu aquæ sertation sur les haromètres (3) et mixto libri duo ; quibus nonnulla les thermomètres, dans laquelle il nova pertinentia ad æstuaria , ad propose plusieurs moyens de les portus atque flumina continentur , construire et de les graduer pour ibid., 1717, in-4°. Cet ouvrage, éviter les défauts qu'il y avait re- dit Grandjean de Fouchy , fut un marqués ; une méthode de décrire grand pas vers la perfection de la les sections coniques qui représen- science des eaux. V. De castellis tent les arcs des signes dans les ca- per quæ derivantur aquæ fluviorum, drans ; et la description d'une ma- etc. , ibid., 1918, in-40. L'auteur chine arithmétique , qu'il avait rapporte, dans cet ouvrage, un grand imaginée , sur ce qu'il avait ouï nombre d'expériences intéressantes dire de celles de Pascal et de Leib-, sur le mouvement des eaux. Monnitz. Mais, ajoute Grandjean de tucla en a cité quelques - unes dans Fouchy, quoique cette machine fût l'Hist. des Mathématiques, in, 684 très-simple, et d'un usage facile , il et suiv. VI. Prælectio de Mathesis n'eût pas plutôt cntendu parler de utilitate , ibid., 1920, in-4°. VII. celle que Brauer, célèbre mécani- L. Jul. Frontini de aquæductibus cien de Vienne, avait présentée à urbis Romæ Commentarius restitu

- tus atque explicatus , ibid., 1722,

in-4°. , avec 15 pl. Les corrections téraire d'Italie, une seconde Dissertation sur le baromètre. Ce journal, ainsi que les Acta Lipsensia ; sactions philosophiques contiennent d'autres mor

ont été reproduites par Adler, dans

l'édition qu'il en a donnée , Altona, parce qu'il suffit d'indiquer aux curieux les ouvrages où ils pourront les trouver.

1792, in-8°.; et M. Rondelet en a

(3) Poleni donna, en 1971, dans le Journal lit

les Mém. de l'académie de Pétersbourg , et les Tran

ceaux de Poleni, dont on ne donne pas les titres,

adopté plusieurs dans sa traduction costumi del signor Giov. Poleni, du Commentaire sur les aqueducs Padoue, 1962, in-40.; et son Élode Rome, Paris, 1820, in-4°., avec ge, par Grandjean de Fouchy , dans atlas ( V. FRONTIN). VIII. Ad ab- le Recueil de l'acad. des sciences, batem Grandum (Grandi) epistolæ année 1963, et par Fabroni, Viduæ de telluris formå; observatio Italorum , X11, 2. W-S... eclipsis lunaris Patavii anno 1723; POLENTA (GUIDO NOVELLO DE), et de causa motús musculorum , Pa- souverain de Ravenne , depuis l'an doue , 1724, in-4°. IX. Ad Joan. 1375, appartenait à une illustre maiJacob. Marinonum epistola in quá son de cette ville, qui , élevée par la agitur de solis defectu anno 1724, faveur du parti Gibelin , y avait Patavii observato, Vienne, 1725, acquis de bonne heure une haute in - 4o. ; inséré dans les Acta erudi- considération. Elle avait eu pour tor. Lipsensium, même année. X. chef, pendant le règne de Frédéric Epistolarum mathematicarum fas. II, un Guido l'Ancien, rival de Paul ciculus , Padoue, 1728, in-4°. Po- Traversari, qui fut tour-à-tour à la lenijoignit à ce Recueil un petit traité tête du gouvernement, ou à la tête devenu très-rare, de la Mesure des des exilés, durant la première moitié eaux, par Jean Buteo. XI. Utrius- du treizième siècle. "Guido Novello que Thesauri antiquitatum Roma- conserva , près de cinquante ans , narum Græcarumque supplementa, l'autorité suprême : illa partageait Venise , 1735, 5 vol. in-fol. Ce Re- avec ses deux fils, Ostasio et Ramcueil, qui fait suite à ceux de Grævius bert. Il avait marié sa fille Franet de Gronovius, est assez rare en çoise à Jean Malatesti , l'un des seiFrance. Sur 66 pièces qu'il renferme, gneurs de Rimini. Cette princesse , les tomes iv et v en contiennent plu- séduite par son beau - frère, fut sieurs qui étaient inédites. XII. Exer- poignardée par son mari ( V. Macitationes Vitruvianæ, seu commen. latestino MALATESTI , XXVI, 322). tarius criticus de Vitruvii architec- Le Dante l'a rendue à jamais célèbre turá, ibid., 1939, in-fol. min. (V. sous le nom de Françoise de Rimini, VITRUVE.) XIII. Dissertazione so. en peignant, avec un charme inimi. pra il tempio di Diana di Efeso, table , son amour et ses malheurs, dansle Recueil de l'académie de Cor- qu'il lui fait raconter à elle-même. tone, Vienne, 1742, tome ir, part. Ce poète s'était retiré à la cour de II. Cette savante Dissertation éprou- Guido de Polenta : il y mourut, en va quelques critiques de la part d'un 1321; et Guido ne lui survécut pas anonyme ; mais on lui répondit so- long-temps. Il fut capitaine du peuple lidement dans le Journal des Sa- à Bologne, en 1322, et mourut l'anvants , juillet , 1748. XIV. Memo- née suivante. Il cultivait fai - même rie istoriche della gran cuppola della poésie ; et l'on trouve de ses rime tempio Vaticano, Padoue, 1748, dans le recueil d’Allatius, dans la gr. in-fol. avec 25 pl. C'est le récit Poetica de Trissin, etc. Voyez les des moyens employés par Poleni Scrittori Ravennati de Ginanni , t. pour prévenir la dégradation du dô. 2. pag. 212 et suiv. S.S-I. me de Saint Pierre. On peut consul- POLENTA (Ostasio Ier. ) fut seiter, pour plus de détails sur ce sayaut: gneur de Ravenne et de Cervia, de Memorie per la vita , gli studj e 1322 à 1346. Guido Novello, son

