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la mère Jacquel. Bonelte de Blemur, ans après. Ce temps n'avait point religieuse du Saint-Sacrement, d'a- été perdu pour ses études favorites. près le conseil de quelques personnes Il fut nommé, vers 1780, garde des pieuses, en retoucha le style , qui 'archives de l'abbaye de Saint-Geravait vieilli, et le publia sous ce ti-main-des-Prés , et membre du comité tre : Les grandeurs de la mère de établi par le Gouvernement, pour Dieu (Voy. BOUETTE, tome V, p., préparer une collection des diplômes 289). V. La science des saints, et des chartes du royaume, qui fut ibid., 1638, in-4°. Le P. Poirey pour la France ce que celle de Kymer -ayait laissé en panuscrit un Recueil est pourl'Angleterre(V.RYMER). En de méditations, que ses confrères 1985, D. Poirier fut admis à l'acadépublièrent à Tournon, 1641, in-40. mie des inscriptions, comme associé

W-.: libre. Pendant les troubles de la réU POIRIER (D. GERMAIN ) savant volution, il fut attaché successivebénédictin de la congrégation de ment à la commission des monuSaiut-Maur , né à Paris le 8 janvier ments et à la commission temporai1724 , embrassa la vie monastique re des arts; et l'on dut à son zèle ayant l'âge de quinze ans , et fut bien- et à son activité la conservation d'un tôt jugé digne, par ses supérieurs, grand nombre de précieux manusde professer la philosophie et la crits. Après l'incendie de la bibliothéologie dans les maisons de son thèque de Saint-Germain-des-Prés (20 ordre. Nommé secrétaire du visiteur- août 1794), il resta seul au milieu général de la province de France, il des ruines pour veiller à la garde des se démit de cette place, et accepta manuscrits que les flammes avaient celle de garde des archives de l'ab- épargnés. En 1796, il fut nommé baye de Saint-Denis, qni convenait sous-bibliothécaire à l'arsenal; et en mieux à ses goûts. Ibmit ces archives 1800 , il remplaça Le Grand d’Aussy dans un nouvel ordre, étudia les nom- à l'Institut. Ce respectable religieux breux monuments qu'elles renfer- mourut subitement, le 2 février maient , et acquit ainsi de profondes 1803, à l'âge de soixante dix-neuf connaissances dans l'histoire et dans ans. Nous emprunterons quelques la diplomatique. En 1762, D. Poi- traits à l'Éloge que M. Dacier a purier fut choisi pour travailler à la blié de son savant confrère, pour continuation du Recueil des histo- faire connaître toutes les qualités de riens de France ( V. D. BOUQUET ); D. Poirier. « Il joignait, dit son éloaidé de D. Précieux , son confrère, il quent panegyriste, à un savoir deen publia le ouzième volume qui con- venu très-rare, une inodestie qui ne tient le règne de Henri I.er, et dont l'était pas moins; il travaillait pour la préface est, au jngement de M. Da- le plaisir de travailler, et pour satiscier , nn des ouvrages les plus soli. faire le besoin qu'il avait de s'insdes que nous ayons sur le gouverne- truire, sans desirer d'en recueillir ment de la France au commence- d'autre fruit:delà venait sa facilité à ment de la troisième race de nos communiquer ses recherches aux rois, D Poirier sortit, en 1765, de gens de lettres qui avaient recours à sa congregation par suite des troubles sui, à les leur abandonner même endont elle était agitée ; mais les regrets tièrement, sans espoir d'aucun reet le repentir l'y ramenèrent dix tour. Quelqu'un lui témoignait un jour sa surprise de ce qu'il n'était pas reste de son revenu appartenait à même nommé dans un ouvrage au- l'indigence et à l'amitié. » D. Poirier, quel il avait eu beaucoup de part est auteur de plusieurs Mémoires lug (l'Art de vérifier les dates ): « Je dans les séances de l'académie dont moy suis opposé, répondit-il; j'ai il était membre : une Dissertation appris beaucoup de choses que je ne surle saurotère des lances grecques et savais pas : j'ai employé mon temps romaines ; - de Nouveaux éclair. utilement pour les lettres et pour un cissements sur les ouvrages de Guilhomme que j'estime : il est mon laume de Nangis et de ses continua. obligé; je serais le sien s'il avait par- teurs, pour servir de suite aux Relé de moi. » Sa simplicité extérieure cherches de Sainte - Palaye sur cet annonçait celle de son ame : depuis historien (V. SAINTE-PALAYE); la destruction des ordres religieux, Notice des deux manuscrits de la un habit de l'étoffe la plus grossière bibliothèque du roi, touchant le proétait son seul vêtement pour toutes cès de Robert d'Artois, etc. - les les saisons , et il le portait jusqu'a ce Circonstances et les véritables cau. qu'il fût absolument hors d'état de ses de la mort de François de Bourservir. Sa sobriété et sa tempérance bon, comte d'Enghien, à la Rochen'étaient pas moins remarquables ; sur-Yon, en 1546; - Examen des : les légumes les plus communs, cuits différentes opinions des historiens sans assaisonnement et inême sans anciens et modernes, sur l'avenesel du pain et de l'eau étaient sa nour ment de Hugues Capet à la couriture. Ceux qui savaient qu'il jouis-. ronne de France. Ce dernier Mésait depuis long-temps d’un traite-moire est imprimé days le tome 50 ment assez considérable pour qu'il du Recueil de l'acad. des inscripvécût d'une toute autre manière, nelui tions. Il a publié, avec Vicg d'Azir : connaissant d'ailleurs aucun goût dis Instruction sur la manière d'invenpendieux, l'auraient facilement soup- torier et de conserver tous les obçonné d'en avoir un tout contraire. jets qui peuvent servir aux arts , aux Sa mort seule a révélé le secret des sciences et à l'enseignement, Paris, vertus qu'il cachait avec autant de an 2 (1794), in-4°. L'Eloge de soin qu'il en aurait pu mettre à cacher D. Poirier, par M. Dacier , imprides défauts. Les témoignages de gra- mé en 1804, in-8°., a été inséré titude, et les bénédictions des pau-' dans le premier volume du Nouveau vres avec lesquels il partageait sa Recueil des Mémoires de l'acad. des fortune, et dont plusieurs étaient inscriptions.

