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veilles, quand ils reçurent du Saint- grands événements. Nous savons seuSiège des témoignages flatteurs lement que le père Louis de Poix d'une approbation authentique et mourut dans son couvent de la rue solennelle. Benoît XIV les félicita Saint-Honoré, en 1982.Ce religieux, par un bref du g ayril 1955. Clé- et ses confrères Séraphin de Paris, ment XIII adressa quatre brefs très- Jérôme d'Arras, etc., ont publié suchonorables au père Louis de Poix et cessivement : 1. Prières que Nerses, à ses trois collaborateurs. Le régi- patriarche des Arméniens, fit à la me de l'ordre de saint François, gloire de Dieu , pour toute ame fiqui les avait sollicités, se glorifia dèle à J.-C. (1190), latin-franhautement de cette marque de la cais, réimprimé à la suite du . bienveillance pontificale. En 1768, moire. II. Principes discutéspour fa. parut le fameux Mémoire dans ciliter l'intelligence des livres prolequel on propose un établisse- phétiques, et spécialement des Psaument, qui, sans être à charge à mes, relativement à la langue origiľÉtat , rendra des services essen- nale, Paris, 1955-64, 16 vol. in-12tiels à l Église, deviendra utile aux On y a inséré plusieurs D'issertations savants et aux gens de lettres, et sur les lettres de l'abbé de Villefroy, contribuera à la gloire de la na. dans lesquelles il est traité de la contion. Ce Mémoire , rédigé par le P. duite de Dieu à l'égard de son Église Louis de Poix , est divisé en sept ar- depuis le commencement du monde. ticles : 1°. Les capucins devaient On y trouve aussi les Réponses des cafaire des additions très-importantes pucins à leurs antagonistes. C'est le à la polyglotte d'Angleterre ; 2°. re- fruit de plus de vingt années de trachercher soigneusement tout ce qui vail. III. Psalmorum versio nova, peut intéresser les églises d'Orient; ex hebræo fonte ; cum argumentis 3°. traiter à fond l'histoire, les cou- et notis quibus duplex eorum sensus tumes et les religions de tous les peu- litteralis, imò et moralis, exponun. ples de l'Asie ; 4o. former des sujets tur, Paris, 1962, in-12. IV. Noupour les missions étrangères ; 50. le velle version des Psaumes, faite roi est supplié d'autoriser l'établis- sur le texte hébreu , Paris, 1762, sement, par des lettres-patentes, sous in-12. Ces deux volumes vont ordile nom de Société royale des études nairement avec les Principes discuorientales ; 6o, on répond aux dif- tés, et en font partie essentielle : ficultés des ennemis de la société; « La traduction des Psaumes par les 7o. on détermine une partie des ré- » pères capucins , dit l'abbé Ladyoglements à suivre par les membres ». cat, est édifiante, et conforme à de la société. Nous ne craindrons pas » leurs Principes discutés. Il y a plude le dire , la Société Asiatique, fon- » sieurs endroits traduits avec nodée à Paris, le per. avril 1822, est » blesse et avec inajesté, surtout établie sur le modèle de la société » ceux qui concernent le Messie et royale des capucins, mais d'après » les grandes vérités de dogme ou un plan moins vaste , sous quelques » de morale de notre sainte religion. rapports, et d'ailleurs plus prati- » Mais je ne puis être de leur avis cable. La vie d'un religieux, et sur- » sur la plupart des sujets qu'ils tout d'un religieux qui ne sort pas » donnent aux psaumes , ni sur les de sa cellule, est peu féconde en » explications qu'ils mettent en no» tes, ni ensin sur ce qu'ils appellent curé, remplies d'une indécente acri» énallages, ellipses, termes énig- monie. VIIL. Traité de la paix in» matiques , ancien et nouvel Is- térieure, Paris, 1964, in 12. Ce Trai». raël, et autres expressions sem- té, de même que les Lettres spiri» blables. » ( Jugement et observa tuelles sur la paix de l'ame, le tions sur les traductions des psau Traité de la joie, et la Vie de sain. mes, par les pères capucins, etc., te Claire , a été réimprimé avec le Paris, 1763, in-12.) Les capucins nom du P. Ambroise de Lombez, trouvèrent fort mauvais que l'abbé mort en 1778; mais ils appartienLadvocat, qui avait approuvé com- nent à la société hébraïque. IX. Letme censeur leur traduction des psau- tres spirituelles surlapaix de l'ame, ines, la critiquât dans un ouvrage Paris, 1962, in 12. X. Les Prophéties ex professo. Ils firent nne Réponse d'Habacuc, traduites de l'hébreu, assez aigre au jugement de l'abbė en latin et en français, précédées Ladvocat, et la publièrent à la fin d'analyses qui en développent le du xve, voluine des Principes dis double sens littéral et moral; et accutés. Un ancien mousquetaire du compagnées de remarques et de noroi, nommé M. de Saint-Paul, zélé tes chronologiques, géographiques, partisan des capucins, le prit sur grammaticales et critiques, Paris, un ton encore plus haut que le leur, 1775, in - 12, 2 volumes On voit, et traita fort cavalièrement le docte par les approbations de cet ouvraprofesseur de Sorbonne. (Voyez ge, que le père Louis de Poix et ses l'article LADVOCAT.) V. Réponse à associés étaient de l'académie Cléla lettre de M....., insérée dans le mentine. On y remarque également Journal de Verdun, pag. 84, - que, malgré les éloges prodigués par vrier 1755, contre les lettres de les censeurs de l'ordre aux travaux L'abbé de Villefroy , Paris, 1952, de capucins , leurs confrères des auavec les lettres de leur savant insti- tres maisons en faisaient si peu de tuteur, 2 vol. in-12. VI. Essai sur cas, qu'ils dédaignaient de retirer les Le livre de Job, Paris, 1768, in-12, exemplaires de souscription , et qu'il 2 vol. Les bons pères ont osé voler fallut un ordre exprès du général, de leurs propres ailes , et n'ont pas du 28 juin 1975, pour les y contoujours suivi le sentiment de leur traindre. L'Avertissement dirigé conchef:ils témoignent, dans l'Avertis- tre le système de Kennicott, est plus sement, une crainte anticipée qu'on forten injures qu'en raisons. XI. Les ne taxe leur plan d'arbitraire, de Prophéties de Jérémie, etc., Paris, systématique, et même de dange- 1780, in-12, 6 vol. C'est un des reux : n'est-ce pas avouer qu'il mé- meilleurs ouvrages des capucins. rite un peụ ces dures qualifications ? XII. Les Prophéties de Baruch , VII. L'Écclesiaste de Salomon, etc., Paris, 1788, in-12. Cet outraduit de l'hébreu en latin et en vrage était annoncé sous le titre du français, avec des notes critiques, précédent ; mais il ne parut que huit morales et historiques, Paris, 1791, ans après. La traduction de Baruch in 12. Ge volume, enrîchi d'une bon est accompagnée d'une Dissertation ne préface, et d'une vie de Salo- sur le veu de Jephté et de Répon