père, lui avait laissé la seigneurie de le troisième, était resté sans apanaCervia , ordonnant que celle de Ra- ge. Les deux derniers, mécontents de venne fût partagée entre les deux ce partage , conjurèrent contre leur Gils de Rambert, Guido le Jeune, et frère aîné. Lambert le fit avertir de Renaud , dont le dernier avait été se rendre en toute hâte à Cervia pour nommé, cette même année, arche- y recevoir les derniers soupirs de vêque de Ravenne. Mais Ostasio ne Pandolfe, qu'il assurait être à toute voulut point se contenter de ce parta: extrémité. Bernardino accourut, le 3 ge : il profita de l'absence du jeune avril 1347. A son arrivée, il fut jeté Guido , alors podestat à Bologne, dans un cachot; et ses frères n'eurent pour rendre visite à son neveu Re alors pas de peine à se faire ouvrir naud; et, au milieu des fêtes que ce- les portes de Ravenne , où ils furent lui-ci avait ordonnées pour sa ré- proclamés seigneurs. Cependant les ception, il le poignarda, et s'einpa- autres princes de Romagne s'entrera de la souveraineté. Le règne des mirent pour les réconcilier ; on seigneurs de Ravenne ne présente rendit la liberté à Bernardino, le 24 guère d'autres événements que les juin, et il jura d'oublier cette in, conspirations et les trahisons par jure. Mais Bernardino n'observa ce lesquelles ils s'enlevèrent successive- serment que jusqu'au 7 septembre ment la couronne. Ostasio de Polen- suivant, où il fit arrêter ses deu.s ta, reconnu par l'Eglise comme frères , qui furent jetés dans les prince feudataire du Saint-Siege, cachots de Cervia où il avait été fut un des seigneurs de Romagne détenu: au bout de peu de temps, faits prisonniers devant Ferrare, le ils furent mis à mort. Tout le règne 14 avril 1333, lorsque l'armée du de Bernardino répondit à ces odieux légat Bertrand Du Pouget fut dé- commencements. Il accabla ses sufaite par les marquis d'Este. Peu de jets d'impôts inconnus jusqu'à lui; temps après, ces marquis le remis il donna l'exemple de la plus scanrent en liberté sans rançon; et il daleuse débauche, et attira sur ses en profita pour faire révolter contre états, par son incontinence, les l'Église , au mois d'octobre de la dévastations de l'armée d'aventu. même année, Ravenne, Cervia et turiers allemands qu'on nommait la Bertinoro. Son indépendance fut grande compagnie : elle vengeait la assurée par les revers qu'éprouva le mort d'une comtesse allemande, qui, légat du pape. Il demeura l'allié des passant à Ravenne en pélerine pour marquis d'Este, et l'ennemi de l’É se rendre au jubilé de Rome en 1350, glise, jusqu'au 14 novembre 1346, avait été enlevée par le tyran, et n'aqu'il mourut étouffé par la vapeur vait pu se dérober à ses entreprises des charbons allumés dans son ap- que par une mort volontaire. La partement.

