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1991 , in-8°., revue par Berthollet · re publié sous le nom du pape Pie et Desmarets. Pocrner a traduit du V, Rome, 1568, in - fol. ; rare. français, avec des notes, les Principes Il a mis en latin les Actes du pregénéraux de la chimie, par ordremier concile de Milan. Outre la tra. alphabétique , Leipzig, 1968-69,3 duction, plus élégante que fidèle, vol. in-80., et ajouté des notes à la du traité de saint Chrysostome, De Dissertation de Baumé sur largile, Virginitate, Rome , P. Manuce, ibid., 1991, in-8°. Dans le Nou- 1562 , il a laissé celle d'une Haranveau Spectacle de la nature , Leipzig, gue et de quatre Lettres d'Eschine , 1775.81 , les articles de minéralogie restées inédites. Le savant évêque sont de Poerner. Il mourut le 13 d'Amelia, Graziani, avait rassemblé ayril 1796. .

D-G. les Lettres et les Harangues de PogPOGGIANT (JULES ), littérateur, giani. Cette collection, attendue avec né en 1522, à Suna , diocèse de No- impatience par tous les amateurs de varre , sur le lac Majeur, s'appliqua, la bonne latinité, a été enfin publiée dès sa plus tendre jeunesse, à l'étude, par lc P. Lagomarsini ( Epistolæ et fit les progrès les plus rapides et Orationes olim à Gratiano coldans la langue grecque. A son arrivée à lectæ ), Roine, 1756 - 62 , 4 vol. Rome, où sa réputation l'avait pré- in-4°. , avec un grand nombre de cédé, il fut chargé de l'éducation du notes ( V. LAGOM ARSINI, XXIII, jenne Robert de Nobili, que le pape 151 ). L'éditeur a fait précéder le Jules III, son oncle, fit cardinala trei- premier volume, d'une lettre de Graze ans, et qui mourut à dix-sept. Il ziani au cardinal Commendon , qui fut ensuite attaché, comme secrétai. contient des détails sur la vic de re, à différents prélats , et enfin au Poggiani. Parmi ses Discours , tous, cardinal Ch. Borromée, dont il mé- remarquables par l'élégance et la ritala confiance. Poggiani remplit les pureté du style, on distingue l'Ofonctions de secrétairedela congréga- raison funèbre du pape Marcel

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pour expliquer la doctrine du concile se, tué par Poltrot , devant Orde Trente. Il suivit le cardinal Borro. "léans ; et une Harangue prononcée mée à Milan, et mourut, en cette par Poggiani , devant les cardinaux ville, d'une fièvre ardente, le 5 no assemblés après la mort de Pie IV, vembre 1568, à l'âge de quarante- pour l'élection de son successeur. six ans, au moment où le pape Pie V venait de le rappeler pour le POGGIO BRACCIOLINI, connu mettre à la tête du secrétariat des en France sous le nom du Pugge, brefs. Poggiani reyit et corrigea naquit , en 1380, près de Florence, le texte du Catéchisme appelé com dans la petite ville de Terranuova. munément ad Parochos, rédigé On lui a donné divers prénoms: Charpar plusieurs savants théologiens les, Jacques, Jean-François, J - B., du concile de Trente (1). C'est à etc. Il paraît qu'il n'en cut point d'aului qu'on doit l'édition du Breviai. tres que Poggio, nom d'un saint évè

- que de Florence, Sanctus Podius , (1) On a , sans aucune preuve, altribué quelque- qui vivait au onzième siècle. Guccio fois à Paul Mapuce, la belle latinité et la correction du style de ce catéchisme : il n'y eut aucune

Bracciolini, père du Pogge, était notaire, et jouissait d'une honnête for

part.