mon, est déparé par deux pièces ses critiques à l'abbé Feller, à l'ab.. polémiques, contre un chanoine et un bé du Contant de la Mollette, à un

curé du diocèse de Listeux, etc. POLÉMON, philosophe académiXIII. Traité de la joie, Paris, que, était athénien (1). Son père, 1768 , in-12. XIV. Dictionnaire nommé Philémon, qui jouissait d'uarménien, latin, italien et fran- ne grande fortune, favorisa son pencais , manuscrit. M. Cirbied n'en chant pour les plaisirs, en le laissant dit presque rien dans la préface disposer de sommes considérables. de sa Grammaire arméniennè. Ou- Un jour que celui-ci était ivre, il entre les ouvrages que nous venons tra par hasard, la tête couronnée d'indiquer, nous sommes assurés de fleurs, dans l'école de Xénocrate. que les capucins en avaient préparé Le philosophe parlait en ce moment d'autres , que la révolution a sans à ses élèves des avantages de la temdoule empêché de publier. Un de pérance : la brusque apparition de leurs anciens confrères , curé dap's Polemon ne l'empêcha pas de conune paroisse de la capitale, nous a tinuer son discours; et il fit un taplusieurs fois parlé de manuscrits bleau si vrai, si frappant, des snites déposés chez un particulier, qu'il ne hui:liantes de l'ivroguerie, que Ponous a point nommé ; nous igno- lémon rougit, pour la première fois, rons ce qu'ils sont devenus. Quoi qu'il de l'état dans lequel il se trouvait. en soit, cette perte n'est peut-être pas On assure qu'il renonça dès-lors à très-regrettable:quoique les capucins l'usage du vin. Polémon, admis au aient fait preuve d'intelligence et de nombre des disciples de Xénocrate, bonne volonté, leur travail est main- mérita l'amitié de son maître, et fut tenant tombé, en grande partie, son successeur. Ce philosophe s'était dans le discrédit le plus absolu. Per- attaché surtout à commander aux sonne ne lit leurs écrits, excepté mouvements de son ame : quand il toutefois les trois ouvrages de piété assistait aux représentations du théâ. du P. Ambroise. On est étonné, avec tre, il était impossible d'apercel'abbé Feller, que l'assemblée du voir la moindre émotion sur son clergé ait paru approuver un systè- visage, et jamais un sourire n'en alme réellement vain et creux, qui térait la constante gravité. On ra.tend à dénaturer l'Ecriture sainte, conte qu'un jour il fut mordu à la et à asservir l'éternelle parole de jambe par un chien furieux, et que Dieu à une hypothèse grammati- cet accident ne lui causa pas le plus cale aussi arbitraire qu'éphémère, leger trouble. Une autre fois qu'il une idée qui approche du fanatisme; était assis devant sa porte, un grand ou, pour parler plus modérément, bruit s'étant fait entendre, il en deon est étonné que ces religieux aient manda la cause : C'est, lui réponditfait desi belles promesses, et qu'ils ne on, une émeute populaire; et il reprit les aient pas accomplies. Les contemn- la conversation où il l'avait laissée. porains de Louis de Poix ne virent Polémon disait que la philosophie que le bien, et l'encouragèrent; main- ne consiste pas dans la recherche tenant nous jugeons son travail avec de vaines subtilités, mais dans la impartialité, et ne considérons que pratique de la vertu. C'était en se le peu de succès. L-B---E. promenant dans les jardins qui en