W-S. d'anciens religieux de son ordre, té. POIS ( ANTOINE LE ), médecin et moignages écrits , et trouvés, avec numismate, naquit en 1525, à Nanquelques pièces de monnaie, dans ci, d'une famille qui a produit pluson secrétaire, étaient tout son tré- sieurs hommes de mérite. Son père, sor: il était mal vêtu pour empêcher apothicaire du duc de Lorraine, qu'ils ne fussent nus ; il vivait de pri. l'enyoya faire ses études à Paris, valion pour pouvoir les nourrir; il sous le célèbre Jacques Dubois (Syla se faisait volontairement pauvre pour vius ), qui le rendit bientôt fort hasoulager leur pauvreté: ses dépenses bile dans la connaissance des langues ne s'élevaient jamais au-dessus de anciennes, et des différentes parties quatre ou cing cents fr. par an; le de l'art de guérir. Après avoir pris

ses degrés, il revint à Nanci, où sa dis præcipuè internis humani corpo. réputation l'avait précédé, et il ne ris morbis, libri tres; et de febribus tarda pas d'obtenir la place de pre- liber unus, Francfort, 1580, in-fol., mier médecin du duc Charles III. 1585, in-8°. Le célèbre Boerhaave Dès-lors il partagea son temps entre en a donné une édition, Leyde, 1736, les devoirs de sa charge et l'étude. 2 vol. in-4o., enrichie d'une belle des médailles, dont il avait formé Préface que dom Calmet a traduite une collection intéressante (1). It en français , et insérée dans la Bibliomourut en 1578, laissant en manus. thèque de Lorraine : il a été réimcrit un ouvrage curieux de numisma. primé depuis à Leipzig, 1966, 2 vol. tique, que Nicol. Le Pois , son frère, in-8°.

