Page images
PDF

vint dans sa patrie. Bientôt après, revenus de la chaire d'arabe qui il fut nommé à une chaire d’ara- avait été fondée par ce prélat. Ce be, créée exprès pour lui dans l'u- n'est qu'en 1647, que Pocock obtint niversité d'Oxford. Une partie du sa réintégration, et il la dut à la prodiscours qu'il prononça, à l'ouver- tection de Selden. En 1648, il fut ture de son cours , est imprimée à la nommé professeur d'hébreu à Ossuite des Notes qui accompagnentl'é- ford ; et le roi , qui était prisondition qu'il donna, en 1661, du poè- nier dans l'île de Wight, joignit å mearabe de Tograr. Après avoir pro- sa place un riche canonicat de l'église fessé pendant quelque temps, Pocock du Christ, ce qui fut confirmé par se fit remplacer par Th. Greaves , et un acte du Parlement. A la fin de entreprit un second voyage en Orient. 1649, il publia son Specimen hisIl alla , cette fois , å Constantino- toriæ Arabum, un vol. in-4°. C'est ple, où il trouva', dans l'ambassa- un de ses meilleurs ouvrages , et deur anglais, Pierre Wyche, un celui dans lequel il a fait le plus d'uzélé protecteur. Pendant son séjour sage des vastes connaissances qu'il dans la capitale de l'empire Oiho- avait acquises dans la langue et la man, il fut uniquement occupé du littérature des Arabes. Ce livre a été soin de recueillir d'anciens ma- réimprimé à Oxford , en un grand nuscrits. Enfin, il en partit, en vol. in-4°. , en 1805. On y a joint, 1640, pour retourner en Angleterre. différents Extraits de la partie inéIl passa par la France, et connut, dite de la Chronique d'Abou'lfeda , à Paris, le savant maronite Gabriel qui ont été fournis à l'éditeur par Sionita. En arrivant dans sa patrie, M. Silvestre de Sacy. Les principes il trouva tout dans la plus grande de Pocock, qui étaient bien connus, confusion : la révolution qui condui- et l'attachement qu'il avait conservé sit Charles Jer, à l'échafaud, était pour la mémoire et la famille de l'indans toute sa violence. Land, arche- fortuné Charles Jer., l'exposèrent à vêque de Canterbury ,son généreux de continuelles persécutions, penpatron, était prisonnier. Pour se dis- dant toute la durée de la révolution. traire des malheurs du temps, Pocock En 1650, on le dépouilla de son case livra plus que jamais à l'étude. nonicat: on voulut aussi lui ôter ses En 1641, il seconda Jean Selden dans deux places de professeur. Il fallut la publication de quelques portions une pétition signée par tous les maides Annales d'Eutychius, qui paru- tres et étudiants d'Oxford , pour arrent à cette époque, sous le titre de rêter l'exécution de cette mesure. Origines Alexandrinæ. L'amitié de C'est alors qu'il publia la plus grance savant, qui avait beaucoup d'in- de partie de ses ouvrages : ce fut sa fluence dans le parti républicain, seule consolation au milieu des vexafut, pendant quelque temps, utile á tions sans nombre qu'il éprouva. En Pocock. Lorsqu'en 1642 , Oxford 1655, il fit paraître, sous le titre de devint le théâtre de la guerre, il fut Porta Mosis , en un vol. in-40., six obligé de l'abandonner, et de se ré- discours théologiques et philosophifugier à Childrey, dans le Berkshire. ques du sayant rabbin MaïmoniBientôt après , il éprouva un nou- des. Ces discours, écrits en arabe , veau malheur : l'exécution de l'ar- sontimprimés en caractères hebreux, chevêque Laud entraîna la saisie des et accompagnés d'une version latine