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tune. Il essuya des malheurs , ct, à de l'emploi qui l'aidait à subsister : demi ruiné, fut obligé de prendre la ce fut dans l'étude qu'il chercha des fuite. Poggio étudiait alors à Floren- consolations et des ressources. Il ce, où Jean de Ravenne enseignait la voulut apprendre l'hébreu : mais il langue latine, et Emanuel Chrysolo. prit un maître inhabile, dont l'ignorasles lettres grecques. La célébrité de rancene tarda pointà le dégoûter pour ces deux maîtres se répandit sur leurs toujours de cette langue. Alors les élèves , à tel point que, lorsque Pog. eaux de Bade, en Suisse, attiraient gio, âgé de vingt-deux ans, quitta Flo- une foule de grands seigneurs : Pogrence et vint à Rome, on l'y accueillit gio , dans l'espoir de trouver des comme un homme de lettres déjà Mécènes , s'y rendit au printemps distingué. A ce titre, il ne tarda pas de l'année 1416. La description qu'il d'obtenir de Boniface IX un emploi a faite de ce séjour , dans une lettre de secrétaire apostolique , qu'il a con- à Nicolo Niccoli, est l'un de ses plus tinué de remplir sous sept autres pa- heureux essais littéraires. De retour pes. Il eut assez de crédit pour faire à Constance, il fut témoin du jugeappeler à une fonction du même gen- ment et du supplice de Jérôme de re, peu après l'installation d'Inno- Prague, qui venait d'accourir voloncent VII, Léonardo Bruni d'Arezzo, tairement du fond de la Bohème, avec lequel il avait contracté, dès pour partager le sort de son maître, l'enfance, une amitié qui est restée Jean Huss. Une Épître du Pogge à inaltérable. Le schisme d'Occident Léonardo d'Arezzo nous instruit, déchirait l'Eglise depuis 1378: Gré- mieux qu'aucune autre relation, de goire XII, successeur d'Innocent VII, toutes les circonstances de ce procès et Beroît XIII, qui remplaçait Clé- mémorable. Léonard jugeant cette letment VII, ayant refusé d'accomplir tre beaucoup trop libre , trembla de la promesse qu'ils avaient faite d’ab- l'avoir reçue, et engagea son amià être diquer en même temps le pontificat, désormais plus circonspect. C'était en le concile de Pise les déposa tous les ce même temps que le Pogge obtenait deux, et créa un troisième pape, des droits à l'éternelle reconnaissanqui prit le nom d'Alexandre V. Au ce des hommes de lettres , par la désein de ces discordes, la plupart des couverte d'un grand nombre de maofficiers de la cour de Rome, ne sa- nuscrits précieux. Il retrouvait douchant à quel maîtreils appartenaient, ze Comédies de Plaute, plusieurs be retirèrent; et Poggio revint à Flo- Discours de Cicéron, Asconius - Perence, où l'attendait un de ses meil dianus, Silius - Italicus, Valeriusleurs amis, Nicolo Niccoli, savant la- Flaccus, Ammien-Marcellin, les trois borieux, qui lui inspira le goût de la grammairiens Caper, Eutychius et recherche des chefs-d'oeuvre de l'an- Probus (1). Cependant le concile altiqnité. En 1414, le Pogge suivit, au concile de Constance, en qualité de (1) M. Ginguené ajoute Lucrèce , Manilius, Fron

tin, Nonnius-Marcellus et Quintilien; mais il y a . secrétaire intime, le successeur d'A lieu de croire que durant tout le moyen âge, on avait lexandre V, Jean XXIII, qui, bien

conservé et connu en France au moins quelques partôt pressé d'abdiquer la tiare , s'évada, déguisé en postillon. La déposition de ce pontife , prononcée en

lait finir; et le Pogge, rappelé à Cons- Leonardo d'Arezzo et Nicolo Niccotance par le soin de ses propres inté- li, que des rivalités divisaient depuis rêts , eut la doulenr d'y perdre le quelque temps. Cinq années après la cardinal Zabarella , son protecteur, clôture de l'assemblée de Constance, dont il prononça l'oraison funèbre il devait s'en ouvrir une autre, qui fut devant les prélats. Deux ans aupa- en effet convoquée à Pavie, mais disrayant, il avait rendu un hommage soute presque aussitôt. Le schisme non moins solennel ct plus désinté- sembleéteint:la considération personressé, à la mémoire de son maître, nelle dont jouissait Martin V, rendait Emanuel Chrysoloras , mort aussi de l’éclat, de l'ascendant à l'autorité pendant le concile. Martin V, elu pape pontificale; et le calme qui se rétaau sein de cette assemblée, la congé- blissait dans l'Eglise , laissait au Pog. dia, en 1418, sortit de Constance, et ge le temps de se livrer à ses goûts. vint tenir sa cour à Milan, puis à Il publia un Dialogue sur l'avariMantoue. Poggio le suivit jusque dans ce, et des Satires contre les moicette dernière ville, se flattant de nes et les prédicateurs de son sièrentrer bientôt dans la chancellerie cle. C'est un sujet sur lequel on le romaine; mais, las d'attendre en voit revenir toujours volontiers, dans vain, ou craigrant peut-être des per ses Lettres , dans ses Facéties, dans sécutions, à cause de la sincérité ses autres Opuscules. Ses sarcasmes avec laquelle il s'était exprimé sur n'épargnaient ni les évêques, ni les quelques actes du concile , il partit membres du sacré collége. Il aimait tout-à-coup, sans prendre congé de mieux s'exposer à quelque disgrace . ses amis, traversa la France, et se que de perdre l'occasion de dire un . rendit en Angleterre, auprès de Beau bon mot.En 1434, lorsqu'Eugène IV,