S. S-1. cruauté de Bernardino égalait sa déPOLENTA (BERNARDINO ), fils ct pravation. Des sentences d'exil et de. successeur d’Ostasio Ier., fut scigneur proscription frappaient successivede Ravenne, de 1346 à 1359. Ostasio ment tout ce qu'il comptait de disJer, de Polenta avait laissé trois fils: à tingué dans ses états; et le reste de l'aîné Bernardino, il avait assigné le 'Italie était plein de malheureux qu'il gouvernement de Rayenne; à Pan- avait chassés, après avoir envoyé dolfe celui de Cervia; et Lambert, au supplice les chefs de leurs fa

XXXV.

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à la tête de la traduction du Traité la vie et les ouvrages de Polentone , des bienfaits, par Benoît Varchi, chancelier de Padoue, et le restauFlorence, 1574, in-8°.;- la Vie rateur de l'histoire littéraire en Itade Pétrarque, publiée par Tomasi- lie. Mehus a relevé beaucoup d'erni, dans le Petrarcha redivivus; et reurs dans cette pièce ( Voyez ses celle d'Albert Mussato, insérée, par Notes sur Polentone, dans l'édition Muratori, dans le tome x des Scrip- qu'il a donnée des Lettres d'Amtor. rerum italicarum. Les autres broise le Camaldule ). W-s. ouvrages de Polentone les plus re- POLHEM (CHRISTUPIE), mécamarquables, sont: I. Vita sive le- nicien suédois, naquit, en 1661 , à genda mirabilis sancti Antonii de Visby, en Gotland. Après avoir lutPadud, confessoris Christi (Pa- té long - temps contre les obstacles doue), 1476, in - 40., très - rare qui s'opposaient à ses efforts pour ( Voy. le Cat. de Gaignat, 2794), développer le talent dont la nature II. Argumenta aliquot orationum l'avait doué, il parvint à faire des Ciceronis, imprimé à la suite des études, et à fixer l'attention du gouCommentaires d'Asconius Pedianus vernement. Charles XI le fit voyasur les discours de Cicéron, Venise, ger; il parcourut plusieurs pays, et 1477 (éd. princeps); et Lyon ,1554, s'arrêta quelque temps à Paris, où il in-fol. III. Catinia a Giacomo Ba- travailla à une pendule très -artistedoaro Perugino, comedia, scritta in ment composée, et qui devait être prosa volgare, Trente , 1482, in- envoyée au sultan de Constantinople. 40., très-rare. Polentone avait com- Plusieurs incidents l'empêchèrent posé cette pièce en latin, et l'avait, d'achever cette pendule, dont il fit dit-on, intitulée : Lusus ebriorum. ensuite passer le modèle de Suède, Elle a été traduite, par l'un de ses fils, après son retour dans ce pays. Le dans un dialecte qui tient du vénitien roi d'Angleterre, George Ier., l'ayant et du padovan. Catinio est le nom appelé dans ses états d'Hanovre , du principal personnage. Cet ouvra- pour perfectionnerles établissements ge, dans lequel on n'aperçoit au- des mines du Hartz, il s'y rendit, et cune division d'actes ni de scènes, parvint à exécuter plusicurs travaux est, selon Apostolo Zeno, la plus importants. On voulut l'engager à se ancienne comédie en prose italienne, fixer en Allemagne; mais il retourna qui ait été imprimée (Voy. les Notes en Suède, et préféra de servir sa pa. d'Apostolo Zeno sur la Biblioth. de trie. Un grand nombre d'inventions, Fontanini, 1, 358). On cite encore de aussi ingénieuses qu’utiles pour la Polentone différents ouvrages restés construction des hauts fourneaux et en manuscrit : Exemplorum memo- pour celle des aqueducs, pour l'exrabilium libri vi; un Traité de la traction du minérai, pour le défriConfession; un Livre contre les chement des marais et des bois, pour joueurs, etc. On peut consulter, l'entretien des digues et des ports, pour plus de détails, l'Historia gym. furent les fruits des savantes médimas. Patavini de Papadopoli, et la tations et des combinaisons profonBibl. mediæ et infiinæ latinitatis des de Polhem. Il signala surtout la de Fabricius. Jean Érard Kapp, dont hardiesse de son génie et l'étendue on a déjà parlé, a publié, à Leipzig, de ses conceptions, dans le plan qu'il 1933, in-4°., une Dissertation sur donna pour la construction du canal