et d'un grand nombre de notes. C'est rent singulièrement le Zéle de Pole premier livre hébreu qui ait été cock. Il ne s'occupa plus que del'É-. imprimé aux frais de l'université criture sainte. En 1677, il mit au jour d'Oxford. L'année suivante, il vou- ses Conmentaires sur les prophètes lut publier les Expositions sur l'an- Michée et Malachie , suivis , eń cien Testament, du rabbin Tan- 1685 et 1691 , de ceux sur Osée et chum : ce projet n'eut pas de suite ; Joël. En 1674, il avait fait impriet l'ouvrage est resté manuscrit à la mer une traduction arabe du catébibliothèque Bodleïenne. Ce fut en chisme et de la liturgie de l'Eglise an1657, que parut la Polyglotte du glicane. Il se préparait à commenter docteur Walton. Pocock y prit une un autre des petits prophètes , quand part très-active , soit par ses travaux il mourut à Oxford, le 12 septembre personnels, soit par les nombreux 1691. Pocock avait épousé, en 1646, manuscrits arabes, persans , syria- Marie Bardet, dont il eut neuf enques et éthiopiens, qu'il communi- fants, parmi lesquels l'aîné, nomqua à l'éditeur. En 1658, Pocock mé Edouard comme son père, se donna, en 2 vol. in-4°, les Anna- livra pareillement à l'étude des letles écrites en arabe par Euty- tres orientales. En 1671, il publia, chius, patriarche d'Alexandrie, avec de concert avec son père, en un vol. une version latine. La restauration, in-4°., un ouvrage arabe, intitulé : qui arriva bientôt après, en 1660, Philosophus autodidactus sive episle rétablit dans son canonicat. La tola Abu Jaafar Ebn Tophail, de même année , il fit imprimer une Hai Ebn Yokdhan. En iyu, Sitraduction arabe du Traité de la mon Ockley donna, sur la version religion chrétienne , par Grotius. latine de Pocock , une traduction anL'année suivante , il donna une édi glaisedecet ouvrage moral; elle parut tion du fameux poème arabe d’A- in-8°., sous le titre : The improvebou-Ismaël Tograï, nommé Lamiat- ment of human reason, exhibial-Adjem. Cette édition, précédée ted in the life of Hai Ebn Yokdhan. d'une Préface du savant Samuël Pocock le fils avait encore préparé Clarke, premier imprimeur de l'uni. une édition arabe-latine de la rela. versité , était accompagnée d'une tion de l'Égypte, écrite, au milieuversion latine et d'un ample commen- du douzième siècle, par le médecin taire grammatical. Une édition ara- arabe, Abd-Allatif. Cet ouvrage n'é. be et latine de l'Histoire des Dy- tait pas achevé quand son père mou.. nasties, éerite à la fin du treizième rut. Le refus qu'il éprouva lorsqu'il siècle par le patriarche jacobite Gré- sollicita la place de professeur d’hégoire-Abou'lfaradj , parut deux ans breu que son père avait occupée, l'éaprès, à Oxford, 2 vol. in-4°., 1663. loigna pour jamais des études orienCe travail, si important pour l'é- tales. Le travail de Pocock fils sur tude de l'histoire orientale, fut Abd-Allatif, resta long-temps dans reçu avec assez d'indifférence par l'oubli; à la fin, il fixa l'attention du le public. Le défaut d'encourage- savant professeur White, qui ne voument, l'insouciance du roi Char- lut publier d'abord que le texte arales II pour les travaux utiles , et la be. Après en avoir achevé l'impresdécadence rapide des solides études, sion, il céda l'édition tout entière à qui suivit la restauration , amorti. M. Paulus, qui la fit paraître à Tim binguc ; et, peu après, M. Wahl et à Constantinople. Pour les trois en donna une traduction allemande derniers livres, ils ne contiennent à Halle. En 1800, White fit réim- que des détails sur l'Italie, l'Allemaprimer, à Oxford, le texte arabe, et gne, et les autres pays de l'Europe y joignit la version latine de Pocock yisités par l'auteur quand il revint en le fils, en l'accompagnant de notes. Angleterre. Bientôt après, Pococke Depuis, M. Silvestre de Sacy a don joignit à son voyage un Recueil asné une excellente traduction fran- sez considérable d'inscriptions grecçaise du même ouvrage, en un yol. ques et latines, qu'il avait rassemin-40., 1810. Thomas Pocock, blées. Ces copies ne sont pas propres autre fils d'Édouard Ier., est connu à donner une baute idée de l'exactipar une traduction anglaise du livre tude ou au moins de l'habileté de ce De termino vitæ, de Manasses ben voyageur dans ce genre de recherIsrael (V. ce nom, XXVI, 443); ches. Plusieurs des monuments qu'il elle parut sous ce titre: Of the term nous fait connaître, sont reproduits of life, etc., Londres, 1699, in-12, avec plus de fidélité dans divers de 116 pag.