fort, évêque de Winchester. Il reçut tourmentéet humilié par le concile de de ce prélat un accueil flatteur et des Bâle, venait de déserter Rome, et que promesses magnifiques; mais ce fut la cour pontificale se transportait en tout, sauf un mince bénéfice, qui le Toscane, Poggio, interrompu encolaissait dans une pénurie extrême. re dans ses fonctions de secrétaire N'espérant aucun fruit de ses travaux apostolique, se mit en chemin pour littéraires, au milieu d’un peuple retourner dans sa patrie: mais à peiplongé encore dans une épaisse igno. ne il sortait des portes de Rome, qu'il rance, il profita des bons offices du tomba entre les mains d'une de ces cardinal de Saint-Eusebe pour, re- bandes de brigands qui ont si souvent prendre enfin, près de Martin V, les infesté les environs de cette ville. fonctions qu'il avait exercées sous Comptant obtenir de lui une rançon les pontifes précédents. Rentré à Ro- considérable, les malfaiteurs le reme, il renoua ses correspondances tinrent prisonnier : en vain ses amis, avec la plupart des hommes de let. instruits de sa position, s'efforcèrent tres de cette époque. Il eut le bon- de le délivrer; il lui fallut, pour reheur de réconcilier ses deux amis, couvrer sa liberté, la racheter d'une

grosse somme d'argent. Enfin il ga

gna Florence, où il avait, depuis oratoires , mais informe et incomplet. Le mérite du enseveli dans l'abbaye de Saint-Gall, sous la ponse

me sur qui reposaient ses plus chères pas même, dit-il, voulu jeter des condamnés à mort. espérances, Côme de Médicis, venait

Pogge est d'en avoir découvert un bien meilleur,

siere, au fond d'une sorte de cachot, où l'on n'eût

d'être banni de cette république, qu'a- toujours incertain , acheta, dit-on, vaient alarmée son crédit et ses ri- du prix d'un Tite-Live écrit de sa chesses. Poggio lui adressa des con- main, une petite maison à Valdarno. solations , et prit sa défense, surtout Ayantobtenu de la seigneurie de Flocontre l'un de ses violents ennemis, rence l'affranchissement de tout imFrançois Philelphe, littérateur jus- pôt pour lui et pour ses enfants, il tement célèbre, qui, ayant rassemblé, embellit sa deineure d'un grand nomdans l'Orient, les écrits d'Aristote, bre de statues et d'autres monuments de Démosthène, d’Euripide, avait antiques , à la recherche desquels il communiqué ces trésors aux Toscans, se livrait avec le même zèle qu'il et leur en faisait sentir tout le prix avait apporté, quelques années audans ses leçons publiques. Philelphe paravant, à découvrir d'anciens ma. avait obtenu ainsi une renommée nuscrits, Non content de recueillir éclatante, qu'il acceptait sans mo des morceaux de sculpture, trouvés destie, et qu'il ne voulait partager en Italie, il s'en faisait promettre avec aucun de ses contemporains. par les voyageurs qui allaient parTant d'orgueil et de mérite irritait courir la Grèce, et en demandait à les lettrés florentins; et cette jalousie un Rhodien noinmé Suffretus , poss'associait aux ressentiments politi- sesseur d'une collection de marbres ques, chez les partisans de la famille fort estimés. Beaucoup de pierres Médicis. Aussi, dès que Côme rentra gravées et de médailles enrichissaient dans Florence, Philelphe se vit obli- aussi le séjour du Pogge; et, pour gé de s'enfuir précipitamment à Sien- ajouter encore au bonheur dont il że, où le poursuivirent les invecti- jouissait , las enfin dų célibat et d'uves de tous ceux qu'il avait blessés. ne vie fort peu régulière, il épousa, Le Pogge lança contre lui une satire en 1435, Vaggia ou Selvaggia, fille en prose, où sont entassées les per- de Ghino Manente de Buondelmonti. sonnalités les plus dégoûtantes. Phi- Il avait déjà plusieurs enfants; on lelphe lui répondit en vers; et, quoi- en porte le nombre à quatorze, douqu'avec des armes plus légères, il le ze garçons et deux filles : comme il surpassa en violence. Le champion portait l'habit ecclésiastique, ses endes Médicis, dans l'accès de sa co- nemis et ses amis lui reprochaient lere, répliqua par une nouvelle in- cette paternité (2). Au moment de vective, où Philelphe est appelé bouc son mariage avec Vaggia , il entrait puant, monstre cornu, boute - feu, dans sa cinquante-cinquième année : exécrable et écrasable. « Si tu ne mais ce n'était pas sans y avoir bien » peux, lui dit Poggio, t'empêcher refléchi qu'il se déterminait à pren» de vomir des outrages, que n'en dre une épouse jeune et belle. A cette » accables-tu ceux qui courtisent ta occasion, il composa un petit Dia» femme, et qui parent si dignement logue, où il discutait les avantages » ta tête impure? » Telles étaient et les inconvénients d'une telle résoles aménités littéraires du quinzième siècle. Durant ces querelles, Eu