W-S. dont l'article suit, a publié sous ce POIS (CHARLES LE), en latin titre : Discours sur les médailles et Carol. Piso, l'un des meilleurs mégravures antiques, principalement decins obscrvateurs qui aient paru romaines , etc., Paris, 1579, in-40, depuis la renaissance des arts, naCe volume, rare et recherché (Voy. quit à Nanci, en 1563. Son père , le Manuel du libraire, par M. Brů. Nicolas Le Pois, connaissait tout net), est orné du portrait de l'auteur le prix d'une bonne éducation : auset de vingt planches de médailles, si l'envoya-t-il, dès l'âge de treize gravées par Pierre Woeriot, orfè ans, au collége de Navarre , à vre et graveur de Bar-le-Duc. - Paris ; et, malgré sa grande jeuNicolas Le Pois, en latin Piso, nesse, l'élève s'appliqua toujours, regardé comme l'un des meilleurs avec une égale ardeur , à l'étude médecins du seizième siècle, était né des langues anciennes , des lettres en 1527, à Nanci. Il suivit, avec son et de la philosophie. Reçu maîtrefrère, les leçons de Jacq. Sylvius, et és-arts en 1581, il entra, la mêpartagea ses succès dans l'étude des me année, à l'école de médecine , langues et de l'art médical, qu'il cul- où il suivit les leçons de Duret, de tiva toute sa vie avec une ardeur in. Piètre et de Marescot, trois des plus fatigable. Il lui succéda dans la char. savants professeurs de l'université. ge de premier médecin du duc de En 1585, il se rendit à Padoue, pour Lorraine, et mourut au mois d'août entendre Alex. Massaria , que ses ta1587, ne laissant d'autre fortune à lents avaient fait connaître dans ses fils que l'exemple de ses vertus toute l'Europe ( Voy. MASSARIA, et de son noble désintéressement. XXVII, 400 ). Après avoir terminé Dans l'espoir d'être utile à ses enfants, son cours, il visita les principales il avait extrait des meilleurs livres de villes d'Italie, et rovint, en 1588, médecine, la description et le traite- à Paris, se présenter pour soutenir inent des maladies, et y avait joint ses examens. Le peu de fortune qu'il le résultat de ses propres observa avait hérité de son père , ne lui pertions : sur l'invitation de Foës, son moit pas de prendre le doctorat , et ami, il mit au jour cet ouvrage, sous il se contenta du grade de licencié. ce titre, De cognoscendis et curan- A son retour en Lorraine , il fut ac

cueilli par le duc Charles, qui le (1) Apt. Le Pois se llattait de posséder ime mé- nomma son médecin-consultant, et daille en or de Pescennius Niger, et il ne regardait lui marqua toujours depuis une expas cette pièce comme unique (Voy. sop Discours, p. 3).

ii ë s i, trêine bienveillance. Ce fut à la solli

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citation de Le Pois, que ce prince congestæque in honorarium ejus augmenta l'université de Pont - à- tumulum , Pont-à-Mousson, 1609, Mousson d'une faculté de médecine, in-4°. C'est un recueil de vers que dont il le créa doyen et premier pro- Le Pois avait composés à la louange fesseur. Avant de prendre posses- du duc de Lorraine, son bienfaiteur. sion de sa chaire , Le Pois revint à II. Selectiorum observationum et Paris, recevoir le bonnet de doc- consiliorum de prætervisis hactenus teur. Il ouvrit ses cours à Pont-à- morbis, affectibusque præter natuMousson, au mois de novembre sam, ab aquá seu serosa colluvie et , 1598; et dès lors il partagea tous diluvie ortis, liber singularis , etc., ses instants entre l'enseignement et ibidem, 1618; Paris, 1633, in-4°. la pratique de son art. Ennemi du C'est cet ouvrage qui assure à Le charlatanisme, il le combattit avec Pois la réputation méritée d'un zèle, ainsi que les abus qui s'étaient grand et habile médecin : il a été souglissés dans la préparation des re- vent réimprimé; la meilleure édition mèdes : il n'en ordonnait jamais que est celle qu'a donnée Boerhaave, de simples ; et, le plus souvent, il Leyde, 1733, reproduite à Amsterse contentait de prescrire à ses ma- dam, 1968 , in.4o., avec une Prélades le repos et la diète. Le Pois face, dans laquelle l'illustre éditeur était pénétré de vénération pour la recommande ce livre à ses élèves , doctrine d'Hippocrate; et, à l'exem- comme un de ceux où ils trouveront ple de ce grand maître, il ne cessait le plus à profiter. Bernard Langwede recommander à ses élèves l'ob- del en a extrait quelques observaservation, comme la source la plus tions choisies , qu'il a publiées sous sûre de toutes les découvertes , et la ce titre : Carolus Piso enucleatus , base la plus solide de l'art de guérir. sive Observationes medicæ Pisonis, Appelé par les magistrats de Ñanci, Leyde, Elzevier, 1639, petit in- 12. pour donner ses soins aux personnes III. Physicum cometæ speculum , attaquées d'une fièvre maligne qui Pont-à-Mousson, 1619, in-8°. Dans causait de grands ravages, il en fut cet ouvrage, composé à l'occasion atteint lui - même, et inourut en de la comète qui avait effrayé une 1633. Le Pois avait des connaissan- partie de l'Europe l'année précéces très-variées : outre les langues dente, Le Pois soutient, d'après anciennes , il savait l'italien, l'espa- Aristote , que les comètes sont des gnol, l'arabe , l'hébreu ; il était bon météores ignés, formés des exhamathématicien ; il avait fait une étu- laisons de la terre ; et, d'après cette de aprofondie de tous les ouvrages explication , il cherche à montrer de philosophie. Indépendamment comment elles peuvent présager des d'une traduction latine du Traité de maladies pestilentielles, etc. On ne Louis Mercato, médecin espagnol : doit pas oublier que Le Pois n'était Institutiones ad usum et examen pas astronome, et qu'à l'époque où eorum qui artem luxatoriam exer- il écrivait, la théorie des comètes cent, Francfort, 1625 , in-fol., fig., était peu connue (Voy. Tycho-BRAon a de lui : 1. Caroli III maca- HÉ). IV. Discours de la nature, rismos, seu felicitatis et virtu- cause et remèdes tant curatifs que tum egregio principe dignarum préservatifs des maladies populaicoronc , ex sapientiæ hortis lectæ, 'res , ibid., 1623, in-12. Le Puis a laissé, en manuscrit, plusieurs ou- toire de Guillaume de Tyr, qu'il fit vrages, entr’autres un Cours prati- imprimer à Bâle, en 1549, in-fol. que de médecine , dont ses amis et (Poy. GUILLAUME, XIX, 146.) II ses élèves souhaitaient la publication. l'a dédiée à Christ. Coquille, grandOn trouvera des détails sur ce mé- prieur de Cluni, par une Epître qui decin, dans la Biblioth. de Lorraine, contient des détails curieux pour et dans le Dictionnaire de Chaufes l'histoire littéraire du seizième sièpié.