POLAILLON. V. Lumague.'

POLE, ou POOL. Voyez Po (1) Selon Laõrce, il était né à Dete, bourg de LUS..

l'Attique.

touraient sa maison, qu'il interro. Polémon. Plus heureux qu'Hybréas, geait ses élèves ou répondait à leurs il parvint à sauver sa patrie; etil faquestions, s'attachant moins à les vorisa, par sa courageuse résistaninstruire pardes discours que par ses ce, les succès que Ventidius et Anexemples. Il avait pris en tout Xéno- toine obtinrent en l'an 39 avant J.-C. crate pour modèle; et, par respect Après la défaite des Parthes, Anpour sa mémoire, il ne voulut rien toine récompensa Zénon en la perchanger à sa doctrine. Polémon mou sonne de son fils, bien jeune encore. rut d'étisie, dans un âge avancé, vers Le triumvir donna à Polémon la soul'an 272 avant J.-C. Ses ouvrages veraineté d'une partie de la Cilicie, étaient déjà vraisemblablement per- en lui conférant le titrede grand-predus au temps de Laërce , puisqu'il tre de Jupiter à Olba : cette ville était n'en donne pas les titres dans la Vie la capitale d'une petite principauté, de ce philosophe. Suivant Laërce, il qui avait appartenu autrefois à une eut pour disciples, Arcésilas, Cratès, famille sacerdotale, issue de Teucer, et Zénon fondateur de la secte stoi- fondateur de Salamine en Cypre. Poque.