(2) Il écrivait au cardinal Julien de Saint-Ange: Asseris me habere filios , quod clerico non licet, et

sine uxore , quod laicum non decet. Possum responavec les Romains et avec le concile

dere habere me filios , quod laicis expedit ; et sine

uxore, qui est mos clericorum ab orbis exordio de Bâle. En de si tristes conjonctu

observatus : sed nolo errata mea ulld excusatione res, Poggio , dont le sort redevenait tueri.

lution. Ce morceau, qui avait pour de Nicolas V, sur la chaire de saint titre : An seni sit uxor ducenda ? Pierre, et l'honora par une conduite n'est point parvenu jusqu'à nous ; sage et par des encouragements judimais des lettres du Pogge et de quel- cieusement accordés à la littérature. ques-uns de ses amis, attestent qu'il Le Pogge vintreprendre auprès de lui n'eut point à se plaindre de son chan. ses anciennes fonctions de secrétairc gement d'état: Vaggia lui donna cinq apostolique. Il avait jadis dédié à fils et une fille. Sa réputation litté Thomas de Sarzane le Traité du malraire, déjà très brillante en Italie, heur des princes : en adressant des s'accrut par la publication qu'il fit, félicitations à Nicolas V, il y joignit en 1437, d'un choix de ses Lettres des conseils; et le pontife, loin de Nicolo Niccoli, auquel il en avait s'offenser de cettefranchise familière, adressé un très-grand nombrey mou- la récompensa par des bienfaits.Pog. rut vers le même temps. Poggio fit lui- gio composa, sous les auspices de ce même son Oraison funèbre, et y célé- pape, trois livres sur les vicissitudes bra les services éminents que Niccoli de la fortune, et un Traité fort sati. avait rendus aux lettres par ses con- rique sur l'hypocrisie. Peut - être le naissances profondes et variées. Trois souverain pontife exigea-t-il, de la ans après, le Pogge paya un pareil reconnaissance de l'écrivain, la comtribut à la mémoire d'un Laurent de position d'une invective contre l'antiMédicis , qui, trop éclipse par son pape Félix, qui s'obstinait à réclamer frère Côme, n'est guère connu que la tiare. Dans ce siècle de querelles par ce panegyrique, et par un Dialo- et de schismes, les foudres de l’Égue sur la noblesse, où Poggio le fait glise avaient perdu de leur puisfigurer comme l'un des interlocu- sance; et il n'était pas superflu d'acteurs. Ce Dialogue, de nouvelles dis- compagner de satires les excommuputes avec Philelphe, tout aussi dé- nications. Des travaux plus dignes du plorables que les premières ; un livre savant florentin lui furent, bientôt plein de vues neuves et hardies, sur le après, demandés par son bienfaiteur : malheu des princes; une Oraison fu il entreprit, pour lui complaire, des nèbre d’Albergato, cardinal de Sain versions latines des cing premiers te-Croix, et quelques autres compo- livres de Diodore de Sicile, et de la sitions, occupèrent le Pogge, de- Cyropédie de Xénophon ; la traducpuis 1440 jusqu'en 1444. A cette tion de ce dernier ouvrage est restée époque, il eut la douleur de perdre manuscrite ; mais elle a tenu lieu de son ancien compagnon d'études, Leo. texte à l'un des fils du Pogge, pour nardo Bruni d'Arezzo, chancelier traduire la Cyropédic en italien. de la république florentine. On fit à Quant à la version latine de Diodore, Léonard des funérailles pompeuses ; elle a été imprimée à Bologne, en mais le discours qu'y prononça 1472, puis à Venise , en 1456, 61, Manetti ne satisfit personne, et mé- 93; et, avec des corrections par Barcontenta surtout Poggio , qui se hâ- thélemi Merula, en 1496 (3). Les ta d'en composer un autre, demeuréinédit, et qui s'est conscrvé parmi (3) Leland, Chalmers, et les autres bibliographes

anglais prétendent que cette traduction de Diodore de Sicile appartient à John Freas (en latin Phræa ). sayant anglais, mort à Rome, en 1465, ayant d'avoir pris possession de l'évêché de Bath, auquel il venait d'être nommé; et ils accusent Poggio de

om

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