S. M-N autres voyages : mais ceux qui ne se POGOCKE ( RICHARD ), célèbre trouvent que dans le Recueil de Povoyageur anglais, naquit à Sou- cocke, sont presque inintelligibles. thampton en 1704. Les obscures et Quant à la relation de ses voyages, insignifiantes particularités de sa elle a conservé une réputation yie ne valent guère la peine d'être méritéc. Quoique l'auteur ne puisse rapportées. Ses voyages sont tout pas être considéré comme un sayant ce qu'il importe de savoir de lui. Il du premier ordre , il est cepenles commença en 1737, et revint dans dant facile de reconnaître qu'il avait sa patrie en 1742. En 1743, il pu- un degré d'instruction supérieur, blia ses Observations, sous ce titre: qui le met bien au-dessus des autres A description of East, and of voyageurs qui ont parcouru les résome other countries, in-fol. Ce pre gions orientales, le seul Niebubr exmier volume, qui contenait ses Re- cepté. La géographie ancienne, surmarques sur l'Egypte et l'Arabie tout, lui doit d’utiles renseignements, Pétrée, fut suivi en 1745, d'un se- et il a été d'un grand secours à notre cond , divisé en deux parties, qui immortel d'Anville. On remarque forment chacune un volume séparé, particulièrement, dans son voyage, aussi considérable que le premier. un grand nombre de plans qui nous La première de ces subdivisions con. foot connaître avec exactitude l'étient, en quatre livres , la description tendue de beaucoup de villes, autrede la Terre-Sainte, de la Syrie et de fois très-célèbres. Pococke et Norden la Mésopotamic, de l'ile de Cypre, ne se rencontrèrent point en Égypte, et de celle de Crète. La seconde par- quoiqu'ils visitassent cette contrée tie du dernier volume de Pococke, à la même époque: mais le voyage du est partagée en six livres , qui pré premier ne s'étendit pas aussi loin, sentent le récit des courses de ce s'étant terminé à Philæ. En 1771, il voyageur dans les îles del'Archipel, parut une traduction française des dans l'Asie mineure, dont il visita Voyages de Pococke , en sept votoute la partie maritime depuis la Ca. lumes in - 12 : elle est tronquée en rie jusqu'à la Troade, dans la Thracc plusieurs parties, et ne contient au

cune des 179 planches de l'original. la liste des ouvrages de Podestà , et En 1756, Pococke fut nommé archi- des pamphlets que publia Meninski prêtre d'Ossory, en Irlande: en 1765, pour les combattre. Le plus ancien il occupa la même place à Elphin, est daté de 1669. Dans ce volume, dont il fut bientôt nommé évêque. ainsi que dans le second , qui est Il ne tarda pas à être transféré au de 1671, l'auteur écrivit à la main siége épiscopal de Meath, où il mou- les passages des auteurs orientaux rut d'apoplexie, dans le mois de qu'il cite , faute de caractères orienseptembre de la même année. Qu- taux à son usage. Nous n'indique. tre ses Voyages, on a de lui divers rons que le plus considérable qui Mémoires dans les Transactions est en trois volumes in-4°. , avec philosophig. (t. LII, art. 17), dans ce titre : Cursus grammaticalis linl'Archæologia (11, p. 32), et quel- guarum orientalium , arabicæ sciques manuscrits conservés au musée licet , persicæ et turcicæ. Chaque Britannique.; S.M—N. volume comprend une langue. Cet - POCQUET. V. POQUET. , ouvrage est très-rare et peu condu;