W-s. lemon fut fait aussi dynaste des POLEMON Jer., roi de Pont, vi- Lalasses et des Cennates, peuples vait du temps de l'empereur Auguste. voisins d'Olba. Antoine joignit enCe prince ne possédait pas tout le pays suite à ces possessions la ville d'Icoqui, sous ce nom, avait formé l'héri- nium et son territoire , situés dans tage propre des princes de la race du le voisinage. Pour lui témoigner sa grand Mithridate Eupator: il régnait reconnaissance, le nouveau pontifeseulement sur les contrées qui s'éten. souverain prit, sur ses monnaies , lc daient depuis les bords du Thermo- nom de M. Antonius Polémon : c'édon jusqu'aux frontières de la Colchi. tait une marque de son dévouement de, et qui prirent depuis le nom de pour son bienfaiteur. Polémon ne Pont - Polémoniaque. Polémon était garda pas plus de deux ans la prinfils de Zénon , rhéteur de la ville de cipauté d’Olba: vers l'an 37 avant Laodicée en Carie. En l'an 40 avant J.-C., Antoine lui donna le titre de J.-C., Labienus , qui avait été envoyé roi, et lui céda toute la partie orienpar Cassius et Brutus , auprès du roi tale de l'ancien royaume du Pont. des Parthes Orodes, pour en obtenir Quelques années auparavant, An. des secours , fit une irruption dans toine avait déjà donné ce royaume à l'Asie mineure, pendant que Pa- un fils de Pharnace , appelé Darius. corus , fils du roi" des Parthes, se Ce prince était sans doute mort à rendait maître de la Syrie. Après la cette époque : nous ne savons, au prise d’Antioche et la défaite de Dé- reste, rien de précis sur ce point; cidius Saxa, lieutenant de Marc- mais il résulte d'un passage de Stra. Antoine , Labienus s'avança , sans bon (liv. xl, p. 560 ), que Polééprouver de résistance, jusqu'aux mon dirigea une expédition militaire rives de la mer Égée. Les seules dans le Pont, contre un puissant dyvilles de Stratonicée et de Laodicée naste, nommé Arsaces, qui s'était en Carie, refusèrent de lui ouvrir révolté, et qui avait tenté de se faire leurs portes : la première avait été déclarer roi de Pont, sans le conexcitée à ce refus par l'orateur Hy- sentement du gouverneur romain. bréas, et la seconde par Zénon, père de Cet événement dut arriver après la ' mort de Darius; et Strabon observe des dépouilles enlevées aux Romains, que les fils de Pharnace assiégeaient il en résulta entre eux une violente ce rebelle dans la forteresse de Sagy- haine; ce ressentiment fit tourner lium, située dans le voisinaged’Ama Artayasde du côté des Romains : il sée, et qui passait pour imprenable. résolut de s'adresser à Antoine qui , La mort de Darius peut seule expli- honteux des revers qu'il avait éprouquer cette révolution. Lesiége traînait vés dans sa campagne contre les en longueur,quand Polémon et Lyco. Parthes, brûlait d'en tirer une venmèdes, qui régnait dans une autre geance éclatante. Polémon, qui avait partie du Pont, vinrent se joindre aux été prisonnierd’Artayasde , fut charfils de Pharnace. Arsace fut contraint gé de cette négociation : elle se terpar la famine à se rendre à ses enne- mina å la satisfaction des deux parmis, qui le mirent à mort. Il est pro- ties, par la conclusion d'une alliance bable que Polémon dut la couron- offensive et defensive contre les Parne de Pont à la destruction de ce thes, entre Antoine et les Mèdes. rebelle. Bientôt après il suivit le Antoine fut si content du service triumvir dans son expédition con- que Polémon lui avait rendu dans tre les Parthes, dont il partagea cette circonstance , qu'il joignit à tous les revers. Le corps auxiliaire ses états la possession de la petite gn'il commandait , faisait partie de Arménie , en l'an 33 avant J.-C. l'arrière - garde d'Antoine, demeu- L'histoire nous laisse ignorer ce que rée sous les ordres d'Appius Sta- Polémon fit depuis cette époque justianus. Marc - Antoine avait pris les qu'en l'an 26, qu'il reçut d'Auguste devants pour pénétrer plus promp- le titre d'ami et d'allié du peuple tement dans l'intérieur du pays en- Romain. Il est probable que dans la nemi. Pendant qu'il était occupé au lutte entre les deux puissants rivaux siége de Praaspa , capitale de la qui se disputaient l'empire du monMědie Atropatène , Phrahates , roi de, Polémon suivit le parti de son

des Parthes, et Artavasde , roi des bienfaiteur. Ce fut, sans doute , pour · Medes, attaquèrent Statianus , qui cette raison qu'il n'obtint que si longavait déjà traversé toute l'Armé. temps après la bataille d'Actium, nie , et avait passé l'Araxe. Ce gé- qu'Auguste le confirmât dans la digninéral, embarrassé par tous les baga- té royale qui lui avait été donnée par ges qu'il avait ordre de conduire à Antoine. Il existe, dans la collection Antoine, et d'ailleurs inférieur en for- de M. Allier de Hauteroche, une mé ces à ses adversaires, perdit toute son daille unique de Polémon , qui paraît armée, et, après une vigoureuse ré- se rapporter à cet espace de temps : sistance, fut entièrement défait ; on n'y voit point la tête d'Auguste v les barbares ne firent qu'un très comme sur les monnaies plus récenpetit nombre de prisonniers, par. tes; et le roi n'y'prend pas le prénom ini lesquels était Polémon, qui ne de Marc - Antoine, comme sur les put recouvrer sa liberté qu'en payant premières médailles de son règne. II : une forte rançon. Cependant la cap- n'y a que są tête seule , et au revers tivité du roi de Pont fut utile à An- une étoile avec la légende de BAZItoine. En l'an 33 avant J.-C, le roi AELE IIOAEMONOE EYEEBOYE. des Parthes et celui des Mèdes s'é- C'est probablement à l'imitation des taient brouillés au sujet du partage rois de Cappadoce, qu'il prit le sur

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