cle. -POISSENOT (Bénigne), littéPOISSENOT (PailiBERT), savant rateur, né à Langres, vers l'année philologue, né à Jouhe, près de Dole, 1550 , étudia la jurisprudence, viau commencement du seizième siè- sita ensuite l'Italie pour satisfaire sa cle, embrassa la vie religieuse dans curiosité, et revint à Paris exercer la congrégation de Cluni, et, après l'état d'avocat. Il acheva d'y dépenavoir achevé ses études au college ser son patrimoine, et se trouva fort de Saint-Jérôme (1), fut reçu doc- heureux d'accepter une place de réteur en droit canon. Il obtint ensuite gent dans un college. On ignore l'éde ses supérieurs la permission de poque de sa mort; mais on peut prévisiter l'Allemagne et l'Italie, et re- sumer que le chagrin et la misère cueillit, dans ses voyages, un grand abrégèrent ses jours. On a de lui : I. nombre de manuscrits précieux, dont L'Esté, contenant trois journées il enrichit la bibliothèque de Saint- sont déduits plusieurs histoires et Jérôme. Les talents de Poissenot et propos récréatifs tenus par trois son zèle pour propager legoût des let écoliers; avec un Traité paradoxitres dans le comté de Bourgogne, lui que fait en dialogue, auquel est méritèrent la bienveillance de l'empe- montré qu'il vaut mieux être en adreur Charles-Quint, qui lui confia versité qu'en prospérité, Paris, plusieurs commissions honorables, 1583, in-16. Ce petit volume est ra. et le récompensa de ses services par re et recherché des curieux. La Monle don de riches bénéfices. Il en em- noie croit que Poissenot intitula sou ploya les revenus à soutenir les jeu- livrelEsté, par imitation de Jacques nes gens qui annonçaient des dispo- Yver, qui, onze ans auparavant, en sitions pour l'étude, et à leur facili- avait publié un sous le titre de Printer l'entrée de la carrière à laquelle temps d'Yver(V.ce nom). II. Nouils se destinaient. Nommé principal velles histoires tragiques; avec une du college dont il avait tant contri- Lettre à un ami, contenant la desbué à accroître la réputation, il fut en cription d'une merveille, appelée la mêmc temps revêtu du titre de vice- Froidière, vue par l'auteur en la Fran. chancelier de l'université de Dole, che-Comté de Bourgogne, Paris, et mourut en cette ville, le 12 août 1586, in-16. Cette merveille, dont 1556. C'est à Poissenot qu'on est re- parle Poissenot, est la glacière nadevable de la publication de l'His- turelle, connue sous le nom de la

Chaux, ou de la Grâce-Dieu, située (1) Ce collége fut fondé à Dole, en 1494, par

à cinq lieues de Besançon (2). Il Antoine de Roche, grand-prieur de Cluni, qui lui

(2) La grotte de la Grâce-Dieu a été décrite par études faites à Saint-Jérôme servaient pour les gra l'abbé Boisot, dans une Lettre imprimée au Jourdes, comine si elles eussent été faites à l'université; nal des savants, année 1686 (V. Boisor); par set étiblissement a subsisté jusqu'à la revolution.

assigna des revenus suffisants pour l'entretien des maîtres, et d'un certain nombre de boursiers. Les

Dunod, dans l'Histoire du comté de Bourgogne, 11,

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