PODESTA ( JEAN BAPTISTE ), ce qui nous engage à en donner une orientaliste, né à Fazana , dans description un peu détaillée. Le l'Istrie, avant le milieu du dix- tome jer publié en 1687, renfermant septième siècle; après avoir étudié une Grammaire arabe , rédigée sur quelque temps les langues orientales le plan de la Grammaire latine du å Rome, sous le savant P. Marracci, P. Alvarez, alors la plus répandue fnt envoyé à Constantinople pour en Hongrie : ce volume est de plus de s'y perfectionner dans la connais- buit cents pages. Le second est daté sance de ces langues, et fut nommé de l'an 1691, et contient plus de à son retour, par l'empereur d'Alle- mille pages. L'auteur a placé en tête magne , son secrétaire - interprète une fort longue préface, dans laquelle, pour les langues orientales, et pro- à propos de l'utilité de la connaisfesseur d'arabe à Vienne, en 1674. Il sance des langues orientales , et de nous reste de lui plusieurs petits l'esprit des Orientaux, il rapporte écrits, qui furent attaqués dans le diverses aventures de sa vie, qui, à temps avec une grande violence par en croire ce qu'il dit , étaient faites Meninski ( Voyez ce nom ). On en pour flatter sa vanité. Il y a même jugera par le titre de celui-ci : joint quelques planches où l'on a reIn quintum , viperinumque Po- présenté la manière dont les députadestæ partum , etc. Ailleurs Me- tions autrichiennes se présentent à ninski le qualifie de natura semi- l'audience des Sultans Othomans, une italus, staturá nanus, cæcutiens, manière particulière d'éclairer les balbus , imò bardus repertus aliis- mosquées, etc. Ce volume est terque vitiis ac stultitiis plenus, miné par un vocabulaire des infiniadeòque ad discendas linguas tifs persans. Le troisième , et le plus orientales inhabilis. On trouve là rare de tous, parut en 1703. La toute l'apreté et la grossièreté d'un Grammaire turque forme à elle scule rival et d'un ennemi. On peut voir, treize cent trente-huit pages. On à la tête du premier volume de la y trouve de plus , 1o. une table par nouvelle édition du Thesaurus lin- ordre de matières des trois volumes; guarum orientaliuin de 'Meninski, 2°. les fables de Locman cn Arahe, telles qu'elles avaient été publiées session de la régence, en 1457, épopar Erpenius , et accompagnées d'u- que de la mort de Ladislas, se fit ne traduction persane et d'une élire par acclamation , le 2 mars, version turque. Il paraît que, pen- 1458. Sa couronne lui fut vivement dant son séjour à Constantinople, disputée. Il obtint l'investiture de ou dans ses voyages ( car le titre l'empereur Frédéric III, auquel il de chevalier du saint Sépulcre, qu'il avait rendu un service important , prend quelquefois, semble supposer mais il persécuta les Catholiques ; qu'il avait été au moins jusqu'à la fut détrôné par son gendre Mathias Terre-Sainte ), Podestà s'était cu- Corvin , roi de Hongrie (V. CORVIN, rieusement informé des langues usi- X, 23), et mourut au milieu de ces tées chez les divers peuples d'origine troubles , le 22 mai 1471. Il eut tartare : du moins Leibnitz le re- pour successeur Wladislas II, fils gardait comme l'homme d'Europe du roi de Pologne, auquel Corvin disle plus capable de donner à ce su- puta encore l'autorité. Z.. jet des renseignements détaillés : il POELENBURG ( CORNEILLE), le consulta plusieurs fois là dessus; peintre hollandais, naquit à Utrecht et ses questions, avec les réponses en 1586, et fut élève d’Abraham de Podestà, ont été recueillies dans Bloemaert. Il quitta de bonnne heules æuvres de ce philosophe ( édit. re cette école pour voyager en Itade Dutens , t. vi, p. 228.231): et lie. Arrivé à Rome, il imita d'aM. Pougens les a publiées en fran- bord la manière d'Elzheimer. Un çais, dans son Essai sur les anti- examen plus aprofondi des ouvraquités du Nord , deuxième édit., p. ges de Raphaël lui ayant découvert 90-73. On a encore de lui la Tra.' de nouvelles perfections , il s'efforça duction d'une chronique turque, d'acquérir quelques-unes des qualités publiée à Nuremberg, 1672, in-8°. de ce grand maître; mais il négligea sous cetitrc: Turcicæ chronicæpars trop la principale, la pureté des Ta., continens originem ottomani- formes et la correction du dessin : stirpis, undecim que ejusdem im- c'est en effet dans cette partie quc peratorum gesta juxta traditiones ses ouvrages laissent surtout à desiTurcarum ( V. Schelhorn, Amani. rer. Ses tableaux eurent à Rome un tates litter. xiv. 604). R-D. véritable succès. Un grand nombre

PODIEBRAD ( GEORGE), roi de de cardinaux recherchaient sa soBohème, né en 1420 , était fils de ciété, et se plaisaient à le regarder Victorin de Gunstat, seigneur de peindre. Malgré la vie agréable qu'il Podiebrad, et d'Anne de Wartem- menait en Italie, le desir de revoir berg, comtesse de Glatz. Il était at sa patrie, le ramena néanmoins à taché au parti des Hussites, dont Utrecht. Dans sa route , il passa par les guerres déchiraient alors la Bo- Florence, où le grand-duc voulut le hème. Albert d'Autriche étant mort retenir; mais les promesses de ce en 1439 (V. son article, I, 412), prince et les avantages qu'il lui offrait son fils posthume, Ladislas, avait ne purent le décider à rester. Il ne été reconnu roi par les états de Bo- s'arrêta que le temps nécessaire pour hème, qui nommèrent deux régents exécuter plusieurs tableaux , que le pour administrer pendant sa mino- grand-duc plaça dans sa galerie. Arrité. Podiebrad, se trouvant en posi rivé dans sa ville natalc, ses ouvra

« PreviousContinue »