de Trollhaetta et du bassin de répa- nieur dans le corps qui s'avançait ration de Carlscrona. Les travaux contre le nabab. Au retour de la du canal ne furent pas conduits dans campagne, il fut chargé de l'inspecleur ensemble avec assez de précau- tion des travaux auxqnels on em. tion; et la violence des eaux trompa ployait les troupes inactives, et, pos. les calculs du mécanicien : mais le férieurement, de ceux de Calcutta : il bassin fut achevé, et fait encore l'ad- parvint, en 1962, au rang d'ingémiration de ceux qui l'examinent. nieur en chef. Cet emploi lui fut enPolhem fut comblé de distinctions levé deux après, par un officier anpar le gouvernement de son pays. Il glais, nouvellement arrivé d'Europe. obtint des lettres de noblesse, le titre Če passe-droit ne diminua rien du de conseiller de commerce, et fut zèle de Polier, qui fit la campagne créé commandeur de l'ordre de l'É- contre Souja-oul-Doula , et contre toile polaire. L'académie des scien- les Marattes, accompagna , comme ces de Stockholm le plaça parmi ses major, l'armée de Clive, y commanmembres, et reçut de lui plusieurs da un corps de cipayes , et s'acquit Mémoires intéressants. Il parvint à si bien la confiance de ce général , l'âge de quatre - vingt - neuf ans, et qu'il fut de nouveau ingénieur en mourut le 31 août 1751. Son Eloge chef de Calcutta, et commandant des fut prononcé à l'académie, par le să- troupes de la garnison. Mais en Euvant mathématicien Samuel Klin- rope, les services de Polier n'étaient genstierna.

C-AU. pas appréciés comme en Asie. Au · POLICLETE. V. POLYGLÈTE. . lieu de lui expédier le brevet de lieu

POLIDORE. V. CARAVAGE. tenant-colonel, qu'il attendait , les · POLIER ( ANTOINE-Louis-Hen-, directeurs de la compagnie envoyéRI DE), colonel dans l'Inde , mem- rent un ordre de retarder son avanbre de la société asiatique de Calcut- cement, sous le prétexte qu'il n'était la , naquit à Lausanne en février pas né anglais. Il sentit vivement 1741, d'une famille noble de Fran. Cette injustice, malgré les adoucissece, naturalisée depuis long-temps ments dont on l'enveloppa; et, proen Suisse. Le desir de voir l'Asie le fitant de la bonne volonté du goufit profiter , en 1956, d'une oc- verneur-général Hastings , qui, avec casion de passer en Angleterre, le conseil du Bengale, avait fait les où il s'embarqua l'année suivante plus fortes représentations en sa fapour l'Inde. Il y allait rejoindre un veur, il accepta la place d'architecte de ses oncles, commandant à Cal- et d'ingénieur en chef de Souja-oulcutta; mais en arrivant dans cette Doula, devenu l'allié des Anglais. ville, en 1958, il apprit que cet on- Polier, s'étant établi à Feizabad, y cle avait été tué peu de temps aupa- adopta les coutumes et les usages des ravaut en défendant la place. Alors Indous , avec lesquels il vivait, ce Polier entra comme cadet au service qui lui gagna entièrement leur affecde la compagnie anglaise; fit d'abord tion. Souja-oul-Doula était d'une la guerre contre les Français, sur la humeur guerrière. Il prit Polier avec côte d'Orixa , puis marcha dans le Jui dans ses expéditions contre d'auBengalc, pour combattre les radjahs. tres princes du pays. Un de ses alSes connaissances en mathématiques liés , auquel il avait fourni des troului valurent ensuite une place d'ingé- pes, faisait inutilement le siége d’A- .

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