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AU MoIs DE JUIN 1791 ;

AVEC DES NOTES ET OBSERVATIONS,
EN RÉPONSE

A la Relation de M. le duc de Choiseul, pair de France ,

extraite de ses Mémoires inédits.

Quanquam animus meminisse horret, luctuque refugit.
(ENEID. Lib. II.)

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AVANT-PROPOS.

TRENTE-UN ans sont révolus depuis qu'un grand effort fut tenté pour délivrer LouisXVI et son auguste famille, relever le trône qui s'écroulait, et, en arrachant la France à ses malheurs présens, la préserver de ceux plus affreux encore dont l'avenir la menaçait : vingt-cinq années se sont écoulées depuis la première pu· blication des Mémoires de mon père, le marquis de Bouillé, sur la révolution française, où sont rapportées les circonstances de l'évasion et de l'arrestation du roi. D'autres Mémoires, justement estimés, ont confirmé ou développé ces circonstances par de nouveaux détails qui, à quelques variations près, s'accordent sur les points principaux : déjà cet événement est entré dans le domaine de l'histoire qui, en consacrant l'honneur et le mérite du chef qui le dirigea,a proclamé que, dans un noble projet, on succombe encore avec gloire. Tous ceux qui ont été acteurs dans ce drame si intéressant

et si tragique, avaient le droit de rendre compte

de la part qu'ils y ont eue, et personne assurément n'y était plus intéressé que M. le duc de Choiseul. Cependant, après avoir, par un silence réfléchi sans doute, laissé à l'opinion le temps de se former et de marquer sa trace ineffaçable dans des ouvrages aussi multipliés qu'accrédités, tout-à-coup il élève la voix, et c'est moins pour éclairer le public, à ce qu'il semble, que pour attaquer le général qui lui accorda sa confiance, qui lui remit en grande partie le sort de l'entreprise où sa gloire était le plus intéressée, et pour troubler la famille de ce fidèle défenseur de la monarchie dans le souvenir honorable de son dévouement. Fort du sentiment que ce souvenir m'inspire, sentiment que rien ne saurait m'enlever et que justifie le témoignage public, j'ai hésité si, pour répondre à une attaque qu'une cruelle infirmité ne me permet guère de soutenir, je sortirais de la retraite qui est mon seul asile, et de la philosophique résignation qui est ma seule défense contre le malheur.Je pensais d'ailleurs que la réponse (1) de M. de Bouillé aux

, (1) Voyez à la fin la réclamation de M. de Choiseul et la réponse de M. de Bouillé, sous les numéros 11 et 